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Genèse 28v16 : Assurément, l’Eternel est en ce lieu ; et moi, je l’ignorais…

Jacob commence un long voyage, plein d’incertitudes. Il a de quoi ne pas être très rassuré. Aucun GPS (« Garantie Protection Sécurité »). Il vit sa première nuit dans la solitude.

Et là, au lieu qu’il appellera Béthel (« Maison de l’Eternel »), il reçoit des paroles qui vont le stimuler pour sa nouvelle étape. Les promesses de Dieu vont se réaliser pour lui et il verra que ce que Dieu dit s’accomplit.

Nous aussi, nous commençons une nouvelle étape, une nouvelle année. Pleine d’incertitudes, malgré tout avec un parfum de pessimisme et un arrière-goût de crainte.

Et pourtant, c’est toujours une réalité pour nous : « Nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple » (1 Co 6v16 ; 3v16).

Et les paroles que Dieu veut nous donner pour cette étape que nous commençons peuvent nous donner une assurance malgré le contexte dans lequel nous vivons. Et certainement, les promesses de Dieu vont s’accomplir pour nous.

 

Quand Jésus conclut son ministère sur la terre, il laisse à ses disciples 2 paroles : une qui indique qu’ils ont une mission à accomplir et l’autre pour les assurer de sa présence (Mt 28v19-20).

Cette présence est la dimension que Dieu a laissée à Jacob pour son voyage et à laquelle Jacob s’est accroché. Malgré les problèmes rencontrés, cela a été efficace pour lui.

1) Mais quel contexte…

. Il est bien peu glorieux : il a trompé son frère aîné pour obtenir la bénédiction que leur père Isaac voulait donner à Esaü. Mais même si Dieu avait annoncé à la naissance de ces 2 jumeaux : « L’aîné sera assujetti au cadet » (Ge 25v23) et si Esaü avait vendu son droit d’ainesse (et donc le droit à la bénédiction paternelle), la manière dont cela s’est passé laisse dans l’amertume et la culpabilité.

Jacob (nom qui vient de « tromper ») n’a pas été droit dans ces évènements. Comment Dieu, peut-il penser, va-t-il le punir ou simplement l’abandonner… ? La réaction qu’il manifeste : « Il eut peur » (v17).

. Même si nous avons des circonstances atténuantes et que l’autre partie a des torts, nous nous savons aussi responsables et nous envisageons l’avenir avec ce poids.

La pensée d’une punition de la part de Dieu est inscrite dans nos gênes : pourquoi cela ? Parce que nous réagissons encore à cette pensée que ce sont nos actes, nos œuvres qui déterminent notre avenir, et que nous recevons ce que nous méritons.

 

Il y a 3 réactions possibles face à cette perception :

1) Je me voile la face : « C’est pas ma faute ; je ne suis responsable de rien ; comme la fin justifie les moyens, je ne considère que le but et je méprise le moyen d’y arriver. Et puis, je fais le bien aussi ! »

2) Je m’enfonce dans une culpabilité écrasante que je rumine comme pour m’auto punir. Et j’assume les conséquences négatives ; à commencer par la peur face à l’avenir : « Qu’est-ce qui va m’arriver comme épreuve… ?  Dieu ne peut pas être avec moi ».

3) J’écoute ce que Dieu me dit.

 

  2) Et pourtant, Dieu était déjà là.

« Assurément, l’Eternel est en ce lieu… » (Ge 28v16) : Jacob est plus que surpris de constater que, malgré son passé et son passif, Dieu était là, avec lui, pour lui parler, pour l’assurer et le rassurer : « Je suis avec toi » (v15).

Cela parle de la grâce de Dieu : elle n’est pas conditionnelle, liée à nos actes, bons ou mauvais ; elle parle de la dimension gratuite de son amour. « Un ami, c’est quelqu’un qui vous connaît bien, et qui vous aime quand même », disait Churchill.

Dieu connaissait bien le « trompeur », Jacob, et il était prêt à lui témoigner pourtant sa grâce.

A nous aussi. En particulier pour cette année. Encore et encore.

 

Comment Jacob savait que Dieu est avec lui ?

 

. Il perçoit la Parole de Dieu à travers ce rêve qu’il fait. Cette Parole était la même que pour son grand-père Abraham (Ge 12v3) et que pour son père Isaac (26v4) ; et tous les 2 avaient vu Dieu agir en leur faveur suite à l’obéissance à cette Parole. C’est une Parole créatrice, vivante qu’ils avaient reçue et expérimentée.

Et cette même Parole, Jacob l’entend ; bien que le scepticisme l’emporte encore sur la joie de la réalisation future de ces promesses : « Il eut peur » après cette révélation.

 

Il y a donc continuité au niveau des promesses de Dieu : Dieu ne change pas d’idée selon ses humeurs, comme nous…

Quand Jésus, ressuscité, parle avec les disciples d’Emmaüs, il parle de cette continuité : « Commençant par Moïse par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait » (Lc 24v27). Toute la Bible est cohérente ; tout se tient, même si sa rédaction s’étend sur 15 siècles, même si Dieu s’est servi d’une quarantaine d’auteurs différents. Il y a continuité depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse.

Pour nous aussi, cette unité de la Parole de Dieu nous conforte dans son écoute et la soumission envers ce que Dieu nous dit.

 

Jacob comprend qu’il est un des chaînons par qui Dieu accomplit son plan. Ce plan le dépasse mais cela pousse à la confiance bien qu’il ne maitrise pas tout.

En ce début de voyage chaotique, il n’est pas sûr de lui-même mais ces paroles lui font entrevoir le plan de Dieu sur le plan personnel et familial ; et au-delà de sa descendance physique, des autres peuples : « Toutes les familles de la terre seront bénies » (28v14 ; comme à Abraham et Isaac).

 

Quand nous sommes à l’écoute de la Parole de Dieu, nous prenons conscience également qu’elle est pour nous et que c’est au travers de nous que Dieu accomplit ses promesses.

Chacun, si nous prenons Dieu au mot, peut se sentir partie prenante du plan de Dieu pour soi-même et pour sa famille ; mais aussi pour sa famille spirituelle : il est important que nous ayons cette vision qui dépasse notre cadre familial.

Cela se vit de bien des manières, et en particulier lors du culte comme Paul nous y invite : « Que la Parole du Christ vous inspire une pleine sagesse pour vous instruire et vous avertir les uns les autres ou pour chanter à Dieu de tout votre cœur » (Col 3v16).

 

Le contenu de ces Paroles parle aussi de qui en est l’auteur.

Il veut intervenir en faveur de ceux qu’il veut bénir ; il n’est pas un Dieu lointain et impersonnel, ni un Dieu dont la caractéristique est de se venger ou de punir.

Il veut accorder ce qui contribue à l’épanouissement, même pour ce qui concerne la dimension matérielle et le quotidien (v13). Il englobe la descendance (v14a) ; c’est une bénédiction contagieuse qu’il est prêt à donner (v14).

Il veut assurer de sa présence : « Je serai moi-même avec toi, je te garderai partout où tu iras » (15) : il se met aux petits soins de celui qu’il veut bénir.

Il promet sa protection jusqu’au bout (« jusqu’à ton retour », v15) ; il persévèrera dans la réalisation (sa grâce n’est pas liée au comportement incertain de Jacob ; v15b).

 

Tout cela parle de Dieu tel qu’il est présenté dans toute la Bible ; tel qu’il veut se manifester à nous. Aujourd’hui et demain, encore et toujours.

 

. Et puis, cette vision de l’échelle, de cet escalier qui terminait par la présence de Dieu (v12-13)… Elle présente un Dieu majestueux mais aussi accessible pour les humains, à commencer par Jacob, malgré son indignité.

 

C’est Jésus qui reprend au début de son ministère cette même image (Jn 1v51 ; encore un lien avec l’Ancien Testament) : à Nathanaël, sceptique face à la messianité de Jésus, celui-ci conclut : « Oui, je vous l’assure, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre entre ciel et terre sur le Fils de l’homme » : Jésus, en parlant des anges, ne dit pas qu’ils montent et descendent sur l’escalier mais sur lui : il est cet intermédiaire qui permet d’accéder jusqu’à Dieu.

 

La communion entre Dieu et nous est rendue possible grâce à l’œuvre que Jésus a accomplie.

 

Voilà qui est Dieu : un Dieu qui a tout fait pour communiquer avec nous.

Cela parle de son amour : il a tout fait pour que cela soit possible.

 

3) Béthel : « La maison de Dieu ».

 

« Jacob appela cet endroit Béthel », ce qui signifie : Maison de Dieu. Cette maison n’est pas un bâtiment : c’est en plein nature que Jacob se trouve. C’est la maison de Dieu à cause de sa présence. « Ce lieu ne peut être que le sanctuaire de Dieu » (v17) ; mais au lieu d’en être émerveillé, il qualifie cet endroit de redoutable.

 

Peut-être comme l’apôtre Pierre qui, face à la révélation de Jésus qui vient de provoquer une pêche miraculeuse (Lc 5), dit : « Retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur ».

Nous pouvons nous approcher de Dieu ainsi mais aussi savoir qu’il nous accueille, malgré ce que nous sommes, et qu’il veut rester dans notre barque, dans notre vie, avec nous pendant notre voyage.

 

La maison de Dieu : il est question de cette expression aussi dans le Nouveau Testament et la maison de Dieu n’est jamais le bâtiment dans lequel les chrétiens se réunissent mais ce sont eux qui sont la maison de Dieu.

Paul dit que nous ne sommes plus étrangers mais « gens de la maison de Dieu » (Ep 2v19) ; Pierre, quant à lui, écrit que nous en sommes « les pierres vivantes pour former un temple spirituel », consacrés à lui (1 Pi 2v5). Il n’y a pas qu’une personne consacrée à Dieu mais nous tous, là où nous sommes ; c’est dans cette attitude de service que nous sommes invités à vivre cette année.

 

Quand Marie, la sœur de Marthe et Lazare, verse un parfum de grand prix sur les pieds de Jésus (signe qu’elle lui donne ce qu’elle a de plus cher, de plus beau ; Jn 12v3), il est ajouté : « Et toute la maison fut remplie de l’odeur de ce parfum ».

Que répandons-nous, comme conséquence de notre vie avec Dieu ? Au vu de plusieurs textes bibliques, ce parfum répandu dans la maison de Dieu, entre chrétiens en premier lieu, devrait être l’amour (et non l’égocentrisme), la paix (et non les tensions), la joie de vivre ensemble (et non l’indifférence).

Si nous devons nous souhaiter quelque chose en ce début d’année, c’est certainement de vivre dans un amour vrai, une joie réelle, une paix contagieuse. Mais cela découle de l’offrande à Dieu de notre vie, d’abord.

 

 

« Assurément, l’Eternel est en ce lieu ; et moi, je l’ignorais… » (Ge 28v16) : c’est terrible d’ignorer la présence de Dieu, de passer à côté de cette prise de conscience ! Autant pour notre voyage en 2015 qui a déjà commencé que pour notre vie d’Eglise.

Oui, Dieu est présent, il marche avec nous.

Au lieu de la peur, nous pouvons avancer dans la confiance.

 

C’est pour nous aussi que le Seigneur dit : « Je suis moi-même avec toi, je te garderai partout où tu iras ; je ne t’abandonnerai pas mais j’accomplirai ce que je t’ai promis » (Ge 28v15).

 

Jean-Ruben

 

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