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Colossiens 3v13 : Le pardon dans la Bible; à quel prix ?

Le pardon dans la Bible - A quel prix ?

Le pardon est certainement le plus beau geste, le don qui transforme ; pourtant, c’est ce qui manque peut-être le plus à une société malade, autant au niveau spirituel (avec Dieu) que relationnel (avec les autres). A quel prix est accordé le pardon dans la Bible ? Paul dans l’épitre aux colossiens affirme : « Comme Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi » (Colossiens 3v13).

On peut simplifier le pardon, et donc le dénaturer ; un peu comme la croyance qui est facilement assimilée à la vraie foi. Par exemple, on apprend à nos enfants à dire le mot magique (« Pardon ») pour penser que le problème est réglé et, ouf…, ils ont évité la punition ; l’enfant peut très bien se servir de quelques mots de regret comme chantage pour que ses parents le laissent tranquille… Et il grandira et agira devant Dieu comme envers les hommes : la superficialité de son regret le conduira à vivre plus difficilement une vraie repentance.

Pas facile non plus d’être sûr que quelqu’un est rétabli dans sa relation avec Dieu parce qu’il a prié en demandant pardon à Dieu. Pour tout cela, l’importance est dans la profondeur de l’attitude intérieure.  A quel prix donc est accordé le pardon dans la Bible ?

1) Quelle est la dimension du pardon de Dieu dans la Bible ?

Le pardon : Quel est le désir de Dieu ?

« Notre Dieu ne se lasse pas de pardonner » (Esaïe 55v7). « Quel est le Dieu semblable à toi qui efface les fautes et pardonne les péchés du reste de ton peuple qui t’appartient ? Oui, de nouveau tu auras compassion de nous, tu piétineras nos péchés et au fonds de la mer, tu jetteras nos fautes » (Michée 7v18-19). « Dieu est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1v9).

Pour nous pardonner, Dieu nous « justifie » (il nous déclare juste) : la justice de Jésus est mise sur notre compte ; c’est une question de justice qui nous garantit ce pardon. Pour rendre possible cela, il a fallu que la colère de Dieu soit apaisée ; et c’est grâce à la mort de Jésus, qui a pris notre condamnation comme s’il en était responsable, que Dieu nous déclare juste et que nous ne sommes plus séparés de lui.

« Celui qui était innocent de tout péché, Dieu l’a condamné comme un pécheur, à notre place pour que, dans l’union avec le Christ, nous soyons justes aux yeux de Dieu » (2 Corinthiens 5v21).

Une certitude sur le pardon dans la Bible :

« Notre Dieu est plus grand que tout : son pardon est plus grand que le poids de notre péché ». Rien ne peut l’empêcher d’effacer les fautes les plus terribles ; à cause de son amour et de sa justice.

2) A quoi est lié ce pardon de Dieu et qu’est-ce qu’il implique pour notre comportement ?

Tous sont-ils pardonnés et sauvés ?

Attention : certains ont déduit de la promesse du pardon de Dieu que tous seraient pardonnés et sauvés. La Bible ne va pas dans ce sens ; pourquoi ? Parce que le pardon est une affaire entre deux personnes.

Aux USA, au début du XVIIIème siècle, G. Winston, pour avoir tué un homme, avait été condamné à mort. Mais le Président Andrew Jackson l’avait gracié. Et voilà que Wilson refuse… La Cour Suprême alors a déclaré : « La lettre du Président ne possède un pouvoir d’acquittement que sous réserve d’acceptation de la personne condamnée ». Et le meurtrier est mort.

Juste avant l’affirmation du pardon de Dieu, il est dit : « Que le méchant abandonne sa voie et qu’il retourne à l’Eternel qui aura pitié de lui, à notre Dieu qui ne se lasse pas de pardonner » (Esaïe 55v7) : il y a là deux conditions pour recevoir le pardon de Dieu : être prêt à changer de vie, réellement, et retourner à Dieu ; alors, certitude, Dieu pardonne, même le plus coupable.

« Si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous les pardonner » (1 Jean 1v9) : la condition est de les lui avouer ; même s’il les connaît, le pardon ne peut être donné qu’à cette condition (Psaume 32v3-5).

C’est un peu comme « l’obsolescence programmée » : les machines sont programmées pour être dépassées ou même se casser au bout d’un temps prévu par le constructeur ; quel lien avec nos dettes et le pardon de Dieu ? Ce qui est programmé par Dieu, c’est qu’au moment décidé par lui (qui est lié à notre demande de pardon), notre dette est cassée. Elle n’a plus de valeur (négative). C’est prévu, programmé ainsi par Dieu, selon sa justice, pour notre bonheur.

Une condition : Être libéré du regard des autres

Pour vivre ce pardon, le récit de la femme adultère accusée par les pharisiens, présente une autre condition : celle d’être libéré du regard des autres (Jean 8v3-11). Cette femme est trainée par les pharisiens qui lui avaient fait sentir combien elle était fautive. Et Jésus comprend que cette femme, pour recevoir son pardon, doit être débarrassée de quelque chose d’important : après que les accusateurs soient tous partis, parce qu’ils se sentaient repris dans leur conscience, le premier point que Jésus aborde avec elle est : « Eh bien, où sont donc passés tes accusateurs ? Personne ne t’a condamné ? ».

Avant de dire qu’il ne la condamnait pas, il veut supprimer une pensée qui empêche de vivre le pardon de Dieu : les pharisiens ont marqué de leur pouvoir, par leur moralité, par leur regard de soi-disant justes, cette femme qui avait conscience de sa faute. Elle était écrasée par eux. Et Jésus pour lui faire comprendre la grandeur du pardon l’amène par des questions à enlever ce poids et cette culpabilité humaine en premier lieu.

Dans ce travail sur nous-mêmes, autant pour recevoir le pardon de Dieu que pour donner le nôtre, des éléments humains peuvent entraver la dimension que Dieu veut nous faire vivre et la profondeur du pardon qui libère. Nous pouvons être culpabilisés et écrasés moins par le regard de Dieu que par celui des hommes.

Autre condition : pardonner nous aussi ?

Dans la prière que Jésus donne à ses disciples, Jésus parle de ce qui semble être une condition : pardonner nous aussi. « Notre Père qui est aux cieux, (…) pardonne-nous nos torts envers toi… comme nous pardonnons nous-mêmes les torts des autres envers nous » (Matthieu 6v12) ; littéralement : « Remets-nous nos dettes comme nous aussi nous avons remis à nos débiteurs ».

Cette dette, ce sont nos péchés que Dieu veut supprimer, juridiquement parlant. Est-ce que le pardon (la remise de la dette) que nous accordons aux autres pour leurs fautes envers nous conditionne le pardon de Dieu, comme cette parole semble le dire ? Est-ce que ce « comme » signifie « à la manière de » ?

Mais ce « comme » peut avoir une autre portée et parler d’un but, d’une intention ; il peut être traduit par « afin que, pour que, en vue de ». Dans ce cas, notre pardon est une conséquence du pardon que nous avons reçu de Dieu. C’est parce que nous ne sommes plus redevables envers lui que nous pouvons (devons) laisser les dettes des autres.

Comprendre le pardon de Dieu et le vivre dans notre vie

C’est ce que Jésus enseigne très nettement quelques chapitres plus loin (Matthieu 18v21-35) : il montre qu’en ne pardonnant pas aux autres leurs torts, nous prouvons que nous n’avons pas compris le pardon de Dieu et que nous voulons en abuser, à l’aide de belles paroles de regret, mais sans le désir de le vivre à notre tour. Pierre avait posé une question sur le pardon envers les autres ; et Jésus répond qu’il faut s’inspirer du pardon de Dieu tout d’abord.

Cette histoire parle d’un roi qui est prêt à pardonner, à remettre une dette énorme (l’équivalent du salaire de… 3 millions de journées de travail) ; voilà la dimension du pardon de Dieu. Le roi pardonne à cet homme quand celui-ci  supplie le roi de lui effacer sa dette. Mais cet homme va refuser par la suite de remettre la dette d’un autre qui lui devait l’équivalent de… 100 journées de travail. Il prouve à travers ce refus qu’il n’a pas compris la vraie dimension du pardon qui lui a été accordé, ou alors qu’il est prêt à le recevoir mais pas à le donner. C’est un profiteur, c’est tout. Conséquence alors : le roi supprime la remise de sa dette. Terrible. Et Jésus de conclure : « C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera si chacun de vous ne pardonne pas du fond du cœur à son frère » (Matthieu 18v35).

Le pardon de Dieu est pleinement accordé pour qui le lui demande

Mais à une condition qui ne peut se vérifier que plus tard : si nous ne pardonnons pas aux autres leurs torts envers nous, c’est la preuve que nous n’avons pas  compris la dimension du pardon de Dieu envers nous, ou que, hypocritement, nous avons profité de la gentillesse d’un Dieu dont le métier serait de pardonner.

Non, le pardon de Dieu n’est pas un dû. Que c’est difficile de comprendre le pardon de Dieu et de le vivre envers les autres…

C’est l’histoire de ce garçon qui refusait de pardonner à un copain ; alors sa mère l’avertit : « Et si le Seigneur revient cette nuit, il ne te prendra pas si tu ne pardonnes pas ! » Et le garçon de répondre : « D’accord, je pardonne. Mais s’il n’est pas revenu cette nuit, qu’est-ce que je vais mettre à mon copain demain ! »

 « Supportez-vous les uns les autres, et si l’un de vous a quelque chose à reprocher à un autre, pardonnez-vous mutuellement ; le Seigneur vous a pardonné : vous aussi, pardonnez-vous de la même manière ».

Le contexte de ce texte que Paul écrit aux chrétiens de Colosse sur le pardon de Dieu :

Il commence par l’humilité (Colossiens 3v12) ;

L’orgueil nous empêche de demander pardon. C’est lui qui nous pousse à ne pas pardonner. L’humilité, au contraire, nous permet de laisser de côté notre personne pour chercher l’intérêt de l’autre. Autant pour recevoir le pardon que pour le donner, l’humilité est une condition pour le vivre profondément.

Il ajoute une autre condition qui permet de vivre pleinement le pardon : l’amour (Colossiens 3v14)

« Par-dessus tout cela, revêtez-vous de l’amour qui est le lien par excellence » (Colossiens 3v14). L’amour se définit surtout par l’intérêt qu’on porte à l’autre en premier lieu ; il est l’opposé de l’égocentrisme. Le fait de rechercher le bien de l’autre, son bonheur, pousse à lui pardonner, sans le laisser avec ses casseroles, ses fautes, ses dettes. L’en libérer, c’est une preuve d’amour. Et c’est alors renforcer les liens et la communion qui devraient régner entre nous. La rancœur que nous gardons envers une personne (ce que nous estimons quelques fois être un signe de justice) asservit (y compris celui qui refuse de pardonner), tandis que le pardon libère : autant celui qui a commis une faute que soi-même ; pardonner, c’est se donner la possibilité de ne plus être esclave de pensées d’amertume et de rejet, qui nous enlisent et sèment un poison qui nous détruit.

Et c’est d’abord une démarche intérieure que de lui remettre sa dette, peut-être parce que la personne qu’on estime nous avoir causé du tort n’en est pas consciente ; nous avons besoin alors d’être libéré de ces pensées mauvaises.

Le but de cette attitude, dit Paul, est la paix (Colossiens 3v15)

« Que la paix instaurée par le Christ gouverne vos décisions. C’est à cette paix que Dieu vous a appelés pour former un seul corps » (v15). Le pardon procure la paix qui assure la communion et l’unité ; ne pas vivre le pardon entre nous sème le trouble et provoque des divisions.

 

«  Le Seigneur vous a pardonné : vous aussi, pardonnez-vous de la même manière » : quel privilège de le vivre et d’être assuré du pardon de Dieu qui libère de ce que nous ne pouvons par aucun autre moyen être délivré !

Mais quel privilège également de le vivre entre nous, d’accorder le pardon et de le recevoir ! Ne nous privons pas de ce cadeau. Malheureusement, il est possible de demeurer lié par le refus de demander pardon, à Dieu ou aux autres, et aussi par le refus de pardonner. Ah que nous puissions connaître la profondeur du pardon du Seigneur pour nous-mêmes et pour que nous le vivions envers les autres.

Jean-Ruben

Pour approfondir le sujet :

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2 commentaires sur “Colossiens 3v13 : Le pardon dans la Bible; à quel prix ?”

  1. Michel neolas dit :

    Bonjour ,je m’appelle Neolas Michel j’habite a Briey France ,j’ai une semaine ici je viens d’Haïti a l’église gabaon de lauture a jacmel, malheureusement je sais pas une assemblée chrétienne a Briey, est ce que vous pouvez m,aider a la recherche dune assemblée a Briey car mon mari connait pas

    1. eglise.agen dit :

      Vous trouverez sur ce site toutes les églises de Meurthe et Moselle : http://www.eglises.org/france/54/

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