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L’église locale, lieu de bénédiction – Psaume 133, Matthieu 18v19-20

perles de rosée

Pour certains d’entre nous – les moins jeunes – la vie dans l’église locale relevait surtout du devoir ; ne pas aller au culte, cela ne se faisait pas ! Pour la génération actuelle, on se dit « chrétien mais pas pratiquant » ; l’individualisme fait penser que l’on n’a pas besoin des autres : d’accord, il y a la foi en Dieu, mais aussi les loisirs, le repos, mais aussi, négativement, les difficultés de relations ; et on est mieux seul…

Or, Dieu nous a appelés à vivre avec lui… dans le cadre de la vie de l’Eglise. « Un homme seul est en mauvaise compagnie » (Paul Valéry)… Il y a un réel danger quand on oublie l’importance de la vie avec les autres.

Par mon engagement personnel avec Dieu, je découvre la vie avec lui et il m’intègre alors à son corps qui est l’Eglise (pas catholique ou protestante, mais sa famille). Et cela se vit sur le plan local. Et quand on vit cette dimension, l’église locale devient un lieu de bénédiction, c’est-à-dire l’endroit où Dieu accorde sa grâce tout particulièrement. D’accord, il l’accorde même si l’on est seul, parce que c’est sa présence qui est essentielle. Et pourtant, ce matin, nous allons nous arrêter sur des passages de la Bible où Dieu insiste sur la réunion des enfants de Dieu comme lieu de bénédictions. Quelles sont-elles ?

L’église locale : la bénédiction de la présence du Seigneur

« J’ajoute que si deux d’entre vous se mettent d’accord ici-bas au sujet d’un problème pour l’exposer à mon Père céleste, il les exaucera. 20 Car là où deux ou trois sont ensemble en mon nom, je suis présent au milieu d’eux. » (Matthieu 18v19-20)

. Mt 18v20 : La plus grande bénédiction est la présence du Seigneur. C’est un bienfait qu’on ne ressent pas particulièrement parce que, comme pour Elie dans le désert, les circonstances de la vie prennent le dessus, et comme pour Elie, Dieu est présent comme un souffle doux et léger. Or, nous aimons le bruit, l’activisme ; mais ce n’est pas le bruit ou les gestes qui impliquent que le Seigneur est plus présent.

La condition de cette présence est d’être « unis en son nom », c’est-à-dire « en communion » avec sa personne et avec les autres. Il s’agit donc plus que de croire en Dieu et d’être assis les uns à côté des autres. Jésus montre que même s’il est avec chacun dans sa chambre, en voiture, au travail, sa présence est d’autant plus sensible quand ceux qui vivent avec lui sont unis, réunis.

Je ne sais pas pourquoi certains ne sont pas réguliers aux réunions en pensant à cette bénédiction ; peut-être par oubli de cette réalité… ?

. Mt 18v19 : D’accord, chacun peut prier chez lui (c’est la base de la vie chrétienne : la communion personnelle avec Dieu) ; mais une bénédiction spéciale est accordée à ceux qui s’accordent. Le Seigneur exauce la prière de ceux qui se réunissent pour prier ensemble (et quand on est unis au Seigneur, on ne lui demande pas d’une manière égoïste, sans que ce soit en accord avec ce que lui veut). Là aussi le Seigneur accorde sa bénédiction, et Jésus l’affirme très clairement.

En étant conscient de cela, je me demande quelques fois pourquoi relativement peu de chrétiens fréquentent les réunions de prière, ou prient au moment de prières du culte ou dans les études bibliques.

L’église locale : la bénédiction de la communion fraternelle

« Oh! Qu’il est bon et qu’il est agréable pour des frères de se trouver ensemble! C’est comme l’huile parfumée répandue sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d’Aaron, et coule jusqu’au bord de ses habits. C’est comme la rosée qui descend de l’Hermon sur le mont de Sion. C’est là que l’Eternel accorde sa bénédiction et la vie pour toujours.» (Psaume 133v1-3)

. L’introduction et la conclusion affirment que l’union des croyants qui se retrouvent implique la bénédiction de Dieu ; la vie même ! Voilà l’action de Dieu sur des personnes unies en lui. La communion fraternelle est une richesse incalculable pour ceux qui la vivent… dont on se rend compte quand on ne peut plus la vivre, souvent.

La conséquence sur la vie de ceux qui sont unis en Dieu, c’est qu’il se passe des choses extraordinaires. Cela a été la raison de la conversion d’Alex lors d’une rencontre à Landersen ; il était dehors quand je l’ai rencontré : « Va leur dire que je me donne à Dieu ; c’est trop fort ce qu’ils vivent ensemble, cet amour qui règne… ».

. v3 : le privilège de la rencontre et de l’unité des enfants de Dieu est comme « la rosée rafraichissante » ; cette image, un jour d’hiver, n’a pas le même poids que dans un endroit désertique comme la contrée de Jérusalem. Quel miracle de vivre ensemble, un peu comme la rosée qui vient de l’Hermon (à 100 km de Jérusalem) qui se fait sentir à Sion. La communion entre personnes de différents cultures, de milieux quelques fois opposés est une vraie bénédiction.

. v2 : la communion fraternelle est comme… l’huile : au-delà du fait que je ne suis pas particulièrement sensible à cette image, on peut malgré tout y voir plusieurs symboles :

  • l’huile est l’image de la joie. Bien sûr, je peux dire que le Seigneur est ma joie, mais il me dit aussi que par ma communion, les rencontres avec les autres chrétiens, ma joie sera profonde.
  • l’huile est aussi l’image de la guérison : dans l’antiquité, elle est un médicament. Cela signifie que les rencontres où l’on peut vivre un amour vrai est un lieu de guérison. Cela ne peut absolument pas remplacer ma communion avec Jésus-Christ qui seul guérit profondément ; mais il utilise les frères et sœurs dans la foi pour qu’ils soient un instrument de guérison réelle.
    Jacques 5v13-16 : il est question dans ce passage de guérison physique et spirituelle : c’est Dieu qui accomplit ce miracle, mais c’est dans le cadre de l’Eglise locale. Le malade demande aux responsables de l’Eglise (ses représentants) de prier avec lui et pour lui, et ils verseront sur lui… de l’huile. « Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres afin d’être guéris » (Jacques 5v13-16). Jacques parle donc de la bénédiction de la communion fraternelle, de ces rencontres dont Dieu se sert pour nous guérir moralement, physiquement, spirituellement.
  • l’huile est aussi un symbole de purification et d’engagement pour Dieu. Moïse devait mettre sur Aaron et ses descendants de l’huile ; quel était le but de ce symbole ? « Ainsi tu les sanctifieras et ils seront à mon service » (Exode 30v30).
    Pour nous, la communion, la vie avec d’autres chrétiens nous pousse à nous engager pour Dieu. Cette vie de progression se fait grâce à la vie dans l’Eglise : « Nous vous le recommandons, frères : avertissez  ceux qui mènent une vie déréglée, réconfortez ceux qui sont découragés, soutenez les faibles, soyez patients envers tous » (1 Thessaloniciens 5v14) : le but est de s’entraider pour progresser, changer de plus en plus selon la pensée de Dieu. Dans quel cadre ? Paul s’adresse à ceux qui vivent dans l’Eglise locale de Thessalonique.
    « Ne prenons pas, comme certains, l’habitude de délaisser nos réunions. Au contraire, encourageons-nous mutuellement, et cela d’autant plus que vous voyez se rapprocher le jour du Seigneur » (Hébreux 10v25). La participation régulière des uns et des autres permet cette liberté pour reprendre avec amour. Le problème, c’est que j’oublie (ou j’ai envie d’oublier) que « le plus court chemin de soi à soi, c’est souvent la pensée d’autrui ».

Le point de vue des autres me permet de découvrir de nouveaux aspects de la Bible, m’apporte une nouvelle compréhension de certaines choses, un éclairage que je n’avais pas eu jusqu’alors. Bien sûr, cela ne supprime pas ma lecture personnelle de la Bible, mais Dieu se sert aussi des autres pour me faire grandir dans sa connaissance.

La dynamique dans l’Eglise primitive (Actes 2v42) était liée à ce fait : « Ils s’appliquaient fidèlement à écouter l’enseignement des apôtres, à vivre la communion fraternelle, à prendre part aux repas communs et à participer aux prières ». Le résultat était la bénédiction de Dieu : « Le Seigneur ajoutait chaque jour à leur communauté ceux qu’il sauvait » (v47).

Cette bénédiction était le résultat de petites choses vécues régulièrement et non de grands coups d’éclat sporadiques.

La nature nous enseigne cette même réalité : « Il y a bien longtemps, au Moyen-Orient, un homme contemplait un robinet qui fuyait. Il s’appelait Suncha Blass. Il remarqua que l’arbre qui se trouvait à côté de la fuite était plus grand et plus vigoureux que les autres. Puisqu’il était jardinier, Blass savait que les méthodes d’arrosage traditionnelles gaspillent la plus grande partie de l’eau consommée. C’est ainsi que la fuite de ce robinet lui fit concevoir un système d’arrosage révolutionnaire des végétaux, par petites doses. On a oublié le nom de Blass, mais le « goutte à goutte » en horticulture est devenu très célèbre et particulièrement efficace dans les zones désertiques. C’est cette découverte qui a permis de voir le miracle du désert refleurir en Israël ».

Comme le goutte à goutte de la rosée, ma participation régulière aux réunions, alliée à ma lecture quotidienne de la Bible et à ma prière régulière, me permet de recevoir cette nourriture indispensable à une croissance qui ne fait pas de bruit mais qui se constate après des années.

Que faut-il réviser dans notre conception de l’église locale?

Paul écrit aux chrétiens et anciens d’Ephèse en parlant des capacités qu’il a accordées dans le cadre de l’Eglise : « Il a fait don de ces hommes (les apôtres-missionnaires, les prophètes-prédicateurs, les évangélistes-formateurs et les pasteurs-enseignants) pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à accomplir leur service en vue de la construction du corps du Christ. Ainsi nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à un stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ. De cette manière, nous ne serons plus de petits enfants ballotés comme des barques par les vagues et emportés ça et là par le vent de toutes sortes d’enseignement » (Ephésiens 4v12-15). Paul voyait des chrétiens qui restaient des bébés spirituels, influencés par différents courants parce que à la périphérie de la vie de l’Eglise. Paul visait autre chose pour eux : ceux qui reçoivent régulièrement l’enseignement donné dans une Eglise progressent, deviennent adultes.

Il ne faudrait pas minimiser et oublier les bienfaits que nous vivons dans l’Eglise où nous sommes, à cause des imperfections des uns, des blessures occasionnées par d’autres, comme l’arbre qui empêche de voir la beauté de la forêt. Oui, Dieu nous permet de vivre des bénédictions qui nous fortifient. Mais allons plus loin : que faudrait-il réviser dans ma conception de l’église locale? Dans ma participation concrète ? Dans mes habitudes qui, trop facilement, anesthésient et moi et les autres ?

« L’Eglise est un atelier, non un dortoir », disait quelqu’un : je peux y vivre en spectateur, ou en consommateur, ou considérer l’Eglise comme le rempart des principes moraux et le gardien des traditions. Mais Dieu n’a pas inventé l’Eglise comme un bâtiment, pas plus que comme le moyen de salut, ni comme le lieu d’un ensemble de règles, mais il l’a conçu pour être un corps vivant où il veut donner sa bénédiction.

Alors, de plus en plus, nous pourrons dire : « Qu’il est bon, qu’il est agréable pour des frères d’être ensemble ! Car c’est là que le Seigneur donne sa bénédiction, la vie pour toujours ».

Jean-Ruben

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