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2 Rois 6v8-23 : Etre aveugle ou voir – Aveuglement spirituel

On peut être surpris quelques fois de la compréhension des gens : certains peuvent être cultivés, intelligents, avoir reçu une bonne éducation, mais par ailleurs peuvent se montrer bien limités dans leurs choix de vie ou bien pauvres quant à leur vie spirituelle (un aveuglement spirituel); certainement parce qu’ils ne croient que ce qu’ils voient…

Au contraire, certains paraissent bien simples mais pourtant ont une vie spirituelle profonde.

Comme quoi, certains voient, tout en étant aveugles spirituellement et intérieurement ; et d’autres semblent aveuglés par leur ignorance mais sont dans la lumière, celle de Dieu. Vous voyez, quoi,… c’est clair !

C’était le cas des pharisiens : voilà des hommes éclairés ; ils avaient la connaissance de la loi ; ils étaient l’intelligentsia de l’époque ; mais Jésus leur dit qu’ils sont aveugles. Par contre, un pauvre mendiant de Jérusalem, aveugle de naissance, après l’intervention de Jésus, voit physiquement et spirituellement, et il donne des leçons aux spécialistes de la loi (Jean 9) !

C’est le cas de l’armée syrienne (2 Rois 6) : ils sont les maîtres incontestés du monde habité. Mais pourtant, ils avancent sans voir… l’essentiel. Par contre, Elisée et son serviteur voient la réalité d’une autre armée.

Et nous, quelle vision avons-nous ?

1) Dieu éclaire :

Les syriens, de nuit pour ne pas être vus, réussissent enfin à encercler la ville de Dothan ; ce sont les champions du camouflage ! Les habitants de la ville dorment sur leurs deux oreilles, les yeux bien fermés… Mais le matin, leurs yeux s’ouvrent : et c’est la panique ! Et le serviteur d’Elisée voit les soldats ennemis partout autour.

Quand on est ignorant, on est tranquille ; mais quand on est au courant, les pensées s’affolent ! Et quand on ne voit qu’un aspect de la réalité, on a une vision déséquilibrée, donc faussée.

A l’opposé, Elisée voit d’une manière juste : il voit aussi l’autre partie de la réalité, une autre armée, celle de Dieu. Et ces soldats-là sont plus nombreux et plus forts. Elisée peut alors affirmer à son serviteur : « N’aie pas peur, car ceux qui sont avec nous sont plus nombreux qu’eux » (2 Rois 6v16).

Mais pour que son serviteur perçoive cette autre réalité, Elisée prie, et Dieu alors ouvre ses yeux : « La montagne était pleine de chevaux et de chars de feu autour d’Elisée » (v17) : Dieu les protégeait et ils étaient entourés de la présence de Dieu.

Mais il faut l’intervention de Dieu pour voir l’invisible.

Le serviteur apprenait alors une leçon importante : avec Dieu, il ne faut pas se fier à l’apparence matérielle et visible des choses seulement ; il veut révéler la dimension spirituelle et faire ce qu’il est.

St Exupèry avait compris que « l’essentiel est invisible pour les yeux ; on ne voit bien qu’avec le cœur ».

La Bible parle de la vue de la foi ; elle permet de voir au-delà de la réalité physique (qui est facilement faussée parce qu’on la voit à travers la peur ou l’orgueil).

Le regard de la foi en Dieu permet d’avoir une vision équilibrée et juste de la réalité globale, et de l’affronter autrement : pas seulement avec les capacités humaines mais en s’appuyant sur celles de Dieu.

Pour vivre cela, il ne faut pas regarder seulement avec le regard physique et psychique, mais avec celui de la confiance en Christ. L’approche des situations et des personnes change alors. Le regard de la foi permet de voir avec espérance ce qui paraît désespéré.

2) L’aveuglement sans cette intervention de Dieu :

Comme l’armée syrienne qui erre à la recherche du prophète (2 Rois 6v8-11) et qui par la suite est frappée d’aveuglement et suit la voix de son ennemi ( v18-19) – au risque de connaître l’échec et la mort –,  notre société vit bien souvent une situation de crise, qui frôle la catastrophe (quand elle n’y est pas en plein dedans…) : tant sur le plan économique que sur le plan de la sécurité (les conflits armés sont nombreux), que sur le plan de la liberté (si nous ouvrons les yeux, ils sont des milliards à vivre dans de multiples esclavages, sans parler des millions de chrétiens qui connaissent la persécution), que sur le plan de la moralité, de la permissivité dans le domaine de l’éthique, sans parler du domaine physique avec le problème des maladies graves.

La réalité de tout cela n’est pas une réalité trompeuse : elle est dramatique et bien réelle.

Malheureusement, trop facilement, nous, chrétiens, sommes dans notre bulle ; la preuve ? Nous restons bien calfeutrés chez nous ou entre nous ; quelque part, nous sommes aveuglés nous aussi.

L’aveuglement, c’est aussi celui du roi d’Israël quand il voit que l’armée syrienne a été conduite par Elisée, comme hypnotisée : il est prêt à les tuer ! Il saute à pieds joints sur l’occasion. Comme le serviteur de David alors que tous les 2 se sont introduits jusque tout près de Saül, entouré de ses soldats, endormis : c’est la preuve que c’est Dieu qui les a fait tomber dans un sommeil profond ! Mais David refuse de tomber dans la vengeance (1 Samuel 26v7-12).

Le roi d’Israël est aveuglé par la perspective de l’écrasement de son ennemi ; l’auto-vengeance (même au nom d’une apparente justice) aveugle.

 

Mais quelle est l’autre approche, celle de Dieu, celle qu’il veut nous faire comprendre pour nous donner une vision équilibrée, juste et triomphante ?

3) Essayons de voir plus clair sur la vision que Dieu donne :

Dieu dirige l’histoire et ceux qui la font. Les égarements de l’être humain (que ce soit pour les dirigeants de notre monde ou pour notre responsabilité à notre petit niveau) sont autant de cailloux dans la machine du temps et des évènements. Mais la Bible nous montre que, malgré tout, Dieu mène à bien son plan.

Les prophéties qui s’accomplissent comme annoncées le prouvent ; l’Apocalypse nous montre que l’histoire s’accomplira telle que Dieu l’a décidée, en tenant compte des égarements humains, mais qu’elle n’est pas le fruit du hasard.

Cette certitude nous rend moins aveugle et nous permet de garder confiance en ce Dieu qui est le Maître de l’histoire, comme celle de ceux que nous aimons et qui semblent se perdre, ou de nous-mêmes qui traversons des épreuves.

 

L’autre réalité, à côté des situations dramatiques que vit la société, c’est le fait que, si l’on se tourne vers Dieu, il est possible de trouver un équilibre vrai qui permet d’avoir une vision juste. La société bascule dans la permissivité, dans la violence, dans la faillite ? Et si le regard de la foi venait rétablir ce déséquilibre en donnant une vision de Dieu lui-même et de ce qu’il veut faire… ?

L’exemple d’Elisée le montre : son regard, par rapport à Joram, le roi d’Israël, est un regard de bienveillance vis-à-vis des ennemis : « Fais-leur servir du pain et de l’eau. Puis, qu’ils retournent chez leur souverain ! » Et il est rajouté : « Depuis lors, les troupes syriennes cessèrent leurs incursions sur le territoire d’Israël » (v22-23).

La paix grâce à la bonté.

Pour nous personnellement, Dieu veut aussi nous permettre de voir cette autre dimension : il veut diriger notre vie, nous assurer de sa présence, de sa protection ; et même si Dieu n’est pas visible avec nos yeux physiques, il veut nous assurer de sa présence et de cette certitude : « Ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui nous sont opposés » (v16).

 

8 siècles plus tard, les disciples viennent de voir leur Maître mourir sur une croix ; ils sont découragés parce que leurs yeux sont rivés sur la croix vide. Tout est terminé. Ça, c’est une vision réelle mais pourtant partielle et qui, alors, fausse leur compréhension.

Ce que Jésus veut, c’est révéler à ses disciples qu’il est ressuscité ! Et alors ils vont faire l’expérience de cette réalité d’une vraie transformation de leur être : ils vont découvrir une nouvelle vie, une résurrection intérieure. Ils ne vont plus craindre et rester enfermés, apeurés. Ils n’hésiteront plus à témoigner de leur certitude : Jésus est vivant !

 

« Tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi. Qui est celui qui a triomphé du monde sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » (1 Jn 5v4-5) ; cette réalité invisible aux yeux physiques et à ceux de l’intelligence, c’est : « Celui qui est né de Dieu se garde lui-même et le malin ne le touche pas » (1 Jean 5v18).

Ce qui permet de vivre cela, ce n’est pas le baptême, ni même la croyance mais la nouvelle naissance, c’est-à-dire l’œuvre que le Seigneur opère, en nous faisant naître à sa vie quand nous nous tournons vers lui.

4) Mais attention

. Une vision que nous pensons être de Dieu peut n’être que notre propre vision. Quelqu’un a dit : « Dieu n’exauce pas tous nos souhaits mais toutes ses promesses » ; et nos souhaits deviennent vite, dans notre pensée, des promesses que nous attribuons à Dieu. Quelques fois, nous nous éclairons avec notre propre lumière : comme Abraham qui avait reçu de Dieu la promesse d’un fils ; mais sur le conseil de Sara, il a eu un fils par Agar, la servante de Sara. L’impatience nous pousse à éclairer notre avenir avec notre propre lanterne ; mais les piles sont bien faibles…

Si notre espoir est placé en nous-mêmes, il est alors semblable à celui du serviteur d’Elisée qui, désemparé, s’est écrié : « Qu’allons-nous faire… ? » ; il ne conduit qu’à la peur et à l’écrasement (v15).

Avoir la foi en Dieu, c’est connaître ses promesses et s’y accrocher en disant : « Que ta volonté soit faite ; mais je suis sûr qu’au-delà de la réalité visible, tu peux tout ». Vaclav Havel disait : « Je ne suis ni optimiste ni pessimiste, parce que je ne suis jamais sûr que les choses se termineront bien ou mal. Je me contente d’espérer. Je remercie Dieu de ce don car il est aussi précieux que la vie elle-même ».

Espérer, sans imposer.

Pour terminer, deux prières : comme Elisée pour que Dieu révèle l’autre réalité à son serviteur, nous pouvons prier pour que Dieu éclaire les autres,… ou nous-mêmes.

  • « Seigneur, ouvre mes yeux pour que je contemple les merveilles de ta loi » (Psaumes 119v18) : la première nécessité est de comprendre ce que Dieu nous a donné : sa Parole ; elle éclaire nos nuits, nos doutes. Il faut que notre vision de la vie, des épreuves, de nos choix se fonde sur une connaissance la plus grande possible de sa Parole pour que nous ne tombions pas dans le piège de l’interpréter avec la petite lampe de notre intelligence seulement.
  • « Seigneur, ouvre mes yeux sur ta Parole, et qu’elle soit une lumière sur mon sentier » (Ps 119v105).
  • « Seigneur, donne-moi ta vision » : ce chant d’un groupe chrétien reprend ce sujet : « Aveugle, amoureux de l’erreur, me voici, Seigneur ; donne-moi ta vision, que je voie enfin. Prends mes yeux qui ne savent pas voir et qui me servent à croire ; donne-moi ta vision, que je voie enfin. Purifie-moi dans ton grand fleuve d’eau vive, purifie-moi et, Seigneur, fais que je vive ; illumine-moi, prends mes yeux qui ne savent pas voir ».

 

Jean-Ruben

Pour approfondir le sujet :

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