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Les raisons des échecs du roi Salomon ?

Quelles leçons tirer des échecs du roi Salomon ?

Les résultats des examens sont « tombés » ; certaines chutes sont heureuses, d’autres moins… D’une manière générale, les échecs sont douloureux. Certains sont secondaires, d’autres catastrophiques ; mais ce ne sont pas toujours les plus graves qui sont les plus difficiles à digérer. Ce qui est bien souvent très dommage, c’est que nous ne savons pas nous souvenir des leçons de nos échecs ; j’appellerai cela le syndrome d’Abraham qui est retombé dans les mêmes travers (le mensonge), malgré les conséquences de la première faute ; et il y a eu ensuite le syndrome d’Isaac qui est retombé dans les mêmes fautes que son père. Les échecs se répètent, malgré les avertissements de Dieu et malgré les expériences. Terrible échec…

Mais pouvons-nous être plus optimistes que Churchill qui disait : « Nous ne referons plus les mêmes erreurs ; nous en ferons d’autres » ? J’en doute, parce que, trop facilement, nous retombons dans les mêmes ornières.

Il n’y a rien de nouveau sous le soleil et les raisons des échecs d’il y a 4000 ans ou 10 ans sont les mêmes hier ou aujourd’hui. Sans tirer des conclusions systématiques, les raisons des échecs du roi Salomon peuvent être celles d’aujourd’hui, même peut-être… les nôtres.

Nous allons essayer de voir à travers l’exemple de Salomon les raisons des revers que nous pouvons aussi connaître.

1) Et pourtant, les meilleures conditions étaient réunies pour que Salomon soit et reste un exemple :

Il était de bonne famille : intelligente, cultivée, socialement parlant le nec plus ultra ; il a connu la facilité dans tous les domaines, sans se faire de souci pour ses besoins matériels ; il a eu un bon emploi où il a été reconnu, estimé, valorisé, il avait des responsabilités auxquelles il a fait face ; il était croyant en Dieu, il avait grandi avec la foi de ses parents et les expériences riches que son père David avait faites, il avait lui-même rencontré Dieu qui lui avait parlé ; sa sagesse était reconnue – encore aujourd’hui – et ses proverbes et ses sentences sont remarquables : un tel homme a dû réussir pour écrire de telles vérités !

Sur le plan professionnel, il était éblouissant de réussite : il a construit le palais, le temple magnifique, le mur d’enceinte de Jérusalem, etc (1 Rs 3v1)…

Que souhaiter de plus !?

2) Mais malgré tout cela…

Sa vie s’est enlisée dans des péchés qui l’ont entraîné bien bas ; ce qui apparaît comme étant la source de ses égarements, c’est le lien direct avec sa relation avec Dieu : en effet, très vite, l’abandon des affaires de Dieu et de son obéissance à ses commandements a apporté une dégradation dans sa vie.

Il est évident qu’il en est de même aujourd’hui ; un rappel : Jésus dit que la source du péché, c’est de ne pas croire en lui (Jean 16v8). La relation de confiance en Dieu est déterminante ; cette confiance est liée à la dépendance, à l’engagement et à l’obéissance, mais tout cela est la suite de la confiance en Dieu et non la condition.

La faute de Salomon est là, dans l’abandon de la confiance en Dieu ; sa confiance a bifurqué.

3) Triste évolution, ou : quand on ne fait pas ce qu’on sait.

– Au début de son règne, Salomon avait demandé à Dieu : « Veuille donner à ton serviteur l’intelligence nécessaire pour administrer la justice pour ton peuple, afin qu’il sache discerner entre le bien et le mal » (1 Rois 3v9). « Recommande tes œuvres à l’Eternel et tes projets se réaliseront » (Pr 16v3), avait-il écrit aussi. Et en effet, après avoir compté sur Dieu, il connaît la réussite et ses jugements sont célèbres.

Salomon était bien au courant de ce que Dieu avait dit aux israélites : « Vous ne vous unirez pas à ces nations ; sinon elles détourneront votre cœur et vous entraîneront à adorer leurs dieux » (1 Rois 11v2).

Mais, rapidement, ses projets ne passent plus par Dieu : lui qui avait écrit : « Mets ta confiance en l’Eternel de tout ton cœur et ne te repose pas sur ta propre intelligence. Cherche à connaître sa volonté pour tout ce que tu entreprendras, et il te conduira sur le droit chemin. Ne te prends pas pour un sage » (Proverbes 3v5-7), il calcule sans tenir compte de Dieu : il oriente ses choix politiques et personnels comme bon lui semble.

Il s’allie au pharaon (l’homme fort de l’époque) en se mariant à sa fille (1 Rois 3v1). Et c’est l’engrenage : la politique des alliances le fait accepter les filles des rois voisins. Il n’y a pas de limites ; la fin justifie les moyens.

Il y a un autre élément qui l’a poussé dans ce sens : « C’est à des femmes de ces nations-là que s’attacha Salomon, entraîné par l’amour » (1 Rois 11v2) : si chaque être humain possède des pulsions sexuelles, le risque est d’être possédé par elles ; et comme pour Salomon, alors la spirale peut ne pas avoir de limites.

La conscience est altérée, elle est aveuglée parce qu’éblouie.

L’évolution est rapide. Salomon connaissait la théorie, mais ses choix ont divergé.

Dans le cadre de la formation de pilotes d’avion, on fait passer les élèves par des paliers de compression ; en même temps, on les fait compter, alors qu’ils ont de moins en moins d’oxygène. Le résultat est qu’ils comptent de plus en plus lentement ; or, ils pensent qu’ils ont gardé toute leur capacité.

Le drame de l’habitude du péché, c’est qu’on pense conserver la maîtrise de soi, des situations, alors qu’on en est asservi.

Nous courons à l’échec, peut-être pas en parlant de la réussite professionnelle (comme c’était le cas pour Salomon) mais l’échec de notre vie (ce qui est le plus important) quand on n’en fait qu’à sa tête, sans réellement compter sur Dieu.

La prière révèle cette confiance en Dieu. La prière sérieuse, honnête nous permet d’être assurés de la conduite de Dieu dans nos projets.

 

– Une autre raison des échecs de Salomon : David, son père, l’avait éduqué dans cet enseignement : « Suis fidèlement les ordres de l’Eternel ton Dieu, en marchant dans les chemins qu’il a prescrits et en obéissant à ses lois (…). Alors tu auras du succès dans tout ce que tu entreprendras et partout où tu iras » (1 Rois 2v3).

Salomon était au courant ! Mais il s’est laissé entraîner et sa fermeté s’est bien vite assouplie… Un chapitre plus loin, il est dit : « Salomon aimait l’Eternel et se conformait aux instructions de son père David. Seulement, comme le peuple, il offrait des sacrifices et des parfums sur les hauts-lieux » (1 Rois 3v3).

Le glissement s’est fait inexorablement de plus en plus loin de Dieu : « Lorsque Salomon fut devenu vieux, ses femmes détournèrent son cœur vers les dieux étrangers, de sorte que son cœur n’appartenait plus sans réserve à l’Eternel son Dieu » (1 Rois 11v4).

C’est d’autant plus subtil qu’il a fait cela pour faire plaisir à ses femmes (v8) ; sa bonté l’a perdu…

La tolérance (vis-à-vis de certaines choses que l’on sait être désapprouvées par Dieu) conduit à un éloignement progressif de Dieu et, comme pour Salomon, bien souvent à des échecs.

Nous nous condamnons à l’échec (même s’il est tardif) si nous obéissons à Dieu quand cela nous arrange et si nous ne vivons pas à 100% pour lui. Cherchons à être entièrement à Dieu. Le retour renouvelé vers Dieu est une preuve de bonne santé spirituelle. Dieu avait dit à Josué : « Tiens bon pour veiller à obéir à toute la Loi, sans t’en écarter ni d’un côté ni de l’autre. Alors tu réussiras dans tout ce que tu entreprendras » (Josué 1v7).

 

– Salomon avait eu la sagesse de dire : « Quand on ne consulte personne, les projets échouent, mais lorsqu’il y a beaucoup de conseillers, ils se réalisent » (Proverbes 15v22). Une fois roi, il s’est reposé… sur lui-même ; son malheur, c’est qu’il était intelligent et… orgueilleux. Il s’est appuyé sur sa sagesse ; mais quand l’orgueil s’en mêle, cette sagesse diminue sérieusement.

Nous sommes fortement tentés de penser, d’agir seuls, sans nous ouvrir à d’autres. « Je gère ! Je suis quand même assez grand… Je sais bien ce que je fais ! » Attention à ce que notre tour d’ivoire ne ressemble à la tour de Pise (heureusement, comme pour cette tour, avant qu’elle tombe, on investit des efforts très importants pour enrailler le mouvement ; mais c’est très coûteux…).

Autre raison de ses échecs : le manque d’écoute des autres.

4) Quelques conséquences de ces faiblesses :

– Si ce n’était que lui qui ait connu les conséquences de ses fautes ! Mais à part la dégradation lamentable de sa vie morale et spirituelle, les répercussions se sont étendues à tout le peuple a été victime de ses égarements. Les israélites ont suivi les pratiques idolâtres dans lesquelles s’était engouffré leur roi et cela a duré plus ou moins nettement pendant des siècles.

De plus, le pays sera divisé en deux et ce déchirement sera durable (1 Rois 11v11 ; c’est l’opposé de l’armistice en 1918 qui marquait au contraire la paix retrouvée le 11.11 à 11h).

 

– Juste après l’état d’abandon vis-à-vis de Dieu, il est dit : « L’Eternel suscita un ennemi à Salomon : Hadad » (v14) : ce chef s’est allié au pharaon qui lui donne la sœur de sa femme, et voilà que l’alliance de Salomon avec le pharaon ne lui sert plus à rien…

« L’Eternel suscita un autre ennemi à Salomon : Rezon ; il fut un ennemi d’Israël pendant toute sa vie » (v23, 25).

Voilà deux ennemis qui sont la conséquence directe de son éloignement spirituel.

 

Quant à nous, nous pouvons tout de suite voir si dans notre vie, il n’y a pas certains domaines qui ne sont pas en règle avec ce que Dieu veut. Cela peut expliquer, sans que ce soit systématique, nos échecs. Il est nécessaire alors de s’humilier devant Dieu avant que nous soyons plus engagés dans des égarements, et de nous tourner résolument vers Dieu.

Alors, nous pouvons être certains qu’il est prêt à nous pardonner ; et même si certaines conséquences ne disparaissent pas, nous pouvons les remettre aussi au Seigneur et compter sur lui pour apporter la bénédiction.

 

Nous pouvons aussi demander pardon aux personnes qui subissent les conséquences de nos mauvais choix passés ; c’est leur faire prendre conscience des risques qu’ils peuvent à leur tour vivre et faire vivre à d’autres.

 

L’échec est souvent lié à notre regard. Salomon cherchait à assouvir ses pulsions, porté par son orgueil. Sa vie s’est révélée être un échec progressivement, et cela s’est amplifié à la fin de sa vie.

Au cours d’une étape du Tour de France cycliste en 1988, un coureur, au lieu de connaître la gloire en terminant premier de l’étape, a connu l’échec. Il était en tête et la victoire de l’étape lui était assurée ; mais, courbé sur son guidon, les yeux rivés à la roue d’une moto de la caravane, il a continué à la suivre. Celle-ci a été obligée de prendre la bretelle de sortie juste avant l’arrivée. Et le cycliste l’a suivie et a manqué la ligne officielle.

« Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée : gardons les yeux fixés sur Jésus, qui nous a ouvert le chemin de la foi et qui la porte à la perfection » (Hébreux 12v2).

Jean-Ruben

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