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La dîme – Dieu et mon argent dans l’église

Comment fonctionne financièrement notre Eglise ? Qu’est ce que la dîme? Qu’en est-il dans l’Ancien Testament ? Cela change-t-il dans le Nouveau Testament ? Nous avons pensé qu’il serait bon de parler d’un sujet qui est, malgré tout, un peu tabou ; ce sujet, c’est l’argent. Mais c’est évident qu’il en est souvent question dans la Bible. Et puis, il est bon de savoir comment fonctionne une Eglise, la nôtre en l’occurrence, et de voir si ce fonctionnement est en accord avec l’enseignement biblique.

Lectures : Deutéronome 14v22-29 ; 2 Corinthiens 8v1-5

1) Comment fonctionne l’église, financièrement parlant ?

On peut penser que la question financière est réglée par des fonds mystérieux qui arriveraient d’un pays lointain. Mais en fait, c’est un peu comme le trésorier de cette Eglise qui disait : « J’ai 3 nouvelles à vous donner : une mauvaise : il faut refaire le toit et c’est cher ; une bonne : nous avons déjà l’argent ; la dernière nouvelle : cet argent se trouve dans vos poches ».

Au niveau de l’union de l’union de l’église méthodiste de France

Notre Union d’église ne reçoit rien de l’état, pas plus pour le salaire des pasteurs que pour les bâtiments; les dons des membres et amis permettent d’assurer les différentes charges. Les questions financières dépassent très souvent le cadre de l’Eglise locale en ce qu’elle aide d’autres missions, œuvres, projets qui sont proches ou lointains.

Dans l’Union de l’Eglise Evangélique Méthodiste de France, comment cela se passe-t-il ? En fait, c’est le principe de la caisse centrale qui est le point principal ; les Eglises locales alimentent la caisse centrale qui redistribue ce qu’elle a reçu.

Chaque année nous avons une rencontre avec la trésorière de notre Union ainsi qu’avec le président, pour parler des besoins, des projets globaux ainsi que des projets plus spécifiques des Eglises locales (y compris de la nôtre).

Est venu ensuite la question de savoir où trouver cet argent ; la réponse est : des églises locales. Mais ce qui est intéressant, c’est que pour établir cette répartition entre les Eglises, il est tenu compte de plusieurs facteurs : le nombre de membres et les rentrées lors des dernières années. Et cela se fait en accord avec les Eglises qui proposent la somme qu’elles pensent pouvoir accorder à cette caisse centrale.

Ce principe est favorable aux petites Eglises qui ne peuvent pas assurer un salaire pastoral à elles seules (les pasteurs reçoivent ainsi le même salaire, qu’ils soient dans une grande ou une plus petite Eglise).

Il y a donc partage selon les ressources de chacune. Les riches ne deviennent pas de plus en plus riches, sans tenir compte des autres ; les plus pauvres peuvent ainsi connaître certains mêmes privilèges (autant pour les travaux matériels que pour le salaire pastoral ou pour des projets).

Au niveau des église locales

Mais comme cette entraide est réelle entre les différentes Eglises locales, c’est la participation de chaque participant dans ces Eglises qui permet le bon fonctionnement ; ainsi, ce ne sont pas toujours les mêmes qui font des efforts mais alors, en théorie, il y là aussi un équilibre entre tous, selon ses possibilités.

C’est cette prise de conscience qui importe, et moins la somme à donner. La solidarité se vit tant au niveau de l’ensemble des Eglises de l’Union qu’au sein de notre Eglise locale.

2) L’enseignement biblique sur l’argent dans l’église

Ce fonctionnement est-il en accord avec l’enseignement biblique ? Posons pour cela 2 préambules :

C’est évident : « La terre et tout ce qu’elle contient appartient à Dieu » ; « L’argent est à moi et l’or est à moi, dit l’Eternel ». S’il le désirait, Dieu pourrait se passer de nous et de notre argent. Mais il a voulu nous rendre participants de son œuvre (comme pour tous les autres domaines de la vie) ; mais en particulier sur le plan financier.

Un rappel nécessaire : l’argent que nous donnons pour le Seigneur ne devrait être que le reflet de ce que nous vivons intérieurement avec lui. Cela ne peut être accepté réellement par lui si nous ne vivons pas en communion avec lui ; le pharisien de la parabole de Jésus (Luc 18) pouvait se targuer de dire : « Je te donne la dîme de tous mes revenus », mais il est reparti malgré cela non-justifié par Dieu.

La première chose est d’offrir à Dieu nos vies, de nous consacrer à lui. Le don d’une partie de nos biens en est une conséquence (logique et normale) (2 Corinthiens 8v5). Dieu ne peut agréer les dons de celui qui se donne bonne conscience parce qu’il aura prouvé sa générosité ainsi, en pensant qu’il mérite alors la bénédiction de Dieu…

Les domaines financier et spirituel sont liés : aux époques de déclin spirituel, Israël a négligé de donner pour la maison de Dieu. Au contraire, Ezéchias, quand lui et le peuple sont revenus au Seigneur, a remis à l’honneur l’offrande ; Néhémie : même démarche. Est-ce que notre don ne révélerait pas notre vie spirituelle ?

La dîme : Que nous dit la Bible sur les dons dans l’Ancien Testament ?

Le principe de la dîme date d’avant Moïse et était pratiqué par Abraham (Genèse 14v20, 28v22). Elle correspond à la dixième partie des revenus réguliers, mais également du butin (c’est-à-dire des biens extraordinaires), du fruit de la terre, du bétail.

Lire Deutéronome 14v22-29 : ces dîmes étaient données à l’Eternel et servaient à l’entretien des Lévites qui s’étaient consacrés à l’Eternel : ils n’avaient pas d’autres ressources ; eux-mêmes donnaient la dîme de ce qu’ils recevaient.

Mais les dîmes étaient aussi pour se réjouir en famille ou avec d’autres membres du peuple d’Israël en présence de Dieu, dans sa maison : l’argent servait à acheter ce qui faisait plaisir et se réjouir ensemble devant Dieu ! Nos repas d’Eglise sont certainement dans ce sens.

La dîme aidait également l’orphelin, l’étranger, la veuve : ils ne pouvaient avoir de salaire par eux-mêmes. La dimension horizontale était partout présente.

Mais ce n’est pas tout ! L’israélite devait ajouter à ces dîmes certains sacrifices (différents de ceux pour demander le pardon) : certains avaient trait au culte et étaient donnés en reconnaissance envers Dieu (« les sacrifices d’action de grâces ») ; l’holocauste était un sacrifice qui exprimait la consécration du donateur ; s’y ajoutaient des offrandes volontaires pour louer et adorer Dieu. On peut, si on essaye de chiffrer les dons de l’israélite, les multiplier par 2 ; ce qui correspondrait pour un salaire de 1000 € à 200 € de dons pour Dieu.

Que nous dit la Bible sur les dons dans le Nouveau Testament ?

Un petit détail (mais dont les implications ne sont pas anodines) : Quand mettre de côté ce que nous donnons pour Dieu ?
« Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu’il pourra, selon ce qu’il gagne » (1 Corinthiens 16v2) : c’est-à-dire juste après qu’on ait reçu son salaire, et non une fois que le mois est bien entamé, que les prélèvements automatiques ou les crédits aient sérieusement diminué ce qu’on gagne.

. La Nouvelle Alliance correspond à une nouvelle période : « Vous êtes, non sous la loi mais sous la grâce » (Romains 6v14) : nous n’avons pas à offrir des sacrifices pour mériter l’approbation de Dieu : Jésus-Christ a tout accompli pour notre salut et pour notre bénédiction. Mais il nous confie des biens dont nous sommes les gérants. Comment concevoir les dons ? En donnant le dixième de nos biens ?

Observons 2 exemples parallèles :

  • par rapport au sabbat, il nous est demandé de vivre non pas un septième de la semaine pour Dieu, mais 100% de notre temps, à chaque instant (Colossiens 2v16-17) ;
  • ce n’est plus une tribu sur 12 (celle de Lévi) qui est consacrée au service pour Dieu mais tous ceux qui appartiennent à Dieu (1 Pierre 2v9).

Pour l’argent, ce n’est plus un dixième que nous devrions donner au Seigneur,… mais la totalité de nos biens et de nos revenus. Jésus a dit : « Quiconque ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple ».

Il est certainement facile d’avoir une belle théorie sur ce point et de ressembler pourtant à cet homme qui jette en l’air tous ses biens en disant : « Seigneur, prends tout ce que tu veux ! » et de garder pour lui tout ce qui retombe… Mais si le Seigneur nous appelle à être prêt à tout donner, il ne nous appelle pas à tout gaspiller en le jetant par la fenêtre, à n’importe qui, n’importe où et n’importe quand. Mais la sagesse doit s’exercer dans la libéralité ; et non dans l’avarice…

Pourquoi donner ?

Les dîmes, les offrandes et certains sacrifices servaient à exprimer : la reconnaissance pour les bénédictions reçues ; la consécration pour Dieu ; l’amour pour le prochain (les plus défavorisés en particulier) ; ils servaient à ce que certains soient au service de Dieu.

Pour nous aujourd’hui, ces motivations ne sont-elles pas à conserver ?

Jésus n’a pas détruit le désir de nous consacrer à lui (et de le prouver financièrement) ; de donner ce qui permettra à notre Eglise, une mission, une œuvre (nous sommes appelés à voir au-delà de notre Eglise locale) qui leur permettent de vivre et de progresser ; d’aider les défavorisés (et en particulier les saints, « ceux qui appartiennent à Dieu ») ; de se réjouir, y compris par le biais de repas, avec les autres ; de lui prouver par des dons notre reconnaissance pour les biens qu’il nous accorde.

Et notre don reflète notre engagement devant Dieu : « Par ce service (d’une collecte pour les chrétiens de Judée) vous allez démontrer la réalité de votre engagement » (2 Corinthiens 9v13).

Mais dans le Nouveau Testament, tout cela est laissé à l’initiative de notre générosité et de nos possibilités (1 Corinthiens 16v2) : « Que chacun de vous mette de côté, chez lui, une somme d’argent selon ce qu’il aura lui-même gagné » ou encore : « Que chacun donne ce qu’il aura décidé en son cœur, sans regret ni contrainte, car ‘Dieu aime celui qui donne avec joie’ » (2 Corinthiens 9v7).

« Les dons pour Dieu doivent être de… » : pourquoi l’obligation ? Le chrétien ne vit plus dans le légalisme qui rend esclave : il est libre.

« Ouf… » … Mais du reste, il en va de même pour la participation aux réunions, de la lecture de la Bible, de la prière… Nous sommes responsables personnellement devant Dieu.

Quel sera le montant de ma participation financière ? C’est là mon privilège.

Nous pouvons remarquer que Jésus a approuvé la veuve à travers son don (même si ce n’est pas celui-ci qui pouvait faire vivre le temple…) : « Elle a donné de son nécessaire » (lire également 2 Corinthiens 8v1-5). Dieu connaît le cœur de chacun.

Le Seigneur en tout cas multiplie ses bénédictions envers celui qui prouve ainsi son engagement envers lui. « Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison ; mettez-moi de la sorte à l’épreuve, dit l’Eternel des armées. Et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance » (Malachie 3v10).

Les bénédictions à cause de la libéralité sont nombreuses dans la Parole ; mais attention : nous ne devons pas donner pour que Dieu nous bénisse (Jésus n’a pas dit que la pauvre veuve allait devenir riche) ; nous ne méritons rien, nous devons tout à Dieu et lui ne nous doit rien. Mais en le suivant, il est prêt à nous prouver qu’il s’occupe de nous, qu’il veut nous bénir, dans tous les domaines.

Paul parle du don (charisme) de libéralité que le Seigneur accorde à certains (Romains 12v8 ; c’est vrai qu’on en parle peu de celui-là…, à la différence d’autres plus spectaculaires), et certains prouvent qu’ils l’ont. Mais je peux m’interroger à travers quelques pistes de réflexion :

  •  je peux prier pour comprendre là où je suis appelé à donner et combien je peux donner ;
  • il faut que j’apprenne à discerner le superflu du nécessaire pour ma vie de tous les jours;
  • comment pouvoir mieux connaître les besoins des autres pour les aider ?

En tout cas, à la fin de sa vie, Jésus demandait à ses disciples qui avaient tout donné au Seigneur (Luc 22v35) : « Avez-vous manqué de quelque chose ? »

Et eux de répondre : « Nous n’avons manqué de rien ».

Message proposé par Jean-Ruben, en Mars 2018, et remis à jour en Février 2020.

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