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Livre des proverbes – Les choses prévisibles et… inévitables ?

Les choses prévisibles et… inévitables ?

La catastrophe du cyclone Irma était annoncée plusieurs jours à l’avance : les météorologues avaient prévu, selon leurs connaissances, ce qui allait se produire. Dans l’ensemble, c’est ce qui s’est passé. Cette catastrophe était prévisible : un ensemble de facteurs météorologiques la rendait inévitable. Le nom de ce cyclone rappelait celui d’une célèbre voyante qui était réputée pour prédire l’avenir (et comme, pour beaucoup de ces astrologues, la peur crée ce qu’elle craint, les prévisions s’accomplissaient; mais là, ce n’est pas de la science mais de la voyance).

Ce qui était considéré il y a quelques décennies comme un jugement de Dieu est aujourd’hui expliqué : c’est un évènement naturel ; et même si l’être humain – à cause du réchauffement climatique – n’est pas étranger à cette détérioration du temps, c’est inévitable que l’on va connaître de plus en plus ces catastrophes. C’est prévu.

Cela va nous permettre d’aller plus loin (et plus près en même temps, c’est-à-dire de parler de notre vie personnelle) et de voir qu’il y a des éléments prévisibles et inévitables ; inévitables ? Nous nous poserons la question à la fin de notre réflexion qui se focalisera surtout sur le livre des Proverbes.

Un exemple qui illustre notre thème : « Aussi sûrement que le vent du nord enfante la pluie, une langue dissimulatrice engendre des visages irrités » (Proverbes 25v23) : ce qui est prévisible dans la nature l’est aussi pour les êtres humains : les conséquences de tel comportement sont prévisibles. Mais nous verrons que ce n’est pas que dans le négatif que ce principe est vrai.

1) Quelques domaines qui entraînent des conséquences prévisibles :

– Peut-on fréquenter n’importe qui sans en subir les influences néfastes quelques fois ? Le livre des Proverbes fait réfléchir à ce sujet : « Ne te lie pas d’amitié avec un homme coléreux et ne fréquente pas celui qui s’emporte pour un rien de peur d’acquérir le même comportement et de mettre ta vie en danger » (22v24-25).

Les conséquences d’une mauvaise fréquentation peuvent être dangereuses. C’est ce que l’apôtre Paul veut dire, quand il reprend un vers du poète grec Ménandre, pour son caractère inéluctable : « De mauvais compagnons ruinent une bonne conduite » (1 Corinthiens 15v33).

Mais malgré cette logique qui s’est avérée exacte par l’expérience, l’insouciance est la plus forte.

 

– En parlant d’insouciance, malgré les campagnes publicitaires, les informations sur la santé ne sont efficaces que si le prix du paquet de cigarettes augmente ; en parlant de nourriture, nos pays occidentaux vont connaître de plus en plus des problèmes de santé graves ; malgré les risques inévitables sur le plan physique mais aussi psychologique, affectif, sociétal, on multiplie les partenaires. « Mon fils, ne gaspille pas tes forces avec les femmes, ne te laisse pas mener par celles qui perdent les rois » (Proverbes 31v3) : même si les femmes sont responsables, de par leurs aspirations les hommes se perdent à cause de leur refus de considérer les conséquences inévitables de leurs désirs.

 

– Il est humain de se tromper en s’engageant dans un mariage, mais les conséquences négatives pour les conjoints et surtout pour les enfants sont connues et prévisibles. Le savoir permet de réfléchir avant de s’engager mais qu’il est difficile d’avoir la tête froide dans ces cas-là, en essayant de voir au-delà du moment présent et de réfléchir en considérant les conséquences à long terme… Le livre des Proverbes se termine sur cette réflexion : « La grâce est décevante et la beauté fugace ; la femme qui révère l’Eternel est digne de louanges » (Proverbes 31v30).

 

– A l’heure où on se félicite quand un pays vote en faveur de l’avortement, il est important d’entendre les témoignages de femmes qui ont été marquées douloureusement par l’avortement qu’elles ont subi ; ils vont, pour beaucoup d’entre elles, dans le même sens : « L’avortement provoque un soulagement sur le moment mais une souffrance terrible ensuite, la souffrance devant les années qui passent sans cet enfant qui aurait 5, 10 ou 12 ans ».

Sans parler des principales victimes que sont les enfants ; à ce sujet, il est possible de reprendre ce verset des Proverbes et de se laisser interpeler : « Délivre ceux que l’on traîne à la mort ; ceux qu’on va égorger, sauve-les ! » (Proverbes 24v11).

Voilà une loi, une décision d’avorter qui entraînent des répercussions dramatiques.

 

– Les versets sur les conséquences des paroles sont nombreux dans le livre des Proverbes. Si certains sont positifs, ils sont nombreux ceux qui montrent que certaines paroles – qui peuvent sembler anodines – peuvent déclencher des cyclones.

« Les paroles des bavards blessent comme des coups d’épée, tandis que le langage des sages est comme un baume qui guérit » (12v18). « La mort et la vie sont au pouvoir de la langue : vous aurez à vous rassasier des fruits que votre langue aura produits » (18v21). Mais les paroles dépassent la personne qui les prononce : « Par ses paroles, l’impie cause la ruine de son prochain, mais, par leur sagesse, les justes en sont préservés » (Proverbes 11v9).

Une personne était venue demander pardon pour les calomnies qu’elle avait répandues ; celle qui avait été offensée alors lui a répondu : « Juste une chose : prenez un coussin de plumes et en haut de la colline, dispersez les plumes ; ensuite, rassemblez-les ». « C’est impossible avec le vent ! » « Eh bien, c’est la même chose pour vos paroles : le mal est irréparable ».

Peut-être avez-vous été refroidi pour vous engager dans l’Eglise, ou même envers Dieu, à cause d’une parole ; nos paroles ont une portée bien plus grande que celle que nous imaginons. Heureusement, il est possible de parler de pardon et de guérison, mais les blessures sont une conséquence inévitable et les séquelles peuvent rester toute une vie.

 

– Est-ce que la plainte et l’insatisfaction sont des attitudes anodines ? Et si les répercussions étaient lourdes ? Un proverbe montre que ces réactions peuvent déboucher sur des conséquences lourdes, et que les vagues peuvent devenir un tsunami : « L’homme insatiable suscite des querelles » (Proverbes 28v25).

 

– Est soulignée dans les Proverbes l’importance du regard avec un engrenage terrible. « Mon fils, donne-moi ton cœur et que tes yeux se plaisent dans mes voies ; car la prostituée est une fosse profonde et la femme immorale un puits étroit » (23v26-27). Aujourd’hui d’une manière banalisée et partout présente, on peut voir à la récré sur le téléphone portable, n’importe où, des vidéos qui salissent profondément et dont les souvenirs négatifs peuvent se ressentir durant des années.

 

– Prendre conscience de l’engrenage dans les conflits et des répercussions qui peuvent aller bien au-delà de ce qu’on imagine permet de ne pas tomber dans l’agressivité ou l’esprit de vengeance. « Commencer une querelle, c’est ouvrir une brèche dans une digue ; c’est pourquoi, abandonne tes griefs avant que la dispute n’éclate » (Proverbes 17v14). Jésus reprend ce sujet en montrant le cyclone que l’on peut déclencher par une parole de mépris (Matthieu 5v21-26) ; et cela d’abord pour celui qui la prononce.

 

Notre santé spirituelle est liée également à nos pratiques. On peut penser qu’on peut vivre en tant que chrétien sans lire la Bible, on peut ne pas prendre du temps pour prier, on peut se dire qu’il est possible de rester ferme dans sa foi sans vivre avec les autres chrétiens dans le cadre de l’Eglise ; mais en tout cas, ceux qui ont une bonne santé spirituelle et qui sont épanouis vivent le contraire : c’est une preuve de bonne santé spirituelle que de lire la Bible, de prier, de vivre avec sa famille spirituelle, l’Eglise.

 

Pierre, l’apôtre le plus zélé pour Jésus, a connu un cyclone. Malgré ses bonnes intentions et sa ferme décision, il est tombé. Et cela à cause de plusieurs éléments : c’était la faute de tierces personnes (ce sont les autres qui l’ont accusé et fait tomber ; le milieu dans lequel nous vivons ne nous aide certainement pas à tenir bon dans notre foi) ; et il y a la faiblesse de Pierre : il fallait qu’il admette qu’il n’était pas un super-disciple, alors qu’il se pensait meilleur que les autres. Et puis il est dit : « Pierre suivait Jésus de loin » ; cet éloignement l’a fragilisé et l’a fait chuter.

 

Pour ces différents domaines, c’est le même processus que pour la formation d’un cyclone : le départ est insignifiant ; mais on sait par expérience que, alimenté par différents facteurs, le cyclone va grossir et devenir terrifiant. Nous pensons que nous maîtrisons nos pensées, nos paroles ; mais ces paroles de sagesse (écrites il y a 3000 ans) nous mettent en garde contre une insouciance qui peut coûter énormément cher, à nous et aux autres.

2) Alors, que faire ? Etre fataliste et se laisser gagner par le laisser-aller ?

– C’est évident qu’une attitude négative chronique n’est ni sage ni constructive ; style ce genre de réaction : l’inventeur du bateau à vapeur allait lancer son bateau quand quelqu’un s’est exclamé : « Il ne pourra pas démarrer ! Il ne pourra pas démarrer ! » Et après que le bateau se soit élancé, le même d’affirmer : « Il ne pourra pas s’arrêter ! Il ne pourra pas s’arrêter ! »

Certaines personnes réagissent tout de suite en pensant au scénario catastrophe. Ah… si on avait un peu plus de discernement… Même les cyclones n’évoluent pas toujours de la même manière.

Pour toute situation, certains éléments peuvent intervenir et changer le cours prévisible pour toute situation.

Et puis il faut retenir aussi le fait que si nos œuvres négatives nous suivent, les positives aussi ; cela est important, pour l’éducation en particulier : « Apprends à l’enfant le chemin qu’il doit suivre [cela nous semble si peu de chose], même quand il sera vieux, il n’en déviera pas » (Proverbes 26v6) ; la vie entière est marquée par notre éducation.

 

– Au-delà de cela, une fois qu’on perçoit qu’on est entraîné (soi-même ou d’autres) dans des conséquences de plus en plus lourdes liées à des pensées, des paroles ou des actes, ce que la Bible affirme c’est qu’il est possible de ne plus subir certaines des conséquences qui semblent pourtant inéluctables à vues humaines ; pour le vivre, du début à la fin de la Bible, Dieu parle de la nécessité de la repentance et de la puissance du pardon.

Voici deux attitudes différentes dont les conséquences sont opposées : « L’orgueil de l’homme le mène à l’humiliation, mais l’humilité obtient tous les honneurs » (29v23). « Celui qui cache ses fautes ne prospérera pas, celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde » (Proverbes 28v13).

Le pardon n’enlève pas le souvenir mais il supprime le poids de la dette ; et cela de la part de Dieu, mais aussi des autres, de soi-même. Au lieu de la culpabilité, la certitude du pardon apporte la paix.

 

– La confiance en Dieu permet à Dieu de changer le cours des choses ; quelques affirmations capitales : « Recommande tes œuvres à l’Eternel… et tes projets se réaliseront » (16v3) ; « Heureux celui qui met sa confiance en l’Eternel ! » (16v20) ; « En tout temps, révère l’Eternel car il y aura un avenir pour toi » (23v17-18).

D’une manière générale, l’espérance permet d’anticiper l’inévitable. Pendant la guerre, Churchill avait fait mettre cette phrase dans tous les bureaux : « Si noire que soit la nuit, le jour en triomphera toujours » ; les éléments naturels ne se réduisent pas qu’à des cyclones et nous permettent d’appréhender avec espérance des situations éprouvantes.

« Il y eut un soir, il y eut un matin » (Genese 1) ; quel privilège de savoir que le projet de Dieu pour chacun qui se confie en lui est la bénédiction, et cela en abondance, même si le matin n’est pas encore là.

 

Jean-Ruben

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