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Esaïe 32v18 : « Une oasis de paix » – Nevé Shalom – Wahat al-Salam

oasis de paix - Neve Shalom

« Nevé Shalom » : c’est le nom d’un village entre Jérusalem et Tel-Aviv (à 70km, au nord-ouest) ; il a été créé en 1970 et regroupe actuellement 50 familles. Sa particularité est que juifs et arabes cohabitent avec le désir de montrer qu’il est possible de vivre ensemble dans la paix. Le nom a été repris d’Esaïe 32v18 (il peut être traduit par « domaine, séjour, oasis »). Oasis : est-ce masculin ou féminin ? Les 2 (même si c’est le féminin qui est le plus souvent employé) : cela parle déjà de tolérance !

On rêve de connaître une oasis dans ces temps de chaleur, peut-être même de désert, une oasis de paix ; entre juifs et arabes, entre peuples qui connaissent la guerre, mais aussi au sein de nos familles,… et de nous-mêmes. Ah… que c’est bon de trouver et de rester dans une oasis au lieu d’errer dans le désert. Oasis, oasis…

1) Les circonstances, dans le contexte d’Esaïe 32 :

Jérusalem va subir l’attaque de Sennachérib (nous sommes en 701 av JC) ; elle est la seule ville qui résiste. Mais… pour combien de temps encore ? La « paix » semble bien précaire et fragile. Ceux qui assiègent la cité de David sont une armée bien plus puissante en qualité et en quantité, face à un peuple appauvri, affaibli (physiquement, moralement). La tempête va tomber sur l’oasis et l’ensabler ; le désert gagne inexorablement du terrain.

Et à ce moment, Esaïe, le porte-parole de Dieu, annonce pourtant : « Mon peuple demeurera dans une oasis de paix, mais la forêt tombera » (Esaïe 32v18, 19) : la promesse est que la forêt, qui est beaucoup plus grande qu’une oasis avec quelques palmiers-dattiers, disparaîtra ! Et en effet, les assyriens seront vaincus et Jérusalem sera toujours debout.

Mais dans ce texte apparaît une autre réalisation de la prophétie d’Esaïe ; comme souvent, Dieu se sert d’une circonstance vécue pour annoncer une autre perspective, plus grande encore (les circonstances exceptionnelles qui sont données ici l’annoncent) : le Messie viendra et créera une oasis de paix, avec la venue de l’Esprit comme condition nécessaire pour la connaître.

2) Arrêtons-nous sur les conditions présentées dans ce passage pour qu’une oasis de paix soit rendue possible :

A Nevé Shalom, cette communauté de croyants, juifs et musulmans, et de non-croyants fondent la réussite de la paix sur les efforts humains. C’est déjà remarquable et c’est important de mettre tout en œuvre pour réaliser de tels rêves ; « bien souvent, l’impossible est tout simplement ce qui n’a pas été essayé ». Et il faut saluer ces efforts.

Mais il s’agit de la religion humaniste (la plus représentée dans tous les temps et dans tous les peuples), où Dieu est relégué au rang de spectateur.

Mais la proposition qui est faite au peuple d’Israël, et à tous, est autre. Mais en quoi est-elle différente, et supérieure ? Dieu a annoncé cette perspective dans un contexte immédiat particulier, alors qu’il était impossible de parler de paix, de sécurité, de victoire face à une armée assyrienne qui balayait tout sur son passage ; même les préparatifs les plus efficaces ne pouvaient que retarder la défaite. La solution ne pouvait venir des capacités humaines (alors que Juda cherchait à s’appuyer sur d’autres humains plus puissants, comme l’Egypte : Esaïe 31v1-3). La perspective que Dieu donnait dépassait les efforts humains : c’est lui qui accorde la délivrance (Esaïe 31v4-6).

Soyons plus précis : dans le texte, il est question d’un autre roi qui « exercera son règne avec justice » (Esaïe 32v1) ; une autre condition pour que vive cette oasis de paix, c’est que « l’Esprit soit répandu d’en haut, et alors le désert deviendra un verger, et le verger sera semblable à la forêt » (32v15). Ce n’est qu’alors que la paix naîtra et demeurera : « Le fruit de la justice sera la paix. L’effet de la justice, ce sera la tranquillité et la sécurité à tout jamais ; et mon peuple habitera une oasis de paix » (v17). Pas de paix sans la justice, sans la venue de l’Esprit et celle du Roi.

Mais les juifs disaient : « Pas de paix sans une armée forte, sans des moyens importants et des alliances intéressantes ». Aujourd’hui, on pense : pas de paix sans argent, sans une bonne santé ; la notion moderne de la justice est bien différente de celle de la Bible qui est le fait d’accomplir ce qui est juste aux yeux de Dieu, c’est-à-dire faire sa volonté.

La justice et la paix ne sont pas avant tout des attitudes à vivre mais elles sont liées à une personne, le Roi. Il accomplira la justice (32v1). Est-ce que cela s’est réalisé ?

Jésus a vécu en accomplissant parfaitement la volonté de son Père ; « Jésus-Christ a été fait justice » (1 Corinthiens 1v30) : sa vie incarne la volonté de Dieu, parce qu’il l’a vécue et la révélée. C’est pour cela que l’apôtre Paul peut alors affirmer : «  C’est en lui que nous devenons justice de Dieu » (2 Corinthies 5v21). Ce n’est donc pas en faisant, en agissant par lui-même que l’être humain accomplira la justice (et vivre alors la paix) : c’est en recevant celui qui est la justice qu’il pourra ensuite la vivre. Idem pour la paix : la paix ne se fabrique pas, elle se reçoit ; avant tout par une personne : « Jésus-Christ est notre paix » (Ephésiens 2v14) ; « Que le Seigneur de la paix vous donne lui-même la paix, en tout temps et de toute manière ! Que le Seigneur soit avec vous tous ! » (2 Thessaloniciens 3v16) : la paix profonde découle de la présence du Seigneur.

Et comme le passage d’Esaïe 32 montre que la paix est liée à la venue du Roi et également à celle de l’Esprit, nous pouvons voir l’accomplissement à travers cette affirmation de Paul : « Le fruit de l’Esprit, c’est la paix » (Galates 5v22).

Justice et paix sont associées : la paix découle de la justice qui vient de Dieu : « Puisque nous avons été déclarés justes en raison de notre foi, nous sommes en paix avec Dieu grâce à notre Seigneur Jésus-Christ » (Romains 5v1).

Ce n’est pas qu’une belle théorie, Dieu nous permet de le vivre. C’est son œuvre en nous ; et sa Parole est bien plus fiable que nos sentiments.

3) Conséquences :

. « Mon peuple habitera une oasis de paix, dans des demeures sûres ». Imaginez près de vous, un courant électrique d’un million de volts… Petit problème pour vous ! Mais si vous mettez une feuille isolante, rien ne peut vous arriver.

Si je me confie en Jésus-Christ, il sera ma protection. « Alors la paix de Dieu, qui surpasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera votre cœur et votre pensée sous la protection de Jésus-Christ » (Philippiens 4v7). Cela n’élimine pas les épreuves mais la paix de Dieu permet de les surmonter.

7 prisonniers russes étaient accusés de crime de guerre. Dans la nuit précédant leur mise à mort, on entendait dans leur cellule des cris, des injures ; tout à coup, un se met à chanter : « En sécurité dans les bras de Jésus, je me repose sûrement ». « Tu es fou ! Arrête ! » Koshino répondit alors : « Cette nuit, j’ai pensé aux chants que ma mère m’avait appris, aux versets de la Bible et j’ai prié, comme le brigand sur la croix. Et je sais que Dieu m’a pardonné ». « Ah… si seulement pour moi c’était possible », dit un autre condamné. Et quelques minutes plus tard, tous ces hommes (qui allaient mourir) se retrouvèrent à genoux, dans le calme, devant les gardiens, stupéfaits. Là, en prison, se trouvait un Nevé Shalom. Malgré la perspective très proche de la mort. Ces hommes possédaient la paix parce qu’ils avaient fait la paix avec Dieu.

. Après avoir découvert un abri en Dieu, voici une autre répercussion extraordinaire pour ceux qui sont au bénéfice de la justice et de la paix de Dieu : « Voici qu’un roi exercera son règne avec justice et chacun sera comme un abri contre le vent, un refuge contre l’orage ; il sera comme un cours d’eau sur un sol desséché ou comme l’ombre d’un rocher dans un désert aride » (Esaïe 32v2). Si nous avons expérimenté la réconciliation et la paix avec Dieu, nous devenons de ceux qui sèment la paix et apportent la sécurité. Par nos efforts ? Non : en laissant le Dieu de paix nous permettre de déborder de sa paix ; la solution est de se laisser diriger, remplir par sa présence.

« Jésus proposa cette parabole : le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et semé dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences ; mais quand il a poussé, il est plus grand que les légumes et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent nicher dans ses branches » (Matthieu 13v31-32) : c’est le corps de Christ, l’ensemble des véritables croyants qui attirent beaucoup d’autres personnes, à cause de ce qu’ils sont, involontairement, de par la présence de Christ en eux (et non pas parce qu’ils sont meilleurs que les autres).

Nous devenons des Nevé Shalom alors, malgré nous. Cette semaine passée, nous avons vécu un oasis de paix au camp de famille de Tipi Ardent. Est-ce que notre famille physique est un Nevé Shalom ? Il est nécessaire que le Seigneur vienne renouveler sa paix, par sa présence, pour que nous soyons cette oasis ; mais il ne le fera pas sans ce pas de la confiance et dans la dépendance en lui. Au-delà de nos imperfections, il est bon de se rappeler que, parce que le Seigneur vit en nous, notre vie personnelle ou familiale reflète cette paix. Dieu agit par notre vie de couple, ou de parent seul, auprès de nos enfants à travers notre relation avec lui. Idem sur notre lieu de travail.

C’est l’histoire de cette cruche qui était fendue ; chaque jour, le jardinier remplissait d’eau son arrosoir… qui arrivait au jardin à moitié vide. Un jour, il dit à son propriétaire sa honte : « Pendant des mois, je n’ai pu apporter que la moitié du volume d’eau que tu avais mis ; pardonne-moi… » « Quand nous retournerons, je veux que tu remarques les jolies fleurs le long du chemin : chaque jour, en les arrosant goutte à goutte, tu as permis qu’elles s’épanouissent, sans que tu t’en rendes compte ».

« Le fruit de la justice est semé dans la paix par ceux qui recherchent la paix » (Jacques 3v18). Nous estimons peut-être que nous avons peu d’importance au sein de notre Eglise ou dans notre voisinage ou dans notre famille ; ceux qui sèment la paix, tranquillement, sans bruit, sont certainement plus utiles pour Dieu que ceux qui font de beaux discours.

Par la paix qui nous habite, qui rayonne comme une conséquence de notre vie avec Dieu, nous semons la sécurité, nous devenons pour ceux qui nous entourent un abri contre le vent.

Ce qui est important, ce n’est pas le groupe, les autres, c’est que moi, chacun soit une oasis de paix. Il y a une bénédiction certaine pour les autres, nous dit ce passage d’Esaïe, lorsque nous vivons avec Dieu et que nous connaissons la justice et la paix qui en découlent.

Mais si nous ne connaissons pas cette paix personnellement, nous pouvons nous approcher de celui qui le Nevé Shalom par excellence, le Roi de paix qui veut nous donner sa paix.

Jean-Ruben

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