1874, Avenue du Général Leclerc 47000 AGEN
05 53 96 84 32 eem.agen@umc-europe.org

Le baptême chrétien par immersion : un symbole ?

Le symbole du baptême chrétien par immersion

Notre société – très terre à terre par ailleurs – est pleine de symboles : nous en portons sur nous, à commencer par une croix ou une alliance ; notre identité est peut-être même liée à un sigle en forme de grande virgule sur des baskets ou à une marque de voiture. Sur le plan spirituel, nous avons aussi des symboles : ils révèlent une autre réalité que le symbole. Le baptême est un symbole ; mais quelle valeur a ce signe de l’eau ?

Nous allons nous arrêter surtout sur le sens que Dieu nous donne au baptême dans sa Parole – la Bible ; parce que c’est bien là que nous pouvons mieux comprendre ce que Dieu a voulu nous laisser comme vérité, à vivre. Nous nous arrêterons sur les sens du mot symbole que nous avons trouvé avoir un lien direct avec le baptême.

1) Le baptême a-t-il une valeur en lui-même ?

Les chrétiens n’ont pas tous la même approche sur ce point ; ou en tout cas, certains y attribuent une valeur capitale. Peut-être vous pensez que vous avez été baptisé bébé et que donc vous êtes sauvé ?

Est-ce que l’alliance que portent les personnes qui sont mariées est suffisante pour assurer un mariage à vie ? En fait, cet anneau (même en or) n’a aucun pouvoir s’il n’y a pas intérieurement un engagement et le désir de persévérer pour le vivre. On peut même mettre une alliance à l’annulaire pour faire croire qu’on est marié ou, simplement, pour se faire plaisir. Le symbole n’implique pas pour autant la réalité qui y est liée.

Le signe extérieur, l’apparence ne détermine pas la vie intérieure véritable.

De même, le baptême d’eau ne fait pas la réalité intérieure : comme pour les chaussures ou les téléphones, il y a des contrefaçons, malgré la ressemblance avec les objets de la marque reconnue. Jean-Baptiste, en voyant arriver des prêtres demander le baptême, leur dit : « Races de vipères ! (…) Montrez par vos actes que vous avez changé de vie. Moi, je vous baptise dans l’eau en signe de votre changement de vie » (Matthieu 3v7-11). La réalité intérieure et le comportement sont déterminants ; sinon, le baptême ne signifie rien de valable.

Demander le baptême ne peut être qu’en cohérence avec la foi en Christ et un comportement en accord avec ce que Dieu dit dans sa Parole.

2) Le mot symbole a plusieurs liens avec la notion du baptême.

Aujourd’hui nous n’avons comme sens de ce mot « symbole » que la notion de concept, de représentation abstraite mais le symbole (du grec sumbolon) était primitivement un objet coupé en deux que les deux parties (familles, clans) conservaient de génération en génération : cet objet, le symbole prouvait les relations contractées auparavant.

Dans ce sens, le baptême est une marque qui parle de cette relation étroite entre Dieu et l’être humain ; et ce signe de l’eau demeure : même si les épreuves nous font douter, Dieu met en nous cette certitude que nous sommes toujours liés.

Même s’il y a 45 ans que je me suis fait baptiser, ce rappel régulier me permet d’être raffermi dans cette certitude : parce que je m’étais engagé avec Dieu et que je l’avais manifesté à travers le baptême, je savais, comme l’affirme la Bible : « Oui, j’en ai l’absolue certitude : rien ne pourra nous arracher à l’amour que Dieu nous a témoigné en Jésus-Christ notre Seigneur » (Romains 8v38-39).

Cette certitude ne vient pas du fait que nous serions meilleurs que d’autres mais parce que nous croyons la Parole de Dieu ; c’est une promesse que Dieu fait à ceux qui se confient en lui.

Le baptême, un signe d’appartenance à Dieu

Cet objet, le symbole, authentifiait alors l’appartenance ; cela me fait penser  à un geste dans l’Ancien Testament, en Israël : le statut d’esclave était remarquable : tous les 7 ans, le maître relâchait son esclave : il était libre ; mais il pouvait rester servir son maître et alors c’était pour la vie. Un signe, un symbole venait marquer cet engagement volontaire : « Le maître prendra Dieu à témoin et fera approcher l’homme de la porte et lui percera l’oreille avec un poinçon et cet homme sera son esclave pour toujours » (Exode 21v5-6).

De même, le baptême est un signe où l’on manifeste le désir libre et volontaire de vivre pour Dieu, de le mettre en premier dans la vie, de vivre pour lui.

L’important n’est pas le baptême mais ce qu’il représente avant tout : la rencontre avec Dieu.

Le sens du mot sym-bole signifie étymologiquement rencontre, rapprochement ; ce sens est particulièrement approprié pour parler du sens symbolique du baptême. Ce symbole ne signifie rien s’il ne reflète pas la rencontre avec Dieu. Cela peut paraître bizarre de parler de rencontre avec un Dieu que l’on ne voit pas. Cela paraît très virtuel ; mais en fait, c’est comme le vent : on ne le voit qu’à travers ses effets. On connaît Dieu à travers ses interventions ; et celles-ci sont souvent consécutives à notre prière : quand Dieu nous répond, nous le connaissons de plus en plus. Jésus, en parlant de ceux qui auront accompli des actes de piété remarquables, leur dira pourtant : « Je ne vous ai jamais connu ! Retirez-vous de moi » (Matthieu 7v23).

Cette rencontre est représentée par l’image du repas, quand le Seigneur dit : « Voici : je me tiens devant la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je dînerai avec lui et lui avec moi » (Apocalypse 3v20) : c’est l’idée de la joie et de la fête ; il ressort de cette rencontre avec Dieu une joie paisible et profonde. A condition de faire la démarche de la foi, c’est-à-dire d’ouvrir sa vie à la présence de Dieu.

Note : Les principaux symboles chrétiens primitifs

  • Croix – Symbole par excellence de la foi chrétienne. Rappelle la mort du Sauveur en croix.
  • ICHTUS – Du grec poisson formant un acrostiche signifiant « Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur »
  • Baptême par immersion – Symbolise la mort et résurrection du chrétien en Jésus-Christ

3) Le sens précis du baptême chrétien

Ce sens est riche : la personne est plongée dans l’eau et puis (ouf…) elle en ressort. Mais pourquoi ne pas accomplir ce signe de l’eau avec 2-3 gouttes sur le front et le tour est joué !? Simplement parce que ces gestes sont symboliques et parlent d’une réalité antérieure.

Le baptême protestant par immersion dans l’eau parle d’abord… de mort, de noyade

Rien de bien enthousiasmant, à première vue ! Quoique… Ce symbole d’être plongé dans l’eau parle d’un recentrage ; sur quoi ? Sur ce qui peut nous faire découvrir la source de la vie.

« Laver ses péchés, un sport extrême » : c’était le titre d’un journal de Moscou. Suivant une tradition ancienne, chaque année, début janvier, plusieurs dizaines de milliers de personnes se plongent dans l’eau glacée, afin d’être lavées de leurs péchés. Et dans beaucoup d’autres pays et dans beaucoup de religions, ce genre de tradition fait recette.

En tout cas, cela montre que les êtres humains ont conscience de leurs fautes et sont prêts à ce genre d’exploit pour essayer de s’en purifier. Le problème, même en parlant du baptême chrétien, c’est qu’il est assimilé à une œuvre humaine : on se fait baptiser pour obtenir le salut ; on accomplit une œuvre qui permettrait de mériter la purification des péchés. On est prêt à payer pour cela ou à souffrir, en contrepartie de ce que Dieu ferait ensuite.

Mais le baptême dans la Bible n’est pas une œuvre faite en vue d’obtenir la vie éternelle avec Dieu mais la reconnaissance de ce que Dieu a donné et a accompli déjà dans la vie.

Ce symbole de la mort parle donc de la mort à soi-même où l’on refuse de faire pour, en contrepartie, recevoir de Dieu le salut.

L’apôtre Paul  écrit : « Car c’est par la grâce [l’amour immérité de Dieu] que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu, ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. Personne n’a donc de raison de se vanter. Ce que nous sommes, nous le devons à Dieu » (Ephésiens 2v8-10).

Le plus dur est de renoncer à ses propres efforts, c’est-à-dire à l’orgueil.

 

L’auteur de l’épître aux Hébreux parle des sacrifices qu’on faisait sous l’Ancienne Alliance pour recevoir le pardon des péchés; et il ajoute : « Ces offrandes et ces sacrifices qu’on présente ainsi à Dieu sont incapables de donner une conscience parfaitement nette à celui qui rend un tel culte » (Hébreux 9v9b) ; et il ajoute : « Nous avons là une représentation symbolique des réalités  de l’époque actuelle ». La vraie dimension est celle de la grandeur de l’œuvre de Christ à la croix : « Mais le Christ s’est offert lui-même à Dieu, comme une victime sans défaut. A combien plus forte raison son sang  purifiera-t-il notre conscience des œuvres qui mènent à la mort afin que nous servions  le Dieu vivant » (v14).

Le baptême : une mort salutaire

– Le symbole de la mort dans le baptême revêt une autre dimension : un groupe d’ouvriers plaisantait sur la religion, cet « opium du peuple » qui prive ceux qui s’y adonnent des bonnes choses de la vie. Un ouvrier alors prit la parole :

« Vous avez raison, car j’en ai moi-même fait l’expérience. Un jour j’ai reçu Jésus dans ma vie. Eh bien ! C’est fou ce que j’ai perdu. J’étais esclave de l’alcool et je me ruinais la santé ; il m’a fait perdre son goût et tout désir de recommencer. Je fumais beaucoup ; il a pris mes cigarettes et m’a fait perdre toute envie du tabac. Mon foyer était devenu un véritable enfer ; il a été transformé quand je suis devenu chrétien. Oui, il a pris tout ce qui gâchait mon existence lorsque je me suis donné à lui ».

Il y a des morts salutaires ; en se donnant à Dieu, on lui donne la possibilité de faire mourir en nous ce qui nous détruit.

La deuxième étape du baptême d’eau est le fait de sortir de l’eau, symbole d’une nouvelle vie.

Et cela, c’est l’œuvre de Dieu : « A cause du grand amour dont Dieu nous a aimés, alors que nous étions spirituellement morts à cause de nos fautes, il nous a fait revivre les uns et les autres avec le Christ. Par notre union avec Jésus-Christ, Dieu nous a ressuscités » (Ephésiens 2v4-6).

Au lieu d’un « sport extrême » à faire pour espérer être sauvé, il est question d’un « amour extrême » de Dieu envers chacun de nous ; à accepter et à recevoir dans la foi.

Et c’est là qu’est la différence essentielle entre la conception d’un baptême qui pourrait sauver parce qu’on l’accomplit, et l’acceptation de l’œuvre de Dieu qui pardonne et donne la vie éternelle ; gratuitement.

Jean-Baptiste disait en voyant Jésus venir : « C’est lui qui vous baptisera dans le Saint Esprit et le feu » (Matthieu 3v11) : le baptême d’eau reflète alors cette réalité intérieure, comme un signe de reconnaissance envers Dieu de ce qu’il a fait, un témoignage devant tous de ce qui s’est passé intérieurement : nous avons été plongés dans la présence de Dieu, dans le Saint Esprit et c’est cela qui nous a purifiés (« être baptisé dans le feu »).

Le baptême d’eau reflète cette nouvelle vie, vécue en Christ et avec lui.

Si vous ne connaissez pas cela, Dieu vous invite à vous tourner vers lui dans la confiance, à lui demander pardon pour vos fautes, et vous recevrez cette vie intérieure qui parle de réconciliation avec Dieu et de la vie éternelle avec lui.

Jean-Ruben

Pour approfondir le sujet :

Faites passer le message ...Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Email this to someonePin on Pinterest

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *