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Etre sourd aux autres

Etre sourd aus autres

On peut être sourd vis-à-vis de Dieu, sourd à sa Parole, à ses appels. Jésus dit à ses disciples qu’on peut refuser de l’écouter, par peur d’être guéri de cette surdité (Matthieu 13v14-15) ; c’est pourquoi il fait appel à la volonté : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » (Marcc 4v9). Mais quand on est prêt à ouvrir ses oreilles pour écouter Dieu, il nous les ouvre et il fait une œuvre de guérison. Et la Parole devient vivante. (Mais surtout, restons humbles : nous prenons facilement notre propre pensée pour celle de Dieu…)

Si on peut être sourd à la voix de Dieu, on peut également fermer les oreilles vis-à-vis des autres, et mettre des bouchons dans les oreilles, à certains moments. Etre sourd aux autres, c’est aussi un handicap terrible : pour les autres qui appellent, pour soi-même (parce qu’on s’enferme dans l’égocentrisme), pour Dieu (parce qu’il désire se servir de nous dans son plan).

Comment se traduit cette surdité vis-à-vis des autres ? Quelles sont les raisons qui me font fermer mes oreilles ?

Lectures : Luc 10v35-43 ; Marc 2v1-12 ; 5v23-43 ; 1 Thessaloniciens 5v14

1) On est sourd aux autres à cause de l’indifférence :

Alors que nous vivons dans un monde de communications, c’est souvent l’ignorance mutuelle qui est la réalité.

Un dessin humoristique appuyait sur cette réalité : un africain parlait d’un européen entouré de ses ordinateur, téléphones, télévision : « Il invente plein d’appareils pour parler, entendre, voir ; même pour commander sa pizza ! Et en réalité, il n’a vu personne : il est resté chez lui ! Ça, oui ! » Voilà un blanc qui a tourné au vinaigre…

On peut être sourd aux autres comme l’ont été, dans la parabole du bon samaritain (Luc 10v25-37), le sacrificateur et le lévite – des hommes religieux par excellence ! – qui ont refusé d’entendre la souffrance de celui qui avait été battu. L’indifférence venait certainement de la peur d’être à leur tour attaqué ; sécurité oblige ! Leur planning ne pouvait peut-être pas supporter d’être perturbé… Et puis, il faut le reconnaître, ce n’est pas avec leurs petits moyens qu’ils pouvaient aider réellement cet homme ; trop blessé pour être aidé.

Sans parler du fait que la loi de Moïse rendait impur celui qui touchait un mort ; et pour accomplir ce pourquoi on allait à Jéricho, impossible de ne pas tenir ses engagements… Autant de raisons plausibles pour faire un détour afin de ne pas aider.

Autant de raisons que nous estimons « valables » pour que nous restions sourds aux besoins des autres.

En fait, Jéricho est souvent le symbole du monde ; si c’est cela que Jésus a en tête pour faire aller ces hommes de Jérusalem (la ville divine) à Jéricho, c’est peut-être pour montrer que lorsqu’on se laisse attirer par le monde, l’amour de soi l’emporte sur l’amour pour les autres et qu’on devient sourd à leurs besoins.

L’indifférence ou l’absence de conscience de ces besoins vient de l’égoïsme.

Un autre épisode qui se passe près de Jéricho : un aveugle, Bartimée, crie et appelle Jésus (Luc 18v35-43) ; mais ses voisins le reprennent : « Chut… ! On écoute ce que Jésus dit ! ». Mais Jésus s’arrête : lui ne reste pas sourd à ceux qui l’appellent : « Que veux-tu que je te fasse ? ».

« Celui qui ferme son oreille au cri du pauvre criera lui-même et n’aura pas de réponse » (Proverbes 21v13).

A l’opposé, ce que font certains d’entre nous envers leurs voisins m’encourage pour ne pas rester sourd envers mon prochain (occasionnel ou permanent). « Seigneur, ouvre mes oreilles pour que j’aime de ton amour et que je sois à l’écoute des autres ».

2) Je suis facilement sourd à cause de mes problèmes personnels :

Là, nous parlons de nos limites à supporter le poids d’autres fardeaux en plus du nôtre. Je suis d’autant moins attentif quand je traverse des difficultés. Quand on rentre à la maison après une journée tendue avec des collègues de travail, c’est dur d’assumer les problèmes de la famille ; la tendance est de fermer les oreilles et d’allumer la télévision ou l’ordinateur. Ou quand on vit des problèmes familiaux, comment supporter en plus ceux des personnes extérieures ?

Là encore, l’exemple de Jésus nous fait réfléchir : il a rencontré difficulté sur difficulté : l’opposition quasi systématique de la part des religieux, l’incompréhension de sa famille qui l’a rejeté, sans parler des problèmes causés par ses proches amis, les disciples ; ses journées étaient bien remplies ; il a rencontré malades sur malades.

Dans ce contexte, Jaïrus vient implorer Jésus : « Ma fille est près de la mort » (Marc 5v23-43); et Jésus l’écoute, change son programme et part avec lui. Mais voilà que pendant le voyage, une femme malade vient toucher Jésus et elle est guérie. Alors Jésus s’arrête : il entend tous les appels – même silencieux – et il y répond ; parce qu’il est Dieu…

Mais nous, nous ne sommes que des êtres humains bien limités.

« Mais, Seigneur, ouvre mes oreilles aux besoins des autres, malgré mes propres problèmes ; et renouvelle en moi ton amour et ta force. »

3) On est sourd également quand on s’arrête au cri sans aller au fond du problème :

Un enfant a mal au ventre ; la solution facile est de lui donner un médicament qui le soulagerait (normalement…). Mais c’est probablement rester sourd à son problème (qui a déclenché la douleur physique) que de réagir ainsi. L’aider, c’est l’écouter pour essayer de le comprendre ; et l’écouter, c’est le début d’une vraie guérison.

Face à la violence dans certains quartiers, on pense qu’en donnant des subventions conséquentes le problème se règlera. Mais au-delà de ce cri de la violence, il y a le vide intérieur, dans un contexte familial souvent désastreux.

Face au problème de la misère, en Afrique par exemple, la solution est d’ouvrir le porte-monnaie, mais c’est bien plus difficile d’apprendre à gérer des cultures et à rendre indépendants ces populations.

Jésus est devant cet aveugle ; il voit bien que celui qu’il a en face de lui est aveugle ! Mais il veut l’écouter : « Que veux-tu que je te fasse ? » (Luc 18v41), pour répondre à son besoin.

Un des premiers miracles de Jésus met l’accent sur la nécessité de chercher à répondre à ce qui est le plus essentiel : quatre hommes portent un paralytique devant Jésus en faisant un trou dans le toit tellement la foule était grande (Marc 2v1-12). Et Jésus ne commence pas en disant : « Lève-toi et marche ! » mais par : « Mon enfant, tes péchés te sont pardonnés » (v5). Cela montre que pour Dieu, la priorité est dans la vie intérieure. Dieu ne fait pas la sourde oreille aux besoins les plus profonds.

« Seigneur, aide-moi à écouter et à percevoir les vrais problèmes (et pas seulement ceux des autres mais aussi ceux dont je dois être guéri) ; ouvre mes oreilles ».

4) On est sourd quand on juge les autres :

Un problème certainement fréquent, c’est que je vois facilement les autres à travers mon cheminement.

Si quelqu’un ne progresse pas comme moi j’ai progressé (j’oublie juste les années que ça a pris…), j’ai tendance à le juger et à trouver anormal son comportement.

Il ne s’agit pas d’être tolérant à tout va, mais d’être compréhensif,… comme le Seigneur l’est envers chacun de nous ; sinon, nous serions depuis longtemps condamnés.

Il nous supporte malgré les domaines de notre vie qui ne sont pas encore réglés, et il nous aime quand même. Il nous considère, dans sa grâce, à travers l’œuvre de Christ.

Nous, nous sommes expéditifs envers les autres ; le Seigneur, lui, est patient envers nous. « Souvent nous passons un savon aux autres ; Jésus nous lave les pieds. »

 

Jésus entend la remarque de Marthe vis-à-vis de sa sœur Marie qui écoutait Jésus, tandis qu’elle, elle travaillait dur ! Elle accuse même Jésus d’être sourd à ses besoins : « Ça ne te fait rien que, moi, je fasse tout !? ». Elle juge et sa sœur et Jésus.

Dans sa réponse, lui, met le doigt sur le fait qu’elle est enfermée dans ses préoccupations ; il ne dit pas qu’elles sont mauvaises mais son stress la coupe des autres et des priorités : elle est sourde sur toute la ligne.

 

Paul donne quatre écoutes et réactions possibles vis-à-vis des personnes qui ne sont pas parfaites (1 Thessaloniciens 5v14) :

  1. Certaines mènent une vie déréglée, alors : « Avertissez-les », c’est-à-dire : ne soyez pas sourds à ce qui est un problème dans lequel elles se complaisent peut-être, interpelez-les pour qu’elles réfléchissent et reviennent de leur mauvais comportement.
  2. D’autres sont découragées, abattues, craintives ; comment les aider ? « Réconfortez-les », au lieu de les enfoncer encore plus en jugeant leur manque de confiance ; relevez ce qui est positif chez elles, encouragez-les à s’engager.
  3. D’autres encore sont faibles, elles se laissent facilement entraîner, elles ne sont pas solides dans leur foi ; la réaction facile est là encore le jugement : on a du mal à accepter celles qui se complaisent dans la passivité ; et Paul dit plutôt : « Soutenez-les, supportez-les ».
  4. Et puis, il y a les autres, les « normaux »… Et là – surprise – Paul dit : « Soyez patients envers tous » ; pourquoi la patience !? Tout simplement parce que, à un moment ou à un autre, tous nous décevons ; et là, c’est d’autant plus difficile d’accepter qu’il y ait des chutes.

Je fais peut-être partie de cette dernière catégorie, et le risque est de me croire supérieur aux autres, en étant sourd… à mes propres besoins.

Si nous sommes prêts à aider, à donner, il faut prendre conscience que nous devons recevoir : recevoir des autres, recevoir du Seigneur, de sa Parole ; comme l’avait compris Marie qui voulait en priorité être à l’écoute de Jésus. Avec humilité.

« Seigneur, ouvre mes oreilles pour que je ne condamne pas mais que, par ma réaction et mes paroles, je fasse tout pour rendre plus solide mon prochain ; et que j’accepte de recevoir moi-même d’eux. »

 

Il y a quelque temps, dix personnes s’étaient lancé un défi ; elles étaient toutes avec des handicaps : il y avait quatre personnes aveugles et six sourdes-muettes. Leur défi ? Parcourir 2000 km dans le désert pendant trois semaines, avec un but : prouver qu’il est possible de communiquer, malgré leur handicap, et vivre ensemble en s’entraidant.

Nous sommes tous plus ou moins handicapés, et nous sommes facilement sourds aux autres. Mais il est nécessaire que le Saint Esprit fasse ce miracle en nous, entre nous : apprendre toujours plus à nous écouter pour nous entendre, et être heureux ensemble malgré nos divergences et nos problèmes non réglés encore, en avançant ensemble, même si c’est pour traverser le désert. Mais nous marchons vers le même but : le pays promis.

Tout comme les deux commandements les plus importants sont d’aimer Dieu et d’aimer son prochain, Dieu nous appelle à ouvrir nos oreilles à sa Parole et, par voie de conséquence, à écouter notre prochain. C’est-à-dire à aimer.

Jean-Ruben

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