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De Babel à la Pentecôte : Dieu intervient !

De Babel à la Pentecôte : Dieu intervient !

Cela s’est passé il y a 1980 ans : les pèlerins étaient réunis à Jérusalem pour la deuxième fête de l’année juive, la fête des récoltes. Et là, à ce moment, ils entendent tout à coup parler dans leurs langues, eux ces étrangers venus à Jérusalem. Signe de la venue de l’Esprit de Dieu (à Pentecôte). Tandis que quelques milliers d’années auparavant, à Babylone, les hommes étaient aussi réunis. Et tout à coup, ils se mettent à parler de nombreuses langues différentes (à Babel). A partir de ce moment, ils se sont trouvés étrangers les uns des autres.

Lecture : Genèse 11v1-9 et Actes des Apôtres 2v1-13.

Voilà deux histoires dont les parallèles sont évidents, mais aussi dont les effets s’opposent. Deux histoires qui ne sont pas étrangères à notre situation actuelle.

Babel, ou le grand dérapage (Genèse 11v1-9).

Les hommes sont alors réunis ; ils cohabitent et vont mettre en marche leurs capacités technologiques (déjà étonnantes à l’époque). Ils construisent une ville de 15 km de côté ; 68 km de pourtour ! Les murailles avaient entre 10 et 20 m de large ! Les maisons avaient 2, 3 ou 4 étages. On pénétrait dans la ville par une centaine de portes. Il y avait un temple (« la tour ») appelée « ziggourat » ; elle était très large en bas et possédait plusieurs étages ; elle culminait à plus de 20 m de hauteur au-dessus de la ville. On en a retrouvé plusieurs. C’était des merveilles d’architecture.

Le but était spirituel ; mais la Bible révèle les motivations secrètes de ce peuple :

– Il voulait construire « une tour qui touche le ciel »

C’est-à-dire que le but était de prendre la place de Dieu, par orgueil. Le chapitre 14 d’Esaïe (v13-14) parle de motivations du roi de Babylone : « Tu disais en ton cœur : ‘Je monterai au ciel, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles du ciel [les babyloniens ont inventé l’astrologie], je siégerai en roi sur la montagne de l’assemblée des dieux. Je serai semblable au Très-Haut ». Ce peuple mettait son intelligence remarquable au service de ce but : prendre la place de Dieu.

Encore une fois on revient à la ruse de Satan dès le début : faire croire aux humains qu’ils peuvent se passer de Dieu parce qu’ils sont eux-mêmes des dieux (Genèse 3v5). Voilà le grand dérapage : elle prend sa source dans l’orgueil humain.

Voici la conclusion de l’écrivain russe Soljenitsyne qui parlait du communisme : « Si je devais résumer la cause profonde de cette révolution désastreuse qui a détruit 60 millions d’humains, je ne saurais donner qu’une seule explication : l’homme a oublié Dieu ». Oublier est un euphémisme : il a délibérément écarté Dieu.

– Ce peuple affirmait : « Faisons-nous un nom »

C’est-à-dire : « Que nous soyons célèbres ! » L’orgueil contre Dieu a des répercussions sur le plan horizontal ; c’est l’orgueil qui déclenche tous les drames, mondiaux ou… familiaux ; ou dans les Eglises. Quand l’intelligence est mue par l’orgueil, cela engendre les conflits à tous les niveaux. On se sert des autres, sans les servir ; on cherche à assouvir ses propres intérêts et non ceux des autres. C’est l’orgueil qui me pousse à me prouver que je peux m’en sortir seul ; je n’ai pas besoin de Dieu pour ma vie et mes projets.

– Le troisième but était de ne pas être dispersé sur la terre

Ils voulaient rester unis pour avoir plus de force et de puissance. Etre unis pour mieux régner, et rester les maîtres incontestés. Et Dieu vient alors arrêter cette machination : le jugement de Dieu s’abat. Ces hommes se croyaient arrivés jusqu’au ciel, mais il est dit : « L’Eternel descendit du ciel pour voir la ville » : il ridiculise et abaisse la vanité de ces bâtisseurs en descendant bien bas pour voir leur orgueilleuse construction. Et là, il sépare les êtres humains en multipliant les dialectes. Au-delà du jugement, le but de Dieu est de casser la machine infernale du péché. Il avait laissé une liberté très grande à l’être humain ; la solution est de les éloigner pour leur donner une chance de recommencer à zéro (comme il l’avait fait du temps de Noé).

Pentecôte ou la possibilité d’une transformation profonde.

La situation (Actes 2v1-13) sous certains aspects fait penser à celle de Babel :

– Les hommes sont rassemblés, réunis à Jérusalem ; ils viennent de toutes les contrées, depuis Rome jusqu’au pays des parthes, à 2500 km à l’est de Jérusalem. Le but est spirituel, à savoir refaire comme leurs ancêtres le pèlerinage à Jérusalem.

– Mais il y a une autre réunion qui se passe dans cette ville, une réunion cachée : 120 disciples de Jésus-Christ sont réunis.  Leur but ? Prier Dieu : « Tous d’un commun accord persévéraient dans la prière, avec quelques femmes, avec Marie la mère de Jésus et avec les frères de Jésus » (Actes des Apôtres 1v14). « Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu » (2v1).

Ils vivaient ces 2 faits : l’unité (comme à Babel) et, à travers la prière, la soumission à Dieu (à l’opposé de Babel).

C’est alors que Dieu descend sous la forme visible de langues de feu : cela symbolise la parole qui vient de Dieu, une parole purifiée. Dieu leur donne la capacité de s’exprimer dans, au moins,  14 langues connues du monde de l’époque. A la Pentecôte, le Saint Esprit montre qu’il descend habiter dans la vie de ceux sont soumis à Dieu : il est présent et agit en eux. Et là, c’est le contraire de Babel où l’être humain veut prendre la place de Dieu ; à partir de cette Pentecôte, c’est celui qui accepte de se soumettre à Dieu qui connaît une transformation de vie opérée par le Saint Esprit.

Regardez les disciples : l’opposé de supermen ! Au moment où ils auraient dû prouver leur fidélité à leur Maître, quelques 50 jours auparavant, quand il est fait prisonnier, tous, même Pierre, fuient. Ensuite, ils sont enfermés à double tour dans la chambre haute, terrorisés. Mais quand le Saint Esprit remplit leur vie, alors ils sortent ! Ils n’ont plus peur, ils témoignent de Jésus-Christ : ils sont transformés par le Saint Esprit.

Quel est alors le but de Dieu à la Pentecôte ?

Ce miracle des langues peut avoir un parallèle avec l’histoire de Babel, mais le but de Dieu est bien différent : il envoie ces différentes langues, non comme un signe de jugement mais pour sauver. Alors qu’à Babel, les diverses langues étaient envoyées pour arrêter la gangrène du péché, à Pentecôte les langues sont données pour annoncer les merveilles de Dieu, la Bonne Nouvelle du salut qui découle de l’œuvre de Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous donner la vie.

A travers ces deux épisodes (l’un négatif et l’autre positif), ce qui ressort, c’est l’amour de Dieu qui veut sauver sa créature (qui pourtant s’est opposée à lui). Le plan de Dieu est de récupérer l’être humain qui s’est éloigné de lui. Dieu l’avait annoncé par Ezéchiel, 600 ans avant sa réalisation à la Pentecôte : « Je vous rassemblerai de tous les pays et je vous ramènerai dans votre pays [au lieu de la dispersion à Babel, c’est le mouvement inverse]. Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifiés. Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’enlèverai de votre être votre cœur dur comme de la pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon propre Esprit en vous et je ferai que vous observiez et pratiquiez mes lois. Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu. Je vous délivrerai de toutes vos impuretés » (Ezéchiel 36v24-29).

Voilà la solution radicale : ce changement intérieur qui sera possible par l’action du Saint Esprit que Dieu enverrait.

 

L’apôtre Paul continuera dans ce sens : « L’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix » (Romains 8v6) ; « L’Esprit nous aide dans notre faiblesse » (v26). « Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps » (1 Corinthiens 12v13). L’action du Saint Esprit nous transforme individuellement en nous donnant la force que nous ne pouvions avoir par nous-mêmes, pour vivre selon la volonté de Dieu et elle nous unit de sorte que nous formons ensemble le corps de Christ.

 

. Mais tout cela est rendu possible à cause de ce qu’a vécu Jésus :

  • Il a refusé de faire ce que les hommes ont fait à Babel, à savoir construire une ville : les juifs attendaient qu’il délivre des romains et crée un royaume terrestre ; mais Jésus affirme à Pilate : « Mon Royaume n’est pas de ce monde ».
  • Jésus a refusé de « faire une tour qui touche le ciel » ; dans une humilité parfaite, « il n’a pas cherché à rester de force l’égal de Dieu » (Ph 2v6), au contraire il est descendu dans l’enfer humain (Ephésiens 4v9-10).
  • Il a refusé l’orgueil : « Il s’abaissa lui-même en se rendant obéissant jusqu’à la mort, oui la mort sur la croix » (Philippiens 2v8).
  • Il a vécu parfaitement soumis à son Père.

Quelques remarques pour conclure :

. Babel nous interpelle aujourd’hui : notre société technologique peut mettre son intelligence dans des buts qui peuvent paraître louables, mais les motivations sont pourries par le péché. Cette réflexion d’Einstein est intéressante à ce propos : « L’escalier de la science est l’échelle de Jacob : il ne s’achève qu’aux pieds de Dieu ».

. Mais attention… regardons à nous-mêmes : notre vie manifeste-t-elle une indépendance vis-à-vis de Dieu ? Nos projets, notre manière de vivre peuvent refléter une croyance en Dieu mais en fait sans la volonté de lui être soumis.

St Exupèry aussi disait : « Ta pyramide n’a pas de sens si elle ne s’achève pas en Dieu ». La pyramide du Louvre est un édifice qui démontre la capacité technologique de l’être humain mais aussi son autonomie par rapport à Dieu.

 

Notre vie n’a de sens que si elle est soumise à Dieu, dans tous les domaines. Le message de Pierre le jour de la Pentecôte est : « Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint Esprit » (Actes 2v38).

 

La soumission vis-à-vis des autres est une conséquence de la soumission à Dieu et de la présence du Saint Esprit : à l’exhortation : « Soyez constamment en train d’être remplis de l’Esprit » (Ephésiens 5v18), une des signes est : « Soumettez-vous les uns aux autres » (v21). Il s’agit d’un déplacement du centre d’intérêt (ce n’est plus moi qui suis au centre) et d’un déplacement de la source des capacités (au lieu de compter sur soi-même, c’est sur l’action du Saint Esprit qu’on s’appuie).

 

En parlant de la tour de Babel, j’ai lu cette histoire qui se passait à Bagdad ; une histoire de tour aussi. Il y a très longtemps… un prince très riche avait mis son or dans une tour. Un jour, la ville fut prise et les conquérants enfermèrent l’homme dans sa tour en lui disant : « Mange et bois ce que tu as tant aimé ». Et là dans sa tour, il est mort.

Une vie fondée sur la recherche des possessions, loin de Dieu porte des fruits amers; tôt ou tard.

 

Babel n’est pas seulement une histoire du passé : elle se renouvelle toutes les fois où l’être humain se laisse dominer par son orgueil et, ce qui et son corollaire, par son désir d’indépendance. Mais depuis la Pentecôte vers l’an 30, le Seigneur a donné la solution pour connaître une transformation profonde autant dans notre relation avec lui-même que dans celle avec les autres : il donne son Saint Esprit à ceux qui se donnent à lui.

Jean-Ruben

Pour approfondir le sujet :

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