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1 Jean : Qui est chrétien ?

Un des mots les plus dénaturés est certainement le mot « chrétien ». Il n’est plus considéré, le plus souvent, de la même manière aujourd’hui que dans le Nouveau Testament. Il est mis à toutes les sauces.

Nous allons nous arrêter sur ce que Dieu nous enseigne à travers la première épitre de Jean : qui est chrétien ? Comment cela se manifeste-t-il ? Nous nous arrêterons sur ces deux points aujourd’hui et dimanche prochain.

1) Pourquoi un tel sujet : Qui est chrétien ?

. Nous sommes dans un monde de confusion où, très souvent, tout le monde est sauvé ; où toutes les religions ne seraient qu’une expression de la vérité ; où le principal est de croire en Dieu, chacun à sa manière. C’est l’histoire de 2 personnes qui discutent ensemble : « Nous servons Dieu chacun à notre manière : vous à la vôtre et moi… à la sienne ».

Aujourd’hui particulièrement, on ne voit pas pourquoi on ne serait pas sauvé, chacun selon sa perception… Si l’on croit à l’existence de Dieu, cela semble suffisant pour se dire que l’on est chrétien. Ou ce qui est suffisant, c’est d’avoir été baptisé pour être sauvé ; est-ce le critère que Dieu donne dans sa Parole ? Le fait d’appartenir à une famille qui était pratiquante ou d’être dans un pays qui se dit chrétien suffit à croire qu’on l’est. On ne sait pas, on ne sait plus… Mais on ne se pose plus la question sur ce qu’est le véritable chrétien.

Le chrétien, c’est, très souvent, celui qui fait le bien, qui n’a pas commis de gros péchés, qui est pour le droit des opprimés. Aller au culte ou à la messe semble être aussi une marque essentielle de celui qui est chrétien.

Une autre raison du choix de ce sujet est la question de l’incertitude : « Suis-je chrétien ou pas ? ».

Ce doute peut se retrouver chez les jeunes, mais pas seulement ; il faut dire que quand la foi est basée sur le sentiment, sur ce qu’on ressent, ou sur le comportement, avant d’être fondée sur ce qu’enseigne la Parole de Dieu, c’est une constante remise en question qui se vit dans l’anxiété.

C’est pour cela que nous voulons approfondir ce que Dieu dit dans sa Parole sur cette question : « Qui est chrétien ? »

2) Quelles expressions sont employées pour qualifier le chrétien dans la première épitre de Jean ?

Jean n’emploie pas le mot « chrétien » ; pourtant cette lettre est une des plus tardives, écrite certainement vers la fin du 1er siècle. Ce sont les ennemis des chrétiens qui les appelaient ainsi. La première fois a été vers l’an 43, à Antioche (Actes 11v26 ; nous trouvons deux autres mentions de cette appellation : Actes 26v28 et 1 Pierre 4v16).

Jean part d’autres expressions pour définir le chrétien ; elles vont nous permettre d’en approfondir la signification réelle. Ces expressions sont différentes mais indissociables les unes des autres et forment un tout.

– L’accent est mis sur la foi :

« Je vous ai écrit pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au Fils de Dieu » (1 Jn 5v13). Celui qui est chrétien est celui qui « croit que Jésus est le Fils de Dieu » (5v5).

Déjà dans l’Evangile, Jean avait affirmé : « Ces choses ont été écrites pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous possédiez la vie en son nom » (Jean 20v31). En français, « croire » marque la certitude ou… l’incertitude ! Mais le sens du Nouveau Testament parle d’une ferme confiance.

Jésus a affirmé : « Qui place sa confiance dans le Fils a la vie ; qui ne place pas sa confiance dans le Fils ne connaît pas la vie : il reste sous le coup de la colère de Dieu » (Jean 3v36).

D’autre part, il est nécessaire de croire que Jésus n’est pas qu’un homme, même le plus parfait, mais de croire que Jésus est Dieu : c’est ce qu’implique l’expression « Fils de Dieu ». « Les juifs cherchaient à faire mourir Jésus parce qu’il appelait Dieu son propre Père et se faisait  ainsi l’égal de Dieu » (Jean 5v18).

– Jean souligne la notion d’intégration, d’union entre l’être humain et Dieu :

« Si nous disons que nous sommes en communion avec lui et que nous marchons dans les ténèbres, nous mentons » (1 Jean 1v6) : si nous vivons manifestement loin de Dieu, nous ne pouvons pas penser que nous sommes chrétiens, « en communion avec lui ». L’affirmation contraire est vraie : l’union avec le Seigneur fait d’une personne un chrétien.

C’est le même enseignement donné par Paul : « Celui qui est uni au Christ est une nouvelle créature. Cela est l’œuvre de Dieu qui nous a réconciliés avec lui par le Christ » (2 Corinthiens 5v17-18).  On est un chrétien quand on a reçu de Dieu sa vie et quand on est réconcilié avec lui ; et cela n’est possible que par ce que Christ a fait à la croix où il a pris nos fautes.

« Croire dans » parle d’une communion : l’objet de la foi est Jésus ; cela signifie que le chrétien est celui qui est « en lui ».

Les religions ont inventé les actes pour Dieu pour penser être sauvé ; Dieu, dans sa Parole, affirme qu’il faut être uni à lui ; et cela est possible quand on place sa confiance en lui. Le nom, c’est la personne : avoir la vie éternelle est lié à l’union avec Jésus-Christ et découle de la confiance en lui.

Une autre réalité qui est proche de la précédente est le fait de « connaître Dieu » (1 Jean 2v3, 2v13, 4v7-8). Dans la Bible, cette connaissance est celle du couple et parle de l’union et de l’intimité des deux conjoints. On est chrétien quand on connaît Dieu, c’est-à-dire quand on vit dans une relation d’intimité avec lui.

– Jean définit qui est chrétien à travers l’œuvre de Dieu dans l’être humain :

« Si quelqu’un reconnaît que Jésus est le Fils de Dieu [c’était la partie précédente], Dieu demeure en lui » (1 Jean 4v15). Ou encore : « Celui qui croit que Jésus est le Christ [première partie] est né de Dieu » (5v1). L’œuvre de Dieu est de venir habiter en nous en nous faisant naître à sa vie.

Il nous donne la vie (qui est plus que l’existence) et cela en nous faisant renaître. Le chrétien est celui qui « est né de Dieu » (1 Jean 3v9, 4v7) ; cela appuie ce que Jésus disait à Nicodème : « Vraiment, je te l’assure : à moins de renaître d’en haut, personne ne peut voir le royaume de Dieu » (Jean 3v3).

Celui qui connaît cette nouvelle naissance « est passé de la mort à la vie » (1 Jean 3v14). Nous sommes alors « ses enfants », lui qui nous a fait naître à sa vie : « Voyez combien le Père nous a aimés, pour que nous puissions être appelés enfants de Dieu – et nous le sommes ! » (1 Jean 3v1). Le chrétien est celui qui est né de Dieu, qui est son enfant et qui peut appeler Dieu « Père, papa ». Le changement n’est donc pas seulement théorique et personnel, il parle de l’action de Dieu qui fait alors connaître sa vie.

Quel privilège de savoir que ce n’est pas notre travail mais que cela dépend de l’œuvre de Dieu en nous !

– Une autre réalité qui fait de quelqu’un un chrétien, c’est le fait « d’être dans la lumière » (1 Jean 1v7, 2v9).

Qu’est-ce que cela signifie ? C’est être devant ce Dieu qui est lumière et qui éclaire notre vie. Nous vivons alors dans la lumière, dans la pureté : « Nous vivons dans la lumière ; parce que Jésus a versé son sang, nous sommes purifiés de tout péché » (1v7). Quelqu’un est chrétien quand il est pardonné de ses péchés. Tout est clair pour lui alors !

Une grand-mère était entrée avec son petit-fils dans une cathédrale ; à l’intérieur, le garçon était surpris par l’éclat lumineux des vitraux. Il demandait à sa grand-mère quels étaient les personnages, et chaque fois elle répondait : « Un chrétien ». Quelques temps plus tard au club d’enfants, la monitrice demandait : « A votre avis, qu’est-ce qu’un chrétien ? » Et notre garçon de répondre : « Un chrétien, c’est quelqu’un qui laisse passer la lumière ».

Jésus a dit : « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres : il aura la lumière de la vie » (Jean 8v12).

– Jean ajoute que le chrétien est celui en qui « Dieu demeure » (1 Jean 3v24, 4v12-13).

Le chrétien a la certitude que le Seigneur vit en lui et qu’il a fait sa demeure en lui, et cela pour l’éternité. Quelle certitude ! Quelle ferme assurance ! Le chrétien sait que Dieu est pour toujours avec lui, malgré sa faiblesse, à cause de l’œuvre de Christ.

C’est le témoignage du grand philosophe-scientifique Pascal : « Lundi 23 novembre, l’an de grâce 1654. Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix. Dieu de Jésus-Christ. Il ne se trouve que par les voies enseignées dans l’Evangile. Joie. Joie. Joie. Pleurs de joie. Soumission totale à Jésus-Christ. Eternellement en joie ».

3) Où sommes-nous par rapport au salut ?

Au contraire d’un flou artistique dans lequel on peut passer toute sa vie, la Bible nous éclaire  sur notre position.

On est dans les ténèbres ou dans la lumière ; on est loin de Dieu ou uni à lui ; on est mort spirituellement ou on a la vie : on ne peut être dans les deux situations en même temps. « Celui qui a le Fils a la vie. Celui qui n’a pas le Fils n’a pas la vie » (1 Jean 5v12). On est soit « enfant du diable » soit « enfant de Dieu » (3v10) : il y a des enfants du diable très gentils, mais la différence ne se fait pas d’après les actes ni grâce au baptême ; ce qui est déterminant, c’est de recevoir la vie que Dieu donne, d’être dans sa lumière, de naître de lui.

« Ce qui compte, dit l’apôtre Paul en conclusion de son épitre aux Galates, c’est d’être une nouvelle créature » (Galates 6v15).

Pour résumer, le chrétien est donc :

  • celui qui croit fermement en Jésus-Christ et qui a placé sa confiance en lui ;
  • celui qui est né de lui et qui a reçu sa vie ;
  • celui qui le connaît et qui est connu de lui ;
  • celui qui vit en lui, dans l’union avec lui ;
  • celui en qui Dieu demeure.

Il nous paraît évident que ces faits sont le fondement pour définir qui est chrétien et qui ne l’est pas ; le comportement dont l’apôtre Jean parle dans sa première lettre ne peut être interprété comme déterminant le salut : l’amour, le bien, le fait de ne pas vivre dans le péché en sont les conséquences (et non la source).

A la différence de beaucoup de religions que l’être humain s’est fabriquées et qui trop souvent le détourne de la vérité, nous pouvons nous appuyer sur l’Ecriture pour bâtir notre foi et l’espérance de notre salut.

Nous sommes peut-être de ceux qui fondent leur salut sur une religion, sur leurs bonnes œuvres (leur comportement). La Bible nous montre que tout cela ne mène qu’à la perdition.

Peut-être parmi nous certains doutent de leur salut, à cause, justement, de leur comportement et cela malgré leur foi. Cela a été mon cas pendant des années après ma conversion ; et cela jusqu’au moment où j’ai pris à la lettre les promesses et les certitudes que la Parole de Dieu donne : « Je vous ai écrit cela pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au Fils de Dieu » (1 Jean 5v13) ; c’est depuis ce moment où je me suis appuyé sur cette promesse plus que sur ce que je ressentais et sur mon comportement que j’ai été rempli de la paix de Dieu par rapport à mon salut.

Nous verrons la prochaine fois ce que Jean enseigne sur les preuves, les fruits, qui démontrent qui est chrétien.

Jean-Ruben

Pour approfondir le sujet :

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2 commentaires sur “1 Jean : Qui est chrétien ?”

  1. Christian Baert dit :

    Selon la Bible, il est possible d’avoir une relation étroite, personnelle avec Dieu. On y lit que Dieu a appelé le patriarche hébreu Abraham « mon ami » (Isaïe 41:8). Notez également l’invitation chaleureuse contenue en Jacques 4:8 : « Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. » À l’évidence, il est possible d’avoir une relation étroite avec Dieu, d’être son ami. Mais puisque Dieu est invisible, comment vous « approcher » de lui et entretenir ainsi une relation avec lui ?
    Pour répondre à cette question, réfléchissez à la façon dont une amitié se noue généralement. Tout commence par des présentations : chacun donne son nom. Puis, grâce à une communication régulière, chacun exprimant ses pensées et ses sentiments, l’amitié grandit. Et à mesure que l’un cherche à faire plaisir à l’autre, elle devient plus solide. Il en va de même pour l’amitié avec Dieu.
    C’est peut-être cela être chrétien ? Qu’en pensez-vous ?
    Je vous adresse mes amités.

    1. eglise.agen dit :

      Cher Christian, Voilà une belle image d’une relation qui peu à peu s’approfondie et devient de plus en plus solide. Etre chrétien en effet, ce n’est pas pratiquer tel ou tel rite, mais bien de rencontrer Jésus-Christ le Fils de Dieu, d’avoir une relation personnelle avec Dieu. Quelle grâce nous est faite !
      Amitiés,
      L’église d’Agen

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