1874, Avenue du Général Leclerc 47000 AGEN
05 53 96 84 32 eem.agen@umc-europe.org

Matthieu 5v21-48 : L’effet « papillon »

Attention à l'effet papillon dans le domaine spirituel

Prévoir… Que sera cette année ? Ah… si nous pouvions connaître ce que seront les événements que nous traverserons, nous agirions en conséquence. Nous envions peut-être les météorologues qui savent prévoir ; cela arrive que leurs prévisions se réalisent précisément… Mais il y a malgré leurs connaissances un seuil de prévisibilité ; la science se sait faillible et limitée : les pronostics du temps à venir sont aléatoires non pas tellement à cause des mauvaises connaissances des phénomènes physiques (les vents, les nuages, la pression atmosphérique,…) mais surtout à cause de l’effet « papillon » : les découvertes les plus sûres peuvent être chamboulées ; la plus petite variation au bout du système peut avoir des conséquences énormes à l’autre bout. Jean-Claude et Elisabeth Ribes, les auteurs de cette théorie de l’effet papillon, affirmaient que les battements d’aile d’un papillon au Sénégal peuvent entraîner plus tard des changements climatiques… aux Caraïbes. Et ça, c’est impossible à maîtriser.

Dans un autre domaine, l’accident ferroviaire de Brétigny qui a provoqué la mort de 7 personnes est dû à la détérioration d’une petite pièce métallique, une éclisse, qui reliait 2 rails. Les effets catastrophiques découlaient d’un élément insignifiant. Ce phénomène se voit également au niveau spirituel, pour ce qui concerne un individu, une Eglise.

1. La réalité des détails… déterminants :

Le plus grand voyage commence par le… 1° pas ; et ce pas est déterminant,… surtout quand on se lève du pied gauche. C’est de mauvais augure pour l’avenir ! Dieu parle des premiers pas qui ont une incidence déterminante (en négatif comme en positif) :

  • Zacharie 4v10 : « Ceux qui méprisaient le jour des faibles commencements se réjouiront ! » Dieu fait ici une mise en garde contre ceux qui dédaignent les petites actions, faites avec humilité, par des petits, qui aux yeux des grands paraissent insignifiantes. Juste avant, Dieu dit : « Qui es-tu, grande montagne !? Tu seras aplanie ! » Et en parlant de la construction du temple, il est question de la pose de la 1° pierre : quel petit commencement… à ne pas mépriser.

 

  • Jonathan, avec son homme d’armes, attaquent un poste de soldats philistins (1 Samuel 14) : 2 contre un groupe important ; 2, cela correspond à 0,3 % de l’armée d’Israël… Mais Jonathan est prêt à ce combat parce qu’il peut affirmer : « Peut-être l’Eternel agira-t-il pour nous car rien n’empêche l’Eternel de sauver au moyen d’un petit nombre comme d’un grand nombre ». Résultat : toute l’armée des philistins a été ensuite battue. Avec Dieu, l’effet papillon peut provoquer des victoires étonnantes…

 

  • Qu’est-ce que 5 petites pierres face à une armée suréquipée ? En plus, un seul de ces petits cailloux a suffi pour que David, le petit gringalet (selon son frère aîné), donne la victoire à Israël en terrassant le géant Goliath (1 Samuel 17).

 

  • Jésus parle des petits commencements (qui semblent anodins) mais dont on ne maîtrise pas la portée : une parole de mépris, un regard, une convoitise sexuelle, un engagement pris à la légère, une vengeance (Matthieu 5v21-48). L’enchaînement dramatique qui s’ensuit paraît excessif ; sauf pour celui qui l’a vécu.

 

  • Jésus parle encore des petits commencements mais qui sont déterminants aux yeux de Dieu : dans la parabole des talents (Matthieu 25), le maître, en revenant, constate : « C’est bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses : entre dans la joie de ton maître ! » Et il lui accorde beaucoup plus. Mais le serviteur qui a reçu le moins et qui a dédaigné faire le peu qui lui était demandé, s’entend dire : « Serviteur méchant et paresseux, il te fallait remettre mon argent aux banquiers, et à mon retour j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. Jetez-le dans les ténèbres du dehors où il y aura des pleurs et des grincements de dents ». Le peu qu’il aurait dû faire et qu’il n’a pas fait a eu des répercussions sur sa vie éternelle. Les petits faits du départ peuvent avoir des conséquences importantes, négatives ou positives, même sur la vie éternelle

 

  • Les 5 pains et les 2 poissons paraissent dérisoires pour nourrir une foule de 10 ou 15.000 personnes ! Mais avec Dieu, l’effet papillon peut entraîner des conséquences importantes à l’autre bout et toute une foule est nourrie. L’aide d’un jeune garçon, même insignifiante, entre les mains du Seigneur, a tout changé. Voilà ce que Jésus voulait faire comprendre à ses disciples, à la foule, à nous aujourd’hui : avec Dieu, il n’y a pas de petit commencement, inutile ; même les détails peuvent avoir une grande portée.

 

2. Quelques exemples dans différents domaines :

 

D’une manière négative : pour ne pas avoir pris garde à l’effet papillon, des hommes ont connu des drames.

  • Moïse a eu une vie hors du commun ; mais sa fin a été brisée par une faute qui semblait si petite (selon nous) : à Mériba, dans le désert, Dieu lui avait dit : « Parle au rocher et l’eau jaillira » (Nombres 20v8). Mais Moïse a frappé le rocher ; comme à Horeb (Exode 17v7)… Et pourtant la conséquence de cette petite désobéissance va entraîner des conséquences très lourdes : « L’Eternel dit à Moïse et Aaron : ‘Parce que vous n’avez pas cru en moi, vous ne ferez pas entrer cette assemblée dans le pays que je lui donne ».

 

  • David est devenu adultère, meurtrier, a connu un état de dépression intense, a vu son enfant mourir ; et tout cela a commencé… par un regard : « David se promenait sur le toit de la maison royale et il aperçut une femme qui se baignait et qui était très belle » (2 Samuel 11v2). Ici, il ne s’agit pas d’un battement d’aile de papillon mais de paupière. Il a entraîné une tempête catastrophique. On comprend alors plus facilement ce que nous estimons être une exagération de Jésus quant aux conséquences d’un regard quand il dit : « Si ton œil te fait tomber dans le péché, arrache-le et jette-le au loin [cela suppose donc de rejeter ce qui peut entraîner au péché par le biais de la vue] ; car il vaut mieux pour toi perdre un de tes membres que de voir ton corps entier précipité en enfer » (Matthieu 5v30).

 

  • On ne peut être insensible aux témoignages de ces jeunes (et moins jeunes) qui sont tombés dans l’engrenage de la drogue, de l’alcool ou du sexe suite à une expérience pour faire comme les autres, ou pour s’amuser.

 

L’effet papillon (il y a des papillons « tête de mort ») les a entraînés dans un esclavage infernal et, quelques fois, mortel. Un proverbe espagnol dit : « L’habitude commence comme un fil de soie et devient vite un câble d’acier ». Il y a des pratiques « innocentes » (comme les pratiques occultes) qui deviennent plus ou moins vite un piège terrible.

 

Dans l’éducation, l’effet papillon peut provoquer des dégâts à long terme : Hitchcock racontait ceci : « Quand j’étais bébé, je me souviens : ma mère se penchait sur moi et faisait le loup ; puis elle éclatait de rire ».

 

La difficulté est de savoir discerner si un petit fait entraînera de graves conséquences. Par exemple, est-ce qu’un copain peut exercer une influence néfaste à long terme sur notre enfant ? Faut-il l’empêcher de le rencontrer ? Le risque est de dramatiser inutilement et de créer l’effet inverse qu’on désire, ou de culpabiliser outre mesure, ou de tomber dans un légalisme qui lui aussi peut être destructeur, ou de provoquer – en interdisant quelque chose qui est jugé comme anodin – la curiosité et le désir de goûter à ce qui est défendu. Difficile de bien réagir dans les conseils ; s’il nous est demandé d’avertir des dangers, nous voyons l’attitude du père du fils prodigue (Luc 15v11-13) qui a accepté de distribuer son argent et de voir partir son fils dans un style de vie opposé au sien, malgré les risques.

 

Il faut dépendre de Dieu et lui demander le discernement, la sagesse dans les conseils donnés, mais aussi pour ma vie personnelle. Et cela, même pour des pratiques ou des projets que je juge bien secondaires ; mais attention à l’effet papillon…

 

Et il y a des domaines positifs quant à ces détails qui peuvent être déterminants :

  • « Le commencement de la sagesse, c’est la crainte de l’Eternel ; ils ont du bon sens, tous ceux qui s’en inspirent » (Psaume 110v10) : chercher à se soumettre à la volonté de Dieu est un début prometteur ; décider de suivre Jésus-Christ, c’est démarrer du bon pied ; même si les autres, sans Dieu, semblent mieux réussir. Timothée a été d’une grande aide pour Paul, un équipier de grande valeur : « Depuis ton enfance tu connais les Saintes Ecritures ; elles peuvent te donner la vraie sagesse qui conduit au salut par la foi en Jésus- Christ » (2 Timothé 3v15). Et Paul écrit ensuite que celui qui apprend à connaître la Bible se trouve bien équipé pour affronter les difficultés de la vie.

 

  • Dans le témoignage, il est bon de percevoir l’effet papillon. Nous nous trouvons bien pauvres dans ce que nous pouvons apporter aux autres, mais peut-être que, parce que nous ne voyons que cette pauvreté, nous ne savons pas voir au-delà ; et alors, nous préférons rester dans le silence, dans le repli sur nous-mêmes. Heureusement, certains exemples nous aident à nous réjouir de ces balbutiements parce que Dieu a agi à travers eux ; nous pouvons penser à nos invités au Parcours Alpha, pour un repas et une soirée. Et puis, certains se sont tournés vers le Seigneur, se sont fait baptiser. Je pense à cette institutrice qui avait vécu une conversion profonde parce qu’un enfant de 5 ans, dans sa classe, lui avait parlé de Jésus. Ah ! ces petits commencements qui ont une portée éternelle…

 

  • L’effet papillon, c’est ce que Jésus avait comme principe en choisissant 12 hommes pour que 20 siècles plus tard, « l’Evangile soit prêché jusqu’aux extrémités de la terre » (Matthieu 24v14).

 

  • La prière : que la nôtre semble insignifiante… Mais savons-nous la portée qu’elle peut avoir ? Lors d’une réunion d’information, ce pilote d’avion de la mission Wycliffe avait rencontré une vieille dame qui lui dit qu’elle avait eu à cœur à un moment donné de prier particulièrement pour lui ; il lui a demandé à quel moment c’était. Et en fait c’était au moment où, seul dans son avion, il avait traversé une tempête. Notre prière, à nous qui sommes trop âgés pour être actifs dans l’Eglise ou malades sur notre lit, à nous qui nous estimons bien faibles, notre prière peut avoir l’effet papillon. Et ce n’est qu’au ciel que nous le saurons.

 

 3. Que tirer comme conclusions ?

 

. En tout cas pas que nous sommes importants ni indispensables pour Dieu : sinon, cela nous fait tomber dans l’orgueil. Attention, danger… Restons avec l’image du papillon si fragile.

 

. L’effet papillon nous pousse à l’humilité et à la confiance ; nous sommes obligés de constater que beaucoup d’éléments nous dépassent et que nous sommes incapables de déterminer ce qui est capital de ce qui est annexe. Cela nous pousse à la confiance en Dieu ; gardons les ailes de la foi. Même quand il nous semble que nous gérons… ou que tout semble perdu et sans espoir.

 

. Ne jamais désespérer : rien n’est définitif ; et avec Dieu, c’est quelques fois un petit détail qui va permettre une transformation radicale. Un iceberg dérivait dangereusement sur le passage de bateaux et des remorqueurs très puissants ont pendant plusieurs jours essayé de le tirer pour le dévier. En vain. Et puis le vent a tourné…

 

Je ne sais pas quand l’Esprit de Dieu va souffler et qu’alors, tout peut changer. Là aussi, confiance en Dieu.

 

. Oui, la fidélité dans les petites choses peut avoir de grands effets. Hudson Taylor disait : « Une petite chose est une petite chose ; mais la fidélité dans les petites choses est une grande chose ».

 

Alors…, n’oubliez pas les papillons !

 

Jean-Ruben

Pour approfondir le sujet :

Faites passer le message ...Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Email this to someonePin on Pinterest

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *