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« Ne pas abandonner » : Hébreux 10v25, 10v35, 13v5

« Ne pas abandonner » : Hébreux 10

Il est souvent parlé, dans la Bible, des difficultés de la vie ; parce que c’est une réalité pour tous. Pour y faire face, l’auteur de l’épître aux Hébreux parle, et c’est pour nous aussi, de 3 forces qui permettent aux chrétiens de surmonter ces difficultés : nous relèverons 3 « ne pas abandonner ». Ils nous semblent peut-être disparates mais ils sont 3 piliers qui permettent, si on les vit, de tenir bon.

1) « N’abandonnons pas notre assemblée » (Hébreux 10v25).

Le premier pilier parle de nos relations sur le plan horizontal. Qu’est-ce que cela signifie ? Cette exhortation peut être mal interprétée : il ne s’agit pas de l’appartenance à une dénomination; l’auteur parle du fait d’être ensemble, assemblés. Une autre traduction dit : « Ne prenons pas l’habitude, comme certains, de délaisser nos réunions ». L’insistance porte sur les rencontres avec les chrétiens. Cela s’oppose à l’isolement volontaire, au repli sur soi, ou à une conception allégée de la vie chrétienne, basée sur l’individualisme, où chacun vit sa foi pour lui-même sans lien avec les autres chrétiens.

. Attention, dit le Seigneur, ne perdez pas l’habitude de vous réunir. Le risque est de se laisser aller, de se laisser prendre par une autre priorité (les loisirs, une passion, un besoin qui devient une « nécessité »), ou de sombrer dans une belle petite paresse (c’est quand même tôt le culte à 10 heures le dimanche matin…), ou dans l’autosuffisance (en quoi j’ai besoin des autres… ?) ou dans l’égocentrisme (je perds conscience du fait que je peux apporter aux autres…), ou simplement de perdre l’envie (je n’ai pas envie d’être avec d’autres chrétiens ; surtout avec certains…).

Pourquoi l’auteur insiste-t-il sur ce point ?

  • Nous pouvons relever que le fait de ne pas se réunir avec d’autres chrétiens était une réalité, déjà il y a… 2000 ans : « comme c’est la coutume de quelques uns » ; l’auteur montre par là qu’il y a un risque de gangrène.
  • Il insiste aussi parce que le fait de se réunir demande un effort (sortir de sa coquille) ; cela fait appel à notre volonté.
  • On peut ne pas percevoir que l’Eglise est un corps qui, automatiquement pourtant, parle de solidarité inévitable ; même si certains membres sont plus faibles que d’autres ou moins importants ou intéressants, ils sont unis et ils le manifestent.
  • L’encouragement de se rencontrer est lié à un but ; ce but est donné avant et après : « Veillons les uns sur les autres pour nous encourager mutuellement à l’amour et à la pratique du bien » (v24) ; « encourageons-nous mutuellement, et ceci d’autant plus que vous voyez se rapprocher le jour du Seigneur » (v25b).

L’insistance porte sur les relations entre les chrétiens.

Quelqu’un disait : « Donner et recevoir, c’est faire vivre l’âme ». Le projet de Dieu pour son corps, l’Eglise, est de vivre dans un climat d’enrichissement mutuel (et cela se vit déjà par le fait d’être ensemble) ; notre manière d’être est peut-être plus importante que nos paroles ; je pense à cette parole de Job : « Je leur souriais quand ils perdaient courage » (Job 29v24).

A l’opposé, le jugement détruit. Malheur à des joueurs d’une équipe de rugby qui, pendant le match, se critiquent, se font des reproches au lieu de passer par-dessus les erreurs que certains ont faites ; le plus constructif est de les encourager, plutôt.

Il y a un chant des Ailes de la Foi qui doit parler certainement de rugby : c’est « Quel ami fidèle et tendre nous avons en Jésus-Christ » : « toujours prêt à nous défendre quand nous presse l’ennemi ; il nous suit dans la mêlée, nous entoure de ses bras »… Malgré nos faiblesses et nos manquements, il est là et nous encourage.

Le but est d’être participant, aux côtés des autres et non spectateur devant la télévision, chez soi. Les critiques viennent presque toujours de ceux qui se sentent désolidarisés : « Celui qui se tient à l’écart cherche ce qui lui plaît, il s’irrite contre ce qui est sage » (Proverbes 18v1).

Les différents membres d’une Eglise ont pour vocation l’entraide.

Ils ne sont ni supérieurs ni inférieurs ; la richesse est dans l’entraide. Pour certains, il est facile d’être régulier quand tout va bien, et quand les difficultés sont là, ils désertent ; pour d’autres, au contraire, c’est quand ça va mal qu’ils se raccrochent à l’Eglise. Mais pour tous, c’est eux qui sont au centre. Le Seigneur a voulu que le but des chrétiens soit : s’entraider pour ne pas tomber, s’aider pour ne pas céder. Les autres ont besoin de vous, vous avez besoin des autres.

Alors, en quoi dois-je revoir ma participation aux réunions ? Et ma relation avec les autres ?

2) « N’abandonnez pas votre assurance qui comporte une grande récompense » (Hébreux 10v35).

. Quelle est cette assurance ? La vie éternelle avec Dieu.

Plusieurs français aux Jeux Olympiques d’hiver en Corée du Sud ont terminé quatrième ; ils ont eu la médaille en chocolat ; c’est-à-dire qu’on va les oublier : ce ne sont que les médaillés dont on va se souvenir… A la différence des sportifs qui n’existent que pour la compétition, chaque chrétien a cette assurance de la vie éternelle. C’est le fait de s’engager dans la course de la vie avec Dieu qui fait posséder cette récompense.

On ne se vole pas le prix en ayant une meilleure vie que le voisin ; nous sommes tous au même niveau et Dieu récompensera tous ceux qui se sont engagés dans la course avec lui.

. Mais si l’auteur invite à ne pas abandonner cette assurance, c’est qu’elle n’est pas… tous risques : parmi ceux qui ont manifesté une certaine foi, certains ont abandonné en cours de route. Il en est qui sont « retournés en arrière » (10v38) ; ils ont perdu le nord, ils n’ont plus écouté leur GPS (= Garder la Parole du Seigneur) qui patiemment répétait de faire demi-tour. Le risque est non plus de « garder les yeux fixés sur Jésus, qui nous a ouvert le chemin de la foi et qui la porte à la perfection » (12v2) mais de se laisser attirer « par le péché qui nous cerne si facilement de tous côtés ».

. Il nous est donné les moyens pour tenir bon :

  • Le premier moyen pour tenir bon, c’est donc de « garder les yeux fixés sur Jésus ».
  • Le deuxième moyen indiqué : « Vous avez besoin de persévérance » (ou d’endurance, de patience) (10v36) ; la raison ? Les épreuves (ou tentations) sont nombreuses. Si une voiture a besoin de carburant pour avancer, il faut en mettre dans le réservoir, sinon elle va tomber en panne ; et nous faisons le contraire, en tant que chrétien : il faut que je fabrique de la persévérance pour avancer.
    Mais l’Ecriture nous donne la solution : elle est dans l’union avec le Seigneur ! Pour l’apôtre Paul, c’est le secret pour tenir ferme : « Que Dieu, source de toute persévérance et de tout réconfort, vous donne de vivre en plein accord les uns avec les autres, conformément à l’enseignement de Jésus-Christ » (Ro 15v5 ; tiens, l’auteur associe la persévérance à la vie les uns avec les autres…).
  • Le troisième moyen pour tenir est la foi, la confiance en Dieu : « Celui qui est juste à mes yeux vivra par la foi » (Hébreux 10v38). La confiance en Dieu parle du fait de tout lui abandonner et de savoir qu’il va agir, malgré ce que l’on voit.
  • Et puis, il y a la certitude de la vie éternelle et cela doit nous redonner courage (Hébreux 10v36, 37, 39).

Le premier pilier était horizontal et parlait des relations entre nous, le deuxième pilier est en direction du ciel.

Alors, en quoi ai-je délaissé cette assurance de la vie éternelle ?

3) « Je ne te délaisserai pas et je ne t’abandonnerai pas » (Hébreux 13v5)

Ce troisième pilier n’est pas de notre ressort : il dépend de Dieu ; il ne correspond pas à un effort, ni de la part de l’être humain, ni même de sa part : il s’agit pour Dieu d’un état. Cela parle donc d’une attitude constante. En attendant d’arriver au but (est-il lointain ? ou proche ?), Dieu nous donne cette promesse extraordinaire : « Dieu lui-même a dit : ‘Je ne te délaisserai pas et je ne t’abandonnerai pas’ » (Hébreux 13v5). Ce troisième pilier part d’en haut. Nous n’avons donc pas à chercher à influencer Dieu : il nous assure de sa présence.

. Le risque ?

  • C’est que nous pouvons imaginer que, parce que les embûches sont nombreuses, il nous aurait abandonnés. Ce n’est pas possible. Attention : quand les nuages sont là, l’effet du soleil se fait quand même ressentir ; la preuve, c’est qu’on attrape des coups de soleil ! Le Seigneur agit même au milieu des épreuves.
  • Le découragement peut venir aussi du poids du passé et de l’incertitude de l’avenir, voilà un autre risque.
  • Nous pouvons penser (avec raison) que nous sommes bien faibles pour tout surmonter, que nous sommes bien infidèles par rapport à la vie que Dieu nous demande de vivre ; et pourtant… « Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne pourra jamais se renier lui-même » (2 Tim 2v13) : voilà qui est Dieu et ce qu’il veut faire pour nous.

. Cette promesse qu’il ne nous délaissera pas est là, pour n’importe quelle situation, pour chaque moment ; elle revient régulièrement tout au long de l’histoire du peuple de Dieu :

Jacob reçoit cette promesse quand il part pour un avenir incertain (Genèse 28v15), ou quand le peuple hébreu comprend qu’il va perdre son chef Moïse (Deutéronome 31v6) et ensuite à Josué quand il devient chef à la place de Moïse (il y a de quoi paniquer… ; Deutéronome 31v8, Jos 1v5), ou encore quelques 7 siècles plus tard, par Esaïe, quand Dieu encourage son peuple qui est sans force (Esaïe 41v17) : chaque fois se trouve cette affirmation : «  Je ne te délaisserai pas et je ne t’abandonnerai pas ! ».

« C’est donc avec assurance que nous pouvons dire : le Seigneur vient à mon secours, je n’aurai pas de crainte. Que pourraient me faire les hommes ? » (Hébreux 13v6).

Celui qui vit près de Dieu et qui se nourrit de ses promesses est rempli de cette assurance. Dans ce texte, cette promesse est donnée par rapport aux biens matériels : dans ce domaine aussi, Dieu ne nous abandonne pas.

Il promet son aide à qui ne se livre pas à l’amour de l’argent (v5) ; qu’est-ce que cela signifie ? Le risque est de se confier dans ces biens matériels à tel point qu’ils prennent une place démesurée, ou alors que l’on n’est jamais satisfait, qu’on n’en a jamais assez (même en en possédant peu).

 

Alors, ne perdons de vue notre chef d’équipe, quoiqu’il arrive, il sera là ; appuyons-nous sur ce qu’il est, ce qu’il a fait et ce qu’il fera. Quelqu’un a dit : « Ne te trouble pas du chemin que tu dois parcourir. Mais sache que c’est l’amour de Dieu le Père qui te conduit ».

En quoi puis-je saisir par la foi cette promesse qu’il ne m’abandonnera jamais ? Pour quelle situation ?

 

Pour chacun, la course peut être éprouvante. Mais le Seigneur nous a donné plusieurs moyens pour les surmonter :

  • Nous faisons partie d’une équipe, et cela nous encourage
  • Le but de notre vie est la vie éternelle avec Dieu, et cela nous permet d’avoir une confiance persévérante,
  • Dieu sera toujours à nos côtés, et cela nous rassure et nous fortifie.

Jean-Ruben

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2 commentaires sur “« Ne pas abandonner » : Hébreux 10v25, 10v35, 13v5”

  1. Laquita Labarbera dit :

    bravo pour pour ces beaux partages.

  2. GOUALA dit :

    Il a été bien réfléchi ce site que Dieu vous bénisse

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