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Jérémie 1v4-10 – 1 Corinthiens 3v9-16 : Edification de la construction de Dieu

Edification et croissance du chrétien, comme la construction d'un bâtiment, d'une facade ...

Ça y est : nous sommes dans un bâtiment dont les travaux sont (presque) finis ! Grâce aux artisans professionnels d’une part, et aux bénévoles d’autre part, notre salle de culte est transformée ! Mais avant sa construction, il a fallu démolir pour transformer profondément. Cela m’a fait penser au message que Dieu avait donné au prophète Jérémie : « Je t’établis comme prophète pour que tu arraches et que tu abattes, pour que tu bâtisses et que tu plantes » (Jérémie 1v10). Il fallait démolir avant de rebâtir.

Pour rénover, transformer une vie, il faut souvent, auparavant, éliminer : dans la construction d’une vie, on s’aperçoit qu’il y a des éléments qui doivent être changés pour être solide.

1) Ensemble et chacun individuellement, nous sommes la construction de Dieu :

La construction de notre nouvelle salle de culte va nous permettre d’aborder le sujet de la vie avec Dieu : Paul écrit (1 Corinthiens 3v16 ; 6v19) : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit ? Vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez Dieu dans votre corps et dans votre esprit qui appartiennent à Dieu » ; ou encore : « En Christ, toute la construction s’élève, bien coordonnée, afin d’être un temple saint dans le Seigneur, et, unis au Christ, vous avez été intégrés ensemble à cette construction pour former une demeure où Dieu habite par l’Esprit » (Ephésiens 2v21-22).

Cette construction qu’est notre vie est plus ou moins solide ; Paul écrit : « On peut bâtir sur ce fondement (à savoir Christ) avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume… » (1 Corinthiens 3v12).

A propos de construction plus ou moins solide, quelqu’un faisait remarquer ceci dans un journal : « Le seul élément garanti 30 ans dans la construction des maisons, c’est l’emprunt souscrit par les acheteurs ! » ; cela en dit long sur la solidité des constructions aujourd’hui.

Pour construire solidement, il faut donc choisir ses matériaux ; et Paul ajoute que ces matériaux avec lesquels nous aurons construit notre vie seront révélés… au Jour du Seigneur ; c’est-à-dire quand nous serons devant lui. La conséquence de la manière dont nous construisons notre vie n’est pas seulement pour notre bonheur terrestre mais la portée est aussi pour la vie éternelle.

Ces matériaux pour construire solide commencent par la lecture et la méditation de la Bible ; pour Jésus, il s’agit du fondement de la vie même : « Celui qui écoute ce que je dis et qui l’applique, ressemble à un homme qui a bâti sa maison sur le roc » (Matthieu 7v24). Zwingli, un des réformateurs, disait : « Il faut lire la Bible pour s’y cogner le nez » ; cela prouve qu’il est possible de la lire, malheureusement, d’une manière allégée, light, de l’écouter avec le même résultat que l’eau qui coule sur les plumes d’un canard (même s’il est engraissé dans le Gers…) : sans aucun effet.

Le risque est d’être nous aussi engraissés, d’avoir beaucoup de connaissances, sans que notre vie soit édifiée avec le matériau solide qu’est la Parole de Dieu.

 

Ecouter la Parole de Christ et l’appliquer : cela me fait penser à cette histoire : un homme demandait au roi : « Comment éviter la tentation ? » « Prends un vase d’huile bien rempli, et fais le tour de la ville sans en verser une goutte, sinon ce sera la mort ! » Notre homme revient sans avoir perdu une goutte… « Qu’as-tu vu pendant ton tour ? », demande le roi. « Rien ! J’ai fixé mes yeux sur le vase ! » « C’est bon, tu sais comment éviter de tomber dans la tentation ».

Pour nous, ce n’est pas la peur d’être puni par Dieu qui doit nous motiver, mais le fait de fixer notre regard sur Christ (Hébreux 12v2) est la solution pour tenir bon et construire notre vie solidement.

 

Notre but est d’avoir une doctrine solide, d’être dans une Eglise où l’enseignement biblique donné est solide ; c’est intéressant de voir ce que Paul dit à propos de la doctrine : « Pour toi, Tite, dis les choses qui sont conformes à la saine doctrine » , c’est-à-dire (et il parle des chrétiens de différents âges) : « être maître de soi-même, réfléchi, plein de force dans la foi, dans l’amour et la persévérance ; avoir un comportement digne de Dieu, ne pas être médisant ni adonné à la boisson ; aimer son conjoint et ses enfants, mener une vie équilibrée et pure ; être en tout un modèle d’œuvres bonnes ; vivre dans la soumission ; se montrer digne d’une entière confiance,… afin de faire honorer en tout la doctrine de Dieu notre Sauveur » (Tite 2v1-10) : voilà la doctrine : elle se voit dans la vie de chaque jour, à travers le comportement. Pour vivre une vie en accord avec la volonté de Dieu, pas une vie en plaquo-plâtre (qui est jolie en apparence mais pas solide, parce que surtout théorique), « il faut lire la Bible pour s’y cogner le nez ».

 

Un moment difficile dans notre projet d’agrandissement de notre salle a été l’abattage des deux magnifiques chênes ; bon, il y en avait un qui était à l’évidence pourri, mais en fait, l’autre aussi menaçait de tomber sur le toit parce qu’à la fourche des deux immenses branches, le cœur était pourri. Mais on ne le voyait pas.

Jésus accuse les pharisiens et les scribes d’avoir une apparence religieuse honorable mais à l’intérieur ils sont pourris, semblables à des sépulcres beaux extérieurement et qui respirent la mort à l’intérieur (Matthieu 23v25-28).

Il y a de quoi rebuter les non-chrétiens quand notre vie n’est pas cohérente avec notre message ; il y a de quoi être déçu de nous-mêmes à cause de notre comportement qui s’oppose à ce que nous visons. C’est souvent alors pour tirer comme conclusion : « Misérable que je suis… » (Romains 7v24).

2) Comment mener une construction solide ?

Face au constat d’échec que nous faisions, le moyen de construire notre vie n’est pas facile à trouver ; surtout si on s’entête dans une conception où on ne compte que sur… une partie de la solution seulement.

Je m’explique avec cette histoire : nous faisions du canoë entre amis quand un a chaviré ; pourquoi ? Tout simplement parce que les 2 amis ramaient du même côté, et plus ils tournaient en rond plus ils essayaient de ramer vite, du même côté, pour essayer d’inverser le sens et ils sont tombés à l’eau. Il y a 2 côtés dans le plan de Dieu, et il nous faut les vivre tous 2.

 

Notre belle salle de culte s’est montée grâce aux artisans professionnels et… aux bénévoles ; certains ont été plus indispensables que d’autres mais les uns sans les autres, le résultat n’aurait pas été le même. Pour édifier une vie de manière solide, pour que notre maison tienne bon dans les tempêtes, il y va de l’action de Dieu et de notre engagement.

La construction ne peut être menée à bien quand on s’appuie seulement sur ses propres capacités (les œuvres) ou quand on spiritualise à outrance et qu’on ne compte que sur l’action de Dieu.

 

Deux textes, en particulier, appuient cela : « Par sa puissance, Dieu nous a donné tout ce qu’il nous faut pour vivre dans l’attachement au Seigneur, en nous faisant connaître celui qui nous a appelés. Ainsi nous bénéficions des dons infiniment précieux que Dieu nous avait promis. Il a voulu, par ces dons, vous rendre conformes à ce que Dieu est, vous qui avez fui la corruption que les mauvais désirs font régner dans ce monde. Pour cette raison même, faites tous vos efforts… » (2 Pierre 1v3-4 + 5a).

Dieu nous a donné, alors : faites tous vos efforts pour le vivre.

 

« Faites fructifier votre salut, avec crainte et respect. Car c’est Dieu lui-même qui agit en vous, pour produire à la fois le vouloir et le faire, conformément à son projet plein d’amour » (Philippiens 2v12 + 13).

Nous vivons donc cette édification dans la mesure où nous mettons en action notre volonté de vivre comme Dieu le demande et où nous vivons ce que Dieu nous a donné. L’accent est mis sur l’œuvre de Jésus-Christ pour nous et en nous, et non sur notre œuvre pour lui. Notre responsabilité est de désirer vivre cela : cela passe par la foi ; nous exprimons alors cette volonté de ne pas nous accrocher à ce qu’on est (et que nous chérissons, malgré tout ; par exemple certains péchés que nous aimons parce qu’ils font du bien ou parce qu’ils forment notre identité ; ils nous aveuglent alors) et cet abandon dans l’intervention de Dieu.

 

Un autre texte appuie cette double action : Ephésiens 5v18 : première partie : « Ne vous enivrez pas de vin : cela vous conduirait à une vie de désordre » : qu’est-ce que cela a à faire avec la construction de notre vie ? Paul montre qu’il n’y a pas que l’alcool qui crée le désordre dans la vie : ce qui précède montre que le désordre naît dans les pensées ; ce que nous regardons nourrit nos pulsions, si bien que, comme lorsqu’on est sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue, nous ne sommes plus maîtres de nous-mêmes.

Alors, c’est la dépréciation de soi-même, la culpabilisation, le sentiment d’échec qui dominent. Et avec cela, on ne construit pas une vie, on la démolit ; et souvent on démolit celle des autres.

Il faut abattre avant de construire, enlever ce qui n’est pas solide et choisir les bons matériaux.

 

Pour cela, après avoir parlé du risque de se laisser maîtriser par des facteurs extérieurs qui touchent le moteur de notre vie (nos pensées), Paul parle de l’action de Dieu mais qui est en lien direct avec notre engagement : « Laissez-vous constamment remplir par l’Esprit » (Ephésiens 5v18), c’est-à-dire : acceptez d’être contrôlés par Dieu. Notre effort consiste trop souvent à essayer de construire notre vie par nous-mêmes ; mais ce que le Seigneur propose, c’est de le laisser remplir notre vie de sa présence, de son influence.

 

Celui qui est soumis à ses pulsions se croit libre parce qu’il vit ce à quoi il aspire ; « quoi de mal à ça… ? », peut-on répondre ; mais ce sont les conséquences qui révèlent si notre maison, notre vie est bien construite. Les vies démolies en sont, malheureusement, le triste résultat. Au contraire, celui qui se laisse remplir du Saint Esprit vit en harmonie avec Dieu, avec lui-même et avec les autres (Paul décrit ces conséquences dans les versets suivants ; Ephésiens 5v19-21).

 

C’est l’expérience que le grand apôtre Paul a dû faire et qui lui fait conclure : « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12v7-10) : cela semble une opposition illogique ! Mais quand je m’abandonne à Dieu, Dieu me fait trouver la vraie dimension de la vie ; quand je meurs à moi-même (à mes capacités), il me donne sa force ; quand je viens à lui, il me relève ; quand je me reconnais devant lui démuni, il m’équipe.

 

« Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie (« je reconnais mes fautes »),

prie (« je veux dépendre de toi, Seigneur »),

cherche ma face (« je veux vivre dans ta présence et faire ta volonté »)

et s’il se détourne de sa mauvaise conduite (« je ne veux plus vivre selon mes pulsions »), je l’exaucerai du ciel (« oui, le Seigneur répond »),

je lui pardonnerai ses péchés (« oui, Dieu délivre de ce qui nous détruit »)

et je le guérirai (« oui, il nous transforme profondément ») » (2 Chroniques 7v14).

 

La construction de notre salle de culte n’est pas terminée : il y a encore du temps à passer pour les finitions. La construction de notre vie non plus n’est pas encore achevée ; mais si nous vivons cet engagement à vivre en comptant sur Dieu, avec la décision d’obéir à sa Parole, n’oublions pas de vivre cette dépendance de lui : « Remplis-moi de ton Esprit pour que ma vie soit édifiée avec ton aide, ta force, pour que ma foi ne soit pas qu’une belle théorie ; toi qui donnes le vouloir et le faire, remplis-moi de ta présence pour que je t’aime et que j’aime les autres, pour que ma vie soit édifiée, se construise selon tes principes, solidement, profondément et non superficiellement ».

Jean-Ruben

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