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Genèse 13 et 19 : Sur quoi fixons nous notre regard ?

Genèse 13 et 19 : Sur quoi fixons nous notre regard ?

Comment abordons-nous cette nouvelle année ? Notre regard, notre manière de la considérer sont déterminants (et cela, certainement même au-delà des évènements qui la marqueront) ; vers quoi, vers qui notre regard est-il tourné ? Quelqu’un remarquait : « On avance du côté où l’on fixe les regards » ; que la direction soit bonne… ou non.

Abraham, Lot et sa femme ont manifesté 3 regards différents ; 3 regards sur la vie, sur Dieu. Nous allons nous arrêter sur ce qu’ils ont été pour chacun et sur les conséquences.

1) Le regard d’Abraham : le regard de la foi.

. Abraham est à Ur, bien installé, jouissant d’une bonne réputation et d’une bonne prospérité (nous sommes vers l’an 1800 av. JC). Et là, il reçoit l’appel de Dieu qui lui demande de regarder à lui ; et de suivre le chemin qu’il lui indiquerait et d’aller vers le pays qu’il lui montrerait.

« Abraham partit », comme l’Eternel le lui avait dit (Genèse 12). Quel choix pour lui… : la sécurité ou l’obéissance à la Parole de Dieu ? Il opte pour le regard vers Dieu. Que sera ce chemin ? Il ne s’arrête pas à sa perception : il a choisi de regarder à Dieu. Mais ce choix sera posé à nouveau pour chaque épisode de sa vie : à savoir le choix entre le regard sur lui-même ou sur Dieu, entre sa conception humaine ou l’obéissance à la volonté de Dieu. Il y a dans sa vie des exemples négatifs, par exemple pour le fils de la promesse : Abraham réagit humainement (et les conséquences se font ressentir encore aujourd’hui en voyant l’opposition entre les descendants d’Isaac et ceux d’Ismaël, entre le peuple d’Israël et les peuples arabes). Mais dans bien d’autres circonstances il décide de considérer la volonté de Dieu : quand il lui demande d’offrir en sacrifice le fils de la promesse, Isaac, il est prêt à le faire (Ge 22) ; parce qu’il a compris ce que les anges lui avaient dit à propos de la future naissance de ce fils : « Y a-t-il rien qui soit étonnant de la part de l’Eternel ? ». L’écoute a précédé l’obéissance ; le souvenir de la Parole de Dieu a orienté son regard.

Il a opté pour cette solution : regarder à Dieu plutôt qu’à sa propre sécurité, à sa logique, à ses conceptions ou à son expérience déjà importante.

Dès le départ, il a préféré quitter sa vie confortable en Chaldée pour aller se perdre dans le désert, sans domicile fixe, simplement sur un ordre de Dieu qu’il n’avait pas vu. Il ne savait pas qu’il aurait beaucoup plus à cause de ce que Dieu allait lui donner ; mais dans un premier temps, avant de constater les conséquences heureuses de sa foi en Dieu, il a préféré regarder à lui, quitte à tout perdre éventuellement, pour lui obéir. Il avait compris qu’avec Dieu, on n’est jamais perdant en fin de compte, quand on accepte de tout perdre, en obéissance à sa Parole. Il a décidé de confier toute sa vie à un Dieu qui ne trompe ni ne se trompe.

. Ce regard de la foi en Dieu a entraîné des conséquences extraordinaires :

  • d’abord une vie d’incertitudes : quelle sera la prochaine étape où Dieu va le conduire ? Comment cela va-t-il se finir… ?
  • une vie de lutte, où rien n’est facile parce la foi en Dieu rencontre l’opposition d’une société sans foi ni loi (sauf en celles qu’elle s’est données) ;
  • mais aussi une vie de victoire : sur lui-même mais aussi pour les autres (par exemple pour Lot qu’il est allé délivrer après qu’il ait été fait prisonnier par un roi ennemi) ;
  • une vie non pas d’errance mais où il a pu constater le plan parfait de Dieu : il a pu voir que Dieu l’a dirigé sur un chemin sûr ;
  • une vie de bénédictions : à l’obéissance, Dieu répond par les preuves de son amour, de sa puissance, de sa protection, de son action en l’impossible (à vues humaines). Dieu l’a fait prospérer, essentiellement en faisant de lui l’ancêtre d’une postérité innombrable (dont nous faisons partie, spirituellement) ;
  • une vie de relation avec Dieu (il sera appelé « l’ami de Dieu »), fondée sur la réalité des choses spirituelles qui changent le cours de l’existence. Abraham ne savait pas ce que l’avenir lui réservait mais il connaissait celui qui le lui réservait.

La foi a eu des conséquences visibles, concrètes. Abraham avait compris qu’il fallait non pas voir pour croire mais croire pour voir. Dieu le cite comme l’exemple à suivre : « Abraham eut confiance en Dieu, et Dieu le considéra comme juste en tenant compte de sa foi » (Romains 4v3). Il a été cet homme qui s’attendait à tout parce qu’il ne comptait pas sur lui-même ni sur les autres en priorité. « Il crut, espérant contre toute espérance » (Romains 4v18). En parlant de la foi, quelqu’un la définissait ainsi : « La foi… une aveugle qui donne des yeux à l’espérance ».

A la fin de sa vie, malgré l’affaiblissement physique, il est dit d’Abraham : « Il ne faiblit pas dans la foi » ; et la conséquence alors : « Il fut fortifié par la foi, ayant la pleine conviction que ce que Dieu promet, il peut aussi l’accomplir » (Romains 4v19-21). Le regard d’Abraham n’était pas celui d’un doux rêveur, perdu dans les nuages, ni qu’il mettait dans la bouche de Dieu ses propres désirs, mais il était spirituel : il l’a prouvé à travers sa soumission et son obéissance à Dieu.

Voilà le regard que Dieu voudrait que nous ayons : celui de la confiance en lui. C’est celui-là qui nous fera vivre une vie pleine et victorieuse (ce qui ne signifie pas sans difficultés et sans épreuves).

Pour cette nouvelle année, quel est le domaine où, personnellement, nous avons particulièrement besoin de regarder à Dieu et de lui faire confiance ? Peut-être pour un point délicat, qui nous semble impossible à résoudre, même ?

 2) Le regard de Lot : un regard irrésolu.

Cet homme avait été séduit par l’appel que Dieu avait adressé à l’oncle Abraham. Vive l’aventure ! Ils sont sortis ensemble d’Ur en Chaldée. « Lot partit avec Abram » (Genèse 12v4).

Est-ce une foi de la même trempe que celle d’Abraham ? En voyant les décisions que Lot a prises, on peut se demander si sa foi n’était pas plutôt la foi en un homme ; même si Abraham était un homme remarquable, cette confiance n’est pas celle qui transforme et révolutionne une vie. Il connaissait le pourquoi du départ d’Abraham, il avait accepté sa foi, mais elle n’était à l’évidence pas solide parce que superficielle. La foi par personne interposée n’est jamais solide et ne provoque pas un engagement durable. Il y avait encore, et plus tard également, un double regard : la foi en Dieu n’avait pas détrôné la foi en lui-même et dans la société sans Dieu. Et ce regard, c’est louche…

Quand Dieu ne remplit pas un être, c’est l’influence du péché qui prend le dessus et domine une personne.

Au bout de quelques temps alors, Lot conclut qu’il est dur de rester dans le désert, simplement parce que l’Eternel le demande ! L’obéissance aux ordres de Dieu a des limites quand la foi est théorique… Et lorsque l’occasion lui est donnée, c’est le départ vers des cieux (ou plutôt des bas-fonds) plus cléments (ou plutôt explosifs). A côté (en bas, à Sodome), y’a d’la vie ! Ici, c’est l’ascétisme, en bas le matérialismeLe regard détermine les choix : « Lot regarda et vit toute la plaine du Jourdain ; cette vallée était comme un jardin de l’Eternel, comme le pays d’Egypte » (Genèse 13v10). Abraham est soumis à Dieu mais aussi aux autres : il laisse le choix à Lot, le jeune ; mais ce dernier manifeste un comportement égoïste : « Lot choisit pour lui toute la plaine du Jourdain » (v11). La foi en soi et l’égoïsme vont ensemble ; quoi de plus normal… ? Qu’importe la corruption qui y régnait, il y voit la chance de sa vie. Il saura se préserver de la souillure de la population, parce que, malgré tout, il est croyant… Et puis, tonton Abraham est loin d’être parfait !

Ce qui résume la personnalité de Lot, c’est le regard de convoitise. La convoitise n’est pas liée à la prospérité : il est déjà très riche ; elle est attachée à l’insatisfaction permanente. Aujourd’hui encore, le club (très ouvert) des « jamais contents » est très prospère. En 1906, une voiture avait atteint les 106 km/h ; on l’avait appelée : « La jamais contente ». Toujours plus, jamais assez…

Jacques écrit : « Chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise ; puis la convoitise conçoit et fait naître le péché. Et quand le péché est pleinement développé, il donne naissance… à la mort » (Jacques 1v14-15). Le regard influence notre vie. Jésus avertit : l’adultère commence par un regard (Matthieu 5v28), qui alors peut faire naître la convoitise qui conduit au péché. Une évidence : notre regard est constamment sollicité pour que nous possédions plus, plus, plus. C’est évident ? Oui, mais la tentation est subtile… Réfléchissons-nous sur notre regard tourné vers ce qui est matérialiste ? Notre regard est-il irrésolu ? En quoi est-ce que nous louchons : foi en Dieu et en même temps foi en nous-mêmes ou en priorité dans cette société qui offre tant de facilités ?

Notre foi s’appuie-t-elle sur un engagement personnel ou sur la foi que nos parents nous ont transmise ?

3) Le regard de la femme de Lot : le regard du regret.

. Un seul verset parle d’elle : quand Lot et elle partent, entraînés par les anges loin de Sodome, « la femme de Lot regarda en arrière et elle devint une statue de sel » (Genèse 19v26). Ces envoyés de Dieu avaient pourtant averti Lot en disant : « Ne regarde pas derrière toi et ne t’arrête pas, de peur que tu ne périsses » (v17). La femme de Lot manifeste le regard du regret ; certainement regret par rapport à ce qu’elle possédait, mais aussi par rapport à ce qu’elle doit abandonner, regret par rapport à ce qu’il y a devant elle (le désert).

Elle est semblable à certaines personnes qui n’aiment pas bouger (leur vie est tranquille) mais qui pourtant sont perdues ; pourquoi ? Parce que leur vie n’a aucun sens : leur regard est tourné vers leur confort et leur bien-être.

. Elle a vécu ce départ en regardant son passé ; et elle en est morte à cause du jugement de Dieu qui ne voulait pas qu’elle manifeste ce vain regret. Conséquence dramatique d’un regard. Le regard rivé sur le passé bien meilleur que maintenant et surtout que demain crée une comparaison qui fait mal : elle détruit intérieurement, mais touche aussi la vie de famille, d’une Eglise. Garder le regard rivé sur le passé détruit et conduit à vivre dans le découragement et la désespérance. Jésus a repris l’exemple de la femme de Lot : « Souvenez-vous de la femme de Lot. Celui qui cherchera à sauver sa vie la perdra et celui qui la perdra la retrouvera » (Luc 17v32-33). Alors que Dieu nous appelle à nous engager pour lui, comme Abraham l’a fait, vouloir s’en sortir par soi-même, c’est courir vers l’échec. Même plus : la perdition éternelle. En quoi notre regard est-il tourné vers le passé, vers la facilité d’une situation sécurisante ?

 

Quelqu’un a écrit : « Le christianisme n’est pas une religion du souvenir mais une religion de la présence ». Celle de Dieu avec nous, aujourd’hui comme chaque jour qui nous reste à vivre. Abraham a vécu cette présence rassurante et protectrice parce qu’il a eu confiance en Dieu. Il ne faut pas se tromper de regard : le regard de confiance en Dieu nous fera vivre cette nouvelle étape 2016 dans la certitude qu’il nous accompagne, y compris quand nous le sentirons le moins, à savoir dans les épreuves. Pourquoi pouvons-nous en être assurés ? Parce qu’il nous a promis d’être avec nous chaque jour et parce que son regard est un regard d’amour.

Jean-Ruben

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4 commentaires sur “Genèse 13 et 19 : Sur quoi fixons nous notre regard ?”

  1. Elba dit :

    Seigneur donne nous d’avoir le cœur le regard et la foi de abraham; non pas par ce qu’il t’a obéit et a été sanctifié, parce que nous avons la ferme conviction que tu es notre chemin que tu es un dieu de vérité et d’amour. Gloire te soi rendue parce que tu vas nous exaucer.

    1. eglise.agen dit :

      Amen ! Merci pour cette prière.

  2. Bernard BUDIMBO dit :

    De toute évidence nous ne produisons pas beaucoup de fruits compte tenu de notre façon de percevoir l’appel de Dieu et tout ses corolaires que soutienne son eglise

  3. Laurent dit :

    Elba, (5 janvier 2016)
    Pourquoi vous ecrivez Dieu avec un « d » minuscule, je vous saurais gre de le corriger, merci

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