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Pépita, Steinberg et Zinzendorf autour de la croix.

La croix : Crucifixion de Jésus Christ !

Steinberg pouvait être satisfait : il venait de recevoir une commande qui allait lui procurer un bon salaire ! Steinberg était peintre à Düsseldorf, en Allemagne, il y a 300 ans. Cette commande était faite par une Eglise pour orner le maitre-autel. Le sujet du tableau commandé était la crucifixion de Jésus.

Oh, Steinberg n’était pas croyant, mais il connaissait bien ce récit. Il se mit au travail sérieusement et au bout de plusieurs semaines, le tableau était terminé.

Il était allé se promener quand il vit un campement de bohémiens. Son regard s’arrêta sur une jeune fille : il la trouvait idéale pour faire une esquisse ! Il lui demanda si elle pouvait venir dans son atelier pour réaliser une peinture ; bien sûr il la rémunèrerait. Voilà qui allait le changer de son tableau religieux !

Arrivée à l’atelier du peintre, elle fut stupéfaite de voir ses toiles ! Elle s’arrêta devant la peinture qu’il était en train de terminer, « la crucifixion ». « Qui est cet homme ? » demanda-t-elle ; « Le Christ », répondit Steinberg. « Qu’est-ce qu’on lui a fait ? » « On le crucifie. Tournez-vous maintenant un peu à droite… » « Et qui sont ces gens autour de lui ? Ils ont l’air méchant… » « Ah ! Laissez-moi me concentrer ! Vous êtes ici pour poser, pas pour bavarder ! »

Chaque fois qu’elle venait, ce tableau la fascinait de plus en plus. « Mais dites-moi, pourquoi on l’a crucifié ? Il était très méchant ? » « Non, il était très bon au contraire ». Après un long silence, elle continua : « Mais alors, pourquoi l’ont-ils traité ainsi… ? » Le peintre poussa un long soupir et ajouta : « Bon, écoutez, je vais vous le dire une fois pour toutes. Et puis ensuite, vous cesserez vos questions ! »

 

Il lui raconta alors la mort de Jésus ; et il termina avec beaucoup d’indifférence, comme s’il récitait une leçon : « Il est mort pour tous les pécheurs ». Il n’y avait aucune émotion dans ces mots. Ce n’était pas le cas pour la jeune bohémienne qui avait les yeux remplis de larmes.

Mais « la danseuse espagnole » était terminée. « Voici votre argent, avec en plus une belle pièce d’or : vous m’avez porté chance : le tableau est déjà vendu ! » « Oh ! Merci beaucoup… Mais, dites-moi, vous devez l’aimer beaucoup, celui qui est mort sur la croix, puisqu’il a souffert tout cela pour vous… » Elle partit sans avoir de réponse.

Mais… ses paroles restaient gravées dans l’esprit de Steinberg. Il était tellement tourmenté qu’il se mit à aller régulièrement dans une église. Il fit une remise généreuse quand il vendit son tableau « la crucifixion », et cela le soulagea pendant quelques semaines. Mais cette phrase : « Vous devez l’aimer beaucoup… » l’empêchait d’être en paix ; et même de travailler.

 

Quelques temps après, il rencontra des personnes qui allaient à une réunion dans une Eglise qu’on qualifiait d’hérétiques (parce qu’ils n’étaient pas rattachés à l’Eglise officielle). Ces personnes semblaient vivre cette paix qu’il recherchait tant.

Quelques temps plus tard, il découvrit lui aussi ce qu’il cherchait : une foi vivante (et non seulement religieuse).

Le prédicateur lui prêta son Nouveau Testament (rare à l’époque). Steinberg comprit à sa lecture de mieux en mieux ce que le Christ qu’il avait peint avait fait. Certains versets étaient clairs à ce sujet : « Voici comment Dieu a démontré qu’il nous aime : il a envoyé son Fils unique dans le monde pour que, par lui, nous ayons la vie. Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés ; aussi a-t-il envoyé son Fils pour apaiser la colère de Dieu contre le mal, par son sacrifice pour nos péchés » (1 Jn 4v9-10) ; ou encore ces versets de l’apôtre Paul : « Je vis dans la foi au Fils de Dieu qui, par amour pour moi, s’est livré à la mort à ma place » (Gal 2v20).

 

Steinberg a pu alors dire : « Pour moi… Il a tout fait pour moi. L’amour du Christ brûle maintenant dans mon cœur ; comment le proclamer autour de moi ? Mon pinceau proclamera l’amour de Dieu ! » Il fit une autre représentation du Christ sur la croix qu’il offrit à la ville. Et son tableau fut suspendu dans la galerie des peintures. Au bas du tableau, il avait écrit : « Voici ce que j’ai fait pour toi. Toi, qu’as-tu fait pour moi ? »

 

On peut avoir comme Steinberg une certaine connaissance théorique de ce que Jésus a fait ; sans que cette connaissance change quoi que ce soit dans notre vie. Mais c’est l’amour que le Seigneur a manifesté à la croix qui fait toute la différence. « Voici ce que j’ai fait pour toi. Toi, qu’as-tu fait pour moi ? » Ce que nous pouvons faire pour lui, c’est… l’aimer en retour.

 

A peu près 30 ans plus tard, le tableau se trouve toujours dans la galerie des peintures. Steinberg et Pépita sont tous 2 décédés. Le peintre avait été appelé par Pépita juste avant qu’elle meure, et elle lui avait dit : « Il est venu pour moi aussi ; il m’a tendu les mains, ses mains qui saignaient. Il m’a dit : ‘Voici ce que j’ai fait pour toi’. »

Nous sommes en 1725, un carrosse qui venait de Saxe en Allemagne arrive à Düsseldorf. A l’intérieur, le comte de Zinzendorf a 25 ans ; il est jeune, riche, cultivé. Il a fait des études dans un lycée de Halle, en Hollande ; on y enseignait l’importance d’une étude sérieuse de la Bible, la foi basée sur l’amour pour Dieu et pour les autres, le désir de vivre selon ce que Dieu veut, dans une communion vivante avec lui. Cela reprenait ce que l’apôtre Paul écrivait : « Quand j’aurais toute la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien » (1 Co 13).

Et cet amour de Dieu se découvre pleinement à la croix.

 

Zinzendorf s’était tourné vers Dieu pendant ses études, mais ensuite il avait remis en question sa vie avec Dieu. Il fait cette analyse : « A Halle, j’allais au Seigneur tout simplement ; à Wittenberg, par la morale ; à Dresde, par la philosophie ; ce n’est que plus tard que je suis allé à lui par la simple doctrine de ses souffrances et de sa mort ».

Il reconnaissait que sa vie avec Dieu n’avait trouvé la bonne direction qu’à la croix.

Avant, il avait cherché à plaire à Dieu en tâtonnant par la morale, la connaissance intellectuelle, les efforts personnels ; en venant à la croix, il avait trouvé ce qui était essentiel. Comment cela s’est-il passé ?

 

Zinzendorf, en arrivant à Düsseldorf, s’arrêta pour que l’on donne à manger à ses chevaux. En attendant, il entra dans la galerie des peintures ; il remarqua le tableau de Steinberg : il lut et relut le texte inscrit au bas du cadre ; il ne pouvait s’en détacher. Il était saisi par l’amour du Christ qui le touchait profondément. « Voici ce que j’ai fait pour toi ; toi, qu’as-tu fait pour moi ? »

Les heures s’écoulaient ; le gardien du musée toucha le bras du comte pour l’avertir que les portes allaient bientôt fermer. Rentré à l’hôtel, il décida, non plus d’aller à Paris mais de revenir chez lui, en Allemagne. Sa vie avait changé à ce moment précis.

Il avait décidé de donner sa vie à celui qui avait donné la sienne. Il donna sa fortune ; il reçut sur ses terres des chrétiens qui étaient persécutés en Tchécoslovaquie. Ce sont les frères moraves qui sont encore actifs (en particulier par le calendrier des frères moraves).

Peut-être nous connaissons beaucoup de choses sur Dieu ; mais le plus important est de venir et de revenir à la croix ; pour comprendre ce que le Seigneur a fait pour nous. En retour, que pouvons-nous faire, si ce n’est de lui offrir notre vie ? « Qu’attend de toi l’Eternel ton Dieu ? Simplement que tu le révères en suivant toutes les voies qu’il t’a prescrites, en l’aimant et en le servant de tout ton cœur et de tout ton être » (Dt 10v12). « Nous avons connu l’amour en ce qu’il a donné sa vie pour nous ; nous aussi nous devons donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3v16).

La solution est de regarder à la croix ; là, je serai saisi par l’amour du Seigneur qui est mort, séparé dans sa communion avec son Père, pour nous donner le pardon et la vie avec lui.

Dieu dit : « J’efface tes péchés comme un brouillard ; reviens à moi car je t’ai délivré. Tournez-vous vers moi et vous serez sauvés » (Es 44v22, 45v22).

 

« Voici ce que j’ai fait pour toi ; toi, qu’as-tu fait pour moi ? » Dieu nous offre son amour, son pardon, sa vie ; nous pouvons l’accepter (parce qu’il nous l’offre), mais nous pouvons aussi le refuser.

Si nous ne l’avons pas encore accepté, n’attendons plus ; il veut remplir notre vie de sa présence.

 

Jean-Ruben

Pour approfondir le sujet :

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7 commentaires sur “Pépita, Steinberg et Zinzendorf autour de la croix.”

  1. LEFEVRE Michel dit :

    C’est une belle histoire. Dommage que vous ne citiez pas vos sources. J’aimerais bien voir le tableau de Steinberg qui a produit tant d’effet sur le Comte Zinzendorf. Savez vous où il se trouve aujourd’hui ?

    1. Gilles Roy dit :

      Le tableau a été brûlé lors d’un incendie qui a détruit la galerie où il était exposé.

      1. eglise.agen dit :

        Merci Gilles. Avez vous trouvé une source fiable sur ce sujet ? Je n’ai pas réussi à trouver cela sur internet.

  2. Frei Sylvain dit :

    Sur la page : https://agen.umc-europe.org/eglise/pepita-steinberg-zinzendorf-autour-croix/

    Pépita, Steinberg et Zinzendorf autour de la croix.

    Vous écrivez : « Je vis dans la foi au Fils de Dieu qui, par amour pour moi, s’est livré à la mort à ma place » (Gal 2v20).

    Alors que toutes les traductions suivantes donnent :

    Ga 2:20 (Annotée Neuchâtel)
    20 Je suis crucifié avec Christ ; je vis, non plus moi-même, mais Christ vit en moi ; et en tant que je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé, et qui s’est donné lui-même pour moi.
    Ga 2:20 (Darby)
    20 Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais* Christ vit en moi ; – et ce que je vis maintenant dans [la] chair, je le vis dans [la] foi, la [foi] au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi.
    Ga 2:20 (Martin)
    20 Je suis crucifié avec Christ, et je vis, non pas maintenant moi, mais Christ vit en moi ; et ce que je vis maintenant en la chair, je le vis en la foi du Fils de Dieu, qui m’a aimé, et qui s’est donné lui-même pour moi.
    Ga 2:20 (Nouvelle Edition de Genève)
    20 J’ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi.
    Ga 2:20 (Ostervald)
    20 Je suis crucifié avec Christ, et si je vis, ce n’est plus moi, mais c’est Christ qui vit en moi; et si je vis encore dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé, et qui s’est donné lui-même pour moi.
    Ga 2:20 (Segond 1910)
    20 J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi.
    Ga 2:20 (Segond 21)
    20 J’ai été crucifié avec Christ; ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi; et ce que je vis maintenant dans mon corps, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est donné lui-même pour moi.

    Jésus est mort ‘pour moi’ ou ‘à ma place’ ?

    Si Jésus est mort à ma place (comme vous le dites) et que je meurs quand même (de la première mort) il est donc mort à la place de ma mort définitive, de la seconde mort
    (Apocalypse 2:11 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises: Celui qui vaincra n’aura pas à souffrir la seconde mort.)

    Il est aussi dit qu’il est mort pour tous (2 Corinthiens 5:15 et qu’il est mort pour tous)

    S’il est mort A LA PLACE de tous les pécheurs, de la seconde mort, aucun pécheur ne passera plus par la mort à la fin des temps !

    Ce résonnement a une faille… Non ?

    1. eglise.agen dit :

      Bonjour, Il s’agit de la traduction de la Bible du Semeur (BDS) : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. Ma vie en tant qu’homme, je la vis maintenant dans la foi au Fils de Dieu qui, par amour pour moi, s’est livré à la mort à ma place. » (https://www.biblegateway.com/passage/?search=Galates+2%3A20&version=BDS)

      Jésus est mort pour moi et à ma place, pour toi et à ta place, et pour tout ceux qui se confient en lui. Lisons juste quelques versets plus haut dans ce même chapitre, il est écrit « on est déclaré juste devant Dieu, non parce qu’on accomplit les œuvres que commande la Loi, mais uniquement par la foi en Jésus-Christ. C’est pourquoi nous avons, nous aussi, placé notre confiance en Jésus-Christ pour être déclarés justes par la foi et non parce que nous aurions accompli ce que la Loi ordonne. Car personne ne sera déclaré juste devant Dieu[e] parce qu’il aura accompli ce qu’ordonne la Loi »

      En effet, nous mourrons tous d’une mort physique (sauf ceux qui seront vivants au retour de Jésus-Christ), mais Christ a payé le prix de mon péché, la mort éternelle (seconde mort) que mérite chaque pécheur n’est plus imposée à celui qui s’est confié en Jésus Christ. LA vie éternelle auprès du Père lui est au contraire accordée.

      Votre raisonnement a une faille, en effet, dans l’interpretation que vous avez faite de « Christ est mort pour tous ». C’est en effet le texte de 2 Corinthiens 5 : « Et il est mort pour tous afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort à leur place et ressuscité pour eux. ». Ici le texte affirme que le salut est offert à tous. Christ est mort pour tous… Mais celui qui ne place pas sa confiance/foi en Christ, ne profite pas de cette grace, de ce don. « Car c’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. «  (Ephésiens 2:8-9)

      D’un coté, il est mort pour tous, car il offre le salut à quiconque croit. Mais seuls ceux qui croient, qui ont la foi en Jésus-Christ ont la vie éternelle en Jésus Christ : « Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu’ils aient la vie éternelle. » Jean 3,16

      J’espère que cela répond à votre interrogation et merci de nous l’avoir posée.

      1. Nenel1er dit :

        Bonjour eglise.agen,

        Juste pour vous signifier (en toute humilité) que vos traductions ne sont pas réalistes.
        En effet à aucun moment (j’insiste sur le aucun passages, aucun verset…) le texte grec ne dira « à ma place » ou « à leur place » comme vous le notez pour 2 Co 5.

        Vous citez la bible du Semeur pour votre argumentaire… Je vous rappelle que ce n’est pas une Bible d’étude, mais une Bible dit « dynamique », qui se donne donc beaucoup de largesse quand à sa traduction pour le moins pas toujours très fidèle au texte original.

        Dans le texte cité, encore une fois pas de « à ma place » dans le grec.

        Coridalement

        1. eglise.agen dit :

          Bonsoir et merci de votre précision.

          Honnêtement, qu’on utilise la terminologie « à ma place » (BDS) ou « pour moi » (autres versions), le sens profond n’est pas changé. Jésus est mort pour moi et à ma place, pour toi et à ta place, et pour tous ceux qui se confient en lui.

          Dans tous les cas, le raisonnement de la question initiale est faux. Christ est mort pour tous, ne signifie pas que tous les pécheurs sont sauvés de la mort éternelle (seconde mort).

          On peut épiloguer à souhait sur les versions, mais cela ne change pas le sens profond de ce texte. Y’a pas de polémique…

          En Christ,

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