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Romains 12v21 : L’ injustice ? « Sois vainqueur du mal par le bien »

S’il est une chose qui fait mal, qui blesse et qui laisse des cicatrices quelques fois pendant des années, ce sont les injustices. Elles amènent la révolte intérieure, détériore les relations, multiplie l’agressivité. La paix disparaît quand on a été victime d’une injustice. La relation avec Dieu est perturbée par ces contrariétés.

Que c’est éprouvant pour ceux qui sont en contact avec des personnes blessées par des injustices… ! Ils sont vraiment malheureux ceux qui ont subi des injustices surtout…, et qui ne peuvent pas résoudre ces problèmes. C’est peut-être nous.

Il est bon d’essayer de décortiquer certains mécanismes qui nous habitent, de réfléchir sur nous-mêmes sans nous laisser conduire, passivement, par un comportement tristement naturel. « Ne te laisse pas dominer par le mal ; au contraire, sois vainqueur du mal par le bien » (Romains 12v21). Aborder ce sujet sous cet angle, c’est refuser de se considérer comme une victime mais c’est assumer notre responsabilité telle que Dieu le demande.

Lectures : Romains 12v21 ; Genese 39v7-20 ; Psaume 73)

Après avoir approché, à travers quelques exemples, ce que produit l’injustice, nous nous arrêterons sur les moyens que nous donne la Bible pour la surmonter.

1) Quelques exemples d’ injustice:

. J’attends dans un magasin mon tour depuis un bon moment (justement, c’est ce jour-là que je suis pressé…), quelqu’un arrive et me passe devant ; et il est servi, sans que personne n’ait rien dit ! Quelle injustice. Idem en voiture dans un bouchon…

. Les autres, en classe, arrivent à avoir de bons résultats en copiant, et moi – en travaillant – ce n’est pas si terrible que ça… J’ai bien ma conscience à moi, mais quelle injustice de savoir qu’ils vont s’en sortir ainsi de contrôles en examens (et plus tard dans leur profession).

En définitive, bien les réactions face aux injustices découlent souvent de jalousies camouflées, des désirs refoulés que notre morale réprime. C’est Asaph (Psaume 73v3) qui constate : « J’étais jaloux des arrogants en voyant leur prospérité ».

. Un gagne bien sa vie en contournant les lois, en ne déclarant pas tout aux impôts, tandis que moi, en étant honnête, je paye pour ceux qui ne les payent pas. Que c’est injuste ! On rejetterait facilement dehors tous ceux qui profitent d’un système en sachant détourner les lois.

. L’injustice qui découle de la couleur de peau, ou de l’aspect physique, fait mal, et on n’a pas fini de connaître cela.

Que d’injustices dans la société…

 

. Il y a l’injustice de l’épreuve : certains semblent épargnés tandis que d’autres connaissent épreuve sur épreuve. Et on peut rencontrer chez certaines personnes une sorte de superstition face à ces malheurs : « ça ne pouvait arriver qu’à moi… »

On peut trouver que certains chrétiens sont abondamment bénis par Dieu et que soi-même, on ne voit son intervention que goutte à goutte. C’était le cas de cette femme païenne (Marc 7) : elle demande à Jésus d’intervenir pour délivrer sa fille qui était possédée ; mais la réponse de Jésus rajoute une épreuve et une injustice supplémentaires : « Le pain n’est pas pour les chiens » (mais il est pour les juifs). Mais sa réaction est étonnante : « Quelques miettes suffisent aux chiens dont je fais partie ».

Cette femme ne pouvait avoir tous les éléments de réponse que nous pouvons avoir maintenant pour comprendre le plan de Dieu ; comme nous n’avons pas tous les éléments pour comprendre pourquoi certains semblent bénis, à la différence d’autres.

Jean-Baptiste a eu le courage de dénoncer l’adultère d’Hérode avec Hérodias ; mais Hérodias le fait décapiter parce qu’elle ne le supportait pas ! Quelle injustice ! (Voir aussi Actes des Apôtres 12v2 où Jacques est tué et v3-10 où Pierre est délivré.)

 

. Face à la question du salut, souvent revient l’idée d’une certaine injustice de Dieu. Un exemple de l’Evangile illustre cette réaction : un chef de la synagogue demande à Jésus : « Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Et il lui dit combien il obéit aux commandements de Dieu. Malgré cela, Jésus lui montre qu’il n’est pas sauvé.

Beaucoup de personnes estiment qu’avec tout le bien qu’elles ont fait, il est bien injuste de s’entendre dire qu’elles ne seront pas sauvées sur ce critère.

 

. Face à ces différentes situations d’injustice, il y a des rappels qui remettent les idées à leur juste place : l’histoire de Joseph est pleine de ces évènements qui ont pu le remplir d’un sentiment d’injustice dont les conséquences ont été graves pour lui ; il faudrait lire l’ensemble de son histoire (Ge 39-50) : le rejet de ses frères (qui l’a conduit à être vendu comme esclave, en Egypte), l’accusation fausse de la femme de Potiphar (qui l’a amené à connaître la prison), l’oubli d’un de ses compagnons de prison (et alors il est resté 2 ans supplémentaires en prison).

On peut imaginer plusieurs réactions possibles de sa part :

  • Vis-à-vis de Dieu : «Je lui obéis, je lui suis fidèle, et voilà ce qu’il laisse faire contre moi ! Dieu me fait vivre des injustices…»
  • Vis-à-vis des hommes : « C’est totalement faux, cette accusation et on écoute cette femme, sans me croire !  Je me retrouve en prison et cette femme reste au-dessus de tout soupçon… » Résultat : Joseph est sali aux yeux de tous, bafoué dans son honneur.

Malgré cette série presqu’ininterrompue d’injustices, ce qui ressort chez lui est bien différent d’un comportement aigri ; il n’apparaît pas écrasé par elles. La dépendance et la confiance en Dieu lui ont permis de surmonter ces injustices et de comprendre le plan de Dieu, même à travers elles.

Que de blessures dues aux injustices… Mais la Bible nous donne des réponses pour réagir de la meilleure manière.

2) Face à l’injustice, que faire ?

. David, face à Saül, a connu pendant des années injustice sur injustice ; quelle a été sa réaction ? Elle apparaît dans les nombreux psaumes qu’il a écrit à ces occasions : c’est la prière où il déverse sur Dieu tous ses ressentiments, et où il lui parle de ses blessures ainsi que de ses réactions tout-humaines. Il s’en remettait pleinement à la justice de Dieu ; même si elle a tardé à se manifester, il a été convaincu que c’était vraiment Dieu qui a agi.

Celui qui vit ainsi près de Dieu sait qu’il peut lui remettre ces injustices qui l’accablent, et compter sur lui pour intervenir sans se venger soi-même.

La prière est le tombeau des injustices ou les injustices sont le tombeau de la prière. Il y a dans la communion avec Dieu un vrai pouvoir de guérison.

Face à ceux qui commettent des injustices, la Bible nous invite à les remettre à Dieu.

Si on ne le vit pas profondément, le sentiment d’injustice se transforme en poison d’amertume.

 

. Face à l’injustice de la mort de Jean-Baptiste, quelle a été l’attitude de Jésus ? « A cette nouvelle, Jésus partit de là dans une barque, pour se retirer à l’écart dans un lieu désert » (Matthieu 14v13). « Au jour du malheur, réfléchis » (Ecclésiaste 7v14) : au lieu de laisser éclater des sentiments de révolte, de vengeance ou simplement d’incompréhension qui se traduisent par la violence et de se laisser dominer (dans la pensée et puis dans le comportement) par eux, il est bon de prendre de la distance et de réfléchir.

La réaction « normale » est de dire : « Il ne faudrait quand même pas se laisser plumer !! », mais la Bible nous invite à ne pas laisser libre cours à nos pulsions de vengeance, de jalousie, d’amour blessé.

« Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien »

Réfléchis… et confie-toi en Dieu. Devant l’injustice en voyant que celui qui vit sans Dieu réussit et que celui qui veut être fidèle à Dieu endure difficulté sur difficulté, Asaph conclut : « Je me suis mis à réfléchir : j’ai cherché à comprendre, je trouvais cela bien trop injuste, jusqu’au jour où je suis entré dans la maison de Dieu et où j’ai réfléchi au sort qui attendait les arrogants » (Psaume 73v16-17). Il faut souvent du temps dans la réflexion pour arriver à dépasser l’attitude primaire face à l’injustice pour comprendre le plan de Dieu.

 

. Pierre écrit dans sa première lettre pour des chrétiens qui souffrent de l’injustice à cause de l’opposition à leur foi. Et Pierre les encourage non à se révolter contre ceux qui les font souffrir injustement mais à dépendre de Dieu.

« Que ceux qui souffrent parce qu’ils obéissent  à la volonté de Dieu, s’en remettent entièrement au Créateur, qui est fidèle, et qu’ils continuent à faire le bien » (1 Pierre 4v19).

 

. Joseph n’a peut-être pas plus compris pourquoi Dieu avait permis autant d’injustices mais par contre il a été rempli d’une certitude qui a transformé son emprisonnement (même long) : « L’Eternel fut avec Joseph [en prison] et il étendit sur lui sa bonté » (Genese 39v31) ; le personnel de la prison lui a été favorable « parce que l’Eternel était avec lui ; et l’Eternel donnait de la réussite à ce qu’il faisait » (v23).

Joseph ne faisait pas une fixation sur les injustices passées mais il savait avoir un regard neuf, positif sur les évènements qu’il traversait. Dans les conséquences lourdes des injustices vécues, il voyait Dieu à ses côtés.

 

. On peut être aussi certain de ceci, avec l’apôtre Paul : « Y a-t-il en Dieu de l’injustice ? Loin de là ! » (Romains 9v14).

C’est pour cela que la femme dont la fille était possédée est allé plus loin que l’apparente injustice de Jésus : elle a cru en lui ; et Jésus est intervenu : « A cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille ». La foi en Christ permet de découvrir qu’il n’y a pas de fatalisme : Dieu peut donner des victoires à n’importe qui ; même si elles sont, estime-t-on, goutte à goutte, miette après miette. Mais cette miette a changé la vie de cette mère et de sa fille…

 

. Pour terminer, l’exemple à suivre, c’est Jésus : il a connu plus que n’importe qui l’injustice. Le seul à ne pas devoir être condamné par les hommes ni par Dieu a dû mourir. Pourquoi ? A cause des fautes des autres, de vous, de moi. Il a connu la séparation d’avec son Père, lui qui était parfait, parce qu’il mourait en prenant notre condamnation.

Les 2 brigands sur leur croix ont réagi bien différemment : l’un reconnaissait : « Pour nous, cette condamnation est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes. Mais lui, il n’a rien fait de mal » (Luc 23v40).

 

Pierre aussi insiste sur la même injustice que Jésus a subie, mais dont les conséquences sont extraordinaires pour ceux qui l’acceptent : « Le Christ lui-même a souffert la mort pour nos péchés, une fois pour toutes. Lui l’innocent, il est mort pour des coupables, afin de nous conduire à Dieu. Il a été mis à mort dans son corps, mais il a été ramené à la vie par l’Esprit » (1 Pierre 3v18) : Dieu, de l’injustice, fait jaillir la vie.

 

. Et, dernière exhortation face à la question : « Face à l’injustice, que faire ? », Pierre écrit : « Le Christ a souffert pour vous, vous laissant un exemple pour que vous suiviez ses traces » (1 Pierre 2v21). « Rejetons tout fardeau et le péché qui nous cerne si facilement en ayant les yeux fixés sur Jésus » (Hébreux 12v2-3).

 

Le comportement du Seigneur n’a certes pas arrêté les injustices, mais c’est cela qui nous est demandé de vivre et c’est cela qui peut transformer les personnes, à savoir l’amour pour les ennemis. Et si c’était là que se trouve la véritable victoire sur l’injustice ? « Ne te laisse pas dominer par le mal ; au contraire, sois vainqueur du mal par le bien ».

Jean-Ruben

Pour approfondir le sujet :

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