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Jacques 1v2-18 : La victoire dans les épreuves est en Jésus-Christ

La victoire dans les épreuves

Nous pouvons aborder la Bible comme un ensemble de règles qui nous indiqueraient ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. Mais certainement, Dieu nous parle autrement : il part de ce qui est vécu et il arrive à ce qu’on peut vivre. L’apôtre Paul écrit à ces chrétiens de Corinthe qui connaissent des disfonctionnements graves, des erreurs doctrinales importantes. Que fait Paul ? Il parle de ce qu’il a vécu, des épreuves qu’il a connues et de la manière dont il les a traversées. Il décrit une approche globale de la vie ; il ne se laisse pas aveugler par la ronce qui cache tout le reste.

Jacques (le frère de Jésus) parle de la même réalité : il n’est pas déconnecté de la réalité mais il connaît les épreuves des chrétiens à qui il écrit, et il leur adresse dans ce cadre-là des encouragements. Cette vision est capitale, certainement, pour nous aussi. Nous allons nous arrêter sur les différents aspects de cette approche globale que Paul et Jacques décrivent en introduction de leurs lettres.

Lecture : 2 Corinthiens 1v3-11, Jacques 1v2-18

1. La situation – les épreuves de la vie :

. La vie pour Paul est loin d’être sans nuages… Où sont les bénédictions qui procurent paix et tranquillité ? En effet, il parle de « ses nombreuses détresses » ainsi que celles que traversent les autres chrétiens (2 Corinthiens 1v4), des souffrances à cause de son engagement pour Christ, souffrances qui « surabondent » (v5) ; il reparle de « sa détresse » liée à son service auprès des chrétiens ainsi que « des souffrances qu’il endure », tout comme les chrétiens de Corinthe (v6, verset répété au v7). Il montre qu’il a connu cette détresse quand il a été dans l’ouest de l’Asie mineure (à Ephèse ; Actes 19v23-40) ; et cela non pas une fois à cause de son message qui était rejeté (et lui avec) mais à plusieurs reprises : « Nous étions écrasés, à bout de forces, au point même que nous désespérions de conserver la vie » (v8). Quelle situation éprouvante ! Et tout cela pour le service pour Dieu ! Il exprime d’une manière authentique sa terreur.

Quel avantage y a-t-il de vivre avec Dieu… ?

. Jacques, dans son épître, dit clairement que les épreuves sont inévitables. Il est certain qu’elles arrivent. Il sait que les chrétiens n’échappent pas aux difficultés à cause d’une société qui rejette Dieu, ni… à cause de la nature de péché qui est en chacun. Nous ne devrions pas être surpris des difficultés qui nous atteignent (Jacques 1v2).

Ces épreuves ne viennent pas que de difficultés mais elles peuvent découler de… bénédictions : la richesse peut nous éprouver autant que la pauvreté et nous exposer au péché ; même si c’est plus agréable de vivre dans l’aisance, les conséquences de la richesse sont facilement l’égoïsme et l’orgueil (v10). Celui qui vit sans problème de santé peut tomber facilement dans la suffisance qui fait penser qu’on contrôle sa vie : pourquoi alors compter sur Dieu quand on se suffit à soi-même… ? Paul parle lui aussi du risque de la confiance en soi (2 Corinthiens 1v9).

Nous avons facilement tendance à considérer les épreuves et les bénédictions comme 2 réalités opposées ; mais les difficultés provoquent souvent des bénédictions et les bienfaits des tentations.

La raison dont parle Jacques est liée à notre nature de péché : « Lorsque nous sommes tentés, ce sont les mauvais désirs que nous portons en nous qui nous attirent et nous séduisent, puis le mauvais désir conçoit et donne naissance au péché (…) qui engendre la mort » (Jacques 1v14-15). L’épreuve est une situation extérieure à nous-mêmes qui révèle notre être profond.

. Nous pouvons nous retrouver, comme Paul, dans des situations qui semblent trop lourdes, trop difficiles à supporter. Nous avons à cause des autres des tensions qui nous perturbent, nous sommes rejetés par notre famille, par nos enfants dans notre témoignage, ou nous avons des soucis à cause de problèmes financiers ou de notre santé qui se dégrade. Nous sommes bouleversés par nos difficultés relationnelles, professionnelles, le surmenage. Et nous traversons un temps de détresse, de souffrances physique ou morale, au point de nous sentir tellement écrasé que nous désespérons de tout, y compris de Dieu.

Paul ne dit pas que ce n’est pas normal !  C’est compréhensible même d’être écrasé par cela. La Bible nous parle de ce genre d’expérience. Et nous ne voyons pas un Dieu qui écrase un peu plus en accusant de ne pas vivre autrement.

Que fait Dieu ? Avant que Paul écrive ce texte où il parle de la détresse et de l’écrasement qu’il ressentait, il avait cette même confiance en Dieu ; mais l’épreuve a continué et s’est même amplifiée. Qu’est-ce qui a permis à Paul de tenir bon malgré ces situations terribles ? Qu’est-ce que Jacques dit à ces chrétiens qui traversent des épreuves pour qu’ils connaissent la victoire, malgré tout ?

2. Que fait Dieu lorsque les épreuves surviennent ?

. Dans ces situations extrêmes que Paul connaît, il y joint une dimension d’espérance qui change alors beaucoup de choses. Il sait que la bonté de Dieu ne disparait pas, même si les épreuves sont là, que son réconfort se vit dans ces situations (2 Corinthiens 1v3) ; sa puissance se vit dans ces moments difficiles : « Cela nous a appris à mettre notre confiance uniquement en Dieu qui ressuscite les morts » (v9) ; comme Dieu est intervenu dans le passé, il continuera à intervenir : s’il a prouvé qu’il était capable de délivrer, il délivrera encore des épreuves qu’il est en train de traverser (v10) ; cette affirmation de Paul montre que, face à cette peur que nous avons de perdre cette confiance en Dieu (parce que nous nous savons fragiles), même cela nous sera donné par le Seigneur qui fait concourir les évènements à son but. Et son désir est de nous témoigner son amour.

Les fruits de cette œuvre du Seigneur à travers les épreuves sont la louange envers Dieu, non pas pour ces épreuves mais pour le résultat qui en découle, à savoir :

  • le réconfort au lieu du découragement ; et ce réconfort vient du Seigneur et non des capacités humaines (v5).
  • l’endurance : malgré ce sentiment d’être écrasé, Paul s’aperçoit qu’il a tenu bon dans la persévérance (v5-6).
  • l’ouverture envers les autres (v6) : l’épreuve ne l’a pas fait se replier sur lui-même : il continue à considérer les intérêts des autres (même de ceux qui sont les auteurs de ces épreuves qu’il a endurées…)

 

. Jacques, quant à lui, affirme que le Seigneur sait faire naître des bénédictions du sein même des épreuves (Jacques 1v2-4). Dieu les utilise pour notre croissance ; un peu comme Joseph l’a compris (mais après avoir vécu bien des épreuves), en disant à ses frères : « Vous aviez médité de me faire du mal ; mais Dieu l’a transformé en bien » (Genèse 50v20). Cette maturité que le chrétien peut connaître à travers les difficultés, ce perfectionnement dont il a besoin passent par ce chemin difficile des épreuves. Jacques affirme que celles-ci, loin d’entraver le projet de Dieu pour nous, font partie de son plan.

Et Jacques reprend la même perspective que Jésus quand il commence chaque béatitude par : « Heureux… » : Jésus parle de la bénédiction de Dieu à travers même les épreuves (dont la persécution ; Matthieu 5v3-12).

 

Dieu accorde également la sagesse pour considérer sous l’angle divin les épreuves et pour réagir selon Dieu ; cette sagesse n’est certainement pas une intelligence pour tout comprendre ou pour expliquer les raisons de l’épreuve, mais pour avoir le comportement qui permet de tenir bon et de persévérer.

Et Jacques continue en affirmant que la plus grande bénédiction, c’est Jésus-Christ : par lui, nous avons reçu ce don essentiel, que tous les êtres humains recherchent : une nouvelle vie ! Dieu ne change pas : il est, malgré l’épreuve qui nous fait vivre dans les ténèbres, le Père des lumières. Il est ce Sauveur qui nous rachète (Jacques 1v16-18). Si cette réalité nous habite, elle est cette ancre qui permet de tenir bon dans les tempêtes de la vie.

. Comment considérons-nous les difficultés dans notre profession, dans nos relations dans l’Eglise, dans notre santé, dans nos problèmes financiers ? Que fait Dieu, là précisément ?

Aujourd’hui encore, il veut nous donner ce regard d’espérance. Les 2 textes sur lesquels nous nous sommes arrêtés parlent non pas tant de la suppression de ces épreuves mais bien plutôt de la victoire que Dieu veut accorder au sein de ces épreuves qui peuvent perdurer. Paul parle de délivrance de l’épreuve mais en montrant qu’elles peuvent revenir. Et c’est ainsi à chaque fois, cette attente dans l’intervention de Dieu qui nous fait regarder l’avenir avec espérance  et non avec défaitisme et résignation.

3. Notre participation à la victoire dans les épreuves :

Dieu  nous rend participants : nous ne restons pas les bras ballants mais nous sommes appelés à être responsables : celui qui est « responsable » est, étymologiquement parlant, « celui qui répond ». Comment répondre à ce que Dieu nous demande, comment être à notre place ? Comment Paul et Jacques parlent dans ces 2 textes de cette réponse ?

. Paul est sûr que s’il a tenu bon dans ses épreuves, c’est parce que les chrétiens ont « contribué [à sa délivrance] en priant pour » lui et ses compagnons. Il parle, à la fin, de « la grâce qu’il nous accorde en réponse aux prières de beaucoup » (2 Corinthiens 1v11). Paul sait, il en a fait l’expérience, que la confiance envers Dieu et la prière (même de la part de ceux qui ont des problèmes de relation vis-à-vis de lui, Paul) a débouché sur l’intervention du Seigneur.

Comment vivons-nous cette dimension de foi pour ceux qui passent par l’épreuve ? Comment nous soutenons-nous mutuellement, tel dans son travail professionnel, tel dans sa vie de famille délicate, tel dans sa maladie, tel avec son caractère difficile, tel dans son ministère ?

. Jacques, quant à lui, parle aussi de la foi mais sur le plan personnel (Jacques 1v5), et non plus communautaire (l’un n’exclut pas l’autre, et l’un ne va pas sans l’autre). Pour connaître cette capacité à bien réagir au sein des épreuves, Jacques sait que la confiance totale en Dieu est le moyen de recevoir la sagesse qui vient de Dieu. La foi ne rend pas les épreuves plus faciles, elle ne supprime pas les combats ; nous sommes invités à nous abandonner à Dieu afin qu’il nous aide et nous donne sa sagesse. Nous sommes appelés à lui remettre tout, même ce qui nous paraît une bénédiction (les richesses, cite Jacques comme exemple), pour que nous restions dépendants de lui. C’est dans l’union avec lui qu’est la victoire sur les épreuves, sur nous-mêmes.

 

Oui, « Dieu est un secours qui ne manque jamais dans la détresse » (Psaume 46v2). Jésus sur la croix l’a vécu : même s’il a connu l’abandon de son Père à cause de notre péché qu’il prenait sur lui, Pierre le jour de la Pentecôte, rappelle que Dieu avait promis de le ressusciter : il ne l’abandonnera pas dans le séjour des morts (Actes 2v31 ; rappel du Psaume 16v10). Et il l’a fait.

Pour nous également, nous pouvons être assurés que le Dieu des délivrances ne nous abandonnera pas.

Oui, vraiment, « Dieu est un secours qui ne manque jamais dans la détresse ».

Jean-Ruben

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