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Matthieu 12v38-41 : Pourquoi Jésus refuse-t-il à certains moments d’accomplir des miracles ?

Pourquoi Jésus refuse-t-il à certains moments d’accomplir des miracles ?

Nous sommes frappés en lisant les Evangiles de voir les miracles nombreux que Jésus a accomplis ; ils prouvent sa puissance et son amour. Mais nous pouvons être aussi étonnés en lisant que Jésus a parfois refusé d’accomplir des miracles. Nous venons – dans notre église – de connaître plusieurs épreuves et nous pouvons nous demander, alors que nous avons demandé à Dieu d’intervenir, pourquoi il n’a pas accompli le miracle que nous lui avons demandé d’accomplir…?

Nous trouvons dans les réponses de Jésus plusieurs arguments ; ils sont différents selon les situations. Ils ne s’appliquent pas tous à toutes les situations. Attention à ne pas nous enfermer dans un raisonnement qui, pour notre situation, n’est pas vrai. Le fait que le Seigneur ne réponde pas comme nous le lui demandons ne remet en question ni sa puissance ni même peut-être notre foi en lui ; il nous donne des arguments qui sont valables pour nous aujourd’hui encore.

Lectures bibliques : Matthieu 12v38-41, Luc 16

Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens prirent la parole, et dirent : Maître, nous voudrions te voir faire un miracle. Il leur répondit : Une génération méchante et adultère demande un miracle ; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui du prophète Jonas. Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. Les hommes de Ninive se lèveront, au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu’ils se repentirent à la prédication de Jonas ; et voici, il y a ici plus que Jonas. (Matthieu 12v38-41)

 

Voyons quelques raisons que Jésus a données pour répondre au fait qu’il n’avait pas accompli le miracle demandé :

L’absence de foi

Matthieu 13v58 : « Jésus ne fit pas beaucoup de miracles dans ce lieu à cause de ‘l’absence’ de leur foi » : ces personnes refusaient de reconnaître en Jésus (ils avaient grandi avec lui) le Messie ; il était selon eux un homme comme les autres. Cette absence de foi est différente du doute qui peut se mêler à la confiance en Dieu (cf. Marc 9v23-25).

Le Seigneur n’intervient pas, quand on le lui demande, lorsqu’on refuse délibérément de croire qu’il est Dieu.

Le temps n’est pas encore venu pour accomplir des miracles

Jean 7v6 : Jésus répond à ses frères incrédules (les fils de Marie et Joseph) qui lui demandaient : « Puisque tu accomplis de si grandes choses, fais en sorte que tout le monde le voie ! » : « Le moment n’est pas encore venu pour moi ». En reprenant cet argument de Jésus du temps de Dieu qui n’est pas le nôtre, nous ne refusons pas de croire que Dieu n’accomplit pas de miracle aujourd’hui encore mais que notre compréhension du temps n’est pas celle de Dieu. Dire : « Ce n’est pas le temps de Dieu » n’est pas manquer de foi, c’est peut-être accepter qu’il a un autre plan que le nôtre. Nous ne maîtrisons pas l’emploi du temps de Dieu… Notre soumission à Dieu doit nous faire accepter qu’il ne réponde pas toujours au moment que nous voulons. Dire : « Quand ton temps sera venu et de la manière que tu choisiras, je sais que tu interviendras », c’est attacher de l’importance au plan de Dieu. Plus qu’au nôtre.

Ne tentons pas le Seigneur

Matthieu 4v7 : Quand Satan souffle à Jésus de se jeter du haut du temple et affirme que Dieu interviendra en envoyant ses anges le porter, Jésus répond : « Tu ne forceras pas la main du Seigneur ton Dieu ».

Ce verbe est aussi traduit par « éprouver, tenter » Dieu ; c’est l’attitude qu’Israël a eu dans le désert et Paul reprend cet épisode en disant : « Ne tentons pas le Seigneur, comme le tentèrent quelques uns du peuple d’Israël qui périrent par les serpents » (1 Corinthiens 10). Cette attitude révèle un état de révolte contre Dieu, où l’on met à l’épreuve la bonté et la patience de Dieu, où l’on essaye d’aller au-delà de ce que Dieu veut donner, où (comme Satan envers Jésus) on prend les promesses et la Parole de Dieu pour faire pression sur lui, où l’on ne sait pas – ou ne veut pas – voir l’essentiel en disant comme les israélites : « Si Dieu est au milieu de nous, qu’il le montre ! » (Exode 17). « Vous ne tenterez pas l’Eternel votre Dieu » (Deutéronome 6v16).

Jésus discerne que la tentation de Satan est de demander un miracle pour sa propre gloire. A la fin de sa vie, il pouvait dire : « Dieu a été glorifié en moi » ; voilà le but essentiel pour lui : que sa vie soit à la gloire de son Père. Il peut être quelques fois difficile de discerner si l’exaucement de notre prière servirait Dieu ou notre orgueil ou notre égoïsme. Le but qui habitait Paul était clair : « Que maintenant comme toujours Christ soit glorifié dans mon corps, soit par ma vie soit par ma mort » (Philippiens 1v20). Et au lieu d’anéantir les interventions de Dieu dans sa vie par cette approche, elles ont été nombreuses…

Réponses de Jésus aux pharisiens dans Matthieu 12

Matthieu 12v38-41 : plusieurs raisons sont données par Jésus dans ce texte.

– « Maître, nous voudrions te voir faire un signe miraculeux ! » : en fait ces religieux étaient poussés par la curiosité, le goût du sensationnel, en tout cas par la provocation. Ils donnaient l’apparence d’obéir à Dieu mais pratiquement c’était le contraire : Jésus les traite d’infidèles. Comment Dieu répondrait à ceux qui, délibérément, lui sont opposés ? Dieu n’attend certainement pas que nous soyons parfaits mais en tout cas que notre cœur soit tourné vers lui.

– En fait, Dieu a accompli le miracle le plus grand et le seul nécessaire : la mort et la résurrection de Jésus : « Un signe… il ne sera pas accordé d’autre que celui du prophète Jonas. En effet, comme Jonas resta trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson, ainsi le Fils de l’homme passera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre ».

On peut réclamer des œuvres puissantes de Dieu, croire qu’il peut accomplir des miracles extraordinaires mais la plus grande est la mort et la résurrection de Jésus. Mais ce miracle est difficile à admettre : parce qu’il dépasse le raisonnement cartésien qui nous anime ; parce qu’il parle de mort (donc d’échec, selon notre société) ; parce qu’il a eu lieu, pour nous, il y a 2000 ans ; parce que pour l’accepter, il faut passer par la repentance (la mort à nous-mêmes). Tout passe par la croix et la résurrection. Ce miracle est suffisant pour nous, toujours efficace, toujours vivant pour nous aujourd’hui.

– Jésus revient plus tard une nouvelle fois (Matthieu 16v1-4) sur ce seul miracle essentiel de sa mort et de sa résurrection mais ensuite il montre aux pharisiens qu’ils ne savent pas comprendre les choses spirituelles ; et ça, je crois que c’est aussi notre problème …

« Vous savez reconnaître ce qu’indique l’aspect du ciel [= vous vous y connaissez en matière de météo, pour ce qui concerne les choses humaines], mais vous êtes incapables de reconnaître les signes [ou les miracles] des temps » (Matthieu 16v3) : il est bien malheureux celui qui sait prévoir le temps à venir et qui ne sait pas voir le temps de Dieu, qui ne voit pas les interventions de Dieu. Cette discussion vient juste après les 2 multiplications des pains ; et pourtant ces religieux demandent à Jésus « un miracle ». La vie du chrétien est parsemée de ces signes, de ces interventions divines ; mais qu’il est difficile de les discerner… On ne sait pas prendre le temps de réfléchir sur les évènements, sur les échecs, sur les bénédictions et leur portée spirituelle. Alors on demande un signe de la puissance de Dieu, une preuve de l’amour de Dieu. Un peu comme ces enfants qui se voient refuser de la part de leurs parents une demande, ce qui alors les fait remettre en question leur amour.

Ces passages nous rappellent que l’essentiel est dans l’œuvre de Jésus : il est mort et ressuscité !

L’histoire de l’homme riche et Lazare – Luc 16

Luc 16v27-31 : cette histoire racontée parle du désir de voir des miracles de Jésus pour que beaucoup soient convaincus de l’importance de vivre avec Dieu ; et il est répondu : « Vous avez la Parole de Dieu ».

La Bible n’est pas un livre comme les autres : elle est la Parole vivante et permanente de Dieu. Aujourd’hui, d’une manière accrue – même dans les milieux chrétiens – on se retrouve devant la même attente : une génération qui veut les miracles de Jésus (comme elle l’entend), qui veut voir des choses extraordinaires, mais qui refuse l’enseignement biblique. La Parole est suffisante ; la base du salut et de la marche avec Dieu n’est pas l’expérience mais la Parole de Dieu ; la véritable foi est fondée sur l’Ecriture.

Lorsque Satan suggérait à Jésus de réclamer un miracle en transformant des pierres en pain (après 40 jours de jeûne), Jésus l’a refusé en affirmant la primauté de la Parole de Dieu sur la dimension physique (Matthieu 4v3-4).

Cela n’exclut pas le fait que Dieu peut toucher le corps et d’autres domaines (aujourd’hui encore), mais la Parole de Dieu est le fondement qui permet de le connaître : « Les disciples allèrent prêcher  partout. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les miracles » (Marc 16v20) : la Parole n’est pas au service des miracles qui seraient le summum et le but de la prédication, mais le contraire : la prédication de la Parole permet d’écouter Dieu, de le rencontrer. Quand la samaritaine dit aux habitants de son village tout ce que Jésus a révélé sur sa vie, ils sont intéressés de le voir ; mais ensuite leur foi est autrement solide : « Nous croyons en lui, non seulement à cause de ce que tu nous as rapporté, mais parce que nous l’avons-nous-mêmes entendu. Et nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde » (Jean 4v42).

« La foi vient de ce que l’entend, et ce que l’on entend vient de la Parole de Dieu » (Romains 10v17).

Malgré les miracles, le refus de croire

Cela nous conduit à cette autre constatation que Jean rapporte : « Malgré le grand nombre de signes miraculeux que Jésus avait faits devant eux, ils ne croyaient pas en lui » (Jean 12v37) ; les frères de Jésus le rejetaient aussi pour la même raison : « ‘Pars d’ici afin que tes disciples voient aussi les œuvres que tu fais !’ Car ses frères ne croyaient pas en lui » (Jean 7v3, 5). Malgré les miracles de Jésus, il y a le refus de croire.

D’autres passages soulignent la superficialité de la foi de ceux qui, pourtant, ont cru en Jésus parce qu’ils l’ont vu faire des miracles (même si ce n’est pas systématique, heureusement) : « Une grande foule suivait Jésus parce qu’elle voyait les miracles qu’il opérait sur les malades » (Jn 6) : cette curiosité et ce voyeurisme l’emportait sur une foi profonde qui s’appuierait sur son enseignement : « Beaucoup de gens crurent en lui en voyant les signes miraculeux qu’il accomplissait. Mais Jésus ne se fiait pas à eux, car il les connaissait tous très bien ; il connaissait le fond de leur cœur » (Jean 2v23-25). Cette foi qui repose sur des faits extraordinaires n’est pas solide ; un peu comme si un mari aimait sa femme parce qu’elle faisait une bonne cuisine : son attachement à sa femme ne tiendra pas.

Vient tout de suite après, l’épisode de l’entretien avec Nicodème où Jésus montre que la foi réelle découle de la nouvelle naissance ; parce qu’elle est l’œuvre de Dieu et parce qu’elle touche profondément la personne.

 

Le Seigneur veut ainsi nous apprendre comment considérer sa puissance : il est nécessaire de discerner les plus grands miracles, c’est-à-dire les plus importants – et pas les plus spectaculaires automatiquement : 1) sa Parole est un miracle extraordinaire, un miracle renouvelé : c’est elle qui nous affermit, nous transforme, nous renouvelle. Concrètement, cette semaine, l’avons-nous lue et méditée ? 2) et ce qui y est associé, c’est Jésus, lui qui est appelé « la Parole » (Jean 1v1) : sa vie a été parfaite, son œuvre a été suffisante pour tout. « Les juifs demandent des miracles et les grecs cherchent la sagesse. Nous, nous prêchons Christ crucifié, scandale pour les juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés » (1 Corinthiens 1v22-24).

Dans nos épreuves où il peut nous sembler qu’il n’intervient pas, sa Parole et son œuvre à la croix nous assurent sa présence apaisante et son soutien, aujourd’hui et chaque jour. Quel miracle !

Jean-Ruben

Pour approfondir le sujet :

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4 commentaires sur “Matthieu 12v38-41 : Pourquoi Jésus refuse-t-il à certains moments d’accomplir des miracles ?”

  1. Nicola Marrollo dit :

    magnifique, beau commentaire

  2. meziane dit :

    Jeus refuse a certains moments d accomplir des miracles parce que Jesus n a pas que ca a faire. Pour lui Jesus le vrai miracle c est quand vous auriez pris coscience de son enseignement vous y croiserierez le plus grand des miracle qui est La TRINTE C est la Trinite qui fait de l homme Un Homme accompli et integral a limage de Jesus.(la Trinite une nature finale qui permet la Grace et le Salut eh oui…)

  3. Espoir dit :

    Pourquoi jèsus interdisait aux gens de ne rien dire consernant les miracles faits par lui?

    1. eglise.agen dit :

      Cher ami, Jésus ne souhaitait pas publier ses miracles car il savait que le peuple était en attente d’un messie roi qui vaincrait les romains. A quelques reprises, il vit même que le peuple était près à l’enlever de force pour le faire roi. Ce n’était pas son intention, il était le serviteur souffrant, qui devait aller à la croix pour payer le prix du péché. Voilà pourquoi il ne faisait des miracles que pour confirmer son enseignement et qu’il demandait souvent à ce qu’ils ne soient pas publiés…

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