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Matthieu 13v1-17 : Mais pourquoi refuse-t-on la Bonne Nouvelle ?

Pourquoi refuser la bonne nouvelle ?

Nous pouvons manifester bien des incompréhensions face à… l’incompréhension de ceux qui refusent la Bonne Nouvelle, la Parole de Dieu. Facilement, on peut penser que c’est seulement à cause de l’ignorance, mais un passage d’Esaïe (6v9-10), repris par Jésus (Matthieu 13v14-15) puis par Paul en conclusion du livre des Actes des Apôtres (28v25-28) nous donne la version de Dieu ; il éclaire la réaction de ceux qui refusent la solution de Dieu.

Cette analyse divine parle de l’état de fait : l’incapacité de comprendre (Matthieu 13v14) pour ensuite parler de la raison de ce refus (v15a) et enfin donner le fin fond du rejet de recevoir la semence de la vie (v15b) : tout cela met le doigt sur la responsabilité humaine.

Mais à propos de semence, il nous faut commencer en nous interpelant, nous : nous sommes aussi responsables de ce refus.

1) La semence, c’est nous, aussi (Matthieu 13v38).

Si Jésus dit que la semence, c’est la Parole (Matthieu 13v19 ; Marcc 4v14), il dit dans cette autre parabole du bon grain et de l’ivraie que ce sont les fils du Royaume, c’est-à-dire les chrétiens, qui sont la semence.

Et quand, par leur vie, leurs paroles, ils ne donnent pas envie de recevoir cette Parole de Dieu, ce sont les chrétiens qui sont en premier lieu responsables. Quand la vie des chrétiens est comme celle de ceux qui vivent sans Dieu, difficile de mettre toute la responsabilité sur ceux qui rejettent Dieu !

Quand ceux qui ont reçu la vie de Dieu n’en témoignent pas  par leur comportement, il leur sera demandé des comptes (voir Ezéchiel 33v7-9). Dans une société où chacun peut penser ce qu’il veut, où il ne faut pas s’ingérer dans la vie des autres, on peut facilement se taire et oublier que notre responsabilité est de témoigner de ce que Dieu a fait pour nous.

« Seigneur, aide-moi à te refléter, à montrer au travers de ma vie, de mes paroles ce que tu es, ce que tu fais. »

2) L’état des choses : l’incompréhension (Matthieu 13v13-15a).

C’est quand même étonnant : les oreilles existent mais elles ne servent à rien ; les yeux sont bien ouverts mais ils ne captent rien. Les circuits imprimés à l’intérieur sont déconnectés. Extérieurement, la personne semble saisir, mais la réalité n’est pas la même ! C’est comme une personne à qui vous expliquez un itinéraire, qui a acquiescé et qui part… à l’opposé.

. Le texte donné à Esaïe (vers 730 av JC) était plutôt décourageant : Dieu dit au prophète : « Je t’envoie mais les gens refuseront ce que tu leur diras ». A l’époque, le peuple d’Israël était croyant, mais il lui manquait l’essentiel : la confiance et la soumission à Dieu ; alors ce peuple a abandonné Dieu et a adoré des idoles.

. Du temps de Jésus, les foules écoutaient Jésus : son message était exceptionnel ! Elles le voyaient faire des miracles ; mais… « Malgré tant de miracles que Jésus avait faits en leur présence, ils ne croyaient pas en lui » (Jean 12v37) : ils savaient qu’il existait mais ils ne manifestaient que de l’indifférence.

. Aujourd’hui, même réaction : on n’a jamais vu autant de choses, entendu autant d’informations ; y compris sur la religion. Mais… pour quel résultat ? La tête est vide ; le cœur aussi. On voit sans regarder, on entend sans écouter. Triste constat : « Le cœur est devenu insensible ».

La France en particulier témoigne de cette insensibilité : on semble imperméable aux choses de Dieu ; on est comme anesthésié spirituellement. On récolte  ce qu’ont semé quelques siècles d’opposition à Dieu, plus particulièrement depuis Marx, Nietzsche, Freud (même s’ils ont dit des éléments de vérité) ; leur doctrine était centrée sur l’homme : on n’a pas besoin de la béquille qu’est Dieu. Plus que jamais, « le cœur est devenu insensible ». Triste constat.

Même si, par exemple, le nombre des membres dans les Eglises Evangéliques, depuis 1950, a été multiplié par 10 et le nombre d’Eglises est passé de 770 en 1970 à 2440 aujourd’hui (donc 1415 Eglises locales supplémentaires). La France continue à être un désert spirituel et s’enfonce dans une opposition à Dieu.

. Mais regardons un peu plus près : nous-mêmes. Ce passage s’adressait au peuple de Dieu qui… ne comprenait pas le message donné par Esaïe, ni ce que Jésus disait. Si Jésus ainsi que Paul citent ce passage, c’est pour souligner l’insensibilité de ceux qui avaient la connaissance du message de Dieu. Jacques avertissait déjà les chrétiens : « Recevez, avec humilité, la Parole qui a été plantée dans votre cœur. Seulement, ne vous contentez pas de l’écouter : traduisez-la en actes, sans quoi vous vous tromperiez vous-mêmes. En effet, si quelqu’un se contente d’écouter la Parole sans y conformer ses actes, il ressemble à un homme qui, en s’observant dans un miroir, découvre son vrai visage : après s’être ainsi observé, il s’en va et oublie ce qu’il est » (Jacques 1v21-24) ; et Jacques conclut en disant : « Cet homme s’illusionne lui-même : sa religion ne vaut rien » (v26). Nous pouvons lire la Bible, participer au culte, à une étude biblique, et y être insensible : notre comportement ne change pas.

 3) Comment se fait-il qu’on puisse être ainsi insensible ?

« Ils ont fait la sourde oreille et ils se sont bouché les yeux » (v15) : par un acte délibéré (il ne s’agit pas ici de problèmes d’audition ou de cécité ou de perte de mémoire !), on peut refuser de comprendre et d’être prêt à changer.

. C’est le cas du Pharaon : face à la puissance de Dieu manifesté par Moïse, à travers les plaies qui s’abattent sur les égyptiens, il voit, il entend la Parole de Dieu ; mais « il endurcit son cœur » (Exode 8v15, 28 ; 9v7). Il devient insensible de plus en plus. Cela vient de son refus à se plier devant l’autorité de l’Eternel : il se considérait (aussi parce qu’on le considérait ainsi) comme un dieu. A force de faire la sourde oreille à l’appel de Dieu, il est devenu imperméable à la voix de Dieu. Tragique pour lui, pour son fils aîné qui va mourir à cause de ce refus.

. A l’annonce du message de Paul (sur la transformation que Christ opère, sur l’amour de Dieu pour tous), « alors ils se mirent tous à crier : ‘A mort ! Qu’on débarrasse la terre d’un tel individu !’ Ils hurlaient de plus en plus fort » (Actes 22v22-23) : ils crient pour ne pas entendre. Pourquoi cela ? Parce que Paul vient de leur montrer, eux les juifs, que leur refus de Christ l’a fait aller vers les païens (v21) : cela sortait de leur vision, de leurs certitudes.

. Dans notre société actuelle, on vit dans son propre univers avec le téléphone portable, coupé des autres au milieu desquels on se trouve, sans entendre les klaxons en traversant la rue. On est rivé sur l’écran TL ou celui de l’ordinateur, sans entendre la voix de Dieu, sans prendre le temps de l’écouter à travers la Bible, sans entendre les autres appeler. D’autres voix forcent par leurs décibels ou par la répétition lancinante, avec les pubs par exemple ou le message véhiculé dans les films ou les séries télévisées. Et comme la répétition forcée n’est pas la méthode de Dieu, face à son message, on fait la sourde oreille : on devient insensible.

. Et qu’en est-il de nous ? Quelle est notre attitude quand nous lisons des textes bibliques qui dérangent notre point de vue ? Après un message qui me remettait en question, soit je suis travaillé jusqu’à tout faire pour changer, soit j’oublie et je pense à autre chose. Quand nous lisons la Bible, le risque est grand de faire une sélection ; quelqu’un disait : « Nous sommes tellement égocentriques que lorsque nous lisons, nous n’admirons que les pensées qui coïncident avec les nôtres ». Nous sommes, peut-être, plus que nous le pensons, fermés à l’impact de la Parole de Dieu dans nos vies parce que nous passons bien vite sur des textes qui nous remettent en question.

Et puis, nous les connaissons si bien (depuis des dizaines d’années, peut-être) que nous ne les écoutons plus… Et nous ne progressons plus.

4) Le véritable fond du refus : la peur de changer.

« Ils ont endurci leurs oreilles, ils ont fermé leurs yeux… de peur que leurs yeux ne voient et que leurs oreilles entendent, de peur que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent et que je ne les guérisse » (v15c). C’est la peur de changer qui rend imperméable. Il faut être prêt à changer pour connaître une véritable guérison. C’est de cela dont on a besoin. Et la raison la plus profonde de l’absence d’intervention de Dieu est là : l’être humain n’a pas envie de changer. On peut vivre un enfer sur terre mais malgré tout ne pas être prêt à ce que Dieu nous change.

C’est l’exemple (inventé) de cet employé qui disait à un ami : « Mon patron me fait vivre un enfer : je ne dors plus ; j’ai un ulcère. La seule question est de savoir comment je finirai : avec une crise cardiaque ou dans la folie… » « Mais alors, pourquoi tu restes là !? » « L’entreprise couvre tous les frais médicaux… »

Intérieurement, on est prisonnier du péché qui perturbe et cause bien des dégâts ; mais on refuse la vraie liberté, par peur d’un changement, d’une guérison de ce que, en fait, nous aimons bien et qui nous sécurise.

Quelqu’un disait : « Le pire dans l’homme, ce ne sont pas ses péchés ; car la tentation est grande et sa force est petite. Le pire dans l’homme, c’est qu’il pourrait faire demi-tour ; et il ne le fait pas ». C’est là une contradiction terrible : l’être humain est malade mais il a peur de guérir. Il a peur de changer d’habitude, de changer de dieu (à savoir quelqu’un d’autre que moi qui dirigerait ma vie).

Comme pour Israël dans le désert, c’est la peur d’être déraciné du pays d’Egypte et de se retrouver dans le désert, même si c’est pour vivre dans le pays promis, qui fait désirer retourner dans le pays où il était pourtant maltraité, esclave ; on fait alors un tri sélectif dans les souvenirs en ne pensant qu’aux bons melons, aux petits oignons qu’on avait en Egypte… Difficile d’accepter d’être constamment « étranger et voyageur sur cette terre », sans cesse en mouvement, déraciné de ses habitudes (même les pires ; que ce soit l’inquiétude, la colère, la jalousie, la drogue, l’alcool, les dérives sexuelles, etc…). Alors, on reste dans la médiocrité, avec ses blessures, ses échecs, ses incompréhensions plutôt que de se tourner entièrement vers celui, et lui seul, qui peut délivrer.

 

Les disciples semblent connaître la même incompréhension que ceux dont parle Jésus : ils reconnaissent ne pas comprendre le sens de la parabole ; ils semblent avoir des yeux mais ils ne voient pas plus que les autres ! « Explique-nous la parabole… », demandent-ils à Jésus (Matthieu 13v36) ; quelle différence avec ceux qui ne comprennent rien !? Et pourtant, Jésus leur dit : « Vous au contraire, vous êtes heureux, vos yeux voient et vos oreilles entendent » (Matthieu 13v16). Pourquoi eux voient-ils ? Ils sont là, à l’écoute de Jésus, désireux de le suivre ; alors Jésus leur explique la parabole. Ce qui est déterminant, c’est le désir profond d’être guéri par Dieu (ce qui implique un réel désir d’abandonner ce à quoi on s’accroche et qui pourtant nous fait souffrir). Voir et entendre, ça ne signifie pas tout comprendre, mais c’est être à l’écoute de Dieu, avoir les regards fixés sur lui.

« Gardons les yeux fixés sur Jésus, qui nous a ouvert le chemin de la foi et qui la porte à la perfection » (Hébreux 12v2).

Alors, avec le prophète Jérémie, je serai rempli de cette certitude libératrice :

« Guéris-moi, Eternel ; et je serai guéri » (Jérémie 17v14).

Jean-Ruben

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