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Donner implique… recevoir (le don dans les épîtres de Paul à Timothée)

En parlant de don, à quoi pensez-vous spontanément ? A celui que vous allez faire dans le tronc ? Si notre pensée ou notre message s’arrête à ce domaine, nous sommes bien malheureux. C’est vrai que cette période de Noël est bien axée sur les cadeaux, mais c’est au préjudice du message essentiel de ce rappel, à savoir : Dieu s’est donné.

Nous allons nous arrêter sur le don dans les deux épîtres que Paul a écrites à Timothée. A travers le verbe donner, nous pouvons avoir une vue d’ensemble sur la manière dont le Seigneur envisage le don. Et s’il est question de notre don, il est peu de chose par rapport aux dons que lui, le Seigneur, nous accorde. Paul va montrer à Timothée qu’on ne peut apporter aux autres que ce qu’on a reçu.  Quels sont ces dons ?

1) Dieu s’est donné !

« Il y a un seul Dieu et de même un seul médiateur entre Dieu et les hommes : Jésus-Christ. Il s’est donné lui-même en rançon pour tous » (1 Timothé 2v5-6). Voilà la base du don : lui-même. Le but de Dieu est de sauver tous les hommes qui croiraient en lui ; pour cela, Dieu s’est donné ! Il a payé le prix fort en donnant sa vie à la place de la nôtre.

Paul met l’accent sur l’acte volontaire de Jésus : ce ne sont pas ses ennemis qui l’ont mourir qui ont provoqué sa mort : il s’est donné lui-même. Jésus-Christ, à Golgotha, n’a rien gagné : il a tout perdu par amour pour nous, sa gloire, sa réputation, sa vie.

Pour nous racheter à l’éternité sans Dieu (« la mort éternelle »), il a fallu qu’il accepte de prendre sur lui le poids de nos fautes qui nous séparaient de Dieu sur lui.

 

Voilà ce don capital pour tous ceux qui se tournent vers lui. Nous ne pouvons en comprendre toute la portée, même si nous connaissons en théorie si bien ce fait ; mais le Seigneur nous invite à réfléchir de sorte que la conséquence de ce don de lui-même pénètre et transforme nos vies.

2) Ce don découle de ce que Dieu EST.

« C’est lui qui nous a sauvés et nous a appelés à mener une vie sainte. Et s’il l’a fait, ce n’est pas à cause de ce que nous avons fait, mais bien parce qu’il en avait librement décidé ainsi, à cause de sa grâce. Cette grâce, il nous l’a donnée de toute éternité en Jésus-Christ » (2 Timothé 1v9).

Si nous espérons être sauvé en pensant que nous faisons suffisamment le bien, nous faisons fausse route ; ce qui est affirmé ici, comme partout ailleurs dans la Bible, c’est que le salut est une conséquence de la grâce de Dieu. Elle est la source de la vie éternelle avec Dieu.

Cet amour immérité est bien antérieur à ce que nous aurions pu faire : elle nous est accordée de toute éternité : elle n’attend pour être effective que le moment où elle va être acceptée.

 

Paul affirme aussi que cette grâce est nécessaire pour que nous menions une vie selon Dieu, « une vie sainte » (c’est-à-dire entièrement pour lui) ; encore une fois, c’est l’échec assuré si nous faisons tous nos efforts pour éliminer le péché de notre vie par nous-même, sans dépendre de la grâce de Dieu pour cela. Qui accepte ce don de sa grâce dans sa vie en est transformé.

 

. Paul parle précisément combien Dieu nous aime en parlant d’Onésiphore : en citant les services que ce dernier lui a rendus, Paul demande à Dieu de lui donner sa bonté (2 Timothé 1v16 et 18) ; une bonté multipliée ; l’amour vécu fait découvrir toujours plus cet amour de Dieu qui comble. Il n’y a pas de souhait plus grand que de vivre l’amour de Dieu et de grandir en lui.

 

Les 2 prières de salutation (1 Timothé 1v2b et 2 Timothé 1v2b) sont les mêmes, et même si le verbe donner n’est pas dans les écrits de Paul, ils l’impliquent : « Que Dieu le Père et Jésus-Christ, notre Seigneur, [t’accordent] grâce, bonté et paix ». Cela vient de Dieu et rien que de lui ; pour les vivre, il faut les accepter en dépendant de lui.

3) Mais même si la foi est réelle, le moyen pour les vivre… vient de Dieu

En parlant des contradicteurs, Paul compte là aussi sur l’action de Dieu : « Qui sait si Dieu ne leur donnera pas la repentance pour connaître la vérité ? » (2 Timothé 2v25-26).

C’est Dieu qui amène à cette prise de conscience d’un profond retour à lui, dans la reconnaissance d’une attitude de péché ; Jésus a dit : « Le Saint Esprit convaincra le monde en ce qui concerne le péché (…) parce qu’il ne croit pas en moi » (Jean 16v8-9).

La repentance est la porte qui permet de découvrir la vie avec Dieu grâce à son pardon. La mort à soi-même est le début de la vie. Si Dieu conduit à cette conviction, cela n’économise pas la décision personnelle de se tourner vers Dieu.

 

En attendant de voir cela se réaliser, Paul parle de l’attitude à avoir qui consiste à instruire avec douceur. Et l’action du Seigneur leur permettra de se dégager des pièges et des ruses du diable. Ça vaut donc la peine de faire confiance à Dieu (même si son temps n’est pas le nôtre…).

4) A propos de notre capacité à comprendre les choses, notre intelligence est bien limitée

Dieu sait notre difficulté à saisir les choses spirituelles, sa Parole. Mais Paul, après avoir exposé le plan de Dieu, écrit à Timothée : « Réfléchis bien à ce que je te dis, car le Seigneur te donnera de l’intelligence en toutes ces choses » (2 Timothé 2v7).

Dieu veut nous aider en nous donnant sa sagesse, à condition que nous prenions conscience de nos limites, du besoin de l’action de Dieu et de la nécessité de vivre cette intelligence (« réfléchis » = « mets en action ce que Dieu te donne »).

Ne soyons pas trop simplistes : nous ne recevons pas cette intelligence tout d’un coup comme avec la baguette magique d’une fée bienveillante. Cette sagesse se développe et s’acquiert en parallèle avec notre approfondissement de la connaissance de Dieu et de sa Parole.

La fille d’un pasteur regarde son papa écrire sa prédication : « Et c’est Dieu qui te dit ce que tu dois écrire ? » « Oui… » « Mais alors, papa, pourquoi toutes ces ratures… ? ».

Humilité oblige. Dans la nature, 6 mois suffisent à Dieu pour faire une gourde ; mais il lui faut 100 ans pour faire un chêne.

5) Paul parle des dons que Dieu accorde.

Il s’agit en particulier des dons matériels : « Recommande à ceux qui possèdent des richesses en ce monde de se garder de toute arrogance et de ne pas fonder leur espoir sur la richesse, car elle est instable. Qu’ils placent leur espérance en Dieu qui donne généreusement toutes ces richesses pour que nous en jouissions » (1 Timothé 6v17).

C’est grâce à Dieu que nous possédons nos biens ; mais Paul dit que certaines personnes en possèdent plus que d’autres ; et même si Dieu est la source de ces bénédictions matérielles, nous avons notre part : l’attitude face à ces richesses ne doit pas être l’arrogance. Là aussi, humilité oblige.

Paul ajoute que le don que Dieu fait en accordant des richesses implique notre attitude de don : « Recommande-leur de faire le bien, d’être riches en œuvres bonnes, de donner généreusement et de partager avec les autres. Ils s’assureront ainsi pour l’avenir un beau capital placé en lieu sûr afin d’obtenir la vraie vie » (v18) : l’action de Dieu (il accorde des biens matériels) entraîne notre volonté de donner aux autres et de partager.

Le risque est de nous considérer comme les réceptacles de la bénédiction du Seigneur alors que nous en sommes, aussi, les canaux : nous pouvons jouir des biens qu’il nous accorde et en faire profiter les autres : l’Eglise, l’œuvre de Dieu localement et celle plus éloignée.

Dans certaines Eglises, le fait de donner le dixième de ses biens est un principe bien établi, un règlement qu’on doit accepter ; dans la nôtre, c’est chacun devant le Seigneur qui décide de ce qu’il va donner (certains peuvent réagir en se disant : « ouf… ça me permet de donner moins… »).

L’apôtre Paul dit aux chrétiens de Corinthe de « donner ce que chacun aura décidé en son cœur, sans regret ni contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie » (2 Corintheins 9v7). Chacun devant le Seigneur et non devant les hommes, voilà notre responsabilité.

 

. Paul parle d’un autre don ; il est là encore en relation avec le prochain : il parle du ministère que Timothée a reçu lors de sa consécration au service de Dieu. Ce ministère a été donné par le Seigneur.

Quand Dieu envoie quelqu’un, il l’arme ; on ne part pas avec ses seules capacités pour le service pour le Seigneur. Il donne ce dont on a besoin pour l’œuvre qu’il prévoit.

6) Quelle est l’importance du témoignage pour nous ?

Timothée, semble-t-il, était du style timidous… (Ah ! je ne suis pas tout seul à vivre avec ce handicap, c’est ce que je pense et que, peut-être, vous pensez). Et ça, c’est bien gênant pour aller vers les autres et leur parler.

Paul traite de ce problème en disant à Timothée : « Dieu nous a donné un Esprit qui, loin de faire de nous des lâches (des craintifs), nous rend forts, aimants et réfléchis » (2 Timothé 1v7-8) : pour remplacer la crainte qui est facilement en nous, Dieu veut nous donner ce qui nous manque si facilement : une capacité qui nous rend fort pour aller de l’avant (au lieu de la fuite ou du repli sur soi), un amour qui nous fait considérer les intérêts des autres avant tout (au lieu de l’égocentrisme) et une attitude de modération, de maîtrise de soi (au lieu de l’emportement ou d’une spontanéité mal gérée).

Cela vient de Dieu ; nous pouvons donc le lui demander et compter sur son action en nous pour vivre ce témoignage que nous voulons porter.

Même si cet engagement implique des souffrances (v8).

7) Il y a une dernière mention du don que le Seigneur fera : la vie éternelle

Paul pense à son départ terrestre pour la vie éternelle : « Le moment de ‘lever l’ancre’ est arrivé. J’ai combattu le bon combat. J’ai achevé ma course. J’ai gardé la foi. Le prix de la victoire, c’est-à-dire une justice éternelle, est déjà préparée pour moi. Le Seigneur, le juste Juge, me la donnera au jour du jugement, et pas seulement à moi mais à tous ceux qui, avec amour, attendent sa venue » (2 Timothé 4v6-8).

Paul pense au privilège qu’il aura d’être accepté dans la présence de Dieu, approuvé par lui.

Certaines personnes qui ont sauvé des juifs pendant la guerre ne sont pas reconnues par les hommes ; leur action demeure secrète et elles n’ont pas d’arbre dans l’allée des Justes à Jérusalem.

Par contre, Paul avait cette certitude que Dieu dans sa justice parfaite reconnaîtra ce qui peut être méconnu sur la terre (c’est certain : il y aura des surprises ! Et dans les deux sens…).

Dieu donnera ce prix de la victoire, la justice éternelle, pour ceux qui attendent son retour avec amour. Voilà encore un don qui est lié à notre attitude de foi et d’amour pour lui.

 

Dans une société – mais individuellement, il y a la même réaction – où tout est ramené à l’individu qui s’appuie sur ses capacités et qui vit pour lui-même, Dieu nous invite à recevoir ce qu’il veut nous donner, à dépendre de lui pour devenir ce qu’il veut que nous soyons ; c’est dans la mesure où nous comprendrons et recevrons les dons de l’esprit de Dieu que nous apprendrons à nous donner ; et c’est dans la mesure où nous accepterons de nous donner que nous découvrirons la vraie signification de la vie.

Paul reprend ce que Jésus a dit : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes 20). Voilà le but que Paul poursuivait en citant cette parole. Il nous invite à le poursuivre, nous aussi.

Le bonheur est, non dans le pré et pas plus dans le Gers (bien qu’il y participe…) mais dans le don de soi.

Quelqu’un disait : « Le bonheur est une denrée merveilleuse : plus on en donne, plus on en a ».

Mais pour donner, il est nécessaire de recevoir du Seigneur, dans la dépendance. Tout est lié et tout cela parle de la communion avec lui.

Jean-Ruben

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Un commentaire sur “Donner implique… recevoir (le don dans les épîtres de Paul à Timothée)”

  1. Nadji Mbaidouboutar dit :

    C’est vraiment bon et que Dieu vous bénisse et vous donne du courage à aller de l’avant. Merci et que le nom du Seigneur soit loué.

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