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Psaume 100 : Servez l’Eternel avec joie !

Ce qui caractérise notre société, c’est que tout travail rendu se monnaye. Et cela dans la perspective d’en profiter un maximum ; même s’il faut travailler beaucoup plus que ce qu’il faudrait.  Mais la rançon est souvent une pression et un stress supplémentaires.  Pour notre marche avec Dieu, le but est bien différent : « Servez l’Eternel avec joie ! » (Psaume 100v2). Nous allons nous arrêter sur les 3 termes de ce psaume; 3 attitudes qui, en définitive, s’opposent à la tendance humaine et qui vont à l’encontre des pratiques naturelles.

1) « Servez ».

Jésus  a dit : « Quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous » (Marc 10v43 ; mais chacun est concerné, même si l’on n’aspire pas à être le premier… ; on peut même rester en retrait mais sans être prêt à servir). Or, tant au niveau collectif qu’individuel, que se passe-t-il ? « Servez-moi les uns les autres », telle est la devise de beaucoup : le patron se sert de ses employés pour ses intérêts personnels ; l’enfant se sert de ses parents  pour obtenir ce dont il a envie (sans les servir pour autant ; et cela dessert tout le monde) ; tout comme le mari peut se servir de sa femme (et inversement) pour assouvir ses intérêts personnels. Paul, dans Ephésiens 5v22-6v9, parle de ces différentes catégories pour inviter à vivre le contraire.

Jésus dit à ses disciples, qui vont être les piliers de l’Eglise, qu’il est normal dans le plan de Dieu, d’être serviteurs, sans chercher à dominer. On peut se servir d’un ministère, dans l’Eglise, pour assouvir ses désirs de pouvoir. Or, le mot « ministère » se traduit aussi par « service ».

Qu’est-ce que servir ? C’est sortir de sa coquille, se tourner vers les autres, être prêt à les aider (physiquement, moralement, spirituellement). Et pour le vivre, c’est l’amour, et non l’orgueil et l’égoïsme, qui doit être le moteur.  Servir, c’est chercher l’intérêt de l’autre avant d’attendre que les autres assouvissent les nôtres. Einstein disait : « Seule une vie vécue pour les autres vaut la peine d’être vécue ».

C’est le but donné par Jésus : vivre au service des autres.

Tout peut être considéré comme service, même ce qui nous semble insignifiant : Jésus l’a clairement dit : « Quiconque donnera seulement un verre d’eau à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple ne perdra pas sa récompense » (Matthieu 10v42). C’est à tous les niveaux que nous pouvons vivre ce service, par nos actes, nos paroles. Mais avant tout, le point de départ est essentiel : c’est le désir intérieur de servir qui est déterminant.

Les caractéristiques du service sont :

– la disponibilité : des chrétiens qui n’ont jamais le temps pour les autres ne vivent pas cette dimension du service. C’est la différence entre les hommes religieux qui, pressés, passent leur chemin sans aider le blessé, et le bon samaritain (Luc 10). Sans cette disponibilité, cela fait penser à ces autobus qui passent sans s’arrêter parce que bondés. Plus de place pour les autres… Plus de temps pour aller visiter Frédéric à la maison de retraite…

– l’humilité : elle est essentielle pour vivre un véritable service. En servant l’autre, je cherche son intérêt, son besoin, sans chercher à m’imposer. Malgré tout, le fait de rester silencieux, de ne pas m’imposer peut être mu par l’orgueil. Quelqu’un disait : « La récompense de servir est de servir davantage » : je ne suis alors pas imbu de ma personne mais le désir de vivre pour les autres grandira toujours plus.

– l’amour : Jésus a mis le comble à son amour pour ses disciples en prenant la place de l’esclave et en leur lavant les pieds. Sans véritable amour, on ne peut servir. Cela signifie que mon manque de service peut venir de mon manque d’amour.

2) « Servez l’Eternel ».

Là aussi le but du service va à l’encontre de ce que l’on peut vivre (même en tant que chrétien) : nous avons vu dans le premier point que tout comme l’être humain le plus classique peut chercher à dominer plus qu’à servir, on peut vouloir servir bien des buts autres que Dieu :

– nous avons dit qu’on peut servir ses propres intérêts : on se sert en servant les autres. Attention à ne pas tordre cette parole de Jésus : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir », dit Jésus (Actes 20v35) : oui, on est béni en retour, mais Jésus n’enseigne pas que le but premier est d’être béni, d’être valorisé, d’être estimé en se donnant. Je peux apporter une prédication (et c’est difficile d’en préparer une…), mais pour quel but, même inavoué ? Par réel service ou pour d’autres motivations plus centrées sur ma personne ?

– on peut servir les autres (par exemple dans un projet humanitaire, et c’est déjà remarquable), mais ce que Dieu demande, c’est de le servir, de le faire par rapport à lui en premier lieu.

Il y a un risque en se mettant au service des autres : c’est d’être déçu à cause du refus d’être aidé, déçu en constatant ses propres imperfections à vivre ce service, déçu de ne jamais recevoir de la reconnaissance aussi, déçu en pensant (comme le prophète Elie) qu’on est seul à servir Dieu. Attention : on peut alors être découragé, pour ensuite vivre pour soi ; tout en continuant à être chrétien. Jésus a poursuivi ce but tout au long de son ministère-service : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre » (Jean 4v34).

C’est pour cela que servir Dieu n’est pas avant tout accomplir des actions, mais de se donner à lui. Ça se concrétisera ensuite dans la vie de tous les jours. De prier au début de la journée : « Seigneur, je te donne cette journée, je me consacre à toi pour accomplir ce que toi tu veux », c’est se donner les moyens de vivre un vrai service.

Paul reconnaît la valeur des chrétiens de la Macédoine quand il écrit : « Ils ont donné volontairement selon leurs moyens ; et même au-delà de leurs moyens. Mais ils se sont d’abord donnés eux-mêmes au Seigneur » (2 Corinthiens 8v3, 5).

La priorité est donc : Dieu, le premier servi. Il en découle alors ensuite un désir de servir les autres. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu : c’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22v37-39).

Notre service doit donc être pour Dieu, mais aussi par lui : « Celui qui sert doit le faire avec la force que Dieu lui accorde, afin qu’en toutes choses la gloire soit rendue à Dieu, par Jésus-Christ » (1 Pierre 4v11) : Pierre nous dit de servir, non avec nos seules capacités, mais avec celles que Dieu veut nous donner (sinon, bonjour le découragement…) ; et il ajoute que nous devons vivre ce service pour que Dieu soit honoré : puisque nous avons reçu de lui la capacité de servir, nous ne pouvons pas nous enorgueillir. Notre service est accompli grâce à lui et pour lui, à travers les autres.

3) « Servez l’Eternel avec joie ».

Il est possible de servir Dieu, mais pas de la bonne manière : notre conception du service peut même être pitoyable ; comment cela ? On associe la notion de service à celle de morosité, parce qu’on fait une croix sur les plaisirs : service rime avec sacrifice facilement.

Mais Dieu nous invite pourtant à le servir « avec joie » ! L’auteur du Psaume 100 parle à 7 reprises de la joie en 5 versets. Servir sans joie, c’est malheureusement possible, et c’est pour cela que l’auteur du Psaume insiste sur cette manière de servir Dieu.

Il ne s’agit certainement pas de servir, pour trouver de la joie, là où on trouve du plaisir ; ce ne devrait pas être le sentiment du plaisir qui détermine mon engagement ou non ; si je sers parce que j’en retire quelque chose d’agréable, c’est moi qui suis au centre et non l’autre. Le but n’est pas de faire ce qu’on aime mais d’aimer ce qu’on fait.

L’apôtre Paul aussi associe la joie au service pour le Seigneur : « Que celui qui secourt les malheureux le fasse avec joie » (Romains 12v8). On peut donner, aider mais sans joie. En parlant du fait de donner (ici il s’agit de l’offrande), Paul ajoute : « Dieu aime celui qui donne… avec joie ! » (2 Corinthiens 9v7) ; au fait, si je ressens de la tristesse en donnant, comme quand on peut dire : « Je n’ai pas de plaisir à faire ceci ou cela » pour ne pas faire quelque chose, cela suffit-il pour que je dise : « C’est le signe que je ne dois pas donner… » ? C’est bien plutôt ce que je ressens qui devrait changer. C’est ce que Dieu disait déjà dans la loi donnée par Moïse : « Donne à celui qui est dans le besoin,… et que ton cœur ne donne pas à regret » (Deuteronome 15v10).

L’exemple positif dont Paul parle est la manière dont les chrétiens de la Macédoine ont donné : « Au milieu de beaucoup de détresse, leur joie débordante a produit avec abondance de riches libéralités, malgré leur extrême pauvreté » (2 Corinthiens 8v2).

La joie dans le service n’exclut pas toujours une certaine tristesse, même si cela semble contradictoire. Paul parle aux responsables de l’Eglise d’Ephèse : « J’ai servi le Seigneur en toute humilité, avec larmes et au milieu de beaucoup d’épreuves ; mais je ne fais pour moi aucun cas de ma vie, comme si elle m’était précieuse, pourvu que j’accomplisse ma course… avec joie et que j’achève la tâche que m’a confié le Seigneur » (Actes 20v24).

Les chrétiens de Thessalonique « recevaient la Parole au milieu de beaucoup de tribulations,… avec la joie du Saint Esprit, en sorte qu’ils sont devenus un modèle pour toute la région » (1 Thessaloniciens 1v6) : notre comportement dans les difficultés touche certainement plus que beaucoup de paroles. Un rappel : cette joie vient de Dieu.

Il y a aussi la joie du semeur parce qu’il voit en espérance, à travers les simples grains si petits, la moisson. On est heureux si l’on a ce regard pour nos enfants, pour les personnes à qui nous essayons de parler de Dieu.

Et puis il ne faudrait pas oublier, à côté des difficultés que nous rencontrons, les joies que nous vivons suite à notre service ; comme les disciples qui en voyant les miracles que le Seigneur opérait quand ils rendaient témoignage de la Bonne Nouvelle, « revenaient avec joie vers le Seigneur » (Luc 10v17). C’est bon et nécessaire de se rappeler les interventions de Dieu.

Alors, qu’est-ce que « servir l’Eternel avec joie » ? C’est avant tout lui dire : « Seigneur, je veux être à ton service, même avec le peu de capacités que j’ai ; je désire que tu emploies ma vie comme toi tu le désires ; conduis-moi dans mes projets ; dirige mes pensées vers les autres. Et quand je rencontrerai des personnes, que je sache les aimer. Seigneur, ouvre ma bouche, mon porte-monnaie, mes mains de tout mon cœur et avec joie. Fais de cette journée, de ma vie ce que tu veux pour moi. »

Jean-Ruben

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2 commentaires sur “Psaume 100 : Servez l’Eternel avec joie !”

  1. Que Dieu vous benisse! L’homme de Dieu.je suis tres content pour ce message car il a ajouter un plus dans ma vie spirituelle.que le bon t’utilise d’avantage!

  2. Ouedraogo Arouna dit :

    Ce message me fortifie !

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