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Matthieu 7v26 : La superficialité spirituelle

Attention au danger de la superficialité spirituelle

C’est étonnant de voir la superficialité de notre société qui ne cherche pas à aller au-delà de ce que les médias disent pour approfondir, ou au-delà de ce qui la caractérise depuis des millénaires, à savoir : « Du pain et des jeux » (ou transcrit en français moderne : « Du foie gras et le loto »). Ce qui peut être encore un peu plus étonnant, c’est que chacun d’entre nous peut tomber dans la même facilité et la même superficialité… Et cela dans tous les domaines, y compris spirituel. Alors, nous allons essayer… d’approfondir ce que Dieu veut pour aspirer à le vivre ; toujours mieux.

Lectures bibliques :
Daniel 5v27 : Pesé: tu as été pesé dans la balance et tu as été trouvé léger.
Matthieu 7v26 : Mais toute personne qui entend ces paroles que je dis et ne les met pas en pratique ressemblera à un fou qui a construit sa maison sur le sable.

1) La superficialité n’est pas un fait récent !

Quelques exemples de superficialité selon la Bible :

  • Le roi Beltshatsar festoyait avec toute sa cour quand tout à coup il voit une main écrire sur le mur ; le prophète Daniel révèle alors au roi ce que Dieu lui dit à travers ces paroles : « Tu n’as pas honoré le Dieu qui tient ton souffle de vie dans sa main. C’est pourquoi il a envoyé cette main pour tracer cette inscription. Tu as été ‘pesé’ et tu as été trouvé ‘léger’ » (Daniel 5v23-24, 27). Il connaissait le changement que son père Nébucanetsar avait vécu quand il s’était profondément tourné vers Dieu mais le fils n’en a pas tenu compte. « Mangeons et buvons ! Qu’importe demain… » est la voie de la superficialité.
  • Jésus prend l’image de 2 maisons, en conclusion du Sermon sur la Montagne (Matthieu 7v24-27) : la caractéristique de la seconde maison est la fragilité (malgré l’apparence semblable à la première) ; ce qui fait la différence, ce sont les fondations. L’insensé a construit sans creuser profondément pour que sa maison repose sur le rocher. Ce qui provoque la superficialité d’une vie n’est pas le fait de ne pas connaître les paroles de Jésus mais de ne pas changer de comportement alors : « Celui qui écoute mes paroles sans faire ce que je dis, ressemble à un homme assez fou pour construire sa maison sur le sable ».
  • La superficialité de l’engagement de l’apôtre Pierre se révèle lors de l’arrestation de Jésus, et il renie à 3 reprises son Maître (à qui pourtant il avait juré qu’il ne l’abandonnerait jamais) ; Luc nous en donne la raison : « Pierre suivait de loin » (Luc 22v54). L’épreuve révèle que son attachement pour son Maître n’était pas aussi profond qu’il l’avait affirmé et qu’il le croyait lui-même.

 2) Cette attitude de superficialité touche notre société (et nous aussi) dans différents domaines.

. Nous sommes étonnés de constater la superficialité au niveau professionnel ; le critère semble être de plus en plus le montant du salaire plutôt que le travail consciencieux. Certaines professions à caractère social se déshumanisent de plus en plus.

. Dans la vie de couple, il est malheureusement possible de voir une certaine superficialité (plus aujourd’hui qu’avant… ?) ; les séparations faciles en sont la triste conséquence, et une des raisons est que les sentiments semblent reposer dès le départ sur des bases bien fragiles : les relations sont souvent superficielles parce que c’est la priorité du corps et de ses désirs qui détermine l’ « amour ».

. Il y a de quoi s’interroger sur la profondeur des relations parents-enfants quand il y a bien peu de communication profonde ; quand le temps consacré aux enfants est souvent minime, cela pénalise l’enfant qui se fragilise.

. On déplore la qualité médiocre des relations entre voisins ; on ne se connaît presque plus, tout en étant proches. On ne nourrit plus les relations, on se contente de superficialité. Même dans l’Eglise ? « En effet, les autres ne viennent pas me voir ! »… Mais cette remarque parle de la superficialité de nos relations qui se révèle à travers cette approche égocentrique (« C’est la faute des autres…).

. Au niveau spirituel, cela peut se ressentir également : pour beaucoup de personnes, il semble qu’une certaine forme de croyance suffit ; on se satisfait (et on pense que Dieu s’en contente aussi…) de croire que Dieu existe, d’aller de temps en temps à un culte, de faire le bien, d’être bon. Mais si cela ne correspondait qu’à l’apparence de la vie avec Dieu, alors notre foi est bien superficielle. C’était le cas de ce jeune homme riche (Matthieu 19) : croyant, très religieux même, observateur de la loi de Moïse depuis toujours, il ne connaissait qu’une vie spirituelle superficielle : il savait qu’il n’était pas sauvé. Parce que, dit Jésus, « aux hommes, cela est impossible, mais pas à Dieu ». Là est l’essentiel pour tout homme.

 

Cette superficialité de la foi et de l’engagement pour Dieu fait le succès de certaines religions et sectes : les personnes y sont entrainées facilement parce que mal affermies, mais aussi par dépit en voyant l’incohérence de ceux qui se réclament de la foi ; notre superficialité peut entrainer celle des autres. Pierre déjà l’analysait de cette manière en parlant de l’influence de certains (2 Pierre 2v14) : « Ils ont le regard chargé d’adultère et d’un besoin insatiable de pécher, ils prennent au piège les personnes mal affermies ».

 

. Considérons la connaissance que nous avons de la Bible : est-elle légère, superficielle ou un peu approfondie ? Alors que notre foi s’appuie sur la Parole de Dieu, est-elle fondée comme sur du sable ou solide comme sur le rocher ? Quand la connaissance biblique est pauvre (et ce n’est pas toujours la faute aux défaillances de la mémoire…), cela engendre une pauvreté de la vie chrétienne.

Pierre, en parlant des lettres de l’apôtre Paul, écrit « qu’il s’y trouve des passages difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies déforment le sens, comme elles le font aussi – pour leur propre ruine – des autres textes de l’Ecriture » (2 Pierre 3v16) : approfondir des textes difficiles demande de la persévérance, mais une attitude superficielle les déclare rapidement faux ou « trop verts et bons pour des goujats » (comme pour le renard vis-à-vis des raisins qu’il ne pouvait atteindre). La superficialité de la connaissance biblique crée facilement le rejet.

. Quant à la superficialité qu’on peut manifester dans le comportement, on est étonné de voir certains chrétiens continuer à laisser certains penchants dominer leur vie, et eux, à leur tour… sont étonnés de voir que le tempérament colérique ou angoissé ou critique continue à diriger d’autres chrétiens. Cette superficialité ici correspondrait au fait de couper la mauvaise herbe sans l’arracher.

On pourrait parler également de la manière superficielle que nous pouvons manifester vis-à-vis des épreuves, sans chercher à voir, au-delà de ces difficultés, ce que Dieu a préparé. La superficialité est de ne voir que la souffrance trop lourde sans considérer le but, dans l’espérance.

Et on pourrait traiter aussi de la superficialité des relations dans l’Eglise ; c’est un sujet qui revient assez souvent : il n’y a pas ou peu de profondeur dans les relations entre nous ; mais peut-être j’y suis pour quelque chose, sans que ce soit uniquement les autres qui sont responsables…

La superficialité dans les jugements fait des ravages : on condamne sans comprendre, on catalogue facilement une personne d’après des a priori.

On pourrait parler aussi de la superficialité des chants nouveaux, mais cette pensée (superficielle) risque d’empêcher de voir les chants qui ont un texte riche et profond.

Nous faisons donc ce triste constat : la superficialité n’est pas que de l’autre côté.

3) Attention : la superficialité a des conséquences lourdes !

. Repartons vers le roi Beltshatsar (Daniel 5) : il n’a pas pris au sérieux l’avertissement que Dieu lui donnait et la nuit suivante, l’ennemi a pénétré par surprise dans la ville et le roi a été tué.

On raconte qu’un jour, il y a longtemps, à Thèbes, Archias, un homme très riche, festoyait. Un de ses amis apprend que 12 hommes parmi ses proches voulaient l’assassiner. Il fait alors partir un messager avec une lettre avec un avertissement d’urgence : « Celui qui m’envoie te dit de lire la lettre car c’est une affaire très sérieuse ». Mais Archias, en riant, met la lettre sous son coussin en ajoutant : « A demain, les affaires sérieuses ! » Quelques heures plus tard, il était tué. La superficialité fait remettre à plus tard ce qu’il faudrait régler sans délai.

. La parabole des 2 maisons que Jésus raconte montre les conséquences dramatiques pour celui qui écoute les paroles de Jésus sans les traduire dans sa vie. On peut penser que le fait de ne pas prendre au sérieux cela peut ne pas avoir de répercussions négatives,… sauf lorsque les épreuves arrivent. Alors, « la maison s’est effondrée et sa ruine a été complète » (Matthieu 7v27). Notre superficialité nous fait dire : « Mais non, tout va bien pour moi, même si je reconnais que ma vie n’est pas cohérente sur certains points avec ce que dit la Bible ».

. L’engagement de Pierre était bien peu profond en fait (et cela tant que lui, et les autres, s’appuyait sur ses propres forces) ; et après avoir renié Jésus, « il pleura amèrement » (Luc 22). Quand notre relation avec le Seigneur n’est pas profonde, les conséquences sont lourdes à supporter.

4) Mais il y a le choix nécessaire :

Sans que les choses soient inéluctables, notre décision s’appuie sur la volonté. Le choix entre la superficialité et la recherche d’une vie profonde est devant nous ; soit nous vivons en nous contentant de ce que nous sommes (ou pour bien des éléments ce que la société a fait de nous), soit nous désirons progresser. C’est dans tous les domaines de la vie que Dieu donne des directives ; et chaque fois, ce sont par des verbes à l’impératif que Dieu s’adresse à nous. Nous sommes responsables non de faire (nos forces sont bien petites) mais de vouloir le vivre. Et même là, Dieu est celui qui « donne le vouloir et le faire ». L’essentiel est donc dans notre relation avec Dieu et non dans nos capacités.

. Pour la vie professionnelle, Dieu parle de la manière de travailler : il demande que nous le fassions « avec respect, droiture de cœur – et cela par égard pour le Christ –, de bon gré » (Ephésiens 6v5-9). Cela s’oppose à une attitude superficielle, où l’on travaille pour être vu. Paul invite à être consciencieux, même en l’absence du patron.

. Pour la vie familiale, c’est le désir de vivre avant tout en recherchant l’intérêt du conjoint qui est signe de la profondeur de l’amour (Ephésiens 5v24-25). Mais cela nécessite une prise de conscience et un choix ; tout comme la décision de prendre du temps pour être avec les enfants en tant que parents.

. Dans ma relation avec Dieu, pour approfondir ma vie avec lui, de la même manière il est nécessaire de passer du temps avec lui ; jour après jour. Dans Actes 17, nous trouvons 2 attitudes différentes : celle de certains athéniens qui avaient entendu Paul et qui remettent aux calendes grecques leur réflexion : « Nous t’écouterons une autre fois… » (v32), ou l’attitude de certains de la ville de Bérée, suite au message de Paul : « Ils accueillirent la Parole de Dieu avec beaucoup d’empressement ; ils examinaient chaque jour les Ecritures pour voir si ce qu’on leur disait était juste » (v11).  Nous pouvons rechercher une vie de pureté superficielle (« de toute manière la perfection n’est pas de ce monde… ») ou désirer « marcher de progrès en progrès » (1 Thessaloniciens 4v1) pour toujours plus vivre comme Dieu le veut.

Quel engagement manifestons-nous pour Dieu ? Celui de la foule qui avait une certaine croyance en Jésus (Lc 9v18-19) ou celui que Jésus demande en suivant vraiment sa volonté et non la nôtre (Lc 9v23) ?

Dans beaucoup de domaines, nous pouvons viser à vivre moins de superficialité et d’apparence, et plus de profondeur. Spurgeon disait : « Ce qu’il nous faut, c’est moins de vernis et plus de vérité ».

 

Une constatation tirée de la nature pour terminer : quand les racines d’un arbre effleurent la surface de la terre, un vent fort peut le déraciner ; mais quand les racines sont profondes, l’arbre peut ne pas craindre la tempête. Où sommes-nous fragiles parce que superficiels ? Qui est celui dont la maison ne s’est pas effondrée ? « Celui qui écoute les paroles de Jésus et les met en pratique ».

« Seigneur, aide-nous à être enracinés en toi ; et à le  rester ».

 

Jean-Ruben

Pour approfondir le sujet :

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