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Crainte des hommes, crainte de Dieu : qu’est-ce qui est déterminant dans ma vie ?

Crainte des hommes : pointé du doigt par les autres, un homme se couvre le visage de honte

Sommes-nous de ceux qui sont déterminés par le regard des autres ? Tous sont influencés, semble-t-il, par ce que les autres pensent d’eux. La Bible traite de ce sujet en parlant de « la crainte des hommes ». Cela se vit, quand on est ado, en voulant faire partie du groupe ; malheur si on n’a pas la marque de baskets des autres : on a peur d’être rejeté par les autres… Mais quand on est adulte, on ne veut pas déplaire ; et facilement, les opinions des gens déterminent notre comportement et notre pensée.

La Bible parle de ce comportement au travers d’hommes parmi les plus grands. (Ouf…, nous ne sommes pas les seuls…)

Mais il y a une guérison possible ; en tout cas, Dieu nous appelle à réagir autrement que par crainte des autres. Quel antidote Dieu nous propose-t-il ?

Que l’on ne se soucie pas des autres ou que l’on réagisse en étant déterminé par leur regard, on demeure centré sur soi ; le problème est grave… En grande partie parce que le regard des hommes est plus important que le regard de Dieu. Et en fait, Dieu est bien petit par rapport aux autres.

Les exemples de la Bible nous montrent que nous craignons les autres parce qu’ils peuvent nous humilier, nous rejeter ou nous faire du mal.

1) La peur du rejet :

. Nous avons peur des autres parce qu’ils peuvent dévoiler ce que nous sommes au fond de nous-mêmes. A travers l’histoire d’Adam et Eve (Genèse 3v1-7), nous voyons deux êtres qui prennent conscience du regard que l’autre peut porter. Et c’est la honte qui les fait se cacher, l’un par rapport à l’autre et par rapport à Dieu ; par le biais d’habits. Ridicule, mais significatif. Ils ont pris conscience de leur culpabilité et ils ne supportent pas alors d’être mis à nu.

La pensée du regard de l’autre crée la crainte des autres.

On peut ne pas tenir compte des autres en perdant la conscience de l’amour-propre et étaler devant eux des fautes ;  notre société va dans ce sens-là : on veut effacer toute culpabilité en normalisant ce que Dieu appelle péché. Mais malgré tout, la réaction humaine est de cacher ces zones d’ombre.

La crainte des hommes est facilement plus grande que la crainte de Dieu : on peut confesser une faute à Dieu moins difficilement qu’on le ferait à une personne. La honte fait réagir ainsi : « Qu’est-ce qu’on va penser de moi ? ». Cette nudité est donc d’abord spirituelle et révèle la honte qu’on essaye de couvrir.

Mais la solution n’est certainement pas dans le fait de changer le mal en bien, comme aujourd’hui on essaye de faire.

. Abraham vient d’entendre l’appel de Dieu et, rempli de confiance en Dieu, il part avec Sara. Mais à cause de la famine, il part en Egypte ; et là, il sait qu’il peut rencontrer des problèmes à cause de sa femme : elle est trop belle pour ne pas être désirée.

La solution selon Abraham ? « Quand les égyptiens te verront, ils diront : ‘C’est sa femme !’ Et ils me tueront et te laisseront en vie. Dis, je te prie, que tu es ma sœur, afin que je sois bien traité à cause de toi. Ainsi grâce à toi, ma vie sera épargnée » (Genèse 12v11-13).

La crainte d’être maltraité personnellement le conduit à ne pas craindre que sa femme soit déshonorée ; il est prêt à mentir (même si c’est un demi-mensonge en fait) : il veut surmonter sa peur en ayant recours à un mensonge. Dieu lui avait fait quelques temps avant des promesses, mais rapidement après, il estime que les égyptiens sont plus grands que son Dieu.

Et ce n’est pas terminé : plus tard (Genèse 20), il a le même réflexe : face à Abimélec, le roi de Guérar, il demande à sa femme de passer pour sa sœur. Cette crainte des hommes a failli coûter très cher à Sara et à Abraham.

Il a été aveuglé par la crainte des hommes.

Et voilà que cette disposition à cacher une vérité par peur dépasse une action ponctuelle : elle s’est reproduite chez son fils. Isaac échafaude le même stratagème : « Lorsque les hommes de l’endroit s’enquéraient au sujet de sa femme, il répondait : ‘C’est ma sœur’. Il ne disait pas que c’était sa femme : il avait peur d’être tué à cause d’elle, car elle était très belle » (Genèse 26v7-10). Et pourtant Dieu venait juste de se révéler à lui (v3-6). Voilà les conséquences du comportement d’Abraham.

 

. Quand le roi Saül remporte la victoire sur le roi des amalécites, il semble logique qu’il prenne les richesses de ce peuple ; il semble même bon en ne tuant pas ce roi ! Tout est bien… Sauf que, quand Samuel vient le rencontrer pour lui dire qu’il a désobéi à Dieu, il se justifie auprès du prophète à propos des ennemis qu’il avait épargnés et des animaux qu’il avait pris, en disant : « Je craignais le peuple et j’ai écouté sa voix » (1 Samuel 15v24).

Etonnant comme argument ! Le roi était sous la coupe de son peuple ; sa politique était déterminée par la réaction des autres qui risquaient de le rejeter et pas par la Parole que Dieu lui avait donnée. La conséquence a été la perte de la royauté. Il a eu plus peur d’être rejeté par les hommes que d’être rejeté par Dieu. Il était assujetti au pouvoir que les autres avaient sur lui sans reconnaître l’autorité de Dieu sur ses choix.

Nous craignons de perdre notre autorité et d’être rejetés par nos enfants, alors nous nous plions à leurs désirs sans appliquer ce que la Bible nous enseigne. Nous avons peur d’être rejetés au travail, par nos voisins ou dans la famille en témoignant, donc nous nous taisons. Et nous nous réfugions derrière un argument très spirituel : si nous ne savons pas que répondre, ce sera un contre-témoignage…

Mais en fait, nous avons peur de nous retrouver nus.

Parmi les chefs des religieux juifs, « plusieurs crurent en Jésus. Ils n’en faisaient pas l’aveu… dans la crainte d’être exclus de la synagogue. Car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu » (Jean 12v42-43).

Nous avons peur d’être rejetés et nous sommes alors prêts à mentir pour ne pas être plus confrontés à ce qui nous perturbe et nous insécurise. Nous risquons de changer le message de la Parole de Dieu au nom d’une meilleure acceptation par les gens, mais la motivation inavouée peut être la crainte d’être taxés d’extrémistes ou de retardés.

 

Pierre est connu pour son caractère bien trempé, déterminé. Un roc, quoi.

Mais il révèle le fond de sa personnalité quand il est confronté à l’opposition. Alors qu’il pouvait affirmer haut et fort que jamais il ne renierait son Maître, une femme le dévoile et alors ses engagements volent en éclat. Et quand c’est la crainte des autres qui détermine le comportement, c’est l’engrenage : Pierre renie à trois reprises Jésus, jusqu’à jurer en prenant le nom de Dieu.

Et là, Jésus croise le regard de celui qui vient de le renier ; ce regard va le transformer, d’abord en lui faisant prendre conscience devant Dieu de sa faiblesse et de son péché. Et dix jours plus tard, à travers le pardon que Jésus par 3 fois lui assure, il accepte que Jésus l’accepte : oui, il suivra son Maître, malgré ses faillites et ses faiblesses.

 

Mais « chasser le naturel, il revient au galop » (comme chez Abraham) ; les vieux réflexes refont surface si l’on n’y prend pas garde. Nous sommes à peu près 14 ans plus tard ; Pierre avait l’habitude de manger avec des non-juifs. Mais quand des chrétiens d’origine juive le voient, il change d’attitude et a peur d’être jugé par eux. Il a un double comportement, suivant avec qui il se trouve. Et Paul va le reprendre et s’opposer à lui à cause de cette hypocrisie (Galates 2v13). La conséquence de ce double jeu est que même Barnabas a été entraîné dans la même attitude.

 

C’est bien difficile d’être conséquent de ne pas se laisser influencer par le regard des autres ; la peur d’être dévoilé et rejeté par ceux qu’on craint peut nous dominer. Plus tard, ce même apôtre Pierre écrira : « Même si vous souffrez pour la justice, vous seriez heureux. N’ayez d’eux aucune crainte et ne soyez pas troublés » (1 Pierre 3v14-15). Pour l’affirmer ainsi, il a dû apprendre une leçon contraire à sa nature ; parce qu’il a compris que la crainte des hommes est un piège.

2) Comment guérir de cette crainte des hommes ?

. Pour faire suite à ce que Pierre écrit, lui qui est retombé dans le piège de la crainte des hommes, il ajoute : « N’ayez d’eux aucune crainte ; mais sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur » (1 Pierre 3v15) : il faut une transformation profonde (dans le cœur), et pour le vivre, cela dépend de notre engagement envers le Seigneur : à savoir vouloir le mettre à part, en premier dans notre vie (le sanctifier, le mettre au centre de notre vie).

Vivre selon Dieu, c’est vouloir le respecter ; la Bible emploie un terme bien précis pour cela : c’est craindre Dieu. Mais ce n’est pas ici un synonyme de la peur.

Racine, dans sa pièce Athalie, fait dire à Joad, le grand prêtre : « Celui qui met un frein à la fureur des flots, Sait aussi des méchants arrêter les complots. Soumis avec respect à sa volonté sainte, Je crains Dieu, cher Abner, et n’ai point d’autre crainte ».

La crainte respectueuse vis-à-vis de Dieu est le début d’une transformation profonde.

. David aura peur à plusieurs reprises, et il l’exprime à travers ses Psaumes ; mais il a trouvé le moyen de dépasser la crainte que ses ennemis lui inspiraient : « Oui, l’Eternel est ma lumière et mon Sauveur : de qui aurais-je crainte ? L’Eternel protège ma vie : de qui aurais-je peur ? (…) J’ai présenté à l’Eternel un seul souhait, mais qui me tient vraiment à cœur : je voudrais habiter dans la maison de l’Eternel tous les jours de ma vie » (Psaumes 27v1, 4 ; 56v4-5).

Pour David, le moyen de surmonter sa crainte des autres est de rester en communion avec Dieu, lui qui est son Sauveur et son protecteur.

Au lieu de surmonter la peur par le mensonge, la prise de pouvoir, la colère ou… de basculer dans le découragement et l’angoisse, Dieu nous invite à nous confier en lui en demeurant unis à lui.

« La crainte des hommes tend un piège, mais celui qui se confie en l’Eternel est protégé » (Proverbes 29v25).

 

. La crainte des autres fait dire au peuple hébreu qui était aux portes du pays promis : « Le peuple qui habite ce pays est puissant. A côté d’eux, nous avons l’impression d’être comme des sauterelles » (Nombres 13v28, 33). Dieu dit alors : « Peut-être te diras-tu : ‘ Ces nations sont plus puissantes que moi ! Comment pourrais-je les déposséder ?’ Ne les crains pas » (Deuteronome 7v17-18).

Facile à dire !! Et pour le vivre, c’est bien moi qui devrais affronter ces géants que sont les hommes ou les épreuves !

Alors Dieu ajoute à Josué, le nouveau chef d’Israël : « Ne t’ai-je pas donné cet ordre : ‘Fortifie-toi et prends courage’ ? Ne t’effraie pas et ne t’épouvante pas, car l’Eternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu entreprendras » (Josué 1v9).

L’assurance de la présence de Dieu change tout (Psaume 23v4 ; Matthieu 28v20).

. Les adversaires de Jésus reconnaissaient qu’il réagissait avec vérité, sans vivre dans la crainte des autres : « Maître, nous savons que tu es vrai (…) sans t’inquiéter de personne, car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes » (Matthieu 22v16).

Par amour, Jésus n’avait pas honte de manger avec des prostituées, avec des voleurs comme l’étaient les péagers, sans s’inquiéter du rejet qu’il pouvait subir, et qu’il a subi.

Quand nous nous aimons plus que nous aimons les autres, c’est la peur d’être rejetés qui prend le dessus et conditionne notre comportement.

 

. Jésus avertit ses disciples : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne » (Matthieu 10v28) : oui, le fait de ne pas avoir peur des autres n’exclut pas les épreuves ni même la mort (des centaines de milliers de chrétiens ont été tués à cause de leur foi), mais Jésus nous invite à mettre en priorité dans notre vie le désir de lui obéir, de le considérer en premier.

« Ne craignez pas (ceux qui peuvent vous faire du mal) : car vous avez plus de valeur que toute une volée de moineaux » (Matthieu 10v31) : Dieu tient fortement à nous, parce que nous avons de la valeur à ses yeux ; même si nous ne le méritons pas.

 

Alors, oui, nous vivrons cette promesse : « La crainte des hommes tend un piège, mais celui qui se confie en l’Eternel est protégé » (Proverbes 29v25).

Jean-Ruben

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