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Philippiens 3v1 : Répétitions salutaires dans la Bible

Répétitions salutaires dans la Bible

Un principe essentiel de la pédagogie est la répétition ; la répétition. Mais quand il faut répéter souvent la même chose, cela devient lassant… Malgré tout, que ce soit envers les enfants ou… les adultes, il faut bien l’admettre, soit c’est la connaissance soit c’est la concentration qui font défaut ; alors, il est nécessaire de répéter.

Il est important de répéter ce qui est le plus important ; par exemple : « C’est bon de prendre du temps pour les loisirs, pour manger, pour rencontrer les autres, mais c’est nécessaire de prendre du temps pour lire la Bible, pour lire la Bible » : cela permet de mettre l’accent sur le plus important.

Je ne me lasse point de vous écrire les mêmes choses, et pour vous cela est salutaire. (Philippiens 3v1)

C’est ce que Dieu fait à différents endroits dans sa Parole : l’histoire des rois est répétée (1 et 2 Samuel // 1 et 2 Chroniques), tout comme les 4 Evangiles ; bien sûr en tout cela avec des nuances intéressantes. Les auteurs à certains moments insistent et répètent certaines vérités ; je me suis arrêté sur 3 versets bibliques (parmi d’autres) où il y a une répétition. Ils sont disparates mais ils permettent de toucher 3 domaines très importants.

Lectures : Esaïe 21v11, Esaïe 26v3 ; Philippiens 4v4

1) « On me crie de Séir : ‘Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? Sentinelle, que dis-tu de la nuit ?’ » (Esaïe 21v11).

. Il nous faut d’abord replacer cette question dans le contexte historique : nous sommes à peu près en 710 av. JC, c’est la période où les assyriens dominent ; ils ont écrasé l’Israël du Nord et ils encerclent Juda au sud. Séir, au sud-est, avait abandonné Dieu. Mais dans les problèmes, il se tourne vers lui !

Et le prophète Esaïe vient de recevoir un message extraordinaire sur ce qui va arriver : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone ! » (Même si cela n’est pas encore arrivé, le verbe au passé souligne la certitude de cette affirmation : c’est comme si c’était fait !). Mais le peuple de Séir (des descendants d’Esaü, le frère de Jacob) est sourd à cette bonne nouvelle : il s’adresse au prophète (la sentinelle) : « Mais quand est-ce que la calamité (la nuit) va disparaître !? » La répétition souligne l’aspect dramatique de cette invasion des assyriens.

Notre société aujourd’hui réagit de la même manière : on a abandonné Dieu, mais face aux drames qui se multiplient, on n’oublie pas de l’accuser : « Dieu, qu’est-ce que tu fais ! Mais qu’est-ce que tu fais !? Quand est-ce que tu feras cesser tous ces drames !? »

Ou c’est peut-être nous personnellement qui disons à Dieu : « Quand est-ce que tous mes ennuis s’arrêteront !? Quand est-ce que ça arrivera !? » Et nous répétons cela parce que cela devient trop lourd pour nous.

 

. Pour le peuple de Séir, la réponse à ses questions-accusations vient alors : « La sentinelle répond : ‘Le matin vient… et la nuit aussi’ » (v12) : il y aura une accalmie (Sennachérib, quelques années plus tard, sous le roi Ezéchias, repartira chez lui ; cela s’est passé en 701 av. JC) ; mais le nouvel empire babylonien va un siècle plus tard revenir et déporter le peuple. Est-ce une issue dramatique inévitable ?

La deuxième partie de la réponse s’adresse personnellement au peuple : « Si vous voulez poser des questions, posez-les ! » Dieu est toujours à l’écoute des revendications et des interpellations qu’on peut lui faire, mais il fait à son tour une interpellation : « Convertissez-vous et revenez ».

La solution pour le peuple, quelque soit l’issue de l’invasion, est de revenir à Dieu ; cela montre aussi que, même si Dieu annonce à l’avance la déportation par les babyloniens, son plan peut s’inverser si le peuple se tourne à nouveau vers Dieu. Dieu parle du jugement qui va s’exercer contre ceux qui  lui sont rebelles, « à moins qu’on ne me prenne pour refuge, qu’on ne fasse la paix avec moi, qu’on ne fasse la paix avec moi » (Esaïe 27v5).

Mais le peuple n’a qu’une pensée : quand Dieu arrêtera-t-il ces ennemis qui nous font souffrir !? Et Dieu répond : l’épreuve va continuer, et même s’aggraver après une accalmie, mais l’important – et cela est du ressors de l’être humain – c’est de revenir à Dieu et de se convertir.

 

Peut-être avons-nous envie d’entendre Dieu nous dire : « Avec moi, tout va bien aller, je vais aplanir tous tes problèmes ». Mais la réponse peut être la même que pour Séir : « Le matin vient,… et la nuit aussi ». Notre société croit dans le matin grâce à la technologie de plus en plus performante, grâce aux capacités de l’être humain. Mais pour que la nuit ne domine pas, il faut qu’il y ait un vrai retour à Dieu. Et même si la nuit vient, la solution est de revenir à Dieu réellement. Il y a beaucoup plus important que l’arrêt des épreuves (et pourtant c’est pour cela que nous prions pour nous-mêmes ou pour les autres) : le plus essentiel est de revenir à Dieu, de le mettre en premier lieu dans la vie, pour tous les domaines.

Pour celui qui le vit, la nuit peut continuer, mais il connaît une certitude : Dieu l’éclaire pas à pas, conduit, en étant à ses côtés. « L’Eternel, mon Dieu, éclaire mes ténèbres » (Psaume 18v29).

2) « A celui qui est ferme dans ses dispositions, tu assures la paix, la paix » (Esaïe 26v3).

La paix de Dieu

Il y a juste un mot de répété, mais il est capital. La paix n’est pas avant tout l’absence de guerre ni d’épreuves : juste après (v9), il est question là encore de la nuit ; la paix parle d’épanouissement intérieur profond. La répétition du mot paix met l’accent sur le fait qu’elle dépasse les évènements et qu’elle est l’élément essentiel pour faire face à tout.

Cette paix intérieure est certainement l’élément le plus important que recherchent ceux qui connaissent l’angoisse du bac, l’épreuve de la maladie, l’incertitude de l’avenir, le poids des échecs. Si nous pouvons ne pas être minés par l’inquiétude, Paul dit que c’est grâce à la prière où nous remettons tout à Dieu, où nous lui faisons confiance ; avec comme conséquence la paix : « Alors la paix de Dieu, qui surpasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera votre cœur et votre pensée sous la protection de Jésus-Christ » (Philippiens 4v6-7). Cette paix est l’assurance que Dieu veille sur nous, que rien ne peut nous séparer de lui, que nous sommes dans sa main et qu’il est le Dieu souverain.

Le texte d’Esaïe parle des conditions pour vivre cette paix :

– Être ferme dans ses dispositions

Nos sentiments fluctuent selon les circonstances, selon le temps ou selon nos humeurs, mais ce que Dieu demande, c’est de garder le cap, d’être ferme dans ses engagements, dans sa décision de le suivre. Tenir bon alors que nous connaissons des pressions intérieures et extérieures n’est jamais facile ; cela peut même être à la limite du supportable. Mais pourtant le fait de ne plus résister conduit à la désillusion et à l’échec.

Au XVIIIème si., en Acadie, les anglais forcent les habitants à partir s’ils ne veulent pas se soumettre ; mis sur des bateaux, ils sont essaimés le long de la côte est des Etats-Unis. Louis Ersolot était le fiancé d’Évangeline Labiche mais les voilà séparés. Lui est débarqué à Saint Martin Ville ; chaque soir, il va au port voir si sa fiancée arrive. Au bout de plusieurs mois, il se décourage et se marie avec une autre. Mais 3 ans après, Évangeline arrive…

– « Eternel, tu donnes la paix, car tout ce que nous faisons, c’est toi qui l’accomplis pour nous » (v12)

C’est lorsque nous nous abandonnons à Dieu, que nous comptons sur lui – et non sur nos propres forces avant tout – que nous sommes remplis de la paix : c’est lui qui donne la capacité de vivre selon sa volonté.

Comme le sarment est dépendant du cep pour recevoir la sève et alors porter du fruit, il nous faut rester fermement attachés au Seigneur pour tenir bon et porter de bons fruits. La conséquence est la plénitude intérieure, la paix que Dieu donne. Jésus dira à ses disciples avant de mourir : « Je vous ai dit ces choses afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez à souffrir bien des afflictions, mais courage ! Moi, j’ai vaincu le monde » (Jean 16v33).

Peut-être sur un point, nous ne sommes pas fermes dans nos dispositions devant Dieu ; il nous invite à revenir à lui, à compter sur lui entièrement pour que nous puissions connaître sa paix.

3) « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète : réjouissez-vous ! » (Philippiens 4v4)

Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur

Déjà Paul avait écrit : « Vous aussi, réjouissez-vous et réjouissez-vous avec moi » (2v18). « Réjouissez-vous dans le Seigneur ; je ne lasse pas de vous écrire les mêmes choses (de les répéter), mais pour vous cela vous est salutaire » (3v1).

 

Dans quel contexte Paul écrit-il cette invitation à se réjouir avec lui ? Il est en prison, probablement à Ephèse ou à Rome. Il vit ce qui est raconté quand, avec Silas, ils sont emprisonnés à Philippe (Actes 16) : là en pleine nuit, ils prient et ils chantent ! Comment vivre cette dimension de la joie dans un tel contexte ?

  • Il savait que le Seigneur, même en prison, était là avec lui : « Le Seigneur est proche » (Philippiens 4v5).
  • Encore une fois c’est quand on vit en communion avec le Seigneur, par le biais de la prière : juste après l’invitation à se réjouir, Paul parle de la prière qui est le moyen de s’en remettre à Dieu (Philippiens 4v6) ; sa dépendance vis-à-vis de lui n’était pas que des mots. Vivre dans la communion avec le Seigneur, c’est être rempli alors de l’assurance qu’il connaît tout de moi, qu’il me soutient, qu’il me préserve dans sa puissance et dans son amour.
  • Ce texte est entouré par une autre condition et une conséquence de cette attitude de confiance en Dieu : « Demeurez fermes, en demeurant attachés au Seigneur » (Philippiens 4v1) ; cela rappelle « A celui qui est ferme, tu assures la paix » (Esaïe 26). Oui, « la paix de Dieu gardera vos cœurs et vos pensées sous la protection de Jésus-Christ » (v7).

Oui, « la joie du Seigneur sera votre force » (Néhémie 8v10) et en même temps, « réjouissez-vous » est à l’impératif : Dieu donne et c’est à nous à mettre en action ses dons. « Je veux me réjouir en l’Eternel ! » (Psaume 104v34) ; Paul montre comment il l’a vécu : « J’ai appris à être content de l’état où je me trouve » (Philippiens 4v11-12), mais juste après il parle de l’œuvre de Dieu pour le réaliser en lui : « Je peux tout… grâce à celui qui me fortifie » (v13).

Au Luxembourg, la petite ville de Vianden est dominée par les ruines d’un château ; pendant la seconde guerre mondiale, il avait été bombardé. La duchesse avait reçu alors un télégramme du bourgmestre : « Vianden démoli. Grâces à Dieu, ruines épargnées ». Savoir relever le positif de ce qui paraît désastreux, même en ruines (comme ma santé peut-être, ou ma famille), ce n’est pas tant se contenter d’une vie médiocre mais se donner les moyens de reconstruire, de remonter la pente du découragement, sans être terrassé.

Alors, pour tout cela il n’y a qu’une solution : venir à Dieu (même à travers un SMS, un SOS) et rester dépendant de lui.

Mais je ne voudrais pas trop… me répéter.

 

Jean-Ruben

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