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Juges 4-5 : La victoire de Dieu, malgré tout et malgré nous … 

La victoire de Dieu éclate malgré nous, comme le soleil perçant les nuages noir

Dans ces textes de Juges 4-5, l’histoire de Débora et des tribus qui, soit sont restées chez elles, soit se sont engagées à ses côtés, va nous parler en fin de compte de la manière dont Dieu veut nous faire connaître la victoire. Alors, malgré les craintes que nous pouvons avoir pour notre avenir, pour nous personnellement ou pour notre famille, pour notre Eglise ou notre pays, j’espère que nous nous arrêterons sur cette dernière réalité, la victoire de Dieu dans nos situation malgré tout…

1) La situation du peuple du temps de Débora :

Nous sommes au XIIIème siècle av JC. Les israélites connaissent l’oppression ; la raison de cette épreuve nous est donnée : ils avaient abandonné Dieu. Les cananéens les dominaient. Et les israélites avaient cédé au virus de la politique du compromis (beaucoup plus dangereux que celui de la grippe…).

Jabin, le roi des cananéens, avait sous ses ordres une armée redoutable, qui possédait 900 chars. A l’opposé, « en Israël, on ne voyait ni bouclier ni lance chez les 40.000 soldats » (Ju 5v8). Mais ce déficit était en fait précieux  pour eux ; pourquoi ? Parce qu’Israël ne pouvait plus avoir la tentation d’essayer d’obtenir la victoire sur le même terrain que les cananéens.

Face à une réalité similaire, notre réaction est facilement le découragement ou alors d’essayer d’obtenir les mêmes armes pour croire qu’on remportera la victoire. Et nous nous appuyons facilement sur ce que nous possédons (ou au contraire que nous ne possédons pas) pour envisager la victoire (ou la défaite).

D’autre part, la situation intérieure dans le pays d’Israël est bien lamentable ; l’insécurité régnait : « Les routes étaient abandonnées et ceux qui voyageaient prenaient des chemins détournés » (5v6). La raison est donnée juste après : « Les chefs étaient sans force en Israël » (5v7). L’anarchie régnait ; l’angoisse et le désespoir aussi.

Le chef de l’armée Barak est loin d’être une… baraque ! Il est présenté comme irrésolu et craintif. Son nom signifie « Eclair », mais sa lumière est bien pâle.

La confusion est avant tout spirituelle : « Israël avait choisi de nouveaux dieux » (5v8) ; l’abandon de Dieu est le début de la dégringolade à tous les niveaux.

Sans parler des tensions internationales : « La guerre était aux portes » (5v8).

Cette situation est bien proche de celle que nous vivons à tous les niveaux dans notre pays, mais peut-être aussi sur le plan familial ou personnel.

2) L’appel à l’engagement pour Dieu :

Après l’épreuve suscitée par Dieu pour amener ce peuple à se tourner  vers lui, il se produit un changement salutaire : Israël s’engage vis-à-vis de Dieu et vit une repentance vraie.

Un philosophe juif écrivait : « Le pire dans l’homme, ce ne sont pas ses péchés – car la tentation est grande et sa force est petite. Le pire dans l’homme, c’est qu’à chaque moment il pourrait faire demi-tour – et il ne le fait pas ». « Ils crièrent à l’Eternel » (4v3) : ils font demi-tour, ils vivent une conversion en se tournant vers Dieu.

Et alors Dieu répond ! Il suscite une femme, Débora. Elle était prophétesse ; elle était pleine de sagesse, d’humilité, à l’écoute de Dieu. Elle exerce tout au long de l’histoire un ministère de la parole. Assise sous le palmier, comme les autres maîtres, elle dispense un enseignement.

Et puis, à l’opposé de Barak, Débora compte sur les promesses de Dieu et l’assurance de son intervention.

L’engagement, c’est aussi celui des 10.000 soldats. Mais Débora parle initialement de 40.000… C’est que, question démission, ils ont été gâtés ! L’appel avait été fait aux 10 tribus (les 2 le plus au sud étaient, semble-t-il, trop éloignées) ; mais la réponse favorable, pour s’engager dans la lutte contre l’ennemi, n’est venue que de la part de 6 tribus, ou même de parties de ces tribus (alors que, du côté de Sisera, le chef cananéen, « tout le peuple était avec lui », 4v13).

Et les autres ? 4 tribus, qui ne sont pas parmi les plus lointaines, manifestent un certain égoïsme ; elles sont caractérisées chacune par l’eau (« les ruisseaux de Ruben, le Jourdain de Galaad, les navires de Dan, le rivage de la mer et les ports d’Aser »). Cela parle-il d’ouverture vers les autres ou de fuite possible ?

Quand on est ouvert au monde, il n’y a pas souvent l’ouverture vers les siens :

  • Ruben est décidé d’aller soutenir ses frères ; avec un petit problème pourtant : « Grandes furent leurs résolutions et les délibérations de leur cœur » (5v16) : question parlotte et belles théories, ils sont champions ! Mais quant à agir… En fait, la tribu de Ruben « agit »… en écoutant le bêlement des troupeaux (5v16) : il faut bien, quand même, s’en occuper, et ne pas faillir à cette responsabilité ! Chacun son métier, les brebis seront bien gardées…
  • Galaad ne semble pas trop touché par ce qui se passe ; il est de l’autre côté du Jourdain : chacun doit balayer devant sa porte… Là aussi, c’est le « moi d’abord » qui exclut les autres. Les frontières déterminent mes intérêts. Cette bataille ne concerne pas cette tribu ; à eux de se débrouiller ! A chacun ses problèmes, pourvu qu’on n’a pas à porter ceux des autres.
  • Dan est resté sur ses navires ; pas pour faire une croisière mais pour du commerce. Pas le temps donc de soutenir ses frères ! Le commerce est exigeant et le planning est fort chargé ! Faut le comprendre, quand même…
  • Et puis, il y a Aser : pour cette tribu, par contre, c’est pas le stress professionnel qui l’étouffe !  Elle se trouve, pourtant, tout proche du lieu du combat. Mais on bronze au soleil : « Il est assis sur le rivage, il se repose dans ses ports » ; là au moins, c’est plus calme… Sinon, à quoi ça sert de s’être fatigué à construire des digues contre les tempêtes !? Vivre pour les autres qui appellent au secours n’est pas la préoccupation de ces personnes.
  • Il est aussi fait mention de Méroz (inconnu au bataillon ; au propre comme au figuré…). Débora dit à leur sujet : « Maudissez Méroz, dit l’ange de l’Eternel, car ses habitants ne vinrent pas au secours de l’Eternel, au secours de l’Eternel, parmi les hommes vaillants » (5v23) : en fait, celui qui ne vient pas au secours du peuple de Dieu ne secourt pas Dieu. Ce n’est pas que Dieu est faible et qu’il a besoin d’un sérieux coup de main mais il a voulu la collaboration de l’être humain. Méroz dit qu’il ne veut pas s’impliquer ; c’est un « non » catégorique.

Cet égoïsme qui caractérise ces différentes tribus règne partout. Cela peut se voir au niveau de l’individu, du couple, d’une Eglise. La solidarité et l’engagement seraient-ils une valeur qui disparaîtrait de plus en plus ? Dieu attend certainement un engagement concret, fondé sur un amour profond qui vient de lui.

3) La victoire vient de Dieu

Cette victoire est étonnante par les moyens employés : Dieu surprend par ses méthodes, souvent différentes des nôtres, et cela malgré les défections et le petit nombre. Ici la victoire est assurée par des individus et des tribus qui ont accepté de sortir de leur égocentrisme et qui ont décidé d’aider les autres.

– Les individus : ce sont Débora, Barak (malgré pas mal d’hésitation, de peur et de manque de confiance en Dieu), et Jaël (encore une femme, qui assure la victoire en tuant Sisera ; elle s’engage malgré les risques).

– On passe ensuite aux collectivités ; l’engagement des tribus suit celui des individus.

Les tribus de Nephtali et Zabulon, appelées en premier, répondent présent et prouvent leur engagement en étant prêtes à affronter la mort. Ephraïm et Benjamin viennent du sud pour les soutenir, même si ces tribus ne sont pas concernées directement. Et au centre, Manassé et Issacar les accompagnent.

 

Malgré leur nombre, les israélites sont beaucoup moins nombreux que l’armée ennemie. Et au lieu de les monter en épingle, Débora reconnaît que la victoire est grâce à « un reste du peuple ». La foi n’élimine pas la réflexion, qui elle-même est soumise à la volonté de Dieu ; Débora dit à Barak : « N’est-ce pas l’ordre qu’a donné l’Eternel : ‘Va, dirige-toi vers le mont Thabor. J’attirerai vers toi, au torrent de Kison, Sisera, avec ses chars et ses troupes, et je les livrerai entre tes mains’ ? » (4v6-7). L’ordre était de refuser d’aller sur le terrain de prédilection de l’ennemi.

« C’est logique ! », pensons-nous ; mais pourtant nous faisons le contraire : nous employons les mêmes méthodes humaines que les autres qui vivent sans Dieu pour être victorieux. Peut-être parce que nous ne savons pas exploiter ce que Dieu nous offre ou parce que nous ne croyons pas dans les armes qu’il met à notre disposition.

 

. Cela nous conduit à ce qui est essentiel pour Débora : « L’Eternel donna la victoire sur les héros » (5v13). La victoire n’est attribuée ni à la force d’Israël, ni à la faiblesse de l’ennemi mais elle vient de l’intervention de Dieu : en pleine saison sèche, l’orage a embourbé les chars cananéens ; et Barak (« Eclair ») a fondu sur l’ennemi.

Grâce à la confiance en Dieu, le faible devient fort, le fort est confondu. Dieu se révèle comme le vrai maître de la nature : la victoire sur les cananéens est aussi une victoire sur Baal, le dieu de la nature et de la pluie.

 

L’apôtre Paul est persuadé également de la même solution : « Dieu choisit les choses faibles du monde (Débora, Barak, Jaël, nous, moi) pour confondre les fortes » (1 Corinthiens 1v27) ; à condition que la reconnaissance de ma faiblesse me pousse à une vraie confiance en Dieu (et non au découragement).

 

Pour conclure, c’est donc l’histoire d’une permission (Dieu permet l’épreuve, face au péché d’Israël), d’une rémission (Dieu donne son pardon à Israël qui se tourne vers son Sauveur), d’une mission (que Dieu confie à Débora pour libérer son peuple) et aussi d’une démission (celle de Barak qui n’accepte sa responsabilité que poussé par Débora).

Mais la victoire vient de Dieu.

La condition : la confiance dans la Parole de Dieu, vécue dans un engagement pour Dieu, aux côtés des autres. Et c’est ce que nous voulons relever surtout, même si cela a mis 20 ans à se réaliser, même si beaucoup n’ont pas tenu leur engagement : Débora peut dire : « Le peuple s’est montré prêt à combattre : bénissez-en l’Eternel ! L’Eternel donna la victoire » (5v2, 13).

Aujourd’hui, comment est-ce que mieux vivre cela ?

Jean-Ruben

Pour approfondir le sujet :

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