1874, Avenue du Général Leclerc 47000 AGEN
05 53 96 84 32 eem.agen@umc-europe.org

La fidélité : et la vie est solide.

Fidélité de Dieu et à Dieu - prédication biblique

Il y a des notions qui semblent de plus en plus échapper comme le sable entre les mains : la fidélité semble plus tenir de l’idéal (quoique…) et moins de la réalité. Et d’en parler peut sembler relever d’un rêve d’anciens combattants nostalgiques. Certainement le problème ne date pas d’aujourd’hui : le roi Salomon déjà constatait : « Beaucoup de gens proclament leur bonté ; mais un homme fidèle, qui le trouvera ? » (Proverbes 20).

Mais pourtant, nous croyons fermement que la fidélité est une condition pour un épanouissement vrai, profond ; et si, dans la Bible, Dieu en parle aussi souvent, c’est bien parce qu’elle est une dimension essentielle de la vie chrétienne. Sans elle, c’est le chaos, tant au niveau de la vie avec Dieu que du couple, de la famille, du travail aussi ; c’est-à-dire dans tous les domaines.

Dans la Bible, la notion de fidélité est liée à la solidité ; être fidèle, c’est être solide, donc être digne de confiance. Le mot « amen » vient de ce mot : il signifie non pas que la prière est terminée mais c’est l’affirmation que Dieu est fidèle, donc je peux compter sur lui pour l’accomplissement. Et dans le Nouveau Testament, le mot se traduit (et ça dépend du contexte) aussi par « foi » ; les « croyants » sont les « fidèles » ; les 2 qualités sont liées.

1) La fidélité aujourd’hui :

Il ne s’agit pas d’être alarmiste sans voir les encouragements qu’on peut constater ; mais dans notre société, il n’y a pas beaucoup d’éléments qui poussent à un attachement durable : on zappe (et pas que pour les programmes TV) ; on considère d’une manière générale que la véritable force ne consiste pas tant à persévérer qu’à s’adapter aux nouvelles situations.

Qui du chêne (arbre solide s’il en est, symbole de longévité) ou du roseau (symbole de la souplesse) s’en sortira aujourd’hui ? On parle moins de la grandeur de la fidélité que de la nécessité du pouvoir d’adaptation.

La foi et la fidélité sont liées selon la Bible ; et notre société n’a plus foi ni en Dieu ni en l’avenir.

A propos de la fidélité dans le couple, Jacques Ellul (penseur et philosophe chrétien) parlait de ceux qui, au nom de la liberté, refusent de se marier en prenant des engagements à vie : « Je suis triste lorsque j’assiste à la réunion d’un homme et d’une femme qui ne veulent pas prendre d’engagement réciproque, mais qui se bornent à se ‘mettre en ménage’, car cela veut dire : ‘ça durera tant que ça durera…’ Je suis triste parce qu’ils sont en train de manquer d’innombrables possibles ».

On s’engage facilement dans la vie de couple comme un patron qui s’engage en embauchant quelqu’un en CDD, et plus rarement en CDI, en raison de ses intérêts personnels. Mais ce qui est sécurisant pour le travail à durée indéterminée ne l’est plus du tout pour le couple. Ni pour l’Eglise du reste où devenir membre est considéré comme ayant un fil à la patte, où on se retire facilement parce qu’on n’est plus d’accord avec une décision. Quelle notion de la fidélité montre-t-on alors ?

 

On peut remarquer qu’avant, trop souvent, la fidélité existait plus par la soumission obligée : on acceptait une contrainte sans qu’elle soit pleinement voulue et acceptée, quelques fois plus par pression sociale que par choix personnel. Et le résultat n’était certainement pas une vie épanouie.

Aujourd’hui la fidélité tient plus du choix moral. Et c’est en cela que nous avons quelque chose à vivre et à montrer ; pourquoi ? Parce que le fait que ce soit une question de choix est tout à fait la méthode de Dieu qui a créé l’être humain responsable (« capable de répondre ») ; et en plus, le message est tellement encourageant : Dieu veut donner le moyen de vivre dans la fidélité.

2) Quel est le contraire de la fidélité ?

. Bien sûr… l’infidélité qui est le fait de briser l’attachement qui devrait être durable. Par exemple, Dieu dit à Israël (Malachie 2v14) : « Vous demandez pourquoi Dieu ne veut plus de vos offrandes. Eh bien, vous aviez promis devant le Seigneur d’être fidèle à la femme que vous aviez épousée dans votre jeunesse. Vous l’aviez choisie, et pourtant vous l’avez abandonnée. Prenez donc garde à vous-mêmes et ne trahissez pas vos engagements. »

. Bien sûr, on ne peut que s’élever contre tous ceux qui, dans le monde du travail, abusent de leur pouvoir pour licencier sans être fidèles à leur engagement, tout comme on doit insister sur la fidélité de chacun face aux responsabilités profondes qui sont les siennes, dans un temps où c’est la démission dès qu’on n’est plus d’accord avec les autres.

. Bien sûr, on est touché de près également en constatant les changements sur le plan doctrinal dans les Eglises ; là aussi, on adapte la Parole de Dieu au mode de vie de la société ambiante. La tentation est d’être fidèle… au changement plus qu’à l’enseignement de la Parole de Dieu.

. Mais une autre marque de l’infidélité est l’oubli et le sommeil. Les disciples à Gethsémané sont présents près de Jésus ; mais ils dorment. On peut être régulier au culte… tout en ayant une foi somnolente. Quelqu’un a dit que « quand un chrétien dort, Satan marche sur la pointe des pieds pour ne pas le réveiller ».

On peut penser être fidèle à son conjoint sans pour autant vivre pour lui ; ou même je peux lui être fidèle extérieurement mais pas en pensées. Est-ce la fidélité quand j’agis jusqu’au moment où mes intérêts sont en jeu ? Non, l’infidélité n’est pas le seul contraire de la fidélité.

3) La fidélité de Dieu :

Pour mieux comprendre quelle est la dimension profonde de la fidélité, il nous faut regarder à la fidélité de Dieu envers son peuple et envers nous :

  • Il est appelé « l’Amen » (« le solide, le rocher »), le Fidèle ; il est la Vérité en qui on peut avoir pleinement confiance : toutes ses promesses s’accomplissent. Son plan s’exécute  comme il l’a prévu. Il est fidèle en toutes choses.
  • Sa toute-puissance lui permet de pouvoir être fidèle : « Eternel, Dieu des armées célestes ! Qui est comme toi puissant, ô Eternel ? Ta fidélité t’environne » (Psaume 89v8). Dieu est tout-puissant!
  • Sa fidélité est aussi indissociable de son amour : son amour n’aura jamais de fin. « L’Eternel est miséricordieux et compatissant, il se souvient toujours de son alliance » (Psaume 111v4-5). Dieu est amour !
  • Sa justice est toujours liée à la fidélité : « Les œuvres de ses mains sont fidélité et justice ; toutes ses ordonnances sont affermies pour l’éternité, faites avec fidélité et droiture » (Psaume 111v7).

Il est fidèle dans sa justice également quand il « se repent du mal qu’il avait décidé de faire » quand l’être humain s’humilie ; il s’y est engagé dans sa justice. Au lieu que ce soit un signe de changement en lui (et on ne pourrait pas compter sur lui alors), cela fait partie du contrat qu’il a établi.

La croix : Crucifixion de Jésus Christ !

Cette fidélité à son alliance l’a fait connaître l’enfer de la croix : pour nous donner la possibilité de vivre réconciliés avec Dieu, il est allé jusqu’au bout de son engagement pour nous sauver.

  •  A la croix, Dieu a été fidèle à son amour : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque place sa confiance en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3v16).
  •  A la croix, Dieu a été fidèle à sa justice : Jésus est mort et a connu la séparation d’avec son Père parce qu’il prenait notre péché : il mourait à notre place, et la justice de Dieu alors a été satisfaite.
  •  A la croix, il a été fidèle à sa puissance en ressuscitant Jésus ; ce qu’il avait annoncé s’est accompli en tout.

La croix de Jésus-Christ, si elle met en relief nos infidélités, parle plus encore de la fidélité de Dieu, de son amour et de sa justice. Mais au fait, qu’est-ce que cela peut changer pour nous ? Et comment Dieu peut-il m’aider à être fidèle ?

4) Grâce à la fidélité de Dieu, notre vie n’est plus la même :

. La fidélité de Dieu est profondément liée à son amour ; de notre côté, ne nous trompons pas d’objectif : l’objectif est d’aimer, pas en priorité d’être fidèle. C’est l’amour qui doit rester premier ; il est le fondement de la foi chrétienne. La fidélité n’est pas la condition de l’amour mais sa conséquence.

La fidélité, si elle n’est pas mue par Dieu, sans l’amour devient contrainte, autant dans notre relation avec Dieu qu’avec les autres. Et sinon l’air devient vite lourd et irrespirable.

L’amour et la fidélité ont pour effet d’entraîner vers le haut ; mais la fidélité sans amour se transforme en devoir et en légalisme, dans un activisme qui conduit facilement à l’amertume et au découragement.

Il faut nous souvenir constamment que la fidélité de Dieu dans son alliance nous soutient dans… notre faiblesse. Si nous l’abandonnons, si nous nous éloignons de lui à cause de nos infidélités, lui ne nous renie pas, parce que son alliance est sans condition. Cela nous aide à aller plus loin et non à être écrasés à cause de tout ce qui reste à parcourir et à changer.

Polycarpe va subir le bûcher à cause de sa foi ; il a 95 ans. On l’invite une dernière fois à renier sa foi, mais lui répond : « Cela fait 86 ans que je sers le Seigneur et il ne m’a jamais fait défaut ; comment pourrais-je renier mon Maître et mon Sauveur ? »

Oui, Dieu nous soutient et nous soutiendra.

Dieu connaît nos faiblesses : son peuple l’a souvent abandonné, malgré tout ce qu’il avait fait pour lui. Et il désire nous aider à aimer malgré tout, même ceux qui nous ont été infidèles. Et cela également vis-à-vis de… nous-mêmes, nous qui avons tant de mal à nous pardonner nos propres infidélités.

Et pour connaître cette vie de fidélité (envers lui, envers les autres), malgré nos échecs et nos manquements, il nous donne les moyens de le vivre : il en est la source mais il nous demande de faire une démarche en nous les appropriant.

  • Une des conséquences de la vie transformée par le Saint Esprit est « la fidélité » (Galates 5v22).  « Le fruit de l’Esprit, c’est [en particulier] la fidélité » : ce qui découle de la vie de Dieu en nous, quand nous nous laissons remplir de l’Esprit de Dieu, c’est d’être rendus capables de vivre la fidélité. Il nous invite pour cela à dépendre étroitement de lui ; dans la confiance. Cela parle de notre communion avec le Seigneur ; dépendre du Seigneur, tout est là.

C’est au bas d’un cadran solaire qu’il était écrit : « Sans le soleil, je ne suis rien. Et toi, sans Dieu, tu ne peux rien ».

 

A travers la fidélité à tous les niveaux, Dieu veut nous faire connaître, à nous et à nos proches, non la facilité ni l’absence de lutte, mais un épanouissement profond. Avec cette assurance que le Seigneur donne à l’Eglise de Smyrne (Apocalypse 2) : « Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie ».

Quelqu’un a dit : « La fidélité est ce qui permet dans le temps de vivre un avant-goût de l’éternité ». Pour nous et pour les autres. Et puis je dois dire que la manière dont plusieurs parmi nous vivent la fidélité m’encourage beaucoup et m’aide moi-même à l’être le mieux possible.

Jean-Ruben

Pour approfondir le sujet :

Faites passer le message ...Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on Facebook
Facebook
Share on Google+
Google+
Email this to someone
email
Pin on Pinterest
Pinterest

2 commentaires sur “La fidélité : et la vie est solide.”

  1. SUPDEVKKF dit :

    MERCI A VOUS QUE DIEU VOUS BÉNISSE !!!!

  2. BOTOK Victorine dit :

    Personnellement, être fidèle à Dieu c’est être sous un rocher, Dieu est notre guide, notre protection, notre rocher,la fidélité est un des paliers de la vie solide. Mon commentaire n’est peut-être bon. J’attends un bonne correction, je ne pouvais pas faire plus l’endroit ou j’étais ne me le permettait pas. Merci.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *