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Une église qui porte du fruit (Actes 2v37-3v11)

Une église qui porte des fruits

Nos motivations en participant à la vie de l’église locale sont différentes : nous pouvons avoir envie de découvrir quelque chose qui nous manque ; nous venons pour consommer, recevoir une nourriture et nous faire du bien (dans ce cas, la vie dans l’église se résume au culte ; « et ce matin, y’a pas grand’ chose à se mettre sous la dent… ») ; ou encore, nous y vivons un engagement plus grand, par une participation concrète, par la parole, par notre don, par la prière.

Où que nous en soyons, allons un peu plus profondément : avons-nous le désir que l’église grandisse, progresse ? Si c’est le cas, alors cela signifie que nous ne vivons pas dans l’Eglise pour nous-mêmes seulement. Mais même pour ce but, on peut désirer voir l’Eglise grandir… pour que les difficultés financières soient résolues, ou  qlou’il y ait des jeunes et des jeunes familles  afin que l’avenir de l’Eglise soit assuré, ou parce qu’on aime quand il y a du monde. Mais là encore, les motivations sont centrées sur nous-mêmes… Il est possible de vivre avec d’autres motivations, à savoir pour que d’autres personnes découvrent une vie épanouie avec Dieu et que l’Eglise s’affermisse.

Nous trouvons dans les chapitres 2 et 3 du livre des Actes des apôtres une Eglise qui progresse, parce que Dieu agit. Mais en même temps, Luc montre que cette progression est liée à ce que ces chrétiens vivaient ensemble. Plusieurs principes vécus permettent à Dieu d’agir et à l’Eglise de porter des fruits. Nous allons nous y arrêter en nous rappelant que Dieu donne là un cadre qui lui permet d’agir.

Ces principes peuvent être comparés aux minéraux nécessaires à la croissance d’une plante : il lui faut, paraît-il, de l’azote, de la chaux, de l’acide phosphorique et de la potasse ; et grâce au soleil, s’ils sont présents, la croissance se fera toute seule. Mais s’il manque 1 de ces 4 éléments, le développement ne sera pas normal. Et si le jardinier pense : « Je vais mettre 2 fois plus de potasse », l’excès risque d’empoisonner le sol. Le déséquilibre à cause de l’insistance sur un des points ou de l’abandon de l’un d’entre eux ne permettra pas un développement harmonieux ; dans l’Eglise, idem.

Quels sont les points fondamentaux que Dieu a voulus pour l’Eglise ? Ils ne sont pas par ordre d’importance.

1) Des relations profondes dans l’église

« Ils persévéraient dans la communion fraternelle » (Actes 2v42) ; « ils rompaient le pain dans les maisons et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur » (v46).

Ils vivaient donc un accueil mutuel profond. Ils cultivaient cette nouvelle dimension qui existait de par le fait qu’ils faisaient partie de la même famille. Et s’ils persévéraient en cela, c’est que ce n’était peut-être pas, déjà à l’époque, toujours évident de continuer à vivre ainsi.

Cette communion se traduisait en actes, et cela en passant du temps ensemble, dans le cadre des rencontres de l’Eglise mais aussi dans leurs maisons où la convivialité est plus propice à une meilleure connaissance.

La conséquence d’une telle attitude ? « Le peuple tout entier leur était favorable » et : « le Seigneur ajoutait chaque jour à leur communauté ceux qu’il sauvait » (Actes 2v47).

Est-ce que vous avez invité ces derniers temps des amis de l’Eglise pour un repas ou un café ? Ou pris de leurs nouvelles par téléphone ? Allez-vous vers les autres avant et après le culte, en vous intéressant à ce qu’ils ont vécu ou à leurs projets ? Cultivez-vous des relations avec des personnes extérieures à l’Eglise ou à votre famille ? Ces relations sont autant d’occasions favorables pour témoigner, et pour Dieu de toucher leur cœur quand il les visitera (1 Pierre 2v12).

C’est la joie et la simplicité qui devraient aussi nous animer. La simplicité s’oppose à la duplicité ; c’est le fait d’être entier. Il s’agit donc d’une hospitalité radicale. Colossiens 3v12-14.

Nous avons du plaisir d’être ainsi accueillis et c’est la même chose que ressentent les autres. C’est bon de se rappeler que le Seigneur nous a accueillis comme nous étions et cela nous permet de souhaiter de rester en sa présence.

Là où l’amour fait défaut, le développement de l’Eglise est compromis.

2) Des réunions vivantes dans l’église.

Ces premiers chrétiens vivaient intensément leurs rencontres en commun. « Dès lors [dès leur conversion], ils s’attachaient à écouter assidûment l’enseignement des apôtres, à rompre le pain et à prier ensemble » (Actes 2v42) ; « tous les jours, d’un commun accord, ils se retrouvaient dans la cour du Temple » (v46) ; « ils louaient Dieu » (v47).

Il faudrait voir dans les épîtres comment ils vivaient les cultes en particulier, mais une dominante est la participation de plusieurs ; par exemple : « Que la Parole du Christ réside au milieu de vous dans toute sa richesse ; qu’elle vous inspire une pleine sagesse pour vous instruire et vous avertir les uns les autres ou pour chanter à Dieu de tout votre cœur des psaumes, des hymnes ou des cantiques inspirés par l’Esprit afin d’exprimer votre reconnaissance à Dieu » (Colossiens 3v16).

On peut relever l’importance de la place de la Parole du Christ, de la participation de plusieurs, de l’engagement (« de tout votre cœur ») et de la reconnaissance et de la louange. Le mot enthousiasme signifie littéralement inspiré par Dieu : c’est cela qui rend nos cultes et nos réunions vivants et attractifs.

Cette passion dans le culte est aussi un reflet de notre manière de prier d’une manière authentique, de chanter avec ferveur, en vivant les paroles devant Dieu ; je connais une dame qui s’est tournée vers Dieu parce qu’elle a été touchée par la manière de chanter d’une chrétienne derrière elle.

Il n’y a donc pas que celui qui parle qui rend le culte vivant et passionnant. Et c’est cela qui touche les personnes qui viennent de l’extérieur et qui enrichit chacun.

 

. La passion n’est rien sans un message passionnant : le développement de la foi est une conséquence de l’annonce de l’évangile ; le message qui a touché des milliers de personnes le jour de la Pentecôte, donné par Pierre, était centré sur le retour vers Dieu (par la repentance et la conversion) et sur l’action de Dieu (par le pardon et le don du Saint Esprit). Ce message aujourd’hui est rejeté, bon pour des frustrés qui ont besoin d’être déculpabilisés… Mais pourtant, là où il est donné et vécu, des vies sont transformées.

Ces cultes étaient vécus avec comme objectif de grandir dans la foi. Sommes-nous venus ce matin avec ce but ?

Si la conversion et la nouvelle naissance marquent un tournant dans notre vie, notre objectif doit être de continuer à grandir dans la connaissance de Dieu et de sa volonté. Pour cela, les premiers chrétiens mettaient l’enseignement du Christ au centre, et ils persévéraient en cela (v42).

« La foi naît du message que l’on entend, et ce message c’est celui qui s’appuie sur la parole du Christ » (Romains 10v17). Préparer un message ou le recevoir, s’il n’y a pas ce désir de progresser dans la foi, ne sert pas à grand’ chose.

L’important n’est pas tant la forme du culte que de savoir s’il est le lieu où l’on peut faire l’expérience de la force de l’Evangile.

3) Une grande générosité dans l’église.

Cette générosité se vit à plusieurs niveaux. Elle se vivait dans l’église primitive à travers cette recherche des besoins des autres et le fait d’être prêt à leur donner ce qu’il leur manquait : « Tous les croyants vivaient unis entre eux et partageaient tout ce qu’ils possédaient. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et répartissaient l’argent entre tous, selon les besoins de chacun » (Actes 2v44-45).

S’il n’y a pas, chez les chrétiens, cette prise de conscience de cette générosité financière, il va manquer une dimension importante. On sait bien que l’argent est le nerf de la… paix.

Et les chrétiens avaient dépassé une notion légaliste de la loi de Moïse qui demandait que le croyant donne la dîme de ses biens (le dixième) et ils étaient prêts à tout donner (cela rejoint ce que dit Jésus à cet homme riche qui était possédé par ses biens : « Va, vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres » ; Matthieu 19).

Mais cette générosité extraordinaire se vit aussi dans une écoute, dans une acceptation des autres qui sont peut-être très différents de nous, et dans une recherche de leur intérêt avant tout.

De percevoir la générosité sans limite de Dieu envers nous, qui n’arrête pas de nous pardonner, de nous bénir malgré ce que nous continuons à être, devrait nous pousser à chercher à le vivre envers ceux qui nous entourent.

4) Le témoignage des chrétiens dans l’église malgré les risques.

C’est sûr que la progression de l’Eglise (quantitative et qualitative) s’opérait en raison de la mise en application des principes que nous avons relevés ; mais la suite montre aussi que l’Eglise grandit quand on témoigne à l’extérieur.

Pierre et Jean montent au Temple et voilà qu’un homme handicapé les arrête (Actes 4v1-8) ; il a besoin d’argent pour survivre. Et Pierre voit ses besoins et y répond en répondant à ses besoins les plus profonds ; il n’hésite pas à parler de Jésus-Christ. Et Dieu agit et guérit cet homme. Et ensuite, la foule a été interpelée et a écouté le message de Pierre (v12-26).

 

Mais le témoignage comporte des risques ; dont le premier est le rejet du message mais aussi du messager : et Pierre et Jean, suite à leur témoignage, sont arrêtés par les religieux et mis en prison.

L’affirmation prendre des risques montre que tout ne réussit pas, mais il est bon de se rappeler que c’est le mandat que Jésus nous a laissé.

L’Eglise progressait donc parce qu’elle vivait : des relations profondes, des réunions vivantes, une grande générosité, le témoignage malgré les risques.

C’est sûr que nous vivons déjà ces dimensions du plan de Dieu et que nous en bénéficions les uns et les autres ; peut-être certains le vivent plus que d’autres et en tout cas, ces 4 principes n’occupent pas la même place dans notre service pour Dieu.

Cela alors me pousse à demander au Seigneur de me transformer toujours plus, pour que ma vie corresponde de plus en plus à sa volonté mais, dans une autre perspective, pour que ma vie participe à la progression de son Eglise et lui permette ainsi d’agir.

L’évocation de ce que vivaient ces premiers chrétiens nous invite à croire avec force que pour nous aussi le Seigneur va continuer d’agir.

 

Jean-Ruben

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