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La perfection, être parfait, est-ce réalisable !?

La perfection, être parfait, est-ce réalisable !?

Ils interpellent, ces passages de la Bible qui parlent de la perfection, comme si c’était possible sur la terre ! Difficile de suivre ces textes et d’adhérer à un tel enseignement… Pourtant, ils sont assez nombreux pour ne pas les délaisser. L’histoire, pourtant, nous montre l’importance de ce point : une étude sur le sujet de la perfection chrétienne montre que quand ce thème est enseigné et que les chrétiens le prennent au sérieux, cela est suivi de Réveils.

Mais quand l’Eglise devient une institution, centrée sur ses intérêts, quand les luttes interconfessionnelles reprennent le dessus, l’Eglise stagne ou même régresse ; de même quand elle se focalise sur les grands débats de société de sorte qu’on délaisse ce point de la perfection.

Quel est le but de Dieu pour ceux qui lui appartiennent ? Jésus termine la première partie du Sermon sur la montagne par cet ordre : « Votre Père céleste est parfait. Soyez donc parfaits comme lui » (Matthieu 5v48). Difficile d’accepter une telle affirmation ! D’accord, c’est un ordre que laisse Jésus, mais comment oser penser que nous pouvons le vivre !?

Alors, qu’est-ce que la perfection ? Qu’est-ce que la Bible entend par cette notion ? Examinons quelques textes.

Lectures : Philippiens 3v7-16 ; Hébreux 4v14-16, 5v7-10 ; Jacques 1v2-4

1) La perfection; ce qu’elle n’est pas :

. C’est certain : « La perfection n’est pas de monde » ; alors…, « merci, Seigneur, pour ces beaux appels à la perfection, c’est une belle perspective ; et c’est tout ! Merci parce qu’au ciel, là, on sera parfait ! ».

Cela correspond à ce que Paul écrit : « Quand viendra ce qui est parfait, alors ce qui est imparfait disparaîtra » (1 Co 13v10) : au ciel (et rien qu’au ciel), le péché n’existera plus, les maladies, les égarements non plus. Alors, cette perfection est différente de l’état de non-péché.

Cette perfection dont parle la Bible n’est pas l’absence de péché. Matthieu Lelièvre écrit dans ce sens : « Cette perfection, réalisable en ce monde, n’excepte ni de l’ignorance ni de l’erreur ; ce n’est ni l’omniscience ni l’infaillibilité ». La Bible n’en parle donc pas comme une vie sans péché.

. Les chrétiens de l’Eglise de Corinthe sont appelés par Paul des enfants alors que, vu leurs connaissances, ils devraient être des adultes spirituels : ce n’est donc pas une connaissance intellectuelle de la Bible qui rend parfait.

. Ou encore : « Non, je ne suis pas encore parvenu au but, je n’ai pas atteint la perfection » (Philippiens 3v12) ; mais…, juste 2 versets plus loin, il affirme : « Nous tous qui sommes parfaits, ayons cette même pensée (courir vers le but) » (v15).

Parfaits ou pas ? Il y a donc 2 niveaux différents sous un seul mot.

2) Qu’est-ce donc alors que cette perfection dans la Bible ?

Ce mot a aussi pour traduction possible : « fin, but, accomplissement, achèvement » ; il y a l’idée de maturité. Etre parfait, c’est être arrivé à maturité. Dans ce sens, être parfait n’est plus quelque chose d’irréalisable mais de très concret : c’est le fait de parvenir au but que Dieu a prévu pour chacun de ses enfants.

Jésus n’a jamais péché (Hébreux 4v15 ; il était donc parfait selon notre premier sens de la perfection) ; mais il n’est arrivé à la perfection (selon la perception biblique) qu’à la croix : « Dieu a élevé à la perfection par ses souffrances celui qui devait ouvrir le chemin du salut » (Hébreux 2v10 ; voir aussi 5v8-9 : Christ a été amené à la perfection en ce qu’il a appris l’obéissance par tout ce qu’il a souffert).

Jésus est parvenu à la perfection à la croix en ce qu’il a accompli le but de sa venue sur la terre : il est mort à la place des êtres humains.

Vivre la perfection selon Dieu, c’est penser, parler, agir selon la volonté de Dieu

C’est vivre le but que Dieu a pour nous ; c’est arriver à maturité. Et cette maturité spirituelle se concrétise dans le comportement, à travers l’obéissance, la consécration à Dieu.

Cette maturité selon Dieu est différente de celle à laquelle nous pensons : elle n’est pas liée à l’âge, comme si un chrétien devait attendre d’avoir 50 ou 70 ans pour être parfait.

Un exemple de la nature : un bourgeon est parfait, un fruit est parfait quand ils le sont à la bonne période prévue pour l’espèce ; il y a des roses de Noël qui sont parfaites quand elles fleurissent à… Noël et non en été.

Un jeune chrétien se développe différemment d’un chrétien qui a 40 ans de vie avec le Seigneur ; mais il est parfait selon Dieu quand il accomplit le plan de Dieu pour lui à ce moment.

Le comportement révèle cette perfection-maturité

C’est Jacques qui appuie sur ce point : « Par les œuvres, la foi d’Abraham fut rendue parfaite » (Jacques 2v22) ; ce ne sont pas les œuvres qui assurent le salut mais, par leur cohérence avec la foi intérieure, elles l’accomplissent.

Mais Jésus, en parlant de la perfection (Mattieu 5v48), montre que ce ne sont pas seulement les actes qui le sont : il parle des racines des actes, les pensées qui doivent être pures.

3) Quelques signes qui révèlent cet accomplissement dans la vie du chrétien :

. « Les adultes (« parfaits ») prennent de la nourriture solide [pas de la blédine] : par la pratique, ils ont exercé leurs facultés à distinguer ce qui est bien de ce qui est mal » (Hébreux 5v14) : les chrétiens adultes savent donc discerner d’une manière juste. Les chrétiens mûrs sont ceux qui ont un jugement sûr.

En écrivant aux chrétiens de Corinthe, Paul leur dit en quoi il les considère comme des enfants : « Mes frères, ne soyez pas des enfants dans votre façon de juger des choses. (…) Dans le domaine du jugement, montrez-vous des adultes » (1 Corinthiens 14v20) ; avant et après, il insiste sur le fait d’édifier les autres ; celui qui cherche avant tout à s’édifier  lui-même, celui-là fait preuve de manque de maturité (et cela à travers tous les dons), au contraire de chercher avant tout l’édification des autres (v3-4, 12, 26 ; 12v7).

. Chercher l’intérêt des autres avant le sien, c’est aimer.

Et la dimension suprême de la perfection-maturité, c’est l’amour : « Par-dessus tout, revêtez-vous de l’amour qui est le lien de la perfection » (Colossiens 3v14) ; l’amour selon Dieu n’est pas du sentimentalisme mais s’exprime dans l’écoute vraie, le désir d’aider l’autre, de lui faire du bien, dans le pardon, en passant soi-même au second plan.

C’est Jean, l’apôtre de l’amour, qui parle le plus de cette perfection à travers l’amour : « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et son amour est parfait en nous (il se manifeste pleinement parmi nous) » (1 Jean 4v12). L’égoïsme fait de nous des bébés spirituels.

« Dans l’amour, il n’y a pas de place pour la crainte, car l’amour véritable chasse toute crainte. En effet, la crainte suppose la perspective d’un châtiment. L’amour de celui qui vit dans la crainte n’est pas encore parvenu à sa pleine maturité (perfection) » (4v18). Quand Jésus dit : « Soyez parfaits », il vient de parler de l’amour pour les ennemis.

. La capacité à obéir est un autre de ces signes.

Le but d’Epaphras (Colossiens 4v12) est de prier pour que les chrétiens de Colosses « tiennent bon, comme des adultes (parfaits) dans la foi, prêts à accomplir pleinement la volonté de Dieu ». L’obéissance à ce que Dieu demande, ainsi que la persévérance révèlent la maturité spirituelle.

. La persévérance

. Jacques parle de la perfection-maturité en rapport avec la persévérance : « Vous le savez : la mise à l’épreuve de votre foi produit l’endurance. Mais il faut que votre endurance aille jusqu’au bout de ce qu’elle peut faire pour que vous parveniez à l’état d’adultes et soyez pleins de force, des hommes auxquels il ne manque rien » (Jacques 1v3-4) : face aux difficultés de la vie, celui qui est adulte les surmontera et saura en tirer les côtés positifs. La persévérance, c’est la foi vécue dans la réalité de la vie, souvent éprouvante. Mais là aussi, le but de Dieu est la perfection du chrétien.

. La maîtrise de la langue

Jacques donne un autre signe de la perfection : « Celui qui ne commet jamais de faute dans ses paroles est un homme parvenu à l’état d’adulte (parfait), capable de maîtriser son corps tout entier » (3v2).

En rapport avec les paroles, quelqu’un conseillait ceci : « Consacre tant d’heures à ton perfectionnement qu’il ne te reste plus de temps pour critiquer les autres », c’est-à-dire : pour éviter la tentation de critiquer les autres, cherche pour toi-même là où tu dois progresser.

4) Quelques moyens que nous donne la Parole de Dieu pour vivre cette perfection :

. Le but de l’apôtre Paul est « de faire paraître devant Dieu tout homme parvenu à l’état d’adulte dans son union avec le Christ » (Colossiens 1v28) : c’est la communion avec Jésus-Christ qui permet cette perfection.

Nous pensons qu’il nous est impossible de devenir parfaits par nous-mêmes, selon Dieu ? C’est la réalité, mais ce n’est que dans notre communion avec lui que cela devient réalité : « Gardons les yeux fixés sur Jésus, qui nous a ouvert le chemin de la foi et qui la porte à la perfection » (Hébreux 12v2) : c’est l’œuvre du Seigneur de l’accomplir en moi ; quelle est, déjà,… la condition ?

Il est intéressant de voir l’enseignement de cette épitre aux Hébreux montrer l’aspiration depuis toujours de l’être humain à la perfection (sans se satisfaire d’une vie de médiocrité) ; mais il le fait en s’appuyant sur ses propres forces, en cherchant à accomplir pour Dieu des actes. Or, « la loi n’a rien amené à la perfection » (7v19) : chercher à obéir à la loi de Dieu n’amène qu’à constater… son incapacité à la vivre. « La Loi de Moïse ne peut en aucun cas amener à la perfection ceux qui s’approchent ainsi de Dieu » (10v1).

C’est Christ, et lui seul en nous, qui peut nous faire grandir jusqu’à une maturité spirituelle qu’il veut nous donner, en vivant dans la communion avec lui. « Celui qui garde sa Parole, l’amour de Dieu est véritablement parfait en lui » (1 Jeann 2v5) : nous n’avons pas à chercher à être parfaits par nos efforts mais à écouter et à garder la Parole de Dieu ; le résultat est alors cette maturité-perfection.

 

. Dieu accorde à son Eglise différents ministères pour faire croître jusqu’à une pleine maturité les chrétiens (Ep 4v11-16) ; son but est que « nous soyons tous parvenus à l’état d’hommes faits » (pas comme les camemberts…, mais comme des fruits arrivés à une maturité qui les rend délicieux pour leur propriétaire et ceux qui les mangent…).

Si l’élément essentiel pour connaître cette perfection est la communion avec le Seigneur, l’Eglise participe à ce but.

 

. Et puis, Jésus donne la clé pour connaître ce but parfait, en montrant au jeune homme riche que ce n’est pas avant tout en obéissant aux commandements mais en se donnant entièrement : « Si tu veux être parfait, vends tout ce que tu possèdes et donnes-le aux pauvres, et viens et suis-moi » (Matthieu 19v21).

Le chrétien adulte se donne entièrement à Dieu en étant prêt à lâcher ce qui le possède ; Paul invite le chrétien « à offrir son corps [tout son être] comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu » et ainsi il pourra « discerner ce qui est bon, ce qui plaît à Dieu, ce qui est parfait » (Romains 12v1, 2).

 

Aspirons à vivre non une vie de médiocrité ou de satisfaction facile mais cette perfection qu’il veut nous offrir.

Jésus, après avoir parlé de l’union avec lui, de l’amour reçu de lui et vécu envers les autres, ainsi que de l’obéissance à sa Parole (Jean 15v9-14) termine en disant : « Tout cela, je vous le dis pour que la joie qui est la mienne vous remplisse vous aussi et qu’ainsi votre joie soit parfaite ». Déjà sur terre.

Jean-Ruben

Pour approfondir le sujet :

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