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1 Chroniques 13 : David, un homme de communication, mais pas dans tous les domaines

Ombres et lumières comme l'histoire de David et sa communication avec les hommes et avec Dieu

Tout passe par la communication : la pub pour la vente des couches, pour les études, pour un emploi, enfin tout, quoi ! Malheur aux timides et aux individualistes qui se referment sur eux-mêmes ! On pense que la communication est une découverte très récente et qu’avant il n’y avait que des tyrans qui imposaient d’une manière autoritaire leur loi. Mais, ô surprise, des hommes dans la Bible connaissaient cette qualité de la com’ ; la communication, ça ne date pas d’aujourd’hui : le roi David (il y a 4000 ans) était un homme de dialogue et de communication. Sous bien des aspects, ce que vivait un David (et d’autres) était tout à fait révolutionnaire pour l’époque ; et peut-être même par rapport à aujourd’hui…

Mais le problème de David, c’est qu’il était peut-être un expert en communication, mais pas dans tous les domaines. Cet épisode se passe juste après son élection ; il vient d’être choisi par Israël. C’est une période de tension très grande, suite au conflit avec le roi Saül ; l’instabilité est partout. Quelle attitude va avoir David pour obtenir une autorité reconnue ? Sur quels principes va-t-il asseoir sa royauté ?

Communication et concertation avec le peuple à propos d’un projet : 1 Chroniques 13v1-2.

David est le contraire d’un dictateur qui impose. Il montre dès le début qu’il n’est pas le patron qui dirige tout. Comment ? Il expose son point de vue d’abord avec les chefs du peuple, avec son conseil d’administration, et il attend d’eux des remarques, des conseils ; il s’affirme… en écoutant, en dialoguant. Pourtant, souvent, dans n’importe quel groupe on aspire à être gouverné par des hommes qui savent diriger, en s’imposant dans la fermeté (quitte, rapidement, à les rejeter parce qu’on ne supporte pas d’être ainsi écrasés) ; et on a du mal à avoir à la tête d’un groupe des personnes qui semblent ne pas être sûres d’elles-mêmes parce qu’elles demandent le conseil des autres. Matthieu 20v25-28.

Le deuxième aspect de la communication chez David, c’est qu’il s’adresse à tout le peuple ; il les convoque en AG. Pas pour leur dire ce qu’il a décidé, lui et les chefs militaires et politiques, mais pour leur demander ce qu’ils pensent d’un projet. « Si vous le jugez bon » : = dites votre avis ! C’est la notion de la démocratie bien avant l’heure.

Cela impliquait qu’une majorité de voix favorables se dégage ; ce serait cela qui ferait décider David pour poursuivre son projet. Il n’affirme pas être le seul à connaître la volonté de Dieu mais il demande au peuple de réfléchir sur ce qu’ils pensent de ce projet par rapport à Dieu. « Toute l’assemblée trouva cette proposition judicieuse et l’on déclara qu’il fallait la suivre » (1 Chroniques 13v4). Cet appel à la réflexion active, à un certain discernement sur une situation précise, c’est l’invitation de Paul aux chrétiens de Corinthe : dans 1 Corinthiens 11, il parle du signe de la soumission. Comment, dans la culture du 1er siècle en Grèce, cela se manifestait ? Par le port du voile ; et Paul ajoute : « Jugez-en vous-mêmes » ; c’est un appel à la réflexion, dans un contexte particulier. Il ne remet pas le principe (la soumission) en cause, mais la manière de le manifester.

Dans les Eglises des Actes des Apôtres, les décisions sont prises par l’ensemble des chrétiens ; chacun a son mot à dire ; pas de hiérarchie de pouvoir. Mais bien sûr, le risque est qu’il y est une personne (ou un groupe) qui prenne le pouvoir (par la parole, par l’influence sur les autres). C’est pour cela que Paul enseigne que nous sommes appelés à être soumis les uns aux autres (et cela est une conséquence d’une vie dirigée par le Saint Esprit ; Ep 5v18 et 21) ; l’humilité, le respect et la soumission aux autres sont des attitudes qui créent la paix et l’édification. Dans l’enseignement de Jésus comme des apôtres, nous voyons l’importance de l’humilité et de la soumission réciproque.

Le résultat, après cette consultation de David, est que le peuple adhère au projet soumis par David. Et l’engagement est commun par la suite : « David rassembla donc tout Israël, monta pour faire venir le coffre de Dieu » (v5).

David et la communication avec Dieu

Cette histoire est d’ombres et de lumières.

. La lumière ? Son désir de ramener l’arche de Dieu (v3) : ce coffre symbolisait la présence divine ; David voulait par-dessus tout et avant tout être assuré de la présence de Dieu et le mettre à la première place. Il prouvait que, pour lui, il n’y avait rien de plus important que de s’occuper des affaires de Dieu et de l’honorer, avant même de régler les problèmes graves dans le pays. David montre ainsi qu’il désire communiquer avec Dieu pour exercer sa responsabilité de roi. C’est remarquable comme exemple.

Au fait, pour nous, comment montrons-nous que nous mettons Dieu en premier dans notre vie ? Symboliquement peut-être en commençant la journée en parlant à Dieu ? Ou en commençant la semaine en venant au culte ? C’est tellement important aussi de commencer la vie en se donnant au Seigneur, en voulant qu’il soit présent avec nous ! Peut-être aussi en lui remettant nos projets quand ils en sont au début (et non quand l’échec devient inévitable…). « Appuie-toi sur lui dans tout ce que tu entreprends et il te montrera comment tu dois agir » (Pr 3v6).

 

. La lumière semble être aussi les moyens employés par David pour mener à bien ce projet : pour ramener l’arche, il prend un char tout neuf ; pas de l’occasion bas de gamme…, mais le nec plus ultra. On donne le meilleur pour Dieu ! Et puis on y met 2 hommes pour assurer la bonne marche, 2 gardiens du corps ; et également le roi en personne ! Sans compter la foule : tout le peuple est là pour souligner l’importance de cet évènement à la gloire de Dieu.

On ne lésine pas sur les moyens employés. Et c’est un déferlement de joie de tous ! Les chants montent en l’honneur de Dieu ; David a fait venir tout un orchestre pour célébrer Dieu. Rien n’est trop beau, selon David, pour honorer Dieu. Remarquable comme attitude !

 

. MAIS… le problème, c’est que cela n’était pas entièrement selon Dieu. Comment cela s’est-il manifesté ? Par une mauvaise manœuvre des bœufs qui transportaient le coffre de l’alliance : un incident du terrain allait le faire tomber ; un garde du corps l’a retenu et il est mort parce qu’il avait touché l’arche. La raison de cela est spirituelle : David n’avait pas communiqué avec Dieu au sujet du transport du coffre.

Pourtant, Dieu avait bien communiqué, lui, et avait dit dans la loi tout ce qu’il fallait faire pour transporter ce coffre. Comment ? Sur les épaules des lévites (ceux qui étaient au service de Dieu), avec des barres, sans qu’ils le touchent (Ex 25v12-15 et Nb 4v15). En fait, David voulait faire pour Dieu mais sans faire selon Dieu.

Plus tard, quand il transportera à nouveau le coffre, David reconnaîtra : « Nous ne nous sommes pas occupés de ce qui concerne Dieu selon la loi ».

 

Aujourd’hui, comme depuis toujours, l’être humain recherche Dieu, entreprend même beaucoup pour lui. C’est louable comme démarche aux yeux des hommes ; mais qu’en est-il pour Dieu ?

Augustin disait : « Beaucoup d’hommes cherchent Dieu ; mais il en est peu qui le trouvent, parce qu’ils le cherchent en dehors, là où il n’est pas ». Chercher Dieu en dehors de sa loi, de sa Parole, c’est passer à côté de la Vérité. On peut même donner sa vie  pour lui, mais si cette vie n’est pas basée sur sa Parole, cela ne peut être agréé par lui.

Ce manque de communication avec Dieu a entraîné des drames

. La mort d’un homme, et le malheur d’une famille. On peut voir là la solidarité dans le mal ; comme David qui, par sa négligence par rapport à la volonté de Dieu a entraîné ce drame pour cet homme et cette famille, le mal des uns entraîne le malheur pour d’autres. Et nous sommes peut-être nous aussi victimes (par le lien familial ou par d’autres liens) ou alors ce sont les autres qui sont victimes suite à notre comportement.

. David est profondément irrité (face au jugement de Dieu qu’il trouvait injuste), alors qu’il pouvait estimer, avec raison, avoir tout fait pour Dieu ; avec tout le bien qu’il avait accompli pour Dieu, voilà comment il est récompensé… On réagit ainsi quand on fait quelque chose pour Dieu, mais en dehors de l’écoute et de l’observation de sa Parole.

. La peur pour David suit l’amertume contre Dieu. Et cette peur entraîne l’éloignement vis-à-vis de lui. « Mon Dieu, plus loin de toi… » ; c’était la devise de Jonas qui fuyait devant Dieu parce qu’il n’acceptait pas sa Parole. « Si Dieu te semble loin, devine qui s’est éloigné.. .»

. La culpabilité provoque chez David le repli sur lui-même ; il est prêt à se couper de la présence de Dieu, à travers le fait de se séparer du coffre de l’alliance qui symbolisait la présence de l’Eternel : « Comment oserais-je faire venir le coffre de Dieu chez moi… ? » (v12). Vu mes égarements, comment accepter la présence, le pardon du Seigneur… ? Je suis trop indigne, ma misère est trop lourde face à toi. C’est ce que ressentait l’apôtre Pierre quand Jésus a permis qu’il y ait une pêche extraordinaire : Pierre lui dit : « Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur » (Lc 5v8). Cette réaction est-elle bonne ou non ? Elle est négative quand on se complaît, quand, comme pour s’auto-punir, on reste coupé de Dieu. Quand nous gardons le regard rivé sur nous-mêmes, sur notre péché et non sur le Seigneur qui est prêt à pardonner, nous nous privons de sa grâce ; chaque fois après cette prise de conscience du péché et après cette repentance qui reconnaît la faute, Jésus guérit et relève.

Pendant une période, David est resté coupé de la présence de Dieu en laissant ce coffre qui symbolise sa présence chez Obed-Edom. Il a choisi l’éloignement et le manque de communication, de relation avec Dieu (en tout cas pour une certaine période). Cet éloignement a commencé par l’éloignement de la Parole de Dieu et ensuite par celui dans la communion avec lui.

L’apitoiement sur soi-même conduit à l’autodestruction ; c’est le regard vers le Seigneur, et son corollaire l’écoute de sa Parole, qui relève.

Et pourtant… Dieu bénit là où il est présent

David laisse le coffre dans la maison d’Obed-Edom. Celui-ci doit s’en accommoder pendant 3 mois ; il n’a pas trop le choix. Mais voilà, là où Dieu est présent, là est la bénédiction : « Et l’Eternel bénit la famille d’Obed-Edom » (1 Ch 13v14). David avait fait de grands efforts pour être assuré de la présence de Dieu ; mais il n’avait pas cherché à communiquer avec lui comme il le voulait. Il cherchait à faire pour Dieu, et avait oublié l’élément le plus important : vivre soumis à sa Parole.

Que le Seigneur nous aide à la prendre, aujourd’hui comme demain, comme fondement de nos projets, de nos actions.

 

Jean-Ruben Otge

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