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Ecclésiaste 3.1 et 4 : Il y a un temps pour tout

Un temps pour tout

Tout ce qui touche aux difficultés humaines nous met souvent mal à l’aise surtout lorsqu’on n’est pas touché par celles-ci. Souvent même on fuit ce genre de discussions parce qu’elles nous renvoient à des sentiments que nous réprouvons et que nous préférons refouler. Pourtant je refuse de croire que dans une Eglise comme la notre, personne n’ait ressenti le besoin d’être aidé et de sortir d’une situation qui le touche particulièrement. Tout d’abord je voudrais commencer en louant Dieu parce qu’Il nous éduque au travers de ces épreuves mais il permet aussi des périodes de répit et de joie qui nous sont nécessaires afin d’attiser le feu d’un espoir qui reste éphémère. Mais le vrai espoir est au-delà…

On préfère se réjouir que de casser l’ambiance avec nos démons du passé dont nous sommes tous faits pourtant. Chacun d’entre nous a ses douleurs et ses blessures ses déceptions qui ont fait de lui un être différent des autres et cela est, finalement, un moyen utilisé par Dieu pour nous modeler à l’image de Christ pour peu que nous le laissions agir dans notre vie. Cependant, une attitude qui caractérise bien des personnes, et je dois l’avouer je suis bien des fois tombé dans ce piège, c’est de se laisser absorber par ces échecs qui jonchent notre vie.

Nous avons tous une histoire à raconter qui nous touche plus ou moins directement et qui concerne une personne qui s’est laissée emmurer dans la tristesse ou la révolte et qui a eu plus ou moins de mal à sortir de cet état. La tristesse est une attitude normale face à la souffrance et l’injustice et c’est son absence qui serait anormale.

Je voudrais, avec vous, dresser le portrait ou plutôt l’attitude de trois personnes qui ont eu des réactions diverses face aux décisions et aux silences de Dieu. Il s’agit bien entendu d’une liste non exhaustive et bien incomplète qui mériterait qu’on s’y attarde un peu plus car il a plu à Dieu de se laisser connaître par Sa parole au travers d’une multitude de destins très différents avec des hommes très différents. Mais il s’agit de cas représentatifs de l’attitude que nous pouvons avoir face à la volonté de Dieu. Le premier cas est celui d’un juste qui se révolte contre la volonté de Dieu, le deuxième est celui d’un coupable qui choisit de se repentir et d’accepter le jugement de Dieu. Enfin le dernier est un innocent qui ne se révoltera pas devant la condamnation de Dieu et choisira d’accepter la sentence.

Tout d’abord, je voudrais parler avec vous de Jonas. Il est, à bien des égards, un personnage très humain et montre des traits de caractère assez étonnants chez un prophète. Dieu s’adresse directement à lui, pour faire part au peuple de Ninive de Son intention de détruire la ville si elle ne se repent pas. Si Jonas est prophète de l’Eternel, c’est que Dieu a trouvé en cet homme un bon témoignage et avait en lui une confiance suffisamment grande pour en faire son messager. Et pourtant, Jonas refusera d’accomplir sa mission. Plutôt que d’obéir, il préfèrera s’échapper il est dit « loin de la face de l’Eternel » pour ne pas avoir à s’acquitter de cette mission. Pourquoi ne voulait il pas obéir ? Parce que Jonas connaît bien l’Eternel, il est prophète et à ce titre, il sait très bien que si le peuple de Ninive se repent de ses mauvaises voies, Dieu aura compassion et épargnera ce peuple.
Certains détails nous laissent à penser que le livre de Jonas aurait été écrit à l’époque ou l’empire assyrien, dont la capitale était Ninive, était un empire très puissant, qui représentait une menace importante pour le peuple d’Israël. Jonas, en bon nationaliste qu’il était, souhaitait que Dieu exerce son jugement sur cette ville. Mais Dieu avait déjà établi ses plans et la fuite du prophète n’y fera rien. Il annoncera finalement l’oracle contre Ninive qui finira par se repentir elle et son roi.

C’est précisément ce qui mit en colère Jonas, il n’était pas d’accord avec la décision de l’Eternel et choisira de s’enfermer dans sa révolte. Comme toute chose qui s’élève contre Dieu, cette révolte prendra fin.

lire : Jonas 3,10-4,5

Dieu choisira de donner une leçon au prophète et de lui montrer son manque de sagesse. Il fera pousser un ricin qui procurera de la joie au prophète qui avait choisi de se laisser dépérir dans son endurcissement de cœur en se laissant mourir. La joie de Jonas ne fut que de courte durée car si le ricin lui prouva dans un temps la compassion de Dieu, son dessèchement le ramènera ensuite à la dure réalité des évènements à savoir la souveraineté de Dieu sur toutes choses. Et Dieu de rappeler au prophète que quelle que soit l’appartenance de Jonas au peuple élu et la menace que représente Ninive pour Israël, Dieu a compassion de tous les hommes quels qu’ils soient pourvu qu’ils se repentent sincèrement. Le Seigneur dit « Je fais grâce à qui je fais grâce et miséricorde à qui je fais miséricorde » (Exode 33:19)

Le deuxième exemple que je voudrais commenter avec vous, est celui de David. David était l’oint de l’Eternel et c’est par lui que commencera la postérité royale de laquelle sera plus tard issu Jésus. Pourtant, David est loin d’être un saint et le fait le plus terrible dont il se soit rendu coupable, c’est le scandale de l’adultère avec Bath Schéba.
Pendant que ses soldats étaient à la guerre contre les ammonites, il se laissera prendre au piège de ses appétits sexuels pour tomber dans une situation d’adultère terrible ! Regardant un soir par sa fenêtre il verra la femme d’un de ses généraux, Urie. Il la fera chercher afin de coucher avec elle sachant que Urie était au combat. De cette aventure passagère, naîtra malheureusement, pour David, un enfant et David sachant Bath Schéba enceinte, projettera de faire tuer son mari. Pour cela, comble de la bassesse, il fera envoyer par l’intermédiaire d’Urie lui-même une lettre vers Joab dans laquelle il indique à son général de l’envoyer en première ligne se faire tuer. Le plan diabolique de David s’accomplira comme prévu et David se croyant à l’abri, va prendre Bath Schéba pour femme.
Ce crime odieux bien sûr déplut à Dieu qui condamnera David par l’intermédiaire de Nathan. Le Roi d’Israël devait perdre l’enfant qui était le fruit de cette aventure et David en fut terriblement troublé. Il se rendit alors compte de son erreur et décida de porter le deuil afin d’obtenir la grâce de l’Eternel en le suppliant de lui épargner cette terrible sentence. Cependant, le Seigneur ne se détourna pas de sa décision et, le fils de David et Bath Schéba mourut dans son plus jeune âge.
Lorsque cela arriva, l’attitude de David aurait pu être le repliement sur soi, il aurait pu choisir de se lamenter sur son sort, sur sa culpabilité et sur ce qu’il aurait du faire. Il prit tout le monde à contre-pied et eut une réaction incompréhensible au premier abord.

Lire : Sam. 12,19-23

David décida donc de ne plus porter le deuil préférant en finir avec les regrets, sa culpabilité et la mort de son fils. En effet il ne pouvait plus le ramener à la vie, et ne pouvait plus rien faire contre les décrets divins. A quoi bon jeûner et porter le deuil contre la volonté de Dieu. Il s’agit là d’une attitude de soumission de David, qui reconnaît sa responsabilité et choisit la vie malgré sa faute, plutôt que la mort dans lé révolte contre Dieu. Il choisira la voie qui mènera au pardon de Dieu.

Il faut noter à cet égard, et là j’ouvre une parenthèse, que David connaissait Dieu et qu’il choisira délibérément de pécher malgré tout. Il y a donc possibilité de pardon même pour quelqu’un qui pêche délibérément après avoir accepté Dieu dans Sa vie. La condition est tout de même une réelle repentance et on sait combien David regrettera sa faute. On peut noter de plus que le jugement de Dieu était clément car selon la Loi il n’y avait pas de sacrifices pour expier l’adultère. Seule la mort des coupables pouvait expier une telle faute. Et ici déjà c’est un innocent qui devra payer pour la faute des coupables. Fin de la parenthèse. (Hb 7)

Nous pourrions évoquer de la même manière les attitudes d’autres personnalités de la Bible telles que Abraham qui choisit de ne pas s’opposer au sacrifice de son fils, Jacob qui lutta contre l’Eternel afin qu’Il se révèle à lui, Joseph qui n’avait rien à se reprocher et qui pourtant dut endurer dans le silence les conséquences de la jalousie de ses frères, Moïse qui dut malgré ses doutes se soumettre au choix de Dieu de lui confier la tache de sauver le peuple d’Israël…

Bien sûr toutes ces personnes que Dieu a utilisé pour montrer son amour et se faire connaître aux hommes, ne sont que des types ou des modèles de celui qui devait venir et qui accomplira à Lui seul tout cela, une fois pour toutes, de sorte que personne n’aura plus ensuite besoin de sauver le peuple de Dieu.

Il s’agit bien sûr de Jésus qui, par sa venue, révèle Dieu car il est lui-même Dieu. Mais Il est aussi pleinement homme puisqu’Il a choisi librement de s’exposer et se soumettre aux faiblesses de la condition humaine. En cela il acceptera la souffrance alors qu’Il ne l’a pas méritée et qu’Il y avait toujours été soustrait. Il acceptera les tentations liées à cette souffrance car même s’Il est pleinement Dieu, Il est aussi pleinement homme lorsqu’Il vint parmi nous. C’est pour cela qu’il sera tenté dans le désert, qu’Il sera tenté par une autre voie que celle qui lui était destinée en priant Dieu d’écarter cette coupe de Lui (Mt 26, 42). Il sait qu’Il est venu mourir pour ceux qui le condamneront et qui méritent un châtiment éternel et pourtant il acceptera de prendre cette condition humaine se soumettant ainsi jusqu’à la mort honteuse afin de gagner un grand nombre de pécheurs à savoir chacun d’entre nous.

Malgré cela, sachant quelle était sa destinée, il ne choisira pas de s’emmurer dans la tristesse, mais il choisira la vie en vivant de tout son cœur pour la mission qui lui était confiée, cherchant à enseigner plutôt qu’ignorer, exhorter plutôt que culpabiliser, encourager plutôt que condamner, sauver plutôt que punir. Il fut tenté en tout point comme nous pouvons l’être et face au poids de la culpabilité imméritée, face à l’impossibilité et l’improbabilité à vue humaine de cette mission, il tiendra le coup et s’acquittera jusqu’à la fin. Face à l’adversité, avec d’un côté la condamnation des hommes et du tribunal religieux du Sanhédrin et de l’autre, la grande solitude qui était la sienne dans ces moments de détresse, il n’aura aucune réaction de découragement. A la fin l’homme Jésus face au poids de la culpabilité ne choisira pas de fuir, d’abdiquer ou de trahir comme l’ont fait ses disciples et comme nous pouvons le faire bien des fois nous aussi dans notre vie de tous les jours. Tout au plus dans une solitude incomparable Il choisira la vie par sa mort pour nous ! Esaïe dira de lui 6 ou 7 siècles avant sa venue :

Lire : Esaïe 53,6-7

Aujourd’hui il est glorifié et à la droite du Père. La mort et la condamnation ne sont plus sur Lui car Il les a placardé à la vue de tout le monde sur un bout de bois qui marquera le début de Son règne sur la mort et la défaite de Satan et ses desseins malveillants. Il y a un temps pour tout un temps pour la souffrance et un temps pour la victoire et la rédemption.

De ces enseignements nous pouvons tirer plusieurs leçons comme celle de ne pas nous révolter contre le plan de Dieu qui est juste dans toutes ses voies et qui ne prend pas de décisions à la légère. Ainsi bien souvent nous ressemblons à Jonas qui appelé par Dieu préféra fuir ses responsabilités et se révolter contre la souveraineté et les bontés de Dieu envers tous les hommes. Ne vous est-il jamais arrivé de fuir par exemple devant une personne pour qui vous pourriez donner votre témoignage en disant : « De toute façon il n’en vaut pas la peine car il rejette Dieu ». Peut être même de ressentir de la tristesse face à la honte vécue après un témoignage qui s’est transformé en séance humiliante. Parfois c’est la situation que nous vivons depuis des années qui est humiliante, car elle témoigne aux autres que nous suivons Dieu mais elle va à l’encontre de l’attitude de nos contemporains. Une voix susurre alors à notre oreille : « Tu es en train de suivre un Dieu muet et personne ne verra jamais que Dieu existe avec ton attitude » ou bien « Tu as choisi de suivre un Dieu qui ne te sauvera pas de ta situation » ou enfin « Dieu t’a abandonné car tu le mérites». Ces pensées sont bien sur à rejeter et vous savez de qui elles viennent. Nous ne sommes bien sûr pas au niveau de Jésus. Si il est notre exemple dans la résistance dans la foi, il n’en reste pas moins vrai qu’Il a entendu les mêmes voix que nous.

Il y a un temps pour dire à Dieu notre incompréhension de Sa volonté et de ses plans pour notre vie, mais il y a un temps pour accepter les circonstances reconnaissant ainsi Sa souveraineté sur les évènements qui peuvent bousculer notre vie. Comme le dira Paul dans son épître aux Romains, « O homme, toi plutôt, qui es–tu pour contester avec Dieu ? Le vase d’argile dira–t–il à celui qui l’a formé : Pourquoi m’as–tu fait ainsi ? »

Il y a un temps pour regretter et un temps pour aller de l’avant comme Loth le fera. Il sera poussé à se soumettre au juste jugement de Dieu concernant Sodome et Gomorrhe. Sa femme, elle, choisira de se tourner vers le passé regrettant peut être la condamnation de Dieu et elle sera changée en statue de sel. Son attitude est pour nous un exemple à ne pas suivre. Au contraire, ce passé doit nous aider à nous tourner vers l’avenir avec un regard nouveau.
Jésus est, à ce titre, un bon exemple pour nous puisque sachant ce qui lui était destiné, Il choisit de se soumettre à Dieu et ne se révoltera pas préférant porter ses regards sur la couronne qui Lui était destinée et qui nous est destinée à chacun d’entre nous.

Il y a un temps pour pleurer et se lamenter (Pensées de l’Ecclésiaste) et cela est bon et nécessaire lorsque des circonstances particulièrement douloureuses nous touchent. Mais il y a un temps aussi pour accepter et c’est précisément ce que David fera acceptant le juste jugement de Dieu rétribuant ainsi son comportement inacceptable.
Jésus lui aussi aura un temps de crainte et de deuil au jardin de Gethsémané. Il demandera même à Dieu de lui éviter de passer par l’épreuve qui l’attendait. Il aurait pu s’y soustraire car Il ne le méritait pas mais, finalement, Il se rangera derrière la volonté de Dieu comprenant, qu’il s’agissait là du seul moyen de sauver les hommes qui croiraient en Lui c’est-à-dire chacun d’entre nous.

Les exemples et les destins qui nous sont donnés dans la Parole, sont là pour nous enseigner à connaître notre nature, nos manquements et en contrepartie la fidélité et l’amour sans fin de Dieu. Choisissons donc de laisser de côtés toutes les frustrations qui nous écartent du chemin glorieux auquel le Seigneur nous destine, en regardant à Jésus qui est pour nous l’exemple de courage qui nous aide à regarder de l’avant. Refusons l’idolâtrie du deuil. Refusons de nous lamenter sur nos échecs et sur la vie que l’on aurait du mener en acceptant les fautes, les erreurs ou les circonstances du passé, les regards tournés vers l’avenir.
Cela nous aidera à mieux vivre notre présent. « Psaumes 126:5  Qui sème dans les larmes moissonne avec des cris de joie ! Psaumes 126:6  Qui s’en va en pleurant pour porter sa semence revient rempli de joie, sous le poids de ses gerbes.» Faisons cette parole notre et soyons Lui fidèle comme il l’a été, l’est et le sera pour chacun d’entre nous.

Amen

David Loché

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2 commentaires sur “Ecclésiaste 3.1 et 4 : Il y a un temps pour tout”

  1. Luc dit :

    Bonjour, merci pour vos prédication ,j’apprécie et j’aime vos message .
    Je suis un jeune Pasteur de 63 ans cela fait 3 ans que je le suis.. Est ce possible à l’occasion de me servir de vos message.
    Je vous remercie et soyez bénie

    Pst Luc

    1. eglise.agen dit :

      Cher Luc,
      Vous pouvez vous servir des messages pour votre enseignement.
      Que Sa Parole soit annoncée fidèlement partout et en tout temps.
      Eglise Agen.

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