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Luc 4v16-21 : « Une année de grâce »

Jésus annonce un année de grace !

Que souhaiter quand on commence une nouvelle année ? A part les bons vœux qui relèvent souvent du rituel poli, il est possible de faire siennes les promesses que Jésus fait quand il commence son ministère, et de les souhaiter pour ceux qu’on aime, et ceux qu’on aime moins… Le vœu de Jésus, quand il parle d’une « année de grâce » n’est pas un vœu pieux ; ce qu’il apporte pour cette période qu’il inaugure est l’opposé d’une promesse théorique : cette « année », cette nouvelle période va être l’occasion d’une transformation radicale, grâce à son œuvre. Son œuvre va être caractérisée par la grâce, c’est-à-dire son amour immérité ; et cela pour ceux qui reconnaissent avoir besoin de son aide.

Nous sommes dans un monde où les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Mais la promesse de Jésus est particulièrement pour ceux qui reconnaissent leur faiblesse, leurs blessures, leur pauvreté – et là non plus les gens ne sont pas prêts à reconnaître leur besoin d’aide. Et les pauvres (sur le plan moral et spirituel) continueront à être pauvres.

Alors, qu’est-ce que le Seigneur souhaite nous faire connaître, à nous pour 2017 (et pas seulement) ?

Jésus reprend un texte écrit 700 ans auparavant (Esaie 61v1-2) ; personne n’avait jusqu’alors accompli ce qui était annoncé par Esaïe. Quand Jésus lit ces paroles, dans cette synagogue de Nazareth, les auditeurs juifs de la synagogue sont tout heureux d’entendre ce nouveau rabbi ; ils sont curieux de savoir comment il va interpréter intellectuellement ce passage de l’Ecriture.

Mais quand Jésus déclare qu’il est ce Messie, Dieu parmi les hommes, c’est la stupeur ! Un coup de tonnerre dans le ciel religieux paisible ! Au lieu d’apporter le calme, les paroles de Jésus sèment la tempête.

J’espère qu’aujourd’hui elles sèmeront une paix réelle et une transformation profonde.

1) Quelle est l’œuvre qu’il va accomplir en réalisant cette prophétie d’Esaïe ? (Luc 4v16-18)

Son œuvre touche tous les domaines de l’être et elle est le fondement pour un vrai changement.

Ce passage commence et se termine par l’aide sur le plan spirituel : l’annonce de la Bonne Nouvelle et de la grâce de Dieu. Et cela s’accomplit à travers une personne : Jésus lui-même ; il est l’Alpha et l’Oméga, la parole et le pardon, la vérité et l’amour.

Voilà l’essentiel aux yeux de Dieu et pour les hommes.

Nous pouvons remarquer que dans la parole donnée à Esaïe, l’œuvre de Dieu se termine, non par une « année de grâce » mais par « un jour de vengeance de notre Dieu » (Esaie 61v2) ; Jésus s’arrête sur la grâce : son ministère, son œuvre ont pour but ultime de révéler son amour aux êtres humains. C’est de cela dont chacun a le plus besoin ; c’est ce qui répond aux aspirations les plus profondes : se savoir aimé, accepter cet amour, en être transformé. Mais peu sont d’accord avec cette conclusion : la preuve ? Le plus important dans les vœux, c’est bien : « Et surtout la santé ! ».

L’œuvre du Seigneur touche le domaine spirituel et le domaine moral, psychique : il est venu « pour guérir ceux qui ont le cœur brisé et proclamer aux captifs la libération » (Luc 4v18). Christ est venu pour restaurer intérieurement ceux qui sont blessés.

Dans la Bible, le cœur ne correspond pas aux sentiments mais parle de la personnalité la plus profonde. C’est là que Dieu veut donc intervenir et apporter une guérison réelle et durable.

Son œuvre est aussi la délivrance pour ceux qui sont prisonniers.

De quel ordre est cette délivrance ? Dès le début de l’Evangile de Luc, c’est le pardon de Dieu qui apporte la vraie libération. Ce sont ceux qui sont pris dans les filets du péché que le Seigneur veut délivrer.

Quelques mois plus tard, Jean-Baptiste est en prison et il va être décapité ; il n’y aura pas pour lui de libération physique. Mais il n’y avait pas plus libre que cet homme pourtant. C’était ceux qui l’ont condamné qui étaient derrière les barreaux que Jean-Baptiste voyait devant lui.

Bernard Palissy, le potier bien connu dans notre région, a été jeté en prison pour sa foi. Le roi Henri III se rendit en personne dans la cellule du condamné pour essayer de le faire abjurer : « Si vous ne le faites pas, je me verrai forcé de vous laisser condamner à mort ». « Sire, lui répondit Palissy, est-ce le roi de France que j’entends dire :’Je serai forcé’ ? Je ne suis qu’un pauvre potier, mais aucune puissance au monde ne peut me forcer à agir contre ma conscience. Vous êtes un des plus puissants maîtres de la terre et vous dites : ‘Je suis forcé’ ! Sire, lequel de nous deux est libre ? ».

Pendant cette année 2016, un chrétien mourait toutes les 6 minutes à cause de sa foi ; et pourtant, au-delà des épreuves, ce sont les bourreaux qui sont les vrais prisonniers.

Jésus est venu apporter la guérison et la libération à ceux qui sont liés par le péché : « Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira. Si le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres » (Jean 8v32, 36).

Une autre délivrance que Jésus va opérer : « Il est venu proclamer aux aveugles le recouvrement de la vue ». Il va prouver que l’aveuglement est aussi bien physique que spirituel ; son intervention sur les aveugles physiques prouve sa puissance et sa divinité mais son but le plus profond est la guérison spirituelle : « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8v12).

Qui sont les opprimés que le Messie libèrera ? C’est étonnant : Jésus dans son enseignement ou dans ses miracles n’est pas intervenu pour libérer socialement les esclaves. La libération qu’il voulait opérer était plus essentielle que celle-là : il est venu libérer intérieurement les esclaves et… les maîtres.

Et plus tard, ce sont des chrétiens qui sont intervenus pour la libération sociale. Dieu commence par libérer intérieurement et cela a des répercussions dans tous les domaines, y compris sur le plan social.

2) Comment Jésus a-t-il vécu cette libération ? Comment accomplit-il ce qu’il relève dans ce passage d’Esaïe ?

Les chapitres 4-6 développent le sens de cette prophétie essentielle que Jésus vient de lire.

Le récit qui suit montre la délivrance spirituelle d’un homme qui est prisonnier et opprimé par le diable (Luc 4v33-37). Et Jésus le libère de l’emprise du démon. La délivrance est spirituelle et apporte un changement de vie radical.

Puis Jésus guérit la belle-mère de Pierre d’une violente fièvre (Luc 4v39) ; mais cette guérison physique n’est pas le but ultime : elle suit Jésus dans une attitude de service. La vraie délivrance conduit à aimer Dieu et les autres.

Ensuite, vient la guérison d’un homme paralysé : il va être guéri physiquement mais la délivrance que Jésus opère est avant tout  spirituelle : « Tes péchés te sont pardonnés » (Luc 5v20) : son but, en accomplissant un miracle physique, est de montrer que « le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés » (v24).

Plus tard, Jésus révèle une nouvelle dimension de la volonté de Dieu : il veut délivrer l’être humain du poids des mérites liés à l’observation de la loi. Le jeûne, la prière ou l’observation du sabbat (Lu8c 5v33-6v11) ne peuvent être acceptés par Dieu en tant qu’œuvres méritoires.

C’est le jour du sabbat ; et voilà que Jésus guérit ce jour-là un homme : quel scandale ! Jésus transgresse la loi de Dieu ! En fait, il n’enseigne pas l’insoumission à Dieu, pas plus l’anarchie, mais la vraie délivrance conduit à l’amour. Le salut vient de Dieu et non de l’être humain par ses œuvres. C’est cela « l’année de grâce » ! 

Ce qui est plus important que le faire, c’est l’amour gratuit, la grâce. La loi de l’amour remplace la loi des mérites.

Chaque fin des 3 sections de ces chapitres 4 à 6 est marquée par l’appel de nouveaux disciples : on voit des hommes et des femmes suivre Jésus ; ils sont prêts à ne plus vivre pour leur intérêt personnel mais à mettre le Seigneur au centre de leur vie. Ils seront désormais (avec leurs imperfections) au service de leur Maître et des autres.

Jésus les délivre d’eux-mêmes ; ils ne sont pas pourtant, selon la société, anormaux, ils réussissent dans la vie ; mais en suivant Jésus, ils vont réussir leur vie.

Jésus, en leur demandant de le suivre, d’être ses disciples, leur donne la vraie libération en les délivrant de leur égocentrisme. Ils seront utiles pour l’essentiel : vivre avec Christ et pour lui.

3) Et pour nous aujourd’hui, quelle portée peut avoir cette parole de Jésus ?

Nous sommes confrontés à des difficultés personnelles ou aux épreuves des autres.

Et nos vœux sont alors : « Seigneur, interviens dans ces problèmes ! Seigneur, annonce-moi une Bonne Nouvelle : donne-nous du succès, et la santé, par-dessus tout ! ». Rappelons-nous ce qu’est pour Jésus cette année de grâce et la délivrance qu’il veut opérer pour nous en premier lieu : c’est celle du péché par le miracle de son pardon.

Ce pardon détermine notre approche de nous-mêmes, des évènements. Même les plus douloureux.

L’intervention de Dieu est intérieure à nous-mêmes avant de l’être dans les évènements de la vie. et c’est alors notre manière d’être qui déterminera nos actions, nos réactions. La délivrance de notre égocentrisme, de notre orgueil, de la recherche de notre intérêt personnel, cette délivrance, Dieu veut nous la faire vivre.

Mais pour cela, notre texte contient deux conditions :

– en réponse aux juifs qui accusaient Jésus de se prétendre être le Messie (Luc 4v23-27), Jésus ne fait pas de miracles, alors qu’il en avait déjà fait à Capernaüm. Et il rappelle que dans le passé, c’est envers des non-juifs qu’il a accompli des miracles (pour la veuve de Sarepta, le syrien Naaman). Pourquoi ? Ils ont eu foi en la parole de Dieu prononcée par le prophète Elisée. Au contraire, ces juifs religieux refusent de croire Jésus. La foi est le fondement de la délivrance ; il ne s’agit pas d’arracher à Dieu son intervention mais de s’attendre à lui avec confiance.

– on ne peut connaître une véritable délivrance que dans la mesure où l’on s’engage pour lui, c’est-à-dire à l’aimer et à le servir. Et au lieu de considérer notre engagement à travers de grandes manifestations (donc impossible à vivre), le Seigneur nous invite à nous donner à lui. Simplement. C’est le fait de nous abandonner à lui qui nous permet de connaître une délivrance profonde.

L’intervention de Dieu, sans qu’elle nous mette au rang de spectateur passif, est la réponse à notre monde malade, à chacun qui a besoin d’une délivrance intérieure, en priorité.

Notre société (notre vie ?) peut ressembler à un bateau en train de couler petit à petit, sans qu’on s’en aperçoive. Le capitaine alors dirait aux passagers : « Vous êtes libres de faire tout ce que vous voulez : vous pouvez faire du foot dans la salle des lustres, boire au bar tout ce que vous voulez ». Mais le bateau s’enfonce inexorablement…

Jésus dit, encore à nous aujourd’hui : « Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir librement, il trouvera de quoi se nourrir. Je suis venu pour donner la vie, une vie surabondante » (Jean 10v9-10).

Face à des religieux de façade, Jésus vient apporter une vie concrète de transformation par l’esprit saint. C’est encore aujourd’hui ce qu’il veut faire connaître. C’est l’Esprit du Seigneur, dit Jésus, qui accomplira cela. Voilà les vœux de bonheur qu’il veut accomplir pour chacun.

A nous de les accepter, dans la confiance en lui.

Jean-Ruben

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4 commentaires sur “Luc 4v16-21 : « Une année de grâce »”

  1. revadrer dit :

    bravo, le message excellent

  2. Loris dit :

    thx for the info

  3. ViepDids dit :

    Quel message talentueux

  4. Thomasimida dit :

    Thank you for the site, it truly is full of a lot of helpful information.

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