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Les travers de Moïse transformés (Exode 3v5-14, 4v10-17, Nombres 12v1-4)

Moïse - transformation

Moïse, un géant parmi tous les personnages de la Bible ! Dieu avait choisi cet homme qu’il a façonné  pour mener tout un peuple à la délivrance. Pourtant, c’était mal parti : il avait grandi à la cour du pharaon, dont il était le petit-fils adoptif ; ses racines religieuses et culturelles étaient bien éloignées de celles du peuple hébreu ; de plus, à 40 ans, il avait tué un égyptien qui battait un esclave hébreu ; pour ensuite passer 40 ans dans le désert à garder les brebis de son beau-père Jéthro.

Il a donc 80 ans à ce moment ; mais Dieu s’est servi de tout cela pour le former.

Nous allons nous arrêter sur deux traits de la personnalité de Moise qui manifestaient des faiblesses, et qui, pourtant, étaient essentiels pour la tâche pour laquelle Dieu l’avait appelé ; à savoir : la confiance et la patience.

1) Moïse : Le problème de la confiance.

. Moïse en fait n’était pas sûr de lui ; il doutait de lui-même : quand Dieu l’appelle pour aller délivrer son peuple, il répond qu’il n’est pas du tout à la hauteur et que cela dépasse ses forces : impossible par lui-même de réussir l’impossible !

Pas possible de délivrer ce peuple hébreu qui est sous la domination du tout-puissant pharaon ! Et puis, c’est sûr, les hébreux ne l’écouteront pas ; il n’a pas d’autorité.

« Sans parler du fait que je… je… je… ne sais pas parler ». C’est plutôt dur pour affronter le pharaon mais aussi les hébreux ! Il n’avait pas confiance en lui-même. Un résumé pourrait être : « Je ne suis pas celui que tu crois, tu te trompes sur moi. »

Quelles peuvent être les raisons de ce regard sur lui-même ?

Il pouvait en se souvenant d’actes passés atroces, même 40 ans plus tard, mais aussi suite à cette longue période d’inutilité dans le désert, ne pas savoir reconnaître ses capacités ; ou alors cela ne lui disait rien de mettre au service de Dieu et des autres sa vie : la vie dans le désert, c’est peut-être ennuyeux mais il faudrait alors sortir de cette vie pépère à laquelle il s’était habitué ; à moins que son analyse sur lui-même ait été juste et qu’il manquait effectivement des capacités nécessaires pour répondre positivement.

Ou alors, c’était de l’orgueil déguisé et les arguments avancés pour ne pas répondre à l’appel de Dieu sonnent faux. Par la suite, sa conception de l’autorité où il était seul à gérer tous les domaines de la vie du peuple pourrait le prouver : il a vu qu’il était capable de cela ; il ne partage pas la responsabilité, il fait tout, tout seul. « Sans moi, l’édifice va s’écrouler » ; le problème, c’est que c’est lui qui s’est écroulé (au point de vouloir mourir), et alors Dieu a mis le doigt sur le fait qu’il était bon de compter sur les autres pour partager les responsabilités.

 

. Et pour nous, nous pouvons penser que nous ne sommes pas à la hauteur quant à nos responsabilités en tant que parents, grands-parents, ou quant à notre profession ou pour notre place dans l’Eglise.

La démission peut se cacher derrière une humilité, louable à première vue, mais qui n’est pas la principale raison ; à moins que je ne tienne pas ma place dans ma famille ou dans l’Eglise par paresse ou par désir de sécurité.

. Comment Moïse a-t-il été transformé ?

– Il avait avancé comme argument : « Je ne suis pas… » ; et Dieu lui avait répondu, en substance : « L’important, ce n’est pas toi dans cette affaire, ce que tu es ou que tu n’es pas : c’est moi ; et moi ‘JE SUIS’ ; j’agirai et je suis avec toi ».

Pour encourager quelqu’un qui n’a pas suffisamment confiance en lui, nous lui disons : « Mais si, t’es doué, ça ira ! » ; mais Dieu n’a pas flatté Moïse, il l’a assuré de sa présence et de son intervention.

Dieu a manifesté beaucoup de patience avec lui qui insistait pour prouver qu’il était nul : « Tu verras ma puissance ! » « Oui, mais… » « C’est moi qui agirai ; je cherche quelqu’un qui a confiance en moi, pas un chef orgueilleux ».

Dieu cherche des parents, des grands-parents qui ont confiance en lui avant tout ; il cherche des chrétiens engagés qui ont confiance en lui avant tout, des chrétiens qui dans leur travail professionnel ont confiance en lui. Et cette confiance en Dieu fait aller de l’avant et prendre confiance en soi.

– Dieu ensuite pousse Moïse : pour découvrir les capacités que Dieu va lui accorder, il lui dit : « Va ! Et tu me verras agir » (Ex 4v12). Face à nos arguments pour nous défiler, Dieu nous dit aussi : « Va ! C’est à l’œuvre que tu connaîtras mon intervention ».

– Et puis, Dieu donne des aides : « D’accord, tu affirmes que tu n’es pas capable : un autre sera avec toi, ton frère». Dieu avait préparé le frère de Moise : Aaron. Dans les différentes responsabilités que nous pouvons avoir, nous avons à ouvrir les yeux sur les personnes qui sont à nos côtés, proches ou un peu éloignées.

Dieu demande à Moïse de partir vers pharaon et il va rencontrer sur sa route Aaron qui va être son porte-parole.

– Plus tard, celui qui ‘manque de tout’ va recroiser le chemin du beau-père ‘Jé-thro’ qui va donner de bons conseils à son gendre qui était sur le point de tomber en dépression parce qu’il portait tout, tout seul. C’est important, les beaux-parents quelques fois… Au moment où Moïse déviait, Jéthro a su rectifier ses vues, avec discernement, par un simple conseil, celui de déléguer et de choisir des responsables à différents niveaux (Ex 18v13-27).

. Les résultats :

Certains ont été positifs : son manque de confiance en lui s’est changé en humilité et en confiance en Dieu.

II a appris à être à la place où Dieu le voulait, malgré les embûches nombreuses, de la part des ennemis mais aussi de la part de ses frères les hébreux. Et il a persévéré pendant 40 autres années… Sauf à la fin…

Dommage pour lui : à un moment donné, il a eu plus confiance dans sa méthode que dans la parole de Dieu : devant le rocher duquel allait sortir de l’eau pour le peuple assoiffé, Moïse l’a frappé avec son bâton (ça avait marché la première fois !) alors qu’à ce moment, Dieu lui avait ordonné de lui parler (Nb 20v7-12).

Il peut être facile de basculer d’un manque de confiance en soi à l’oubli de la confiance en Dieu par un surcroit de confiance en soi.

La conséquence de cette désobéissance  a été grave : « Tu ne feras pas entrer cette assemblée dans le pays que je lui donne ».

2) Moïse : Le problème de la patience.

. Timide, oui, mais impulsif ! Avec Moïse, les choses ne traînent pas. A 40 ans, quand il veut régler le conflit entre un hébreu et le chef égyptien, la colère le domine, il perd patience et il tue l’égyptien. Face à l’injustice, il se laisse emporter ; a-t-il voulu commencer à délivrer ses frères de l’oppresseur ? Mais il le fait selon son raisonnement, alors que Dieu veut accomplir son plan à sa manière, en son temps et avec puissance.

« Car ce n’est pas en se mettant en colère qu’un homme accomplit ce qui est juste aux yeux de Dieu » (Jacques 1v20).

 

– Est-ce que le manque de patience ressort aussi à travers le fait qu’il travaillait seul ? Pourquoi ? Parce que c’est plus long de laisser travailler ceux qui sont moins compétents que soi ; cela est souvent moins rapide, moins efficace. Sauf que, pour Moïse, cette attitude le faisait tomber dans une dépression nerveuse. Avec ce défaut-là, il risquait de compromettre le plan de Dieu.

Comme pour nous, avec nos enfants (mais nos parents le pensaient de nous…), avec nos voisins (pénibles), les chrétiens de l’Eglise où nous sommes (qui se laissent vivre, se plaignent, se critiquent), difficile de rester patients… Pour d’autres, ce sera vis-à-vis du patron ou des employés que la patience atteint vite ses limites. Même devant Dieu : « Seigneur, donne-moi la patience. Mais… fais vite ! ».

« Si tu veux aller vite, marche seul ; mais si tu veux aller loin, marchons ensemble », dit un proverbe africain. Et pour Moïse, il a fallu qu’il apprenne à marcher avec d’autres.

Pour pouvoir supporter trois millions de personnes, souvent aigries, promptes à la révolte, prêtes à lyncher leurs responsables, il fallait que Moïse acquière une sacrée dose (ou une dose sacrée) de patience.

. Comment Moïse a-t-il été transformé ?

Je vois deux grandes étapes pour lui :

– 40 ans dans le désert à garder les brebis… Il pouvait penser qu’il était relégué aux oubliettes par Dieu ; mais au fil des années, son tempérament impulsif a pu laisser place à la patience. Lentement ; sûrement.

Abraham s’est marié vers l’âge de 60 ans mais ce n’est que… 40 ans plus tard qu’il a eu, avec Sara, Isaac ; le problème de l’impatience pour eux les a amenés, 10 ans plus tôt, à trouver une autre solution, humaine ; mais dont les conséquences se font ressentir encore aujourd’hui entre les descendants d’Isaac et ceux d’Ismaël.

Bien souvent, le désert (symbole de la solitude et de l’épreuve) est formateur et change le caractère ; en bien, à condition de vivre ce cheminement avec celui qui accompagnait le peuple hébreu dans le désert, JE SUIS.

 

– Et puis il y a eu 40 autres années dans le désert là aussi mais… au milieu du peuple. De vivre avec les autres est soit formateur, soit destructeur… Moïse a appris à être calme et patient.

Avec sa propre famille, sa patience a été exercée : quand son frère Aaron et leur sœur Myriam sont venus l’accuser d’avoir épousé une éthiopienne (mais derrière cette accusation, c’est la jalousie qui les poussait), Moïse a laissé Dieu le défendre (Nb 12v1-4).

Il a été en quelque sorte le père de trois millions d’enfants fort indisciplinés, râleurs ; alors, vous ne croyez pas au miracle, à la transformation d’un caractère impatient comme celui de Moïse, ou le nôtre… ?

Un étudiant dans un institut biblique demandait au directeur s’il pouvait raccourcir le cours normal ; et ce dernier de répondre : « Quand Dieu veut faire un chêne, il y met 100 ans ; mais 6 mois lui suffisent pour faire une gourde ».

Les choses n’avancent pas aussi vite que vous le voudriez dans l’Eglise ou pour vos enfants ou pour qu’une personne se tourne réellement vers le Seigneur ou pour qu’un chrétien change de comportement ? La patience et la confiance sont liées ; la confiance en Dieu permet à la patience de se développer. Et à Dieu de faire son œuvre.

 

C’est à propos de l’accusation d’Aaron et Myriam qu’il est dit de Moïse qu’il était « un homme fort patient, plus patient qu’aucun homme sur la terre » ; mais ce terme « patient » est traduit dans une version récente par « très humble » (Nb 12v3) ; la patience et l’humilité sont réunies dans un même terme pour parler de l’œuvre de Dieu. Juste après, Dieu parle du secret de Moïse : il « était fidèle à Dieu », et il vivait dans sa présence et la communion avec lui d’une manière extraordinaire (v7 et 8).

 

Le message que Jésus nous a laissé est le même : « Demeurez en moi et moi je demeurerai en vous. Un sarment ne saurait porter du fruit tout seul, sans demeurer attacher au cep. (…) Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, portera du fruit en abondance, car sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15v4-5). Le secret est, non dans nos forces mais dans la dépendance de Dieu.

 

Jean-Ruben

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