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1 Samuel 7v1-14 : Eben-Ezer, Le secours de Dieu !

Eben-Ezer : la pierre du secours de Dieu !

Que signifie « Eben-Ezer » dans la Bible ? Quelle est la traduction de ces mots hébreux « eben ha-`ezer » ? Sa signification en français est claire : « Pierre du secours ». Cette pierre était le lieu commémoratif d’une victoire d’Israël, qui par la suite était devenu le nom du coin. Le peuple d’Israël avait vu Dieu intervenir et, en considérant cet évènement passé, il voulait que ce souvenir soit conservé.

Le secours de Dieu a-t-il marque-t-il nos vies comme celles de Samuel et du peuple d’Israël ? Que pouvons-nous tirer, pour nous aujourd’hui (en cette fin d’année 2014), de cette affirmation qu’a faite le prophète Samuel : « Jusqu’ici, l’Eternel nous a secourus » (1 Samuel 7v12) ?

Lecture : 1 Samuel 7v1-14

1) Résumé de l’histoire de la pierre du souvenir « eben-ezer »

Cela se passe vers 1000 av JC. Israël avait abandonné Dieu ; cela avait entrainé la décrépitude dans tous les domaines. Ils avaient été battus par les philistins qui avaient pris l’arche de l’alliance, symbole de la présence de Dieu. Suite à cette défaite cuisante, les israélites avaient manifesté le désir de revenir à Dieu. « Alors, enlevez les idoles, avait ordonné Samuel, et servez Dieu lui seul ! Et il vous délivrera ». Le peuple s’était repenti devant Dieu et était revenu profondément à lui.

Réaction des philistins : « On va attaquer et battre Israël ! » La peur a envahi alors le camp israélite, qui s’est adressé à Samuel : « N’arrête pas de prier… ! ». Et Dieu exauça cette prière : les philistins ont été battus.

Suite à cela, Samuel dresse une pierre du souvenir qui est appelée : « ebenezer », en disant : « Jusqu’ici, l’Eternel nous a secourus ».

Note sur l’auteur : Samuel

  • Fils d’Elkana et d’Anne, il fût le dernier des juges et prophète d’Israël à l’époque des premiers rois Saül et David
  • L’étymologie de son nom est « shemu’El » ou « Samouel », venant de « shama : entendre, écouter » et « El : Dieu, puissant ».
  • Signification Samuel : « celui qui écoute Dieu » ou « entendu, ou exaucé de Dieu »

2) Quelques enseignements « Jusqu’ici Dieu nous a secourus » :

. Etonnant d’affirmer cela en constatant que, pourtant, Israël n’a pas toujours remporté des victoires ! Samuel serait-il aveuglé par la victoire ? Ou Dieu ne tiendrait-il pas toujours parole… ? En fait, le secours de Dieu est lié au retour vers lui : chaque fois qu’Israël a fait confiance en Dieu, il a été secouru. L’intervention de Dieu n’est pas automatique ; mais elle se vit quand on a foi en lui.

. S’il y a d’abord l’appel au secours, il y a ensuite la reconnaissance : « Eben-Ezer ! Dieu nous a secourus ». Après l’appel au secours, il n’y a pas que l’écho : l’intervention de Dieu qui délivre fait suite à la prière. C’est l’affirmation que Dieu est vivant et agissant, parce que Dieu est amour. C’est l’affirmation que le secours vient… de lui et que celui qui se confie dans l’homme avant tout ne connaît pas cette délivrance.

400 ans plus tard, le problème était malheureusement le même : le prophète Jérémie constate qu’Israël ne s’appuie pas sur Dieu : « Maudit soit l’homme qui compte sur des hommes et qui fait des moyens humains la source de sa force mais qui détourne son cœur de l’Eternel. Béni soit l’homme qui se confie en l’Eternel ! » (Jérémie 17v5, 7).

. Pour affirmer que Dieu secourt, Samuel s’appuie sur la réalité du passé et non sur l’avenir qu’il ignore. Il s’appuie sur du concret et non sur une théorie (aussi belle soit-elle) : Dieu est réellement intervenu ! Oui, il pouvait l’affirmer haut et fort : « Jusqu’ici, l’Eternel nous a secourus ! ».

. Pourquoi ne pas dire plutôt : « Toujours l’Eternel nous secourra » ? Ce serait pourtant l’affirmation d’une foi plus grande encore, semble-t-il ! On pense souvent que la foi est par rapport à l’avenir et qu’elle n’existe que si on se fixe des objectifs qui se réaliseront parce qu’on y croit.

La foi de Samuel, en ne faisant référence qu’au passé, pourrait être alors taxée de rétrograde ; pourquoi cette attitude de Samuel ? Est-ce de la méfiance envers Dieu pour ce qui concerne l’avenir, comme s’il disait à mots cachés : « Jusqu’à maintenant, oui, Dieu est intervenu, mais que sera demain… ? »

En fait, la foi est avant tout un regard vers Dieu, et c’est ce qu’a manifesté le peuple d’Israël en revenant à Dieu dans la repentance et la prière de confiance. C’est cela qui détermine la foi et non avant tout le fait de penser à des évènements à venir.

Et puis, non, Samuel ne doute pas de Dieu mais il veut mettre l’accent sur sa grâce : Israël a-t-il mérité l’intervention de Dieu ? Non, il n’est vraiment pas meilleur que les autres peuples ! Son comportement était-il suffisamment un élément de pression, de chantage pour imposer à Dieu son aide pour l’avenir ? Non, pas possible d’exiger de Dieu ; même en lui rappelant ses promesses, style : « J’ai des problèmes financiers ; et tu as promis d’enrichir ceux qui t’obéissent, donc règle mes trous financiers. Je le crois ». Les S.O.S. lancés à Dieu deviennent alors une imposition. Mais qui veut faire pression sur Dieu oublie qu’avant tout, c’est sa grâce et non son devoir qui le caractérise.

 

Hudson Taylor (qui sera plus tard missionnaire en Chine et dont la foi en Dieu était remarquable) parlait à un ami de ses difficultés financières en tant qu’étudiant en médecine ; malgré cela, il continuait à donner un dixième de ses faibles ressources pour l’œuvre de Dieu. Son ami lui demanda alors ce qu’il avait fait et s’il avait réduit ce don ; la réponse de  H. Taylor : « J’ai loué une chambre moins chère. »

La réaction qui me semble juste est de dire : « Regardez comme Dieu est bon : voilà comment il est intervenu dans ma vie. Pour les prochaines difficultés ? Je compte sur sa grâce. Mais qui suis-je pour lui imposer de me secourir ? Il me suffit de savoir qu’il est amour ».

« Au jour de la grâce, dit l’Eternel, je te secourrai » (Esaïe 49v8) : Dieu le dit, je l’ai vécu et cela me suffit pour demain.

 

Quand Jésus va mourir et laisser ses disciples, il dirige leur regard vers le passé : « Quand je vous ai envoyé sans bourse ni sac de voyage, ni sandales, avez-vous manqué de quoi que ce soit ? » « De rien », dirent-ils (Luc 22v35). La manière dont ils ont vu le Seigneur agir pour eux (même en possédant le minimum) est le gage de son intervention pour l’avenir.

3) Quelques autres exemples du secours de Dieu :

. Quand Dieu répond illico :

Le roi de Juda, Josaphat, et le roi d’Israël, Achab, sont en lutte contre le roi de Syrie (1 Rs 22v29-40) ; Achab réagit – humainement – par un stratagème en se déguisant comme un simple soldat. Ça semble marcher ; on a repéré le roi Josaphat et tous vont contre lui. Comment réagit ce dernier ?  « Josaphat implora l’aide du Seigneur Dieu, … qui le secourut en repoussant ses ennemis » (2 Chroniques 18v31). Après cela, un soldat syrien tira au hasard une flèche qui atteignit Achab… entre les plaques protectrices de sa cuirasse. Et il mourut.

. Quand Dieu répond beaucoup plus tard que ce qu’on voudrait :

Anne, la mère de Samuel, a composé un chant de reconnaissance (1 Samuel 2) où elle dit : « Mon cœur se réjouit en l’Eternel, car je me réjouis de son secours » (v1). Mais cela faisait des années qu’elle attendait ce secours : elle était stérile. Il y a de quoi se poser de sérieuses questions quand on lit à 2 reprises : « L’Eternel l’avait rendue stérile ». Où est donc le secours de Dieu !? Mais Anne prie. Malgré ses questions et ses doutes, elle confie à Dieu son problème et sa douleur. Et au temps de Dieu, il l’a secourue ; son fils est devenu le prophète Samuel.

. Jaïrus, un des chefs de la synagogue, vient supplier Jésus de guérir sa fille qui est très malade (Marc 5v22-43). Jésus part avec lui pour se rendre à sa maison (vu la gravité de la maladie, il aurait quand même pu la guérir à distance, comme il l’a fait pour d’autres !) ; et en plus, il s’arrête, pour la simple raison que quelqu’un l’a touché ! Et il prend son temps… et discute avec celle qui l’avait touché, elle qui venait d’être guérie. Ce temps perdu a été fatal : on vient annoncer à Jaïrus que sa fille est morte. L’épreuve se transforme en drame. Jésus alors lui dit simplement : « Ne crains pas, crois seulement » (v36). Et Jésus va ressusciter cette fille.

En général, on oublie que l’intervention du Seigneur peut nous sembler tarder ; et même qu’elle arrive trop tard. Mais pas pour Dieu. Le souvenir de son intervention dans le passé peut nous aider à attendre avec espérance au-delà de notre temps et de notre logique. La condition : la prière de confiance, et non la demande exigeante, selon notre conception.

4) Le secours de Dieu (eben ezer) peut passer par le nôtre :

Si Dieu a créé l’Eglise, son corps, c’est aussi pour utiliser ses membres que nous sommes. Il peut toujours intervenir seul : il est suffisamment puissant ! Mais il se sert aussi de nous pour accomplir sa volonté. Nous pouvons nous croire spirituel en pensant que c’est Dieu qui secourt mais quand cela nous déresponsabilise, il y a un problème.

Joab, face à l’attaque des syriens, dit à son frère Abishaï : « Si les syriens sont plus forts que moi, tu viendras à mon secours ; s’ils sont plus forts que toi, j’irai te secourir. Et que Dieu fasse ce qui lui semblera bon » (2 Samuel 10v11-12) ; résultat : ils ont battu les syriens et les ammonites alliés. La reconnaissance de notre besoin d’être aidé est un premier pas, et l’aide mutuelle est voulue par Dieu. Et au-delà de cette entraide, il y a la confiance en Dieu ; mais elle n’élimine pas le soutien mutuel.

Voici deux 2 images : laquelle vivons-nous réellement entre nous, envers ceux qui sont dans le besoin ?

  • Dans le métro, une personne est attaquée ; mais personne ne se risque à la défendre et c’est même l’indifférence qui règne.
  • Lors d’une course de voiliers autour du monde, un marin lance un signal de détresse ; le 2ème et le 3ème se détournent alors pour aller le secourir. Ils ont perdu du temps, d’accord qui leur sera décompté à la fin, mais pas leurs forces,  ni l’usure du bateau, ni le risque d’avoir un ennui pendant ce détour.

En quoi nous intéressons-nous aux autres pour pouvoir les aider ?

Pour conclure, revenons au secours que Dieu peut accorder.

« Approchons-nous du trône du Dieu de grâce avec une pleine assurance. Là, Dieu nous accordera sa bonté et nous donnera sa grâce pour que nous soyons secourus au bon moment » (Hébreux 4v16). La notion de grâce revient à 2 reprises dans ce seul verset : on ne peut imposer à Dieu son secours ; mais sa bonté est réelle et le pousse à nous secourir ; seulement, notre notion du temps n’est pas toujours la sienne. Mais si notre confiance en lui est plus grande qu’en nous-mêmes, nous concevrons plus facilement que son secours sera « au bon moment ».

La seule condition qui nous est demandée est de nous approcher de lui avec confiance. Gustave Eiffel surveillait la construction d’un pont en Gironde, dont il était l’architecte, quand un ouvrier est tombé à l’eau. Eiffel alors a plongé et l’a sauvé. Il lui a alors dit : « Ayez la bonté de mieux vous attacher : j’aime nager, certes, mais pas quand je suis habillé ! ».

L’important est de rester attaché à Dieu. Heureusement, il est prêt à nous secourir quand nous l’appelons.

 

Jean-Ruben

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4 commentaires sur “1 Samuel 7v1-14 : Eben-Ezer, Le secours de Dieu !”

  1. BAROKI BWIRA John dit :

    cet enseignement devient très riche pour ma vie entire

  2. Merci seigneur pour son secours qui ne manque jamais dans la détresse

    1. eglise.agen dit :

      Oui. Que grâces lui soient rendues !

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