1874, Avenue du Général Leclerc 47000 AGEN
05 53 96 84 32 eem.agen@umc-europe.org

1 Corinthiens 12 : L’église est le corps du Christ

l'église le corps du christ

« Que la paix instaurée par le Christ gouverne vos décisions. Car c’est à cette paix que Dieu vous a appelés pour former un seul corps. Et soyez reconnaissants » (Colossiens 3v15). Etre reconnaissant pour l’Eglise ? C’est déjà une prise de conscience importance. Et pour tous les membres de ce corps…? Il est constitué de membres différents ; certains paraissent essentiels, d’autres moins…

Dans l’Eglise, certaines personnes sont importantes ; elles prennent part activement à la vie matérielle, spirituelle ; elles ont été ou sont engagées au Conseil de l’Eglise, sont moniteurs, parlent au culte. Et il y a les autres, les personnes qu’on n’entend pas souvent, qu’on ne remarque pas ; et pour certaines d’entre elles, leur place dans l’Eglise est comme celle qu’on peut occuper au culte : au fond. Mais n’imaginez pas que je le dis pour critiquer…

Dimanche dernier, nous avons parlé de l’engagement du chrétien dans l’église. Aujourd’hui nous allons nous arrêter sur les membres de ce corps qui paraissent bien discrets. A ce sujet, l’apôtre Paul écrit : « Les parties du corps qui paraissent insignifiantes… sont particulièrement nécessaires » (1 Corinthiens 12v22).

Et oui, nous allons nous mettre du côté de ceux qu’on ne remarque pas, qui paraissent moins importants que les autres, pas des paresseux ni des fuyants mais des habitués de l’ombre, qu’on ne voit pas, qui n’ont pas du tout envie qu’on les remarque.

Ceux-là, pourtant, sont importants ; et ils devraient l’être pas seulement aux yeux de Dieu.

Nous voulons, comme Paul le dit, être reconnaissants pour chacun qui fait partie du corps du Christ, qu’est l’Eglise, en remettant à leur place ceux qui paraissent insignifiants ou faibles.

1) Quelques exemples bibliques de « gens sans importance » :

La Bible est remplie de ces personnes « sans importance » qui pourtant ont transformé l’histoire, déclenché des miracles et réalisé le plan de Dieu. Certains sont bien connus, d’autres oubliés.

Gédéon ! Voilà l’homme qui se cachait au sous-sol, lui le plus petit de sa famille, qui était elle-même – et tout cela selon ses dires – la plus petite des tribus…, qui d’autre part étaient rabaissées, humiliées par les tribus Amalécites (Jg 6). Dieu se choisit comme vainqueur cet homme qui semblait si insignifiant.

– On peut penser aussi à la servante de Naaman, le général syrien, une fillette dont on ne connaît pas le nom ; elle avait été faite prisonnière. Et pourtant Naaman lui doit une fière chandelle : elle a juste parlé du prophète Elisée qui pourrait prier Dieu pour sa guérison (2 Rs 5). Et tout a changé pour lui alors !

– Qui connaît Joschéba… ? C’est elle qui a caché le fils du roi Achazia, bébé, et a permis à ce futur roi Joas de survivre alors que la reine Athalie avait massacré tous les membres de la famille royale. Il est devenu par la suite un des rois  les plus remarquables.

– Le peuple d’Israël avait de quoi se dévaloriser à cause de sont attitude trop souvent lamentable ; et pourtant, Dieu porte sur lui un autre regard : « C’est moi, l’Eternel, qui suis ton Dieu, je te saisis ta main droite, je te dis : ‘Sois sans crainte, je suis là pour t’aider. Sois donc sans crainte, vermisseau de Jacob, ô petit Israël, car je viens à ton aide (…) Oui, tu m’es précieux, tu as du prix pour moi et je t’aime (…) Sois donc sans crainte car je suis avec toi’ » (Es 41v13-14, 43v4-5).

– Certains des disciples de l’équipe de Jésus allaient révolutionner la société d’alors ; et pourtant, ils sont presque inconnus pour plusieurs d’entre eux, sauf leur nom : Barthélémy, Jude, Simon (pas celui que Jésus appellera Pierre). On ne sait rien de leur travail ; mais ils ont été choisis par Jésus et ont eu leur place.

– Les Evangiles se sont attachés à souligner l’attitude de ces petits, qui paraissent insignifiants, et qui pourtant ont participé au plan de Dieu. C’est le don de ce jeune garçon qui n’a apporté que 5 pains et 2 poissons… : par rapport à une foule de plus de 10.000 personnes, c’est ridicule. Mais sans son don, rien ne se serait passé ce jour-là !

– On imagine Jésus et ses disciples près de la porte du Temple à la fin du culte, en train de regarder les dons tomber dans le tronc. Il les regarde tous mais il remarque surtout cette pauvre veuve qui donne infiniment moins que les riches (qui ont été certainement fiers de voir que Jésus avait vu ce qu’ils avaient donné !) ; que remarque Jésus ? « Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a mis plus que les autres. Elle, elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle avait pour vivre » (Luc 21v1-4). Le Seigneur ne recherche pas à grappiller le maximum (tous les dons sont intéressants, même les plus petits !) mais il s’arrête sur l’attitude intérieure ; il considère plus la dimension qualitative que quantitative.

– Dans la parabole des talents (Matthieu 25v14-30) ou des mines (Luc 19v11-28), Jésus souligne non le résultat accompli (le premier a rapporté beaucoup plus que le deuxième) mais la manière dont chacun a agi.

 

Parmi nous il se trouve de ces personnes sans apparence que Dieu doit remarquer (favorablement), de ces personnes qui par leur conseil (au bon moment) auront aidé quelqu’un, qui par leur témoignage vécu (sans s’en rendre compte) auront touché, qui par leur prière persévérante auront déclenché des bénédictions, qui par leur contribution financière auront soulagé une personne, soutenu l’Eglise.

Jésus s’est choisi, et se choisit encore aujourd’hui, des collaborateurs parmi ces personnes « sans importance », faibles, insignifiantes.

Dans un mur, les pierres sont de différentes tailles ; toutes sont importantes pour qu’il soit solide. C’est une catastrophe si une grosse s’effrite, mais les plus petites sont aussi nécessaires pour le maintien du mur. Peut-être réagissons-nous ainsi : « Mon action, mon don, ce n’est pas cela qui va changer la vie de l’Eglise ou de telle personne ; c’est tellement insignifiant par rapport à ce que fait untel… » En êtes-vous sûr par rapport à Dieu et même par rapport aux autres ?

 

« Les membres du corps qui paraissent être les plus insignifiants sont particulièrement… nécessaires » ; ce qui est important avant tout, ce n’est pas d’être une grosse ou une petite pierre, c’est d’être à la place que Dieu a voulue pour nous. « Merci, Seigneur, parce que chacun a une place dans ton œuvre et chacun t’es précieux. »

2) Mais, malheureusement, nous ne réagissons pas ainsi

– « Je ne suis pas grand’ chose, je n’ai pas beaucoup, donc je reste sur la touche. Je ne sais pas bien prier, donc je ne prie pas. Je ne sais pas bien parler, donc je ne cherche pas à témoigner ». Et pourtant, le Seigneur à travers son enseignement me rappelle qu’un jour, quand je serai devant lui, il me demandera ce que j’aurai fait de mon talent.

La raison avancée par celui qui n’avait qu’un seul talent et qui l’avait caché, est la peur ; la peur du regard (du Maître, des autres), la peur de ne pas être à la hauteur. La raison donnée par le Maître est : « Serviteur mauvais et paresseux » (Matthieu 25v26).

Attention à ne pas être des gens « sans importance » par orgueil ; s’engager, c’est se mettre à nu et les autres risquent de percevoir les défauts.

Beethoven, qui était devenu sourd, tout d’un coup a interrompu l’exécution d’un morceau ; et il a déclaré en regardant un des musiciens : « Nous reprendrons lorsque le piccolo acceptera de jouer ». Le musicien s’excusa et avoua avoir cessé de jouer à cause d’un sentiment d’inutilité qu’il ressentait face aux instruments plus nombreux et plus gros que lui. Il pensait passer inaperçu mais il ne l’avait pas été pour le chef d’orchestre (qui, de plus, était sourd !). Même ce petit instrument était utile aux yeux du grand compositeur.

Vous sentez-vous inutile dans l’Eglise ? Aux yeux de Dieu ? N’enterrez pas votre talent. Vous êtes précieux pour Dieu ; mais aussi pour les autres, même si ne le ressentez pas, même s’ils ne vous le disent pas (on est bien français pour cela… On ne va pas glorifier quelqu’un, quand même !).

 

Nous pouvons nous déprécier, nous replier sur nous-mêmes et alors oublier l’essentiel parce que nous ne regardons que notre nombril. Au lieu de cet égocentrisme, Dieu nous invite à nous donner à lui, en lui remettant nos petites capacités, notre sentiment d’inutilité, en cessant de nous comparer aux autres à tel point que nous imaginons le regard de Dieu sur nous à travers celui que nous pensons être celui des autres sur nous.

3) Terminons avec l’exemple des hommes et des femmes qui ont reconstruit les murailles de Jérusalem avec Néhémie (en 440 av JC).

Le nom de Néhémie apparaît souvent, mais il y a aussi la liste de tous ceux qui ont participé aux travaux (Néhémie 3v1-32); le fait de lire cette liste de noms est fastidieux !

Mais cela souligne un élément important : tous sont marqués et chacun était important aux yeux de Dieu dans la construction ; même celui qui a bâti « devant chez lui », « à côté de chez lui », « vis-à-vis de sa chambre », et pas seulement ceux qui ont fait une longue distance de muraille. Heureusement, tous ont répondu présent et se sont engagés, sinon il y aurait eu des failles et provoqué des fragilités face à l’ennemi.

Le plus petit maillon est estimé par Dieu ; il faut viser qu’il le soit par nous aussi.

Dans une Eglise, il y a des pierres plus imposantes que d’autres mais une Eglise est riche quand elle est constituée de ces chrétiens trop souvent perçus comme « sans importance, insignifiants ».

Je reprendrai une chanson d’Yves Duteil qui parle de ces personnes « insignifiantes » : « Ce sont des gens sans importance, avec des gestes quotidiens, qui font renaître l’espérance et le bonheur entre leurs mains. Ce sont des gens sans importance et qui parfois ne disent rien, mais qui sont là par leur silence, quand ils sont loin ».

C’est bien si nous apprenons à voir l’utilité de chacun, même à travers les plus petits gestes (qui peuvent être déterminants) ; le but n’est pas de nous croire importants parce que nous sommes reconnus mais c’est bien si nous ne nous replions pas sur nous-mêmes en pensant que nous sommes si peu de chose ; c’est bien si nous nous engageons dans l’humilité et la consécration, en nous rappelant, comme Hudson Taylor (missionnaire au départ de l’œuvre en Chine) disait : « Une petite chose est une petite chose ; mais la fidélité dans les petites choses est une grande chose ».

Les personnes « insignifiantes » vont continuer à passer inaperçues mais qu’elles sont grandes dans leur fidélité en vivant au service de Dieu et des autres !

 

Jean-Ruben

Pour approfondir le sujet :

Faites passer le message ...Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Email this to someonePin on Pinterest

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *