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Hébreux 11-12 : L’action de Dieu est puissante et… diverse

La puissance de Dieu ... agissante et diverse

Nous sommes dans un monde où l’être humain est de plus en plus puissant : les moyens technologiques le prouvent. En tout cas, ils vont en s’amplifiant et l’homme croit que sa puissance va aussi en augmentant. Mais cela lui fait aussi oublier l’autre réalité : celle de Dieu. En fait, plus l’homme pense qu’il est puissant, plus il se produit un détournement de confiance chez lui : « Je crois en l’homme », tel est le credo plus que jamais ; à quoi il faut rajouter : «… dans lequel on croit de moins en moins ». Le message qui parle de la puissance de Dieu doit être sans cesse rappelé. Dieu est le Tout-puissant !

L’auteur de l’épitre aux Hébreux (chapitre 11) rapporte ce témoignage de la puissance de Dieu ; si l’accent est mis sur la foi, ce n’est pas elle qui est puissante : elle est le déclencheur indispensable de la puissance de Dieu ; mais c’est Dieu lui-même qui agit. Nous allons nous arrêter sur ces interventions divines. Mais d’abord, voyons quelques obstacles à ces interventions.

1) N’oublions pas combien Dieu est grand !

C’est en effet l’un des dangers auxquels nous sommes confrontés. Nous risquons d’enfermer Dieu dans un système et dans un mode d’action : le nôtre. Tout dépend du milieu duquel nous venons ; cela se manifestera à travers nos demandes à Dieu : « Tu as promis de me délivrer ; donc tu le feras ! » ; ou : « Je le crois, si c’est ta volonté » ; ou encore : « Tu le feras parce que je crois ». Ou alors on ne croit pas que Dieu puisse intervenir ; Dieu est éloigné des préoccupations personnelles ou les problèmes sont trop importants…

Ne pas limiter Dieu à notre échelle

Le risque est dans ce cas de croire en l’intervention de Dieu mais dans la mesure où il nous semble que c’est possible. Nous risquons alors d’enfermer Dieu dans notre système de pensée ; l’intervention de Dieu est, en fait, dépendante de notre raisonnement (cartésien ; et comme la logique fait qu’on ne croit que ce qu’on voit, on croit… en soi). Et quand Dieu ne répond pas comme nous le pensons, le doute conduit vite au sentiment d’échec et de remise en question de l’action de Dieu. Par exemple, beaucoup de personnes qui suivaient Jésus attendaient de lui qu’il délivre de l’envahisseur romain ; déçus, plusieurs se sont détournés de lui et cela les a conduits à le crucifier même.

C’est peut-être petit à petit que nous en sommes arrivés à ne plus croire en un Dieu qui « peut faire infiniment au-delà de ce que tout nous pensons » (Ephésiens 3v20) ; parce qu’il n’a pas agi comme nous le lui avions demandé.

Le texte d’Hébreux 11 répond à ce risque : attention de ne pas enfermer Dieu dans un raisonnement. Les désirs humains ne peuvent limiter l’action de Dieu.

« Je pense et puis j’oublie… »

L’exemple des israélites dans le désert est révélateur de cela : ils avaient vécu des miracles extraordinaires ; mais ensuite, confrontés aux épreuves du désert, ils oublient ce que Dieu a fait. Le Psaume 78 insiste sur les nombreux miracles qu’ils avaient vécus qui sont suivis de cette triste réalité : « mais ils se détournaient de Dieu, ils tombaient dans l’incrédulité ».

Dieu donne une solution à Israël pour pouvoir être renouvelé dans ce rappel de sa puissance : les fêtes ; elles rythmaient l’année juive. Le sabbat, chaque samedi, rappelait l’œuvre de Dieu pour la création (Exode 20v8-11) et aussi la libération de l’esclavage (Dt 5v15); la Pâque était le rappel de l’esclavage et de la délivrance de l’Egypte ; la fête des Semaines (Pentecôte) permettait d’être reconnaissant pour les récoltes ; la fête des Tabernacles rappelait la période dans le désert et la manière dont Dieu les avait conduits malgré leur faiblesse ; la fête des Expiations parlait du pardon des péchés et rappelait la grâce de Dieu qui libère intérieurement ; plus tard, la fête des Pourim, depuis Esther, rappelait la délivrance des juifs persécutés par Haman. Ces fêtes renvoyaient à des interventions diverses de Dieu et rappelaient que Dieu est toujours le même dans sa puissance.

Les disciples venaient d’assister à une multiplication des pains quelque temps auparavant ; mais ils avaient déjà oublié ce miracle… « Etes-vous sans intelligence, leur dit Jésus, et ne vous rappelez-vous plus les pains des 5000 hommes et combien de corbeilles vous avez emportées, ni les 7 pains des 4000 hommes et combien de corbeilles vous avez emportées ? » (Matthieu 16v9-10). Ils ne comprenaient pas la pensée de Jésus parce qu’ils réfléchissaient seulement à travers leur logique et c’était l’oubli des interventions de Dieu.

Se rappeler que Dieu est tout puissant

Pour pouvoir contrebalancer notre système de pensée humain et les idées reçues quotidiennement, il est nécessaire de se rappeler ce qu’il est dit de la puissance de Dieu dans la Bible mais aussi d’entendre les témoignages récents. Cela contribue à renouveler notre foi dans la puissance de Dieu.

Toute l’épitre aux Hébreux traite de la puissance de Dieu pour sauver autour de 2 axes : il est rappelé les actes de puissance que Dieu a manifestés dans l’Ancien Testament et il est démontré que Jésus est supérieur à tous et qu’il est un Sauveur parfait. En plus de l’affirmation de cette puissance, il y a, au chapitre 11, un enseignement sur la manière dont il agit.

2) Diversité des actes de puissance de Dieu :

Concrètement, comment le Seigneur a-t-il agi ? Cela nous permet alors de le connaître le mieux possible, sans le limiter à notre approche.

– « Ces hommes (Gédéon, Barak, Samson, Jephté, David, Samuel et les prophètes) ont fermé la gueule des lions. Ils ont été remplis de force alors qu’ils étaient faibles. Ils ont mis en fuite des armées ennemies. Des femmes ont vu leurs morts ressusciter pour leur être rendus » (Hébreux 11v32-35) : quel rappel de la puissance de Dieu !

Et pourtant avec des hommes bien imparfaits : Gédéon a remporté la victoire avec seulement 300 hommes, armés… d’une torche, d’une trompette et d’un vase chacun ; Barak était tout sauf une baraque : il est plus connu comme un poltron, mais avec seulement 10.000 soldats il a détruit l’armée ennemie. David a échappé souvent au roi Saül qui avait pourtant une armée puissante. Les trois amis de Daniel ont survécu à la fournaise ardente dans laquelle ils avaient été jetés. Des femmes, comme la veuve de Sarepta ou la Sunamite ont vu leur fils ressusciter ; et la résurrection est le signe le plus grandiose de la puissance de Dieu.

Que de récits extraordinaires (même si ceux-ci s’étalent sur des siècles) qui attestent la puissance de Dieu !

 

– D’autres manifestations de l’intervention miraculeuse de Dieu sont données : « Ils exercèrent la justice », c’est-à-dire qu’ils ont fait ce qui est juste aux yeux de Dieu ; voilà un miracle qui confère la force de Dieu, malgré l’opposition violente ; « ils ont obtenu la réalisation de promesses » : ils se sont appuyés sur ce que Dieu avait dit et ils ont vu que Dieu avait alors fait changer le cours des évènements (par exemple Abraham avec la naissance miraculeuse d’Isaac).

Oui, Dieu a là aussi manifesté sa puissance ; et il veut continuer à agir ainsi aujourd’hui.

 

– Mais il y a aussi ces affirmations : « D’autres, en revanche, ont été torturés. D’autres encore ont enduré les chaînes et la prison. Certains ont été tués à coups de pierres, d’autres ont été sciés en deux ou mis à mort par l’épée. D’autres ont mené une vie errante, dénués de tout, persécutés et maltraités, eux dont le monde n’était pas digne » (v35-38).

Voilà une suite bien gênante… Où est l’action de Dieu pour eux, et aujourd’hui pour ces millions de chrétiens persécutés, pour tous ceux qui sont rejetés et qui souffrent physiquement, moralement !?

Une première réponse  est liée au choix personnel : « Ils ont refusé d’être délivrés, afin d’obtenir ce qui est meilleur : la résurrection » (v35) : ils aspiraient à connaître une délivrance totale ; leur aspiration à vivre dans la présence de Dieu et à ne plus vivre dans ce monde d’épreuves était plus fort que leurs aspirations terrestres.

Certains ont connu la mort dans des souffrances atroces : on pense que c’est Esaïe qui a été scié en deux alors qu’il s’était réfugié dans un arbre ; Jérémie a été plusieurs fois en prison et a connu le rejet constant.

Où est la puissance de Dieu !? Pourquoi n’est-il pas intervenu, s’il est Dieu Tout-puissant ? En tout cas ce n’est pas à cause du manque de foi de ces hommes : ils sont cités dans la liste des héros de la foi, et en dernier : comme pour les mettre en valeur (et non en bas de page, en caractères minuscules) : « Tous ceux-là, à la foi desquels il a été rendu témoignage, n’ont pas obtenu ce qui leur était promis » (v39).

Pourquoi Dieu ne délivre pas toujours ? Ici, il est dit que c’est parce que Dieu avait quelque chose de mieux pour eux qu’une intervention miraculeuse sur terre : il leur a donné ce qui est parfait (v40) ; et l’auteur de ces versets nous associe à ce projet : « Ils ne devaient pas parvenir sans nous à la perfection ». Si la vie difficile nous est commune, l’espérance dans la vie parfaite avec le Seigneur (la vie éternelle) l’est aussi.

 

– Nous avons peut-être connu une de ces situations : soit l’intervention miraculeuse de Dieu, soit le fonds de l’épreuve (et nous pensons que, là, Dieu n’est pas intervenu). Voilà un mystère ; nous ne comprenons pas la seconde situation. Le risque d’enfermer Dieu dans un système de pensée est facile. N’empêche : il demeure le Tout-puissant. Mais ce passage force un peu notre compréhension : Dieu est présent dans ces situations, même extrêmes, et Dieu a un plan pour nous.

3) Pour vivre l’une ou l’autre des manifestations de la puissance de Dieu, il nous est donné la condition : la confiance.

Si ces hommes ont persévéré malgré ces épreuves, c’est parce qu’ils ont continué à placer leur foi en Dieu ; c’est pour cela que juste après il est écrit que nous aussi, pour ne pas être écrasés par nos fardeaux et notre péché, la solution est la même : « Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée en gardant les yeux fixés sur Jésus » (12v1-2).

La foi est le moyen de voir l’action de Dieu et vivre la force de Dieu ; elle permet de tenir bon malgré les épreuves ; le chrétien peut découvrir à travers les difficultés une profondeur spirituelle, comme le voilier qui avance malgré le vent contraire.

La foi en Dieu est le moyen de dépasser le mystère et de voir les réalités spirituelles promises.

Pas à pas, Dieu permettra de vivre ainsi : « Jésus nous a ouvert le chemin de la foi et il la porte à la perfection » (12v2).

 

Nous avons facilement des lunettes teintées, qui ne voient que la vie en rose ou en noir et qui nous font entrevoir l’action de Dieu d‘une manière faussée. Ce passage, entre autres, nous permet de nous attendre à Dieu qui agit quand on lui fait confiance.

Mais malgré nos doutes et nos imperfections, nous pouvons ressembler à Pierre qui vient de renier son Seigneur ; et juste après, leurs regards se sont croisés : « Jésus le regarda ». Etait-ce un regard de condamnation ou d’amour ? Certainement un regard qui a permis à Pierre de comprendre qu’il était toujours possible de revenir à lui et cela l’a amené à reconnaître ses fautes et ensuite à recevoir le pardon du Seigneur.

« Ayons les yeux fixés sur Jésus », c’est là notre place, et lui agira ; même si c’est différemment que ce que nous pensions.

 

Jean-Ruben

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2 commentaires sur “Hébreux 11-12 : L’action de Dieu est puissante et… diverse”

  1. Maurice dit :

    Que Dieu nous accorde la grâce pour exercer la foi fondée sur Sa Parole afin que nous soyons sauvés! merci pour le message! que Dieu augmente encore plus votre sagesse et connaissance de Sa Parole au Nom de Jésus-Christ! Amen!

    1. eglise.agen dit :

      Merci pour votre commentaire bien sympathique.

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