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2 Corinthiens 12v7-10 : Notre faiblesse dans la prière est notre force

La prière est une des grandes merveilles et… un des grands mystères de la vie. Difficile de parler d’un sujet qui se vit plus qu’il ne s’analyse. La prière n’est pas une invention humaine – même si je me rends compte quelques fois que je me parle plus à moi qu’à Dieu. C’est Dieu qui a inventé ce moyen de communiquer avec lui. Alors, même si je ne comprends pas tout de l’efficacité de la prière ni du comment, quel privilégié je suis de la vivre. Mais voilà : je la vis très mal, tellement imparfaitement… Alors, en fait, quelles sont les conditions que le Seigneur considère ? Elles sont peut-être différentes de celles que nous nous imposons.

1. La faiblesse dans la prière :

« Je ne sais pas prier, même seul : je ne sais pas mettre du temps à part ; je ne sais pas pour qui, pour quoi prier ; j’oublie les besoins des autres ; je ne sais pas louer Dieu ni l’adorer ; je ne sais pas trouver les mots qui sont justes ; je ne sais pas développer ma pensée ; je ne sais pas être profond ; j’oublie de m’humilier, et vu mon orgueil (je le reconnais !), je ne veux plus abuser de Dieu ; je ne veux pas prier, j’ai trop conscience de mon imperfection, de la présence de certains péchés en moi pour croire réellement que Dieu peut continuer à m’écouter ; j’arrête de prier pour demander pardon à Dieu parce que je continue à retomber dans les mêmes fautes. En fait, mes prières ne méritent pas ce nom ; je ne sais pas prier ».

Ne parlons pas de la prière avec d’autres : « Je ne prie pas : certains savent si bien prier, développer leur pensée, reprendre les idées de la 1° partie ». Le moment de prières devient facilement l’affaire de ceux qui ont l’habitude de prier, de ceux qui sont doués pour ça. Ils vivent, eux, sans qu’on puisse leur faire trop de reproches (et à l’inverse, certains qui prient devraient se taire un peu plus, vu leur comportement… Tout cela prouve que la prière est liée au bon comportement). Ce temps de prières à haute voix est pour ceux qui savent édifier par leurs paroles.

Et si on ose prier et que les mots s’embrouillent, si la pensée est décousue, on pense – non pas tellement comment Dieu reçoit cette prière – mais à la honte qu’on a devant les autres.

Tout cela fait que nous pensons que Dieu, à cause de la faiblesse de notre prière, du manque de zèle ou de persévérance ne nous répondra pas. Ce sentiment de faiblesse peut nous éloigner de Dieu, nous priver de ses bénédictions mais aussi de la communion avec les autres (à travers la prière en commun). Mais avons-nous raison de nous arrêter sur notre faiblesse ?

2. Comment Dieu envisage-t-il la prière et notre faiblesse ?

Prenons un exemple : la vie des personnes handicapées m’interpelle beaucoup ; je vois 2 réactions chez elles : soit elles refusent leur infirmité et vivent alors une révolte qui paralyse leur vie et les conduit au découragement et à l’amertume, soit elles acceptent leur handicap, apprennent à vivre avec lui ; elles reconnaissent qu’elles sont dépendantes des autres et cet état de dépendance crée un lien très fort.

Nous ne prions pas le Seigneur parce que nous ne comprenons certainement pas suffisamment : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15). Mais nous pensons au contraire : « Ce qui importe dans ma prière, c’est qu’elle soit bien construite » ; nous nous fixons sur la forme, l’apparence. Nous nous arrêtons à cette superficialité, que nous nous reprochons. Jésus, au contraire, parle de la prière comme d’un lien vital avec lui.

Mais il nous faut vivre avec nos faiblesses : c’est pour cela que Dieu a donné la prière, à cause de nos faiblesses. Prier, c’est faire l’aveu, chaque jour, de notre faiblesse. L’Esprit de Dieu nous pousse à prier chaque fois qu’il souligne cette faiblesse. Prier avec d’autres, c’est leur demander de s’associer, pour demander ensemble à Dieu son aide. Nous ne prions pas en raison de nos incapacités (et nous en avons honte) alors que nous devrions être, selon nous, forts et victorieux. Mais le Seigneur nous invite à prier parce que nous sommes faibles.

Mais d’un autre côté, nous ne prions pas parce que nous ne ressentons pas la nécessité de dépendre de Dieu de Dieu : nous nous en sortons par nous-mêmes, nous sommes suffisamment forts.

Mais Dieu recherche des jeunes, des femmes, des hommes qui se savent pauvres, faibles et qui s’approchent de lui avec le désir de dépendre de lui. Parce que nous ne savons pas comme il le veut aimer, servir, supporter, souffrir, persévérer, Dieu a inventé la prière. Il renverse notre pensée (c’est plutôt nous qui renversons la sienne…) : nous ne prions pas parce que nous nous trouvons assez bien. Mais le Seigneur nous dit de le prier parce que nous sommes faibles. Notre faiblesse en fait nous rétablit dans une vraie relation avec ce Dieu d’amour qui veut nous écouter et répondre à nos besoins.

Ne sommes-nous pas touchés par la prière (ou le témoignage) de quelqu’un qui parle avec tremblement, hésitation ? Quelques vers d’Alfred de Musset à ce sujet : « Les chants désespérés sont les chants les plus beaux, et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots ». En tout cas, au ciel, il doit y avoir des chants de louange à cause de cette personne qui aura crié à Dieu, qui aura osé l’invoquer, poussé par sa misère. « Heureux ceux qui se reconnaissent pauvres », dit Jésus (Mat 5v3). « Attache-toi à Dieu et tu auras la paix (…) Tu feras tes délices du Tout-Puissant, tu élèveras le visage vers Dieu. Oui, tu l’imploreras, et il t’exaucera. Dieu vient au secours de qui baisse les yeux. Il délivrera même celui qui est coupable » (Job 22v21-30). La prière et la faiblesse sont inséparables. Celui qui sait prier et qui est accepté par Dieu est celui qui comprend et accepte son impuissance. En fait, la faiblesse, plus qu’un handicap, est la force de celui qui s’approche de Dieu. La pauvreté est la meilleure prière que nous puissions offrir à Dieu, parce qu’elle nous pousse à la dépendance, à l’humilité, à la confiance.

La prière a été faite pour ceux qui sont sans force et qui se tournent vers Dieu dans leur simplicité. Quelqu’un a dit : « Ne sois pas trop préoccupé de ta faiblesse, ne la laisse pas devenir une entrave à ta vie de prière : elle en est  à la fois le secret et le ressort. Remercie plutôt Dieu de t’en avoir rendu conscient ».

. Nous pouvons tout apporter au Seigneur, en attendant tout de lui. Nous pourrons alors vivre la force du Seigneur à travers notre faiblesse. C’est l’expérience que l’apôtre Paul a faite : « Pour me garder de l’orgueil, Dieu m’a imposé une épreuve qui, telle une écharde, tourmente mon corps. Elle me vient de Satan qui a été chargé de me frapper pour que je ne sois pas rempli d’orgueil. Au sujet de cette épreuve, j’ai prié par 3 fois le Seigneur de l’éloigner de moi, mais il m’a répondu : ‘Ma grâce te suffit, c’est dans la faiblesse que ma puissance se manifeste pleinement’. C’est pourquoi je me vanterai plutôt de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ repose sur moi. Je trouve ainsi ma joie dans la faiblesse (…), car c’est lorsque je suis faible que je suis réellement fort » (2 Co 12v7-10).

Cet épisode de la vie de Paul a été déterminant pour sa marche avec Dieu et pour découvrir une dimension qu’il ne connaissait pas auparavant, même s’il était déjà chrétien :

  • Son orgueil l’empêchait de connaître cette puissance que Dieu peut donner. L’orgueil est tapi au fonds de nous-mêmes, prêt à s’imposer ; il se manifeste si facilement chaque fois que nous pensons : « Je m’en sortirai seul, j’ai suffisamment de capacités ».
  • Il y a des épreuves qui peuvent nous conduire à l’essentiel, c’est-à-dire : prier et dépendre de Dieu (et ça, c’est le contraire de l’orgueil).
  • Pour nous faire comprendre cela, Paul est convaincu que Dieu peut utiliser Satan pour réaliser son plan ; Satan croit influencer Paul en lui envoyant une épreuve lourde, mais en fait il est l’instrument de Dieu (comme dans l’histoire de Job dans la Bible) ; pourquoi craindre l’action du diable alors, puisque nous pouvons être assurés que notre Dieu est au-dessus de lui et que nous lui appartenons ? Si nous pensons que Satan a le dessus, qu’il pourrait nous lier ou même nous posséder, nous finirons tellement par en être persuadés que nous perdrons de vue la réalité spirituelle de Dieu à qui nous appartenons.
  • Le but de Dieu n’est pas de écraser ni nous punir ; son but est de nous amener à le laisser agir en nous, pour que sa puissance nous transforme. Le but de Dieu n’est pas toujours d’arrêter l’épreuve dans laquelle nous sommes mais de nous permettre à travers elle de dépendre de lui. La manière dont Paul a été transformé montre combien cette découverte de la puissance de Dieu (à travers une épreuve qui a duré peut-être toute sa vie) est bien plus importante que tout.
  • C’est étonnant : le Seigneur ne supprime pas ce qui mine Paul, et il tarde même dans sa réponse. Mais, certitude, il n’abandonne pas celui qui dans sa faiblesse se tourne vers lui : « Ma grâce te suffit ; c’est dans la faiblesse que ma puissance se manifeste pleinement ». Nous préférons être remplis de sa puissance plutôt que de sa grâce ! Mais même s’il veut nous faire connaître sa puissance, c’est sa grâce qui est suffisante dans nos combats : elle parle de son amour immérité, de sa fidélité intangible, de sa présence apaisante.

Le prophète Elie, dans son découragement, n’a pas été touché au plus profond de son épreuve par la manifestation de la puissance de Dieu à travers du tremblement de terre, du feu, du vent mais du souffle doux et léger. Notre culpabilité, notre prise de conscience de nos faiblesses nous poussent à nous replier sur nous-mêmes et à tout faire pour nous améliorer par nos propres forces, en pensant : « Dieu est trop bon : il me pardonne sans arrêt ; je ne peux plus en profiter…» Et je demeure dans mon péché ; ou alors j’en conclus : « Mon péché est trop gros pour qu’il me pardonne ».

Mais c’est sa grâce qui est suffisante pour tout.

La conséquence d’une telle attitude chez David, après de lourdes fautes qu’il avait commises ? « Tant que je me suis tu, mes os se consumaient, je gémissais toute la journée » (Ps 32). La solution est bien, à travers la prière, la reconnaissance de ce que nous sommes. Et cette attitude-là a fait redécouvrir à David la joie de la vie avec Dieu et la certitude de son pardon.

Alors ne restons pas timorés, sans nous adresser à Dieu ; ne restons pas silencieux (intérieurement ou publiquement) parce que nous ne savons pas prier. En reconnaissant notre petitesse, notre faiblesse, dans la confiance en lui, nous pouvons savoir qu’il agira pour nous, parce qu’il nous aime.

Jean-Ruben

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Un commentaire sur “2 Corinthiens 12v7-10 : Notre faiblesse dans la prière est notre force”

  1. tehau dit :

    Merci beaucoup Père Eternel car tu es tout Puissant et Dieu vivant qui Règne dans les cieux et sur la terre gloire à toi

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