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Perte de conscience ? Danger… Le roi David – 2 Samuel 11&12

Perte de conscience ? Danger…

Les chocs peuvent être violents : on voit régulièrement des rugbymen sortir sur une civière suite à une percussion avec un adversaire ; la commotion a entraîné une perte de conscience dont les conséquences peuvent être graves. Alors maintenant, de plus en plus, on les sort du terrain pour les examiner ; sinon, ils continueraient à jouer ! Nous connaissons tous des « pertes de conscience », mais là, surtout sur le plan moral.

La conscience touche le domaine moral. Pour parler de la conscience, l’Ancien Testament emploie le mot « cœur » ; cette conscience est ce qui permet à l’homme de juger du bien et du mal.

Mais la Bible nous montre que cette capacité a été perturbée profondément dès que l’être humain a voulu décider de lui-même ce qui était bien et ce qui ne l’était pas, sans se soumettre à ce que Dieu avait décidé. « Mange librement des fruits de tous les arbres du jardin, avait dit l’Eternel, sauf du fruit de l’arbre du choix entre le bien et le mal. De celui-ci, tu n’en mangeras pas car le jour où tu en mangeras, tu mourras » (Genèse 2v16). Mais Adam et Eve ont laissé de côté cette conscience de la volonté de Dieu pour acquérir une connaissance indépendante de celle de Dieu mais qui les a plongés dans une perte de connaissance, spirituelle et morale.

Depuis, le résultat est que sa conscience est perturbée : il appelle bien le mal, et mal le bien ; en particulier quand il a des pertes de conscience.

Notre société s’enfonce de plus en plus dans la légalisation du péché ; mais en tant qu’individu, nous ne sommes pas exempts de ce risque ; même en tant que chrétiens. C’est sur ce domaine que nous allons nous arrêter.

Jésus, pour parler de la conscience, parle de l’œil intérieur : « Les yeux sont comme une lampe pour le corps ; si donc tes yeux sont en bon état, ton corps entier jouira de la lumière. Mais si tes yeux sont malades, tout ton corps sera plongé dans l’obscurité. Si donc la lumière qui est en toi est obscurcie, dans quelles ténèbres profondes te trouveras-tu ! » (Matthieu 6v22-23).

Cette conscience est comme un témoin lumineux qui indique le caractère juste ou injuste de nos motivations ou de nos actions. La conscience excuse ou accuse, elle produit un sentiment de douleur ou de bien-être. C’est un peu comme la lampe qui clignote pour indiquer que le portail électrique s’ouvre ou se ferme. Le problème, c’est quand on passe outre le feu du passage à niveau et qu’on traverse malgré tout.

Les conséquences sont-elles toujours aussi graves pour nous que pour certains accidents dramatiques ? Heureusement non, mais malheureusement cela endort notre conscience et nous fait récidiver.

Nous allons nous arrêter sur une partie de la vie de David qui a perdu conscience à un moment donné ; les conséquences lourdes se sont enchaînées, bien au-delà de ce que celui qui vivait avec Dieu pouvait imaginer.

1) Les conséquences de la perte de conscience chez David :

Les circonstances peuvent sembler banales : regarder une femme qui se baigne… Aujourd’hui, le principe qui prédomine est : quel mal y a-t-il à se faire du bien… ? Mais c’est oublier quelles peuvent être les conséquences quand on laisse de côté la lampe intérieure que Dieu nous a donné. La lampe de la conscience clignote chez David mais il n’en tient pas compte ! Son désir sexuel l’aveugle. Et il va chercher cette femme et couche avec elle. Il manifeste à plusieurs niveaux une perte de conscience :

. Par rapport à lui-même :

– Il met de côté ses convictions morales et se laisse emporter par son désir égoïste. Plus rien ne compte que cela ; sa conscience pour lui-même est dominée par cette nature de péché qui l’aveugle. Il est incapable alors de considérer les choses au-delà de la situation présente. L’égoïsme détruit la conscience de soi en premier lieu.

– David, pour essayer de s’en sortir, va se sentir « obligé » de basculer dans le mensonge, lui qui est si souvent droit et intègre. Pour éliminer le nouveau problème – le mari, Urie – il va monter tout un stratagème pour qu’il aille coucher avec sa femme (qui était enceinte à la suite de sa relation avec elle ; 2 Samuel 11v6-25). C’est sur ce point que Samuel, qui écrit cette histoire, s’étend le plus ; il montre comment on peut mettre son intelligence au service de sa perversité.

La perte de conscience morale conduit à la ruse, à la duplicité pour essayer de couvrir son égarement ; qui va aller en s’amplifiant.

A l’opposé, Urie est présenté comme ayant une grandeur d’âme remarquable : arrivé en permission royale, il refuse d’être avec sa femme, alors que les autres soldats sont, eux, sur le front, sous des tentes (2 Samuel 11v11-13).

Celui à la conscience la plus élevée n’est pas celui qu’on pense…

Cela fait penser à ce que l’apôtre Paul écrit à propos des juifs et des païens (Romains 2v13-16) : ceux qui connaissent la volonté de Dieu (la Loi) ne la mettent pas en pratique, tant que ceux qui l’ignorent la vivent, parce que leur vie est en cohérence avec leur conscience morale (donnée par Dieu à tout être humain).

Le problème chez ceux qui connaissent la Loi de Dieu est une perte de conscience. Ceux-là seront jugés plus durement par Dieu. « A ceux qui, par ambition personnelle, repoussent la vérité et cèdent à l’injustice, Dieu réserve sa colère et sa fureur » (Romains 2v8). Ces paroles, ainsi que l’attitude de David doivent nous interpeler.

. C’est par rapport aux autres que les conséquences de sa perte de conscience vont être terribles :

– D’abord, par rapport à cette femme qui est contrainte de se soumettre au roi : elle devient son objet. De plus, elle tombe enceinte (2 Samuel 11v5) ; tout s’effondre pour elle. Mais David ne semble absolument pas avoir été sensible à tout cela ; en raison de sa perte de conscience.

– David avait appris qu’elle était la femme d’Urie, un de ses officiers. Il met sa conscience morale sous l’oreiller et vole à Urie sa femme. Dieu le lui reprochera : « Tu as pris sa femme pour en faire la tienne » (2 Samuel 12v9). Sa perte de conscience lui fait éliminer la pensée que c’est un péché.  C’est Salomon – le fils qui naîtra de cette union entre Bath-Chéba et David… – qui écrira, en parlant d’une autre situation : « Celui qui dépouille son père et sa mère et qui prétend que ce n’est pas un péché est le compagnon de celui qui détruit » (Proverbes 28v24) ; prendre la femme d’un autre n’est plus considéré comme un péché quand on perd conscience et qu’on est aveuglé par son désir de possession.

L’engrenage du péché de David va l’amener à éliminer celui qui est gênant : il commet un meurtre (2 Samuel 11v14-15). Urie est mort à cause de la perte de conscience de David. La cause vient non de Dieu mais d’un homme.

– Mais c’est aussi envers son peuple, en tant que roi, que David ne perçoit pas les conséquences. Il a perdu sa conscience professionnelle. Un responsable (politique, religieux) doit-il être un modèle ? Aujourd’hui, cela n’est, souvent, plus respecté. Un père, une mère doivent-ils être des modèles sur le plan moral pour leurs enfants ? Bien sûr que oui. Mais lorsqu’on perd conscience, cela est mis de côté. On devient inconscient, insensible.

 

D’une manière générale, notre conscience morale vis-à-vis des autres peut défaillir ; dans notre société individualiste, le chrétien perd de vue facilement la notion du corps de Christ, l’Eglise. On est assis les uns à côté des autres, sans chercher à vivre une réelle communion ; et même, pourquoi venir au culte ou aux autres réunions… ? Mon absence apporte la preuve de la perte de conscience vis-à-vis des autres.

Le reproche que le Seigneur fait à certains de l’Eglise de Corinthe est qu’ils ne se préoccupent pas des autres : ils mangent et boivent sans avoir la conscience que d’autres, à côté d’eux, n’ont rien à manger (1 Corinthiens 11v20-22) ; et Dieu exerce contre ceux qui ont perdu cette conscience un jugement par le biais de maladies, et même la mort (v30).

. Dernier lésé en cette affaire par David : Dieu.

« Maintenant, dit Dieu, la violence ne quittera plus jamais ta famille parce que tu m’as méprisé » (2 Samuel 12v10). Nous privilégions les torts causés à Bath-Chéba, à Urie et nous négligeons facilement les torts envers Dieu, parce que nous avons peu conscience de la sainteté et de la souveraineté de Dieu.

Perdre conscience rend aveugle et fait perdre tout repaire moral : par rapport aux engagements et résolutions qu’on a pris dans le passé, par rapport aux conséquences futures, dans nos relations avec les autres et avec Dieu.

2) La solution : il y en a une ! Pourtant, c’était loin d’être gagné…

– David semble, malgré tout cela, avoir bonne conscience : Quand Dieu envoie Nathan pour dévoiler toute cette sombre histoire, David est droit dans ses bottes. Il ne perçoit même pas que c’est de lui dont parle le prophète par le biais de cette parabole du riche qui vole la seule brebis du pauvre. La conscience du péché est perdue, elle aussi (une de plus…).

Mais là où tout s’éclaire pour David, c’est quand le péché est appelé péché et que tout est révélé : « Cet homme-là, c’est toi ! » (1 Samuel 12v7). Cela devrait nous pousser alors à avoir confiance dans l’intervention de Dieu.

– Nous n’avons absolument pas envie d’être des Nathan et de dénoncer le péché, ou d’accepter de voir devant nous un Nathan qui vienne ouvrir nos yeux. Et pourtant, la révélation de l’état de péché chez David est passée par cette démarche du prophète (2 Samuel 12v1). C’est alors qu’il a pris conscience de ce qu’il cachait (même à lui-même).

– La suite parle d’une démarche personnelle qu’il devait entreprendre : il a compris qu’il devait décharger sa conscience devant Dieu, c’est-à-dire lui avouer ce qu’il avait fait, reconnaître ce qu’il était. S’il demande pardon à Dieu tout de suite quand Nathan vient le rencontrer (2 Samuel 12v13), l’expérience qu’il raconte dans le Psaume 32 (v3-4) montre que cela a été une lutte intérieure terrible (et souvent ce qui est rapide est superficiel). La démarche de demander pardon à Dieu lui a permis d’avoir la conscience libérée.

 

Cette libération intérieure n’est l’œuvre que de Dieu ; David sait qu’il ne peut pas la connaître par lui-même et c’est seule la confiance en Dieu qui va la permettre : « O Dieu, crée en moi un cœur (une conscience) pur ! Renouvelle en moi un esprit bien disposé ! » (Psaume 51v12).

En parlant de la purification, l’auteur de l’épître aux Hébreux affirme : « Les offrandes et les sacrifices qu’on présente à Dieu sont incapables de donner une conscience parfaitement nette » (Hébreux  9v9) : les efforts humains, les œuvres ne lavent pas une conscience salie par le péché ; nous ne pouvons compenser nos égarements en faisant le bien.

Mais il continue en disant : « Le Christ s’est offert lui-même à Dieu (…) comme une victime sans défaut. A combien plus forte raison, par conséquent, son sang purifiera-t-il notre conscience des œuvres qui mènent à la mort, afin que nous servions le Dieu vivant » (Hébreux 9v14).

 

Quel privilège ! Nous pouvons connaître une conscience pure en nous abandonnant à Jésus-Christ ! Nous pouvons le prendre comme notre directeur de conscience en sachant que son désir est de nous aider à vivre selon sa pensée et non selon notre propre conscience (qui est salie) ; et cela pour notre épanouissement profond.

 

Jean-Ruben

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